‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 177 sur 552 · GENERAL · texte numérisé non relu

GENERAL

pourrait appeler hors ligne, puisqu'ils n’appartenaient plus à l’organisation nationale de l’armée en légions : chacun de ses corps eut pour chef un officier général romain, ou étranger. Les officiers généraux commencèrent à être choisis dans la domesticité du palais, soit parmi les gardes du corps, soit parmi les écuyers, notaires, trésoriers ou chambellans du maître. Un très-petit nombre, parmi lesquels il ne faut pas oublier le grand-chambellan Narsès, le vainqueur des Goths, justifièrent l’anomalie; les autres ne firent que hâter la décadence de l'empire. A cette mème époque se rapporte la création d’un nouvel ordre d'officiers généraux : ce furent les généraux d'infanterie (magistri peditum), ceux de cavalerie (magistri equitum), les généraux en chef (magistri militum, ou utriusque militiæ); les préfets du prétoire, autrefois commandant la garde impériale, furent portés au nombre de quatre, et leurs fonctions devinrent celles de nos ministres de la guerre.

Après la destruction de l’empire romain, on trouve des chefs de corps et des commandants d’armées, mais aucun officier général proprement dit, jusqu'à l’époque où les armées recommencèrent à prendre une organisation régulière ou à peu près, époque qui ne remonte pas plus haut que la fin du douzième siècle, On rencontre bien au dixième siècle (987) un grand-sénéchal , commandant des armées; mais ce n’était dans le fait qu’un office de palais, ainsi que l'indique son titre (sinist-skalk, magister domesticorum ). C’est à partir du règne de Philippe-Auguste que furent créés les officiers généraux, qu’on vit ensuite à la tête des troupes : ce sont les maréchaux (1185), les grands-maïîtres des arbalétriers (1270) et de l’artillerie (1479), les capitaines généraux (1202), les lieutenants généraux (1430), les colonels généraux (1544), les mestres de camp généraux, et les maréchaux de camp (1552). Les fonctions et l'étendue du commandement de ces officiers généraux n’avaient rien de fixe et de dépendant del’organisation des armées, qui était elle-même un chaos. Ce ne fut qu’an commencement de la révolution (1793) que cette organisation reçut la forme régulière qu’elle a encore conservée de nos jours : alors les ofliciers généraux prirent des dénominations correspendantes à leurs fonctions et à leur commandement, qui devint fixe; alors aussi cessa le chaos de la composition capricieuse des étatsmajors, avec toutes les petites rivalités et les petites intrigues qu’on n'avait que trop vues jusque là, Le nombre des grades d’officier général fut réduit à deux, général de brigade et général de division. Celui de général en chef ne fut plus qu’une commission temporaire donnée par le gouvernement, celui de Aieulenant général une autre commission du général en chef, pour le commandement d’une partie de l’armée. Lorsque l'empire vint avec ses besoins monarchiques, on vit reparaître les connétables, les maréchaux, les colonels généraux. En vain chercherait-on dans notre histoire militaire le bien qu’a produit cette nouvelle compli cation; on y voit bien plutôt ses inconvénients. A la contrerévolution de 1814, revinrent les titres de maréchal de camp et de lieutenant général.

Ce serait ici le lieu d’indiquer et de développer les connaissances et les qualités nécessaires à un officier général ; mais il faudrait pour cela un traité spécial. Nous nous con“ tenterons d’en rapporter la nomenclature que M. de Cessac a consignée dans l'Encyclopédie militaire : « 1° Connaissance de soi-même, des hommes de la nation, de ses subordonnés, de la nation qu’il doit combattre, et des généraux ses adversaires; 2° connaissance de l’art de la guerre, des langues, de l’histoire, de la géographie, de la physique, des” mathématiques et du dessin, de la politique, de la législation et du droit public; 3° vertus civiques et morales à un degré éminent, justice tempérée par une humanité bienveillante, courage allié à ta prudence, perspicacité des vues, activité dans l'exécution, bonne foi, et probité la plus désintéressée et la plus scrupuleuse, » Telle n’est pas l’idée que s’en font bien des gens, A qui la faute? 11 ne faut cependant pas croire que l’homme dont M. de Cessac a tracé le

portrait soit un être de raison : nous en avons vu des échantillons : les Hoche, les Marceau, les Brune les Championnet, les Joubert, les Gouvion Saint- Cyr, etc. ; auraient pu s’y reconnaître.

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