‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 178 sur 552 · G*!G. DE VAUDONCOURT · texte numérisé non relu

G*!G. DE VAUDONCOURT

… Ce serait une grande erreur que d’attacher toujours une idée belliqueuse au généralat; il y a eu effectivement, et il y encore en Italie, des généraux dont la mission est plus pacifique et moins périlleuse, sans être pour cela moins pénible : ce sont les généraux de certains ordres religieux, les chefs de tous les couvents établis sous la même règle. Les ordres de Citeaux, deSaint-Maur , des Feuillants, des Chartreux, des Pères de l'Oratoire, de Saint-Ruf de Valence , de Saint-Antoine de Vienne, de Prémontré, de Grammont, des Mathurins et de la Congrégation de la Mission en France, etc., avaient les généraux particuliers. Il en était de même des Franciscains, des Jésuites, des Dominicains, etc. L'origine du généralat eeclésiastique vient, selon le père Thomassin, des priviléges donnés par les patriarches aux monastères de leur circonscription en échange d’une soumission directe. Ces monastères, à leur fondation, arboraient la croix patriarcale, et s’exemptaient ainsi de la. juridiction de l’évêque diocésain.

Anciennement, on appelait également généraux des officiers appelés à surveiller la levée et l'administration des finances. Ils étaient nommés par les trois états du royaume et confirmés par le roi. Depuis, les rois seuls les nommèrent ; ils en portèrent arbitrairement le nombre à 4, à 5, à 8, et leur attribuèrent le droit de rendre la justice en matière de finances. Cette institution fit plus tard place à la cowr des aides.

Le mot général s’ajoutait encore autrefois à certains noms de charge, d'office, de dignité, comme à celles de lieutenant général de province, contrôleur général des finances, érésorier général. Les trésoriers généraux s’appelaient aussi généraux des finances, de même que les conseillers aux cours des monnaies portaient Je titre de généraux des monnaies. Il en est de même aujourd’hui : nous avons nos procureurs généraux, nos avocats généraux , etc. ; l'Espagne a encore des capitaines généraux. En nous rapproclant de l’acception de l'adjectif général, nous avons appelé directeurs généraux les chefs de plusieurs branches d'administration : cette dénomination est olus rationnelle que celles dont nous venons de parler, et qui s'appliquent à des fonctions dont le ressort est vraiment trop circonscrit.

GÉNÉRAL (Conseil). Voyez CONSEIL GÉNÉRAL.

GENERALE, batterie d'alarme, servant de signal aux troupes en cas d'alerte : c’est le tocsin de l’armée. Lorsque l'on bat la générale , tous les tambours doivent la répéter à l'instant, et parcourir les rues, accompagnés de deux hommes armés. Le jour de leur arrivée dans une place forte, les troupes sont informées par un ordre du jour des postes qu’elles doivent occuper en cas d'alarme. Elles prennent les armes au bruit de la générale, et se rendent aux lieux indiqués par le commandant supérieur dela place; les gardes forment la haïe, chaque régiment se dirige vers le point qui lui a été assigné, et y attend les ordresultérieurs de l’autorité militaire. La générale ne doit être battue que dans les cas d’incendie ou de révolte: elle se fait également entendre lorsque l'ennemi s'approche d’une ville de guerre el menace de l’investir ou del’attaquer inopinément. Les commandants de place peuvent faire battre la générale à limproviste, soit de jour, soit de nuit, pour juger de l’exécution plus ou moins prompte des dispositions ordonnées; cependant, ce moyen est rarement employé aujourd’hui, Dans les camps, cette batterie est presque toujours le signal d’une altaque nocturne de l'ennemi, et le commandant en chef a seul le droit de l'ordonner : elle est aussitôt répétée sur toute la ligne du front de bandière. Des peines graves sont prononcées contre les militaires qui ne setrouveraient pas à leur noste quand la générale se fait

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