‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 199 sur 552 · GENTