‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 185 sur 552 · GENESE — GENETTE · texte numérisé non relu

GENESE — GENETTE

| qu’elle fut écrite dans le pays de Madian, dans les quarante jans que Moïse y passa au service de Jéthro, son beau-père ; d’autres veulent qu’elle ait été composée dans le désert, | après la promulgation de la loi.

| La Genèse, en 50 chapitres, renferme l’histoire des pre- |miers siècles, depuis la création du monde jusqu'à la mort du patriarche Joseph, c’est-a-dire une période de | 2370 ans. On y trouve donc l’histoire des patriarches, l'histoire du déluge, de la tour de Babel, de la ruine de Sodome, etc.

11 se trouve dans les différents textes de la Genèse des vraiantes chronologiques qui ont beaucoup occupé les savants, et qui ont même fourni aux incrédules des objections contre la vérité du récit de Moïse ( comme si Moïse devait répondre des erreurs de ceux qui le copient!). Le texte hébreu , suivi par la Vulgate, compte 1656 ans depuis la création jusqu’au déluge, et 292 du déluge à la naissance d'Abraham ; les Septante mettent le déluge à l’an 2242 du monde, et donnent 942 ans entre le déluge et Abraham; ce qui ajouterait 1236 ans à l’antiquité du monde. Le Pentateuque samaritain ne trouve que 1307 ans avant le déluge; mais il est d'accord avec les Septante, sur le nombre d’annees écoulées depuis cette époque jusqu’à Abraham. Quelques interprètes, par respect pour les livres saints, ont cherché à concilier toutes ces dates, ce qui paraît assez difficile; les autres, sans s’écarter du respect dû à l’Écriture, n’ont pas hésité à déclarer que des erreurs s'étaient glissées dans les copies. Mais quels sont les textes fautifs ? Où est la véritable chronologie de Moïse? L'Église, en adoptant la Vulgate, s’est prononcée pour le calcu des Hébreux, sans pour cela condamner les autres,

| L'abbé C. BANDEVILLE.

GENESIUS (Joserx}), historien du Bas-Empire, qui | florissait vers le milieu du dixième siècle. Le livre qui porte son nom fut entrepris par ordre de Constantin Porphyrogénète ; il ne doit pas être confondu avec la chronique imprimée dans les Scriptores post Theophanem ; Paris, 1685. L'Histoire de l'Empire Grec, de Genesius, qui commence en 813, comprend les règnes de Léon l’Arménien, Michel le Bègue, son fils Théophile et Basile le Macédonien, mort en 886. L'Histoire de Genesius fut publiée pour la première fois en 1733, à Venise.

GENESTROLLE. Voyez GENÊT.

GENET. On désigne ainsi une espèce particulière de chevaux d'Espagne, généralement petits el très-bien conformés. Il y a aussi des genets de Sardaigne, de Portugal, et de quelques autres provinces d'Europe. Queiques personnes font venir ce mot du grec eûyevñs ( en latin bene natus ), comme pour désigner les belles proportions de l’animal qui porte ce nom. On en retrouverait plus vraisemblablement l’étymologie dans le mot espagnol ginette, qui veut dire cavalier, homme de cheval.

GENE, genre d’arbrisseaux de la famille des papilionacées, portant des feuilles alternes, simples pour la plupari, et des fleurs offrant une carène tombante, qui laisse en partie à découvert les étamines et le pistil. Le fruit est une gousse oblongue renfermant une ou plusieurs semences.

Les nombreuses variétés de ce genre se ressemblent presque entièrement. Parmi les plus remarquables, on distingue le genët d'Espagne ( genista juncea), qui s'élève en buisson à la hauteur de trois à quatre mètres; ses fleurs exhalent une légère odeur de fleurs d’oranger : on leur at- | tribue des propriétés diurétiques. Dans les Cévennes, aux environs de Lodève, on cultive le genêt d’Espagne pour en retirer la filasse, en Jui faisantsubir une sorte de rouissage ; les paysans de cette contrée en font de la toile qui rivaliserait avec celle faite avec le chanvre, si le travail en était confié à des mains plus habiles. Les jeunes rameaux peuvent servir à des objets de vannerie, comme l’osier. Les

moutons et les chèvres en font leur principale nourriture pendant l’hiver; ie genêt produit quelquefois chez ces ani-

maux, et surtout lorsqu'ils mangent les semences de la plante, des inflammations des voies urinaires, que l’on guérit à l’aide de boissons rafraichissantes. Cette espèce de genêt croît abondamment en Espagne, en Italie, et dans le midi de la France : elle se plait dans les terres légères et bien labourées.

