‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 184 sur 552 · GÉNÉRATIONS SPONTANÉES — GÊNES · texte numérisé non relu

GÉNÉRATIONS SPONTANÉES — GÊNES

Spinola et plusieurs de leurs partisans furent envoyés en

des Français sous cele des empereurs d'Allemagne, il paraît | .que Gênes profita, pour se rendre indépendante, des troubles qui régnaient dans toute l’Italie pendant le onzième siècle. Ce n’est qu'en 1099 que l’histoire la montre gouvernée démo-* cratiquement par des consuls. Alors Gênes était encore pauvre, peu étendue, simple dans ses mœurs ; le gouvernement populaire pouvait lui convenir : elle le garda près d’un siècle. Avec la fortune naquit l'ambition, et avec l'am bition, les intrigues pour arriver au pouvoir ; chaque citoyen: voulait devenir consul. Pour arrêter ce mal, on résolut de se faire gouverner par des étrangers. On choisit donc che une autre nation une espèce de dictateur à qui l’on remit le soin de gouverner l'État. Il était aidé par un conseil de huit citoyens. Cette bizarre constitution eut d’heureux résultats, et dura jusqu’en 1270. On donnait à ces espèces de rois mer cenaires le nom de podestà.

Pendant cet espace de temps, les Génois ne restèrent pas! inactifs. Ils battent les Sarrasins, s'emparent de l’île de Corsé et d’une partie de la Sardaigne, soutiennent les croisés, prennent d’assaut les villes d’Almeria et de Tortose sur les. Maures d’Espagne , tiennent tête à l’empereur Fréderic I‘ et ensuite à Fréderic II, volent au secours du saint-siége imposent à Pise des traités humiliants, se vengent de Venise, et jettent les fondements de leurs colonies d’Asie et de la: mer Noire. Quand on songe qu’il n'y avait pas deux siècles: que Gênes avait conquis son indépendance, on est forcé d'admirer la rapidité avec laquelle elle marche à l'empire dé la Méditerranée.

En 1270, deux hommes remarquables par leur courage et leurs talents s’emparèrent de l'autorité, et gouvernèrent, pendant vingt-et-un ans avec le titre de capitaines de liberté. En se resserrant sur deux têtes, la puissance de Gênes devient plus redoutable pour ses rivaux. Ces monar* ques contiennent le peuple par une espèce de tribun qui 4 le titre d’abbé du peuple, répriment les factions intérieures, et au dehors remportent des victoires qui élèvent la répus blique à l'apogée de sa puissance. Cependant, une époque de malheurs va succéder à cette époque de gloire. La république et la ville de Gênes vont être en proie aux plus funestes dis: sensions. On va voir se retracer dans un cercle plus étroit toutes les discordes qui couvrent l’Italie de meurtres, d'in* cendies et de guerres civiles.

Les gibelins, qui combattaient pour les empereurs, étaient représentés dans la république de Gênes par les DoriaetlesSpinola;les guelfes, qui étaient partisans du pouvoir pontifical, étaient soutenus par les familles d8 Fiesque et Grimaldi. Les autres familles influentes se rank goaient ensuite du côté qui convenait le mieux à leurs inté» rêts ou à leurs affections. Les intrigues, les divisions, le haines de familles, les ambitions immodérées, entrèren dans la république avec ces partis, et commencèrent dès l'an 1241 à l’ensanglanter. La première victoire fü pour les guelfes ; alors trois membres de la famille Doria, ut

exil. Ils ne perdirent pas pour cela leur temps; comme font d'ordinaire les proscrits, ils intriguèrent au dehors tandis que leurs amis intriguaient au-dedans. C’est à @ moment que les deux Oberdi, l’un Doria et l’autre Spinol& s'emparent de l'autorité et gouvernent avec le titre de capi taines de la liberté. A leur tour, les chefs du parti guelf sont exilés, et vont chercher la protection de Charles d'Anjou, devenu roi de Naples et l’allié de Rome. Ces deu partis maintinrent la république dans un état de guerre peu près perpétuel. Les vaincus ne traitaient que dan l'espérance de gagner du temps, pour se préparer à la gue : Dans l'espace d’un demi-siècle, la guerre cinq fois arrêté par des traités de paix, qui dans le fait n'étaient que d

tréves, recommença cinq fois à dévaster ce malheureu pays, depuis 1317 jusqu'en 1338. A la funeste rivalité de guelfes et des gibelins vint se joindre la haine du peupl eontre la noblesse, qui depuis longtemps jouissait 4 tout le pouvair, C’est à ces deux sources de discorde qui

GÈNES

faut remonter pour comprendre tout ce que l’histoire de cette ville contient de discordes, de guerres civiles, d’exils et de crimes publics et particuliers.

Il fallait que l’on fût bien malheureux pour consentir à choisir un moyen de gouvernement dont aucune autre nation ne fournit d'exemple, et qui parait même aux yeux d’un véritable patriotisme contenir quelque chose de honteux. Pour arrêter cette ambition, qui changeait chaque jour la république en un foyer d'intrigues, pour arracher à quelques familles privilégiées le pouvoir dont elles se servaient ensuite pour opprimer le parti qui leur était opposé, on résolut de choisir hors du pays ceux qni devaient le gouverner. Les capitaines étrangers qu'on introduisit dans la république devaient appartenir à un pays éloigné d'au moins 100 milles de Gênes. Malgré ces précautions étranges , qui suffiraient pour donner une juste idée de la jalousie et de l'ambition qui fermentaient dans la république, le gouvernement ne cessa pas d'être au pouvoir des factions. On essaya de tout : après les capitaines on eut le gouvernement des douze, puis des vingt-quatre, puis la domination d’un empereur, celle de Robert, roi de Naples, et enfin celle du pape Jean XXII. Comme cela arrive toujours, les partis se servaient du peuple pour arriver au pouvoir. Ils le flattaient tour à tour et lui promettaient de la liberté contre la puissance dont ils avaient besoin. Mais à force de servir d'instrument aux ambitieux, le peuple devint ambitieux lui-même, et voulut essayer de ce pouvoir qu’il avait Jusque là donné à quelques familles puissantes, qui se le disputaient. En 1339 il créa un magistrat auquel il donna le nom de doge, et les nobles furent exclus de cette dignité. Le doge était nommé pour toute sa vie; mais les passions populaires, qui n’eurent jamais de respect pour les lois, firent et défirent les doges toutes les fois que cela ur convint. On en voit parraître jusquà quatre dans la même année. Il en est même dont l'autorité cessa le jour même qui la vit naître. Pendant les deux siècles que dura cette institution, la république fut le théâtre d’un combat perpétuel. Ce ne sont plus les Fieschi, les Grimaldi, les Doria, les Spinola, qui agitent l'Etat, Cest l'ambition de quatre familles populaires qui s’arrachent l'autorité. Les guelfes et les gibelins sont remplacés par les Adorni, les Fregose, les Guarca et les Montalda. Pour se soustraire aux calamités qu’enfantaient leurs divisions, la république fut encore obligée de se réfugier, comme autrefois, sous l’autorité des ducs de Milan et des rois de France (1396- 1409).

Un gouvernement populaire , quel qu’il soit, n’existe qu’en attendant un homme fort qui s’en empare. Pour Gênes, cet homme fut André D oria. Il ne voulut être que le restaurateur et le législateur de sa patrie; mais il n’eût tenu qu’à lui d’en être le roi. Cet homme d’un génie extraordinaire, après s'être distingué sur terre comme militaire, devint encore le plus grand amiral de son siècle. Il vendit successivement ses services à Clément VII, à Charles- Quint et à François I. Couvert d’honneurs et de richesses, ayant à lui une flotte de 22 galères, il était compté au nombre des puissances maritimes. Son nom serait resté pur de toute tache, s’il n'avait pas prêté sa puissance pour aider les Français à conquérir lawville qui lui avait donné le jour, Mais le génie qui suffit pour les grandes choses ne donne pas toujours la vertu. Cependant, en apprenant que François 1°° voulait faire de Savone une ville importante et rivale de Gênes, André Doria sentit le patriotisme revivre dans son âme , se détacha de la France, seconda le mouvement de ses compatriotes, débarqua dans Gênes et en chassa les Français, le 11 septembre 1528. Le lendemain le conquérant se transforma en législateur, et donna à sa patrie une constitution qui lui valut plus de deux siècles de prospérité. Son premier soin fut d’exclure le peuple de toute participation au pouvoir, parce qu’il était persuadé que le peuple, qui ne gouverne jamais et qui ne gouverna jamais nulle part, ne peut être , quand il a le droit de gou-

DICT. DE LA CONVERS. — T. X

verner, que l'instrument de ceux qui ambitionnent le pouvoir. Un coup d'œil perçant lui fit comprendre que les interminables querelles qui n'avaient pas cessé d'exister entre la noblesse et le peuple ne descendaient pas jusqu’à celui-ci, mais se bornaient à cette classe intermédiaire, séparée du peuple par sa fortune , ses talents, son éducation, ou par des services rendus à l'État, mais qui veut paraître y tenir encore toutes les fois qu’elle a besoin de la force du peuple contre ceux dont elle envie les prérogatives. Espérant donc couper le mal à la racine, André Doria réunit en un seul corps de noblesse toutes les familles marquantes de Gênes, quelle que füt la classe à laquelle elles appartinssent, et leur confia le droit de gouverner la république, en nommant des doges dont le pouvoir ne durerait que deux ans. On résolut de transmettre à la postérité le souvenir de eette époque mémorable en établissant une fête nationale quise renouvellerait toutes les années, sous le nom de l’Union.

