‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 193 sur 552 · GÉNIE MARITIME — GENLIS · texte numérisé non relu

GÉNIE MARITIME — GENLIS

es en 1774 et 1776. A cette époque les ingénieurs cessè- | rent d’être placés sous les ordres des officiers de marine ; une loi de brumaire an 1v fixa leurs grades et leurs attributions par des dispositions presque toutes en vigueur encore aujourd'hui, Maintenant le corps du génie maritime se recrute exclusivement parmi les élèves de l’École Polytechnique. Une ordonnance du 2 mars 1838 £xait à 65 le nombre total des officiers qui le composent, à savoir : 1 inspecteur général, 5 directeurs, 24 ingénieurs et 35 sousingénieurs. Une autre ordonnance, à la date du 16 juin, éleva à 82 le chiffre de ce personnel, qui en 1846 fut fixé à 99; mais les réductions imposées à tous les services en 1849 firent abaisser ce nombre à 95, chiffre qui figure encore aux budgets de 1853 et 1854. Un décret du {1 avril de cette derniere année le porta définitivement à 110, dans lesquels se trouvent compris les 4 ingénieurs et les 8 sousingénieurs préposés à la surveillance des quatre grands bassins | forestiers de la France et des fournitures de bois de la marine.

Des ordonnances royales de 1765,1786 et 1791 disposaient que l'École des constructions navales serait établie à Paris; elle y a existé en effet jusqu’au 3 vendémiaire an x; et c’est à ses leçons que s’est perfectionné lillustre Sané, dont on consulte encore aujourd’hui avec respect les chefs-d'œuvre d'architecture navale. A cette date, elle fut transférée à Brest, et plus tard, le 28 mars 1830 , à Lorient. Déjà à cette époque l’enseignement y était peu satisfaisant, et on songeait à ramener l'Ecole dans la capitale. Cette décision fut prise en 1854; et l’École d'application du génie maritime fut transférée dans un local dépendant de l'hôtel du dépôt des cartes et plans de la marine. Enfin le 15 février 1872 elle a été établie à Cherbourg. Les élèves s'occupent pendant les six mois d'hiver de questions théoriques pures, et vont durant les six mois d'été dans les ports suivre et étudier les travaux qui s’y exécutent. Le même décret, comblant une lacune des actes précédents, ouvre aux officiers du génie maritime la faculté de se faire détacher au service des entreprises particulières d’intérèt privé, avec l'agrément du ministre de la marine.

GÉNIE MARITIME (Ecole d'application du). Voyez l'article précédent et Appricarion (Écoles d”).

GENIES. Outre le génie particulier que les anciens attachaïent à chaque personne, espèce d’ange gardien; outre ceux qu'ils vénéraient comme les protecteurs de leurs cités, il est une classe de génies qu’on ne saurait passer sous silence et qui ressemblent fort aux djin ns del’Inde. La lecture de ces contes des Mille et une Nuits, où les Orientaux se sont laissés aller à leur imagination brillanfe, aura déjà fait connaître à la plupart de nos lecteurs ces génies fantastiques esclaves tout-puissants du possesseur d’un anneau, d'une lampe magiques , ete.; véritables divinités, obéissant aux caprices de leur maître mortel, réalisant en un clin d'œil les plus grands prodiges, les merveilles les plus incroyables, les travaux les plus gigantesques. Salomon aurait été le chef suprême de ces génies ; tous, bons ou méchants, étaient subordonnés à sa puissance, car parmi eux il y en avait qui s’intéressaientau bien de notre pauvre humanité, et d’autres qui lui faisaient supporter tout le poids de leur haine implacable. La manière dont ces êtres surnaturels, qui se rapprochaient tant des fées, se manifestaient à nous n’était pas moins miraculeuse que la puissance qui leur était attribuée. Ils apparaissaient soudain et remplissaient de leur majesté le lieu où les appelait celui aux ordres duquel ils se trouvaient, et disparaissaient de même; d’autres s’évanouissaient comme ils étaient venus , en colonnes bruméuses, semblables à des trombes, qui abandonnaient le forme gigantesque dont elles avaient été revêtues un instant. De.toutes ces illusions, qui ont captivé longtemps tant de peuples, et dans lesquelles notre enfance à su trouver des charmes dont le souvenir s’efface lentement, il ne nous est plus resté, à nous, hommes froids et positifs, que lo om, dépouillé de la grandeur et de la gracieuseté qui ’accompagaaient chez les Orientaux.

Naguère, à une époque où l’on voulait fout régénérer, jusqu'aux mots, on avait remplacé ces innocents rois de cartes , dont la toute-puissance est même quelquefois sub-

| ordonnée à celle d’un as, par des génies assez prosaïques , Î ques.

Ainsi, le roi de cœur ou le roi de trèfle étaient détrônés par le génie du commerce ou des arts. Il à même été permis de détourner davantage le mot génie de sa signification primitive, en l’appliquant au caractère propre et distinctif, à la manière de voir, de penser d’un peuple : c’est ainsi qu’on a dit : Le génie d’une langue, le génie d’un peuple, etc.

Dans les arts du dessin, on donne le nom de génies à de petits enfants ailés employés dans les ornements. On voit souvent dans les frontispices des petits génies portant les attributs de la gravure, de la sculpture, de l’astronomie, de la musique, etc. D’autres fois les génies sont de grandes figures personnifiant des vertus , des passions, des arts, etc. La colonne de la Bastille est surmontée du génie de La liberté.

GENIEVRE, fruit du genévrier. On en fabrique une liqueur qui porte le même nom. La plus estimée vient de Hollande, où on la prépare ainsi : On fait fermenter à Ja manière ordinaire un moût composé de deux parties de seigle de Riga et d’une partie de malt d'orge (drêche), puis on le distille. On a ainsi une eau-de-vie de grain faible, que l’on soumet à une seconde distillation, en ajoutant dans l’alambic des baies de genièvre vieilles de quatre à cinq ans et du sel marin. Un hectolitre de grain ainsi traité donne de 28 à 33 litres de genièvre.

GENISSE, jeune vache qui n’a pas encore porté.

GENITIEF (en latin genitivus, de gignere, engendrer, produire). Voyez Cas ( Grammaire ). k

GENLIS (SrépAnte-FÉLICITÉ DUCREST DE SAINT-AU- BIN, comtesse pe). Quel silence après tant de bruit? Que oubli profond , immense! Après avoir fatigué les cent bouches de la renommée, cette femme, dont l'élève a passé dixhuit ans sur le trône de France, et qui joua un rôle si brillant dans les plus grandes affaires de ce monde, nous avons vue mourir sans que personne s’informat comment elle était morte. Au contraire, ceux qui apprirent cette mort s'étonnèrent de ce que M®° de Genlis eût vécu si longtemps, quatre-vingt-cinq ans!

M°° de Genlis naquit près d’Autun, en janvier 1746, et mourut à Paris, en décembre 1830 , presque dans la misère. Son père était gentilhomme et pauvre; deux ou trois fois il voulut refaire sa fortune, deux ou trois fois il la perdit. Cependant, la jeune fille était belle, intelligente, d’un esprit aussi vif que ses yeux. Le comte de Genlis l’'épousa sans fortune; une fois qu’elle eut un nom et un état dans le monde, elle en eut bientôt tous les honneurs. Par son mariage elle se trouva la nièce d’une très-grande dame. M°° de Montesson qui fut plus tard duchesse d'Orléans : ce fut une protection toute trouvée. Bientôt M” de Montesson donna sa nièce à la jeune duchesse de Chartres, qui fit de madame de Genlis le gouverneur deses enfants. Voilà donc cette jeune femme gouverneur de fils de prince, et jouant au Palais-Royal le rôle qu’avaient joué Bossuet ét Fénelon à Versailles. C'était vraiment une époque hardie, et qui ne reculait devant aucune étrangeté. Le grand esprit de M de Genlis la soutint longtemps dans cette difficile position. Ses livres, dont le succès fut très-grand, lui firent un nom populaire : Adèle et Théodore,le Théâtre d'Education, Les Veillées du Chäteau, ce furent là d'immenses succès, auxquels on ne peut guère comparer que le succès de l'Émile de J.-J. Rousseau. M€ de Genlis était donc entourée de gloire, de triomphes et d’éloges, lorsque la révolution française s’en vint disperser de son souffle toutes ces superfluités inutiles. Naturellement, M"° de Genlis prit le parti du duc d'Orléans; elle voulut défendre de sa piume ie prince qu’elle avait servi de son épée? mais les plumes les plus fortes se seraient brisées à cette œuvre : M=° de Genlis fut trop heureuse de s’en tirer la vie sauve. L’émi-

gration la trouva toujours aussi futile. C'était une pauvre tête, qui se consolait de toutes les faiblesses et de tous les écarts en écrivant de méchants livres. Bonaparte eut pitié de celte femme, comme il avait pitié de toutes les grandeurs déchues : il lui donna une pension et un logement à l’Arsenal. Là elle voulut refaire ce qu'on appelait autrefois un salon. Elle croyait qu’il suffisait d’être une femme d’esprit pour ranimer en France cette causerie toute puissante qui s’est perdue à jamais dans ce grand bruit de chaque jour, qu'on appelait la éribune et le journal.