Vient ensuite le genét commun ( genista scoparia ). Cet arbrisseau , qui s’élève à une hauteur de 17,30 à 17,60, a des rameaux grêles, verdâtres et très-flexibles. Il croit en Europe, dans les terrains secs et arides, et fleurit au mois de mai; ses fleurs jaunes, disposées une à une le long des tiges, produisent un très-bel effet. Dans la Belgique, on en fait confire les boutons dans le sel et le vinaigre pour les servir sur les tables, comme les câpres. Par le rouissage des jeunes rameaux, on peut en retirer une filasse, dont on fait des cordes et de la grosse toile. 11 peut aussi servir d'aliment aux bestiaux : dans quelques pays, on l’emploie au tannage des cuirs; mais le principal usage que l’on en fait, c’est pour la fabrication des balais grossiers; aussi lui donne-t-on vulgairement le nom de genéf à balais.

Le genêt des teinturiers, ou genestrolle ( genista tinctoria, Linné ), est un petit arbuste, commun dans les bois, les haies et les champs de toute l’Europe, où il fleurit dans les mois de juin et de juillet. Il ne s'élève qu’à une hauteur de 07,60 à 1 mètre; ses fleurs jaunes croissent au sommet de la tige et de ses ramifications sous forme d’épis clairs. La genestrolle fournit une couleur jaune moins belle que celle de la gaude, mais plus solide quand on la fixe par l’alun : les teinturiers la nomment kerbe à jaunir. Ses fleurs sont légèrement purgatives.

11 y a encore d’autres variétés de genêt dont les unes ne diffèrent des précédentes que par la disposition et la couleur de leurs fleurs : les unes sont blanches, comme dans le genêt de Portugal; les autres violettes, comme dans le genét effilé. Il n’y a que ces deux espèces qui présentent des fleurs de couleur différente; toutes les autres ont des fleurs jaunes, mais varient par leur port et la disposition de leurs feuilles. C. FAyroT.

GENET EPINEUX. Voyez AJonc.

GENETHLIAQUE. Ce nom, emprunté à la langue grecque et dérivé de yeve6]n, naissance, désigne un poëme composé à l'occasion de la naissance d’un enfant, comme c'était l'usage chez les Grecs d’abord, et plus tard chez les Romains. Le chef-d'œuvre des poëmes genéthliaques est l’églogue de Virgile adressée à Pollion : Sicelides Musæ. Dans les Sylves de Stace, il y en a aussi un fort remarquable, dont Lucain est le héros. On appelait encore ainsi, chez les anciens, l’astrologue qui tirait l’horoscope d'un nouveauné, en interregeant les astres, ainsi que le pratiquaient les Chaldéens. Il y a dans Aulu-Gelle un beau discours de Favorinus, contre les genéthliaques et l’astrologie judiciaire.

GENETRIX, surnom donné à Vénus, comme souche du peuple romain, et en particulier de la famille Julia par Énée. Pour accomplir un vœu qu’il avait fait pendant la bataille de Pharsale, César lui éleva un temple dans son propre forum. On l’adorait aussi comme la déesse de l'amour conjugal et légitime, basé sur le désir d’avoir des enfants. Les artistes représentaient Vénus Genetrix toute vêtue ; elle ne porte cependant d'ordinaire qu’un mince chiton couvrant imparfaitement son corps. Comme mère des Romains, on lui donne souvent la pomme, et quelquefois aussi une lance.

GENETTE, tribu d'animaux du genre civette, particulièrement caractérisés par leurs ongles rétractiles, par leur pupille verticale, et par la simplicité de leur fente périnéale, qui conduit à un enfoncement léger formé par la saillie des glandes et presque sans excretion sensible.