Cette union cependant ne fut pas complète; la suite prouva que Doria ne s’était pas trompé en regardant le peuple comme parfaitement étranger aux dissensions qui troublaient la république; elles tentèrent de se renouveler, et cette fois ce m'était plus entre les nobleseet le peuple, mais entre les nobles anciens et les nobles nouveaux, entre les nobles du Portique Saint-Cyr et ceux du portique Saint-Pierre, comme qui dirait entre la Bourse et la faubourg Saint-Germain. Cette fusion que l’on avait espérée ne s’opéra pas; et après un demi-siècle, les deux partis, encore en présence avec les mêmes jalousies, faillirent plonger la république dans de nouvelles guerres civiles, tant il est vrai que les lois sont impuissantes pour détruire des institutions qui sont dans les mœurs! Cependant le règne de l'aristocratie génoise dura jusqu’à l'instant où les généraux et les commissaires de la république française vinrent l’anéantir sous le nom de République Ligurienne (1797). Troïs ans plus tard, la ville de Gênes, réduite à n’être plus que le chef-licu d’un département, fit partie de l’empre français, et en 1815 elle fut réunie au Piémont.

La position de Gênes en fit une puissance maritime, et la nécessité en fit une nation commerçante. Placée au bord de la mer, sur des rochers stériles , elle fut réduite à demander à l’art ce que lui refusait la nature. Elle n'eut pas à délibérer sur sa vocation : la mer était le seul chemin qui lui fût ouvert pour s’approvisionner et s'enrichir. Elle fit des vaisseaux. Les Génois furent donc des marins et des marchands. Les premiers qui se furent enrichis formèrent l’ancienne noblesse, ou notabilité, et les derniers parvenus formèrent la nouvelle noblesse, qui eut longtemps autant de peine à pardonner à la première son ancienneté que celle-ci en eut à pardonner sa nouveauté à sa rivale. Les Génoiïs ont prouvé que le courage et la valeur pouvaient s’allier avec l'esprit mercantile. Obligés de trafiquer sur des mers infestées par la piraterie, parcourues par des milliers de petites puissances rivales, il fallait ou renoncer à la fortune, et même à la vie, ou se résoudre à tenir sa pacotille d'une main et de l’autre une épée : c’est ce dernier parti que prirent les Génois, et, on peut le dire, avec un succès étonnant. Leurs galères chargées de marchandises ne marchaient que sous la protection d’autres galères chargées de soldats. Les guerres des Génois ont un caractère particulier, .qui ne se retrouve nulle part. Le commerce en fut toujours la cause ou le but. Après leurs victoires, les conquérants veulent garder des provinces ; les guerriers de Gênes se contentaient d’un comptoir, de la libre entrée dans un port, de la diminution d’un droit sur leurs

| marchandises, ou d’un impôt frappant les vaisseaux étran- ‘ gers; souvent même ils se contentaient de grosses sommes

d'argent. Ils se distinguèrent dans les croisades ; ils s’emparè. rent seuls de plusieurs villes importantes, et pour tous ces exploits reçurent du roi de Jérusalem des tributs levés sur les villes qu'ils avaient conquises, et des établissements de commerce à Jérusalem et à Joppé. Ils obtinrent des priviléges semblables des rois d'Arménie, des empereurs de Cons-

tantinople et de plusieurs autres princes chrétiens. Les princes sarrasins eux-mêmes durent leur ouvrir les ports et les établissements de commerce qu’ils possédaient à la fin du douzième siècle, et qui s’étendaient depuis le détroit de Gibraltar, en suivant les côtes d'Afrique, jusqu’à Bagdad, capitale de la Turquie d'Asie, Déjà possesseurs des îles de la Corse et de Cabri et de l’île Gorgone, ils obtinrent encore des faibles empereurs grecs la ville de Smyrneetle bourg de Péra, aux portes mêmes de Constantinople. Ils exploitaient presque seuls le littoral de la mer Noire, et pénètraient jusque dans les Indes orientales, par la mer Rouge et le golfe Persique Ce peuple avait le génie du trafic, et, en pourvoyant à ses besoins, le trafic était lui-même devenu le premier de ses besoins. A Gènes , on continuait à trafiquer même après avoir acquis la fortune, l’opulence, la noblesse et tous les honneurs que pouvait donner la république.

Les trois parties de l’ancien monde, séparées par la Méditerranée , avaient un lien commun, et ce lien était uniquement dans les flottes de Gênes, de Pise, de Venise. Ces trois nations étaient un canal par lequel les produits de l’Europe s’écoulaient en Afrique et en Asie, et par où les richesses de l’Asie et de l'Afrique venaient en Éurope. Jusqu’à la découverte de la boussole, Gênes ne partagea qu'avec les Vénitiens et les Pisans le monopole du commerce universel; mais quand cette aiguille mystérieuse eut conduit la cupidité humaine &ans le Nouveau-Monde et pardelà le cap de Bonne-Espérence, l'Espagne, le Portugal , la Hollande, devinrent des nations commerçantes, etnetardèrent pas à l'emporter sur les républiques italiennes. Dès lors Gênes n’est plus qu’un entrepôt secondaire, réduite à putser dans les magasins de Lisbonne ou d'Amsterdam les articles qu’elle achetait naguère sur les côtes de Malabar. Habituée à borner ses courses dans les limites de la Méditerranée, qu’elle put longtemps regarder comme une partie de son domaine, on dirait qu’elle hésite à lancer ses vaisseaux sur l’Océan. Mais depuis que cette ville a vu son commerce placé sous le pavillon sarde, elle a franchi sans crainte le détroit de Gibraltar pour aller elle-même s’approvisionner sur les rivages du Nouveau Monde et jusque dans les îles les plus reculées de la mer du Sud. Sans doute ses bénéfices étaient plus considérables au temps du monopole ; mais son commerce ne fut jamais aussi étendu qu’il l’est de nos jours. Avec ses nowbreux vaisseaux, elle parcourt toutes les mers, visite toutes les regions et rapporte à l'Italie, à la Suisse, à la Savoie, les productions de tous les climats,

Gênes avait pour rivale dans le commerce du monde les villes de Pise et de Venise; et comme elle ne fit jamais la guerre que dans l'intérêt de son commerce, il est tout naturel de la retrouver souvent aux prises avec ces deux républiques. On dirait que chacune de ces villes, jalouse de posséder seule l'empire dela mer, ne visait qu’à la destruction des deux autres. Chaque guerre n’est séparée d’une guerre nouvelle que par le temps nécessaire pour en faire les préparatifs. Quand un intérêt commun semble unir les Vénitiens et les Pisans contre la république de Gênes, on voit que ces deux peuples voudraient se détruire mutuellement en détruisant leur ennemi. Le même intérét qui les unit contre les Génois les divise entre eux. Gênes en profite habilement pour détruire Pise, humilier et rabaisser Venise.

La jalousie commerciale fut la cause de ses guerres contre Venise, comme elle l'avait été de ses gucrres contre Pise. Dès le commencement du treizième siècle les Vénitiens avaient fait de tels progrès en Orient que le doge de Venise se regardait comme possédant un quart de la souveraineté de l’empire grec. Depuis Venise jusqu’au Pont-Euxin, ils possédaient une ligne non interrompue de villes, d'îles, de comptoirs, de factoreries. Ils étaient maîtres d’une partie considérable de Constantinople et de toute l’ile de Crète. 11 n'en fallait pas tant pour enflammer la jalousie des Génois, et leur faire tronver des prétextes pour faire la guerre. Is se liguèrent avec les empereurs d'Orient, bien moins dans

GÊNES

l'intention de les soutenir que dans l’espérance de nuire aus Vénitiens, et ne furent pas deçus de cette espérance, car en peu d’années ils parvinrent à posséder en Orient des avanfages qui balançaïient la prépondérance vénitienne. Ils se croyaient tranquilles possesseurs des nombreux établissements que leur avait cédés Michel Paléologue, quand tout à coup ils apprirent que les généraux de Venise avaient surpris, incendié, ruiné tous leurs établissements de Constantinople et des îles de lArchipel. A Gênes, cette nouvelle fut un appel aux armes; une armée de 45,000 combattants, portée par une flotte de deux cents galères, se mit en mer pour aller dans les murs de Venise venger l'honneur et l'intérêt liguriens. Ce ne fut pourtant que deux ans plus tard que Lomba Doria defit la flotte de Venise, commandée par André Dandolo, qui se donna la mort pour échapper à l’humiliation d’être conduit dans les prisons de Gênes. Par une des conditions du traité de paix qui suivit cette bataille, les Vénitiens furent chassés de la mer Noire (1299).

En 1346 les hostilités recommencèrent. La paix qui suivit cette troisième guerre des deux républiques marchandes dura dix-sept ans; après quoi elle recommença, pour la possession de l’île de Ténédos, qui est comme la porte des Dardanelles. Ce coin de terre fut pour les deux républiques comme un mauvais procès, qui ruine également leg deux parties. Les Génois, soutenus par de nombreux alliés, battent leurs adversaires sur terre et sur mer, s'emparent du port de Chioggia, qui touche à Venise, et, au lieu de profiter de la victoire pour conclure une paix avantageuse, ils rendent du courage à leurs ennemis en les poussant au désespoir par des propositions honteuses. Dans cette crise, qui semblait ne laisser que la mort ou le déshonneur au choix de l'orgueilleuse reine de l’Adriatique, le patriotisme des Vénitiens se montra sous l'aspect le plus beau et le plus touchant. Si la fortune ne favorise sur leurs efforts, ils sont décidés à abandonner Venise à leurs ennemis, et à aller avec leurs femmes et leurs enfants se bâtir une autre cité dans l’île de Candie, Pour eux, c’eût été transporter la patrie, plutôt que l’abandonner. Aujourd’hui que les peuples ont échangé le sentiment de la patrie contre l'intérêt du pays, je doute qu’ils soient à même d'apprécier la résolution des Vénitiens. Après des combats sanglants, des villes pillées, incendiées, des victoires et des revers, les deux républiques rivales se soumirent à la médiation du duc de Savoie, Amédée VI, que sa sagesse, aussi bien que sa valeur, faisait regarder comme l'arbitre de toute l'Italie. C’est en 1381 qu’il dicta des conditions de paix, qui furent bien reçues de chaque partie. Depuis cette époque, la puissance navale de Gênes alla toujours en déclinant. Les deux dernières victoires qu’elle rem: porte sur mer sont celles de Ponza, en 1435, et celle de Salerne, en 1528; mais alors ses flottes n'étaient déjà plus que l'ombre de celles qu’André Doria conduisait à la victoire.

Dès le milieu du seizième siècle, cette république cessa d’être comptée parmi les puissances maritimes, et les corsaires purent impunément exercer leurs brigandages dans une mer qu’elle regardait pourtant encore comme sa propriété. Son port n’a repris de la vie que quand il a vu flotter les étandards de la maison de Savoie.

L'abbé ReNpu, évêque d'Annecy.

Après la chute de Napoléon, en 1814, et lorsque la garnison française demeurée à Gênes eut été contrainte de capituler aux mains d’un corps d'armée anglais, lord Bentinck, qui le commandait, consentit à ce qu’on remit em vigueur l’ancienne constitution républicaine de Gênes. Mais en 1815 le congrès de Vienne réunit la ville et le territoire de l’ancienne république, sous le non de duché de Génes, aux États du roi de Sardaigne. En 1821 Gênes ne se rattacha que temporairement à la révolution. Pendant les dernières agitations révolutionnaires dont l'Italie a été le théâtre à la suite de notre révolution de Février, Gênes resta assez tranquille jusqu’au moment où l’on y reçut la nouvelle de l’arris= tice conclu entre l'Autriche et la Sardaigne et de la dis-

GÊNES

| creuses, un saint Gréal ; ensuite, les églises de San-Siro, an-

solution de la chambre des députés à Turin, vers la fin de mars 1849. L’agitation populaire y alla dès lors toujours croissant. Le peuple uni à la garde nationale s'empara des ouvrages de défense qui entourent la ville, que la garnison sarde fut réduite à évacuer.

Le 9 avril on établit un gouvernement provisoire composé du général Avezziana et des citoyens Davide Marchio et Constantino Reta, dont le premier acte fut de proclamer de nouveau l'indépendance de la république de Gênes. Mais dès le 4 du même mois le général de la Marmora arriva sous les murs de la ville à la tête de forces imposantes; et à ila suite de divers engagements sanglants, interrompus par des armistices, il reprit possession des forts et des points les plus importants de la ville. Les négociations entamées pendant ce temps-là à Turin, par une députation spéciale des habitants de la ville, eurent pour résultat de déterminer le roi à proclamer une amnistie générale, dont furent seuls exceptés les individus les plus gravement compromis dans Vinsurrection. En conséquence, le 10 avril Gênes fit sa soumission complète; la population fut désarmée. Dans la nuit du 29 au 30 juin 1857, les partisans de Mazzini tentèrent à Gênes un soulèvement républicain, qui fut aussitôt comprimé. En 1859, cette ville fut le principal port de débarquement de l’armée française, et servit de base à sa ligne d'opération.