A défaut de l'influence qu’elle n’eut pas dans son salon, M°° de Genlis voulut recommencer sa renommée d’autrefois ; mais, hélas ! elle se trouva en présence d’une renommée impitoyable, la renommée de M®* de Staël. De ce côté-là encore il fallut qu’elle courbât la tête. Elle se mit alors à écrire des satires contre les hommes et les choses : on lui répondit en écrivant sa biographie. Ce fut la femme la plus tourmentée et la plus malheureuse. Seule, sans appui, perdue dans une société qui n’était pas la sienne, réduite à flatter et à maudire, sans conviction dans ses flatteries, sans passion dans ses haïines, s’occupant de cent mille petites choses, élevant au jour le jour cent mille châteaux de cartes, qu’un souffle faisait crouler, tuant sa vie comme elle pouvait ; jalouse de Voltaire, de J.-J. Rousseau, de Mirabeau, de M°de Sévigné, de M”*° de Staël, de tout le monde. Ce quila sauva de l’ennui, c’est qu’elie écrivait sans fin el sans cesse, et à tout propos et sur toutes choses. Le nombre des ouvrages qu’elle a laissés est immense : outre ses livres sur l'éducation, qui sont encore entre beaucoup de mains, elle a écrit bien des romans, bien des discours, bien des comédies, bien des poëmes. Elle a parlé de tout, de la grammaire etde la philosophie, de l'agriculture et de l’histoire, et surtout elle a beaucoup parlé d’elle-même. Elle a écrit des Mémoires, remplis de faits curieux ; elle a fait des Heures pour Téglise, des comédies pour les théâtres, des devises pour les gentilshommes, et le La Bruyère des Domestiques ; elle a laissé des fables et des voyages. Que n’a-t-elle pas fait ? Elle à fait même un chef-d'œuvre d’esprit, de cœur et de style, qui vivra aussi longtemps que vivra la langue française : Mademoiselle de Clermont. Jules JANIN.

GÉNOISE (École). Voyez Écoles DE PEINTURE (tome VIII, p. 314).

GENOU (du latin genu). Passé sans changement dans la langue française, ce mot sert à indiquer l'articulation de la jambe sur la cuisse, L'os de la cuisse et l'os principal de la jam be se touchent au genou par des surfaces articulaires peut-être les plus larges qui soient dans le corps humain, et un troisième os, la rotule, complète, en avant, l’articulation. L’extrémité inférieure du fémur, l'extrémité supérieure du tibia, placées ainsi bout à bout, peuvent rouler et s’infléchir angulairemeut l’une par rapport à l’autre, et la rotule, sorte de noyau osseux développé dans l'épaisseur du tendon commun aux muscles du devant de la cuisse, en même temps qu'elle borne et consolide les mouvements de l'articulation, fait l'office d’une sorte de poulie de renvoi pour rendre plus efficaces les forces musculaires qui meuvent la jambe sur la cuisse ou celle-ci sur la jambe, Outre ces os, des parties nombreuses et merveilleusement disposées concourent à former cette importante articulation : tels sont les tendons des muscles supérieurs et inférieurs, qui viennent s'épandre dans l’enveloppe fibreuse et résistante du genou en totalité ; les ligaments dits croisés, qui maintiennent si solidement en rapport les extrémités osseuses nafurellement destinées à n'avoir des mouvements étendus que dans un certain sens; ies tendons et ligaments droits latéraux et postérieurs, qui permettent la flexion de la jambe dans le sens du jarret, mais qui opposent une résistance invincible à la flexion en sens inverse ; les fibro-cartilages inter-articulaires, qui complètent les rebords de l’espèce de fossette dans laquelle se meut chacun des condyles, c'est-à-dire des têtes lisses et arrondies qui terminent intérieurement le fémur; enfin, les membranes dites syno-

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