‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 186 sur 552 · GENETTE — GENEVE · texte numérisé non relu

GENETTE — GENEVE

dant le quinzième siècle et la première partie du seizième, ils disposèrent presque toujours du siége épiscopal de Genève en faveur de princes de leur famille. Charles IE surtout s’efforça de soumettre complétement Genève à sa domination; mais les Genevois demandèrent des secours à leurs voisins. Ils contractèrent des alliances avec les cantons de Fribourg et de Berne; et ceux-ci, malgré les intrigues de Charles, protégèrent efficacement leurs alliés. Tandis que Genève luttait ainsi pour assurer son indépendance politique, elle accueillait les premiers prédicateurs de la réforme : Farel, Froment, Saunier, Viret, qui lui apportaient la liberté religieuse. Après bien des hésitations, bien des incertitudes, occasionnées par le triomphe alternatif de deux partis dont l’un voulait rester fidèle au culte de ses pères et reconnaissait les droits que le duc de Savoie avait sur la ville, et dont l’autre avait adopté les principes de la réforme, principes qui avaient pour conséquence nécessaire la liberté civile et religieuse, les citoyens réunis dans la cathédrale, le 21 mai 1536, déclarèrent à l'unanimité qu’ils voulaient vivre selon La loi évangélique et la parole de Dieu, et consommèrent ainsi l’affianchissement de leur patrie. Quelques mois après, Calvin, passant par Genève pour se rendre à Strasbourg, céda aux instances de Farel et consentit à y rester pour donner des leçons de théologie; son mérite fut bientôt reconnu, et en peu de temps il devint le législateur de Genève et le conducteur de son église, L'établissement de la réforme avait causé l’éloignement de plusieurs familles qui étaient attachées à l’ancien culte et à la maison de Savoie; mais ces citoyens furent remplacés par des réformés de différents pays, d'Italie, de France, d'Allemagne, qui vinrent en foule chercher un asile à Genève. Les ducs de Savoie ne pouvant se déterminer à reconnaître l’indépendance de la nouvelle république, lui firent une guerre constante et plus ou moins active pendant près de quatre-vingts ans. Les Genevois soutinrent avec courage une lutte aussi difficile, et ne reculèrent devant aucun sacrifice pour la conservation d’une liberté dont ils appréciaient tous les jours davantage le prix inestimable. J1s signèrent , en 1584, un traité d’alliance avec les cantons de Zurich et de Berne, repoussèrent, au mois de décembre 1602, une attaque nocturne du duc de Savoie, attaque connue sous le nom d'escalade; et, forts de l'appui de Henri IV et de celui des cantons suisses, ils conclurent, en 1603, avec Charles-Emmanuel, un traité de paix, en vertu duquel tous actes d’hostilité devaient cesser pour toujours, et quiconque troublerait le repos général devait être regardé comme violateur dudit traité,

La constitution de l’ancienne république était un mélange de démocratie et d’aristocratie. Les bourgeois formaient le conseil général et souverain : ce conseil avait le pouvoir législatif; il élisait les magistrats et décidait des affaires les plus importantes, mais il ne délibérait pas. L'examen et la discussion des lois appartenaient à un conseil composé de 250 citoyens ou fils de bourgeois, parmi lesquels on choisissait les 21 membres du petit conseil et les 4 syndics qui les présidaient. Le petit conseil avait le pouvoir exécutif, l’administration des deniers publics et la direction des affaires journalières. Cette constitution satisfit pendant longtemps les Genevois; mais quand les lumières furent plus répandues, que l'aisance fut devenue plus générale, et le nombre de ceux qui s’intéressaient aux affaires publiques, et qui étaient capables de s’en occuper, plus considérable, elle parut trop oligarchique ; en effet, les premières places de l’État étaient le privilége exclusif d'un petit nombre

‘de familles, et celles-ci se montraient très-jalouses de leurs

droits. Le mécontentement éclata plusieurs fois dans le cours du dix-huitième siècle, et l’on réclama souvent, mais en vain, des changements à la constitution. Celte lutte donna naissance à deux partis : celui des représentants, qui appuyaient la demande d’une révision de la constitution, et celui des négatifs, qui repoussaient cette demande. La division de la population en quatre classes aggravait beaucoup

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