Ce n’est point, à vrai dire, une belle ville. En raison de Y'exiguité de l’espace qu’elle occupe et de sa situation sur le flanc d’une montagne, la plupart de ses rues sont étroites, sombres, et généralement si escarpées qu'il n’y en a qu’un fort petit nombre dans lesquelles on puisse se sevir de chevaux et de voitures. Aussi l'usage des chaises à porteur, vulgairement appelées en France des vinaigrettes, s'y conservera-t-il trèslongtemps encore. Cependant il existe à Gênes un certain nombre de rues larges, droites et unies, qui peuvent soutenir avantageusement la comparaison avec celles des plus belles villes de l’Europe, par exemple : la sérada Balbi, la magnifique sérada Nuova, la strada Novissima , la strada Carlo-Felice et la strada Giulia, toutes ornées d’un grand nombre de palais. En fait de promenades publiques, on peut citer celles de la piazza dell Acqua-Verde, d’Acqua-Sola et du Rempart. Parmi les nombreux palais qui ont rendu Génés si justement célèbre, on remarque surtout le palazzo Ducale, äncien palais des doges, aujourd’hui siége du sénat, avec sa grande salle du conseil, décorée autrefois des statues des hommes les plus célèbres auxquels la république avait donné le jour, mais qui furent brisées lors de la révolutiou de 1797 ; le palais Brignole - Sale, ordinairement appelé à palazzo Rosso, à cause du marbre rouge dont il est recouvert, où se trouve une riche galerie; les palais André et de Tursi Doria (ce dernier sert aujourd’hui de Collége aux jésuites), Pallavicini, Filippo et Marcello DuraZzO (aujourd’hui Palazzo reale), Serra, Adorno, Negroni, Grillo Cataneo, Massimo Spinola, Cambiaso, di Negro, etc. etc. Mentionnons encore les bâtiments du port franc, l'arsenal, ancien couvent, l'arsenal de la Marine (la Darsena, où Fiesque se noya), la Monnaie et la Boggia di Lanchi, construite par Galeazzo Alessi, l’un des architectes qui ont le plus contribué a enrichir Gênes de leurs œuvres. Un gigantesque aqueduc fournit à la ville l’eau potable dont elle a besoin, et alimente un grand nombre de fontaines jaillissantes ; son vaste port, l’un des plus importants de la Méditerrannée, et qui reçoit des navires de toutes grandeurs, est entouré par la ville en demi-cercle et protégé par deux moles. Malheureusement, il n’est point à l'abri du vent du sud-ouest, qui y commet parfois de grands dégâts. Un porté franc y est annexé depuis 1751.

Gênes ne contient pas moins de cent églises, en y comprenant celles qui servent de chapelles à des couvents. Les plus remarquables sont : la cathédrale, San-Lorenzo, construite à partir du douzième siècle, à l’époque la plus brillante de la république, dans le style germano-lombard, dans ka sacristie de laquelle on conserve, entre autresreliques pré-

cienne cathédrale de la ville, où avaient lieu les assemblées du peuple et les élections de doges, reconstruite au dixseptième siècle. Santa-Maria di Carignano, bâtie par Alessi, sur le plan du Saint-Pierre de Michel-Ange; San-Sebastiano; l’Annunziata et San Stefano.

En fait d'établissements publics, qui presque tous aatent des temps de la république, on remarque surtout le grand hôpital de Pammatone, l’un des plus vastes et des plus magnifiques qui existent en Europe, recevant en moyenne mille malades par jour, et orné d’une foule de statues représentant les bienfaiteurs de l'institution, et qui avant d'être spolié par le gouvernement français, possédait 500,000 liv. de rente; ensuite l’A/bergo dei Poveri, l'un des plus grands et des plus beaux hôpitaux de l'Italie, construit au dix-septième siècle, et où sont logés 2,500 pauvres; le Fieschine, institution pour 600 jeunes filles pauvres, qu’onf, emploie à la fabrication des fleurs artificielles : l'Institut des Sourds-Muets et l’hospice degli Incurabili. La Banque de Saint-Georges, fondée à Gênes dès le quinzième siècle, a servi de modèle aux tontines, caisses d'épargne et de prévoyance, qui n’ont été connues que si tard dans d’autres pays. C'était tout à la fais une banque de prêt, une banque de dépôts et une banque nationale. Elle fut supprimée lors de l'incorporation de Gênes à la France, qui s’empara de son actif, représentant une valeur de plus de 250 millions de francs et solda son passif eninscriptions sur le grand livre de la dette publique.

Gênes compte (en 1865) 137,986 habitants ; elle est le siége d’un archevêque, des autorités civiles et militaires supérieures, et d’une université, qui occupe un superbe édifice et possède une bibliothèque de 50,000 volumes. Ses différents palais renferment de précieuses collections de tableaux et de sculptures. La ville possède aussi une Académie des Beaux-Arts. Parmi ses théâtres, celui de Carlo- Felice occupe le premier rang; c’est aussi l’un des plus beaux qu'il y ait en Italie. San-Agostino et Delle Vigne ne sont que des scènes secondaires; ceux de Colombo et d’Apollo ont été récemment construits. En 1862, on y a élevé un monument en marbre blanc à Christophe Colomb. Gênes est aujourd'hui desservie par plusieurs chemins de fer : celui de Turin la relie arx principales villes de la haute Italie; par celui de Chiavari, elle est réunie à Livourne et à l'Italie méridionale; le chemin de fer de la Corniche, ouvert à la fin de 1871, la met en relations avec Nice et la France.

Gênes est toujours le centre d’un commerce immense, qui se développe de plus en plus, avec le Levant, lAfrique, l'Egypte et la mer Noire. En 1868, 27,208 bâtiments de toutes sortes, jaugeant 2,761,113 tonneaux, avaient été signalés à l’entrée ou à la sortie de son port. Pour l’importance du mouvement maritime, c’est le premier de l’I- {alie. Les huiles d'olive, les fruits secs, les vins et eauxde-vie forment la plus forte part de ses exportations. On y trouve aussi beaucoup de fabriques considérables de soieries, de velours, de damas, d'articles de hijouterie et de joaillerie, de papiers, de draps, de bas, de fleurs artificielles, de macaroni, de fruits confits, de chocolat, etc.