Nous citerons comme type de cette tribu la Genelte com. mune (viverra genetta). Son pelage gris est tacheté de noir et de blanc ; la queue, aussi longue que le corps, est annee lée des mèmes couleurs; un museau noirâtre, des taches blanches aux sourcils, sur la joue et de chaque côté du bout

du nez, complètent les caractères de ce pelage, qui forme

un article de pelleterie assez important. On chasse donc ;

cette espèce le long des ruisseaux, où elle vit ordinairement, dans les parties méridionales de l’Europe, et particulièrement en France, dans le département de la Gironde, où elle est très-commune.

GENÈVE, l’un des cantons de la Suisse, à l'extrémité sud-ouest de ce pays, entre le canton de Vaud, le département français de l'Ain et celui de la Haute-Savoie, comprend une superficie de 283 kilom. carrés; son sol montagneux, médiocrement fertile, est admirablement cultivé par ses industrieux habitants. D'après le recensement de 1870, la population se compose de 93,195 habitants, dont 44,000 professent la religion catholique et 400 appartiennent à la religion juive. Dans la majorité réformée, les momiers ou méthodistes forment une secte particulière. L'agriculture, l'éducation du bétail et la pêche, mais plus particulièrement le commerce et l’industrie, notamment la fabrication des montres et des articles de bijouterie, bien que diminuée dans ces derniers temps, constituent les principales ressources de ce canton, Le budget avait été fixé pour 1866 à 3,430,440 fr. pour les recettes, et à 3,565,609 fr. pour les dépenses. La dette publique s'élevait alors à 20 millions. Le droit français, modifie par quelques lois particulières. y est en vigueur. Le canton de Genève a pour <hef-lieu la ville de Genève (voyez ci-après ). Il est arrosé par le Rhône, qui sort du lac Léman, traverse la ville de Genève, coule vers le couchant et se dirige vers la France; par l’Arve, torrent qui sort des Alpes de Savoie et se jette dans le Rhône, près de Genève; et par plusieurs petites rivières, qui viennent du Jura ou de la Savoie, et qui se jettent dans ke lac, dans le Rhône ou dans l’Arve. Son territoire est divisé en 38 communes, dont 13 entre l’Arve et le Rhône, 12 entre le lac et le Rhône, et 13 entre le lac et l’Arve. De ces trente-huit communes, quinze appartenaient à l’ancienne république. On trouve à 20 minutes de Genève la petite ville de Carouge, située sur la rive gauche de JArve. C’est une ville neuve, régulière, et qui s’embellit de jour en jour. En 1780 ce n'était encore qu’un chétif village, quand le roi de Sardaigne en fit le chef-lieu d’une nouvelle subdivision territoriale du duché de Savoie. Elle communique avec Genève par un beau pont en pierre.

A l’époque des luttes entre tes Helvétiens et les Romains, Genève appartenait aux Allobroges ; et déjà César en avait fait une de ses places d’armes. Plus tard, elle appartint à a province romaine appelée Provincia Maxima Sequanorum. Elle fit partie de l'empire pendant plus de cinq siècles, et fut le centre d’une province considérable; en 426 elle passa sous la domination des Bourguignons , qui en firent une des capitales de leur royaume; les Ostrogoths, qui s’en emparèrent au siècle suivant, la gardèrent pendant quinze ans et la cédèrent en 536 aux Francs, Ceux-ci y dominèrent pendant trois siècles et demi, jusqu’au partage de l'empire, qui eut lieu sous les successeurs de Charlemagne, Genève dépendit successivement du royaume d’Arles et du second royaume de Bourgogne. Au commencement du onzième siècle, elle se trouvait sous la domination d’un évéque et d'un comte, qui se disputaient la suprématie dans ses murs, et qui l’emportaient tour à tour l’un sur l’autre. Dans le treizième siècle, les comtes de Savoie ayant acquis des possessions considérables aux environs de Genève, finirent par devenir redoutables aux évêques et aux comtes de cette ville et les habitants surent profiter des embarras de leurs seigneurs pour acquérir certains priviléges, devenus plus tard la base même de leur indépendance. Ces priviléges furent confirmés, en 1387, par l'évêque Adhémar Fabri, qui en forma un recueil désigné sous le titre de Franchises.

En 1401 le comté du Genevois fut réuni au comté de Savoie, et dès lors les princes de la maison de Savoie exeræèrent dans Genève une autorité prépondérante, et ne respectirent que bien faiblement les droits des habitants, Pen-

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