Le duché de Gênes, ou la ci-devant république de ce nom, comptait, sur une superficie de 77 myriam. carrés, une population de 815,281 habitants, répartie en 20 villes et 725 bourgs ou villages. Il confinait à l’ouest et au nord à la Sa voie, au Piémont et à laLombardie; à l’est au duché de Lucques etau grand-duché de Toscane ; au sud à la Méditerranée. Son territoire était divisé en deux parties : l’une à l’est, appelée Riviera di Levante; l'autre à l’ouest, dite Riviera di Ponente. A la première appartenaient Gênes, Sestri di Levante, etc.; à la seconde Savone, Finale, Vintimiglia, etc. Les Apennins s'étendent le long de la partie septentrionale; mais en dépit delanature montagneuse de son sol, toute cette contrée est d’une admirable fertilité. Depuis 1860, la nouvelle province de Gênes ne comprend

212 GÈÊNES

plus qu’une partie de l’ancien duché; elle compte (1861) 650,143 habitants, et se divise en 5 arrondissements : Albenga, Chiavari, Gênes, Levante, Savone.

GÈNES (Siége de). En 1800, la cour de Vienne, espérant pouvoir profiter de la situation critique de l’armée d'Italie pour conquérir Gênes, résolut de porter ses forces sur le Var, d’entrer en Provence, de combiner leurs opérations avec celles de 15,000 anglais débarqués à Mahon et de 20,000 Napolitains, puis de soulever en faveur des Bourbons les populations du midi. Bonaparte confia à Masséna le soin de déjouer ces projets à la tête de 37,000 hommes.

— GENESE

: vement, culbutant fous les postes autrichiens et forçant : leur camp de Monte-Cretto, Plus de 800 de leurs soldats

Il avait, en outre, sous ses ordres, Soult, Gazan, Thur-

reau et Oudinot. Arrivé dans la place le 18 février, il la trouva livrée à une désorganisation complète : il y institua aussitôt une administration ferme et amie des Français; les campagnes environnantes étaient soulevées : il les fit rentrer dans le devoir. On annonçait de France 22 bataillons ; il en reçut mille officiers sans troupes. Cependant, il lui fallait défendre toutes les avenues du Dauphiné et de la Provence, depuis le mont-Cenis jusqu’à Gênes. Pour surcroît de malheur, la disette commençait à se faire sentir, quand la ville fut bloquée : l’armée n'avait pas de pain pour vingt-quatre heures et l’on attendait trois demi-brigades d'infanterie,

18,000 quintaux de blé. !

Les Autrichiens enlevèrent aux assiégés cette dernière espérance en attaquant la place le 5 avril : Mélas avait réuni 10,000 hommes devant Bobbio, autant devant Tortone, 30,000 à Acqui et Alexandrie, et il se présentait devant la ville , laissant en Piémont toute sa cavalerie, une artillerie magnifique , et 20,000 fantassins. En ce moment, Masséna n'avait que 15,320 hommes, exténués par la maladie, Il ne lui restait qu’un parti à prendre : masser ses forces pour les précipiter sur des groupes d’ennemis épais; et les montagnes qui environnent Gênes favorisaient singulièrement ce genre de défense. Dès le second jour de l'attaque, son aile droite, qu’il commandait en personne, se trouvait isolée et chargée seule de protéger la place, le reste devant couvrir les avant-postes, qui n’embrassaient pas moins de 60 milles d’étendue. Au moment de l'apparition des Autrichiens une flotte anglaise, coupant toutes les communications par mer, interrompit les arrivages de vivres ; l’ennemi occupait le lendemain Monte-Cornua, Torriglia, Scoffera, Cadibona et Monto-Moro ; beaucoup de combattants étaient tombés de part et d'autre dans ces rencontres, à coups de fusil, de pierres et de baïonnette. En outre, les vaisseaux britanniques lançaient force bombes et boulets aur la place,

Masséna, las de cette position, reprit le lendemain l’offensive, culbuta les assiégeants sur tous les points, et leur fit 1,500 prisonniers. Le 8 avril, l’armée française ayant és partagée en deux corps, le premier resta chargé de la défense de Gênes sous les ordres de Miollis, le second forma deux divisions, commandées, l’une par Soult et Gazan, l’autre par Gardanne et le général en chef. Cette division avait pour but de débloquer Savone et de rétablir les communications de la place avec Suchet. Elle s’accomplit heureusement, en face d’un ennemi cinq ou six fois plus nombreux ; mais le 30 avril, à deux heures du matin, 25,000 Autrichiens attaquèrent la place, tandis que la flotte anglaise, rasant la côte, cherchait à exciter la population à la révolte. Après plusieurs combats acharnés, par une pluie battante, où la lutte eut presque toujours lieu à coups de pierres et de crosses de fusil, les assiégeants furent obligés de battre en retraite, avec une perte de 4,000 hommes, dont 1,600 prisonniers.

Mélas, voulant essayer de repousser notre armée de réserve qui s’avançait triomphante, céda la direction du siége au général Ott, qui ne tarda pas à être attaqué dès le 11 mai. L’adjudant général Gautier lui enleva son camp de Baverie ; mais Miollis, ayant échoué sur le Monte-Saccio, fut rejeté sur la Slurla, Toutefois, Soult exécula avec succès son mou-

restèrent dans les abimos, et le double au moins fut pris dans les retranchements, tandis que le général Darnaud s'emparait de Nervi. Restait à prendre le Monte-Cretto luimême. Le début de la journée du 12 était déjà marqué par des succès, lorsqu'un violent orage fondit sur les combattants, On ne s’apercevait plus qu’à la lueur des éclairs, et Soult resta au pouvoir de ennemi, nos soldats, exténués de fatigue, n'ayant pu l’arracher de ses mains.

À la suite de cette malheureuse affaire, qui fit perdre aux assiégés tout espoir de rompre la ligne de blocus, 4,000 Génoises s’ameutèrent sur les places de la ville, avec des sonnettes à la main, demandant du pain et la fin de leurs maux. On réussit à dissiper cet attroupement au moyen de quelque argent distribué à propos.

Au milieu de la nuit du 17, les Anglais et les chaloupes napolitaines bombardèrent le quartier de la marine, et le peuple recommença à murmurer. Enfin, le 20, une dépêche de Bonaparte annonça que le 30, on serait débloqué. 900,000 francs arrivèrenf ; on fit face aux besoins les plus urgents. Mais le bombardement ne discontinuait pas, la mi-

: sère augmentait, les rues étaient jonchées de morts et de trois régiments de cavalerie. On annonçait aussi, il est vrai, ;

mourants ; on se disputait les chevaux tombés de maladie, les animaux domestiques en putréfaction ; on mangeait des

| serins, des rats, de l’herbe, des souliers, des havre-sacs et , des gibernes. Le 21 mai, il n’existait plus que de quoi faire ! pour deux jours de mauvais pain pour la troupe. Masséna . ordonna qu’on ramassât dans la ville tout ce qui restait d’a-

reed = memes

mandes, de graine de lin, d’amidon, de son, d’avoine sauvage , de cacao et qu’on en confectionnât un mastic nuir, pesant, et qui n’était pas susceptible de cuisson.

Le 28 on annonça un mouvement rétrograde des Autrichiens, puis on parla d’une grande victoire remportée par Bonaparte; mais le découragement succédait à ces trompeuses espérances. Le 30 les généraux Keith, Ott et Saint- Juken firent demander une entrevue à Masséna. Ils lui offraient la capitulation la plus honorable. Le général français rejeta d’abord cette ouverture; mais le terme où Bonaparte avait promis de débloquer la place était passé; au 4 juin il ne devait plus rester par homme qu’une ration de l’horrible mortier noir; il fallait sauver 6,000 malades ou blessés ; les Anglais recommençaient chaque nuit le bombardement ; nos soldats étaient hors d'état de supporter le poids de leur fusil, On ne reçut aucune nouvelle du dehors les 1% et ? juin; alors le peuple en masse se souleva, et il fallut pour l’apaiser lui promettre de négocier si dans les vingt-quatre heures il n’arrivait pas du secours. ;

. Ce délai expiré, Masséna se décida enfin à traiter. Lord Keith consentait à ce que l’armée assiégée rentrâten France, pourvu que son chef, qui valait, disait-il, 20,000 hommes, restât prisonnier. Masséna refusait de se prêter à toute négociation où le mot capitulation serait employé. Enfin, il fut décidé que les Français prendraient la route de leur patrie avec leur artillerie et leurs munitions, aux dépens de l'Angleterre, et que la liberté des Italiens nos alliés serait assurée. Masséna signa ces conventions le 5 juin à sept heures du soir. Quelques jours après Bonaparte, vainqueur à Marengo, stipulait l'évacuation de Gênes par les Autrichiens, et Suchet y faisait son entrée solennelle le 24 du même mois.

GENESE, le premier des livres de Moïse et de la Bible, est nommée par les Juifs Berezith, c'est-à-dire Au commencement, d’après leur méthode de citer les livres du Pentateuque par les premiers mots. Le nom de Genèse (du grec yévect, naissance) a été donné à ce livre par les Grecs, parce que Moïse y fait remonter l'histoire à la naissance du monde. Les autres livres de Moïse sont regardés comme une sorte de journal, écrit au temps et sur les lieux des événements qu'il raconte; mais pour la Genése, histoire des temps qui ont précédé la naissance de l'auteur, rien n’en fait connaître la date. Des critiques pr

Page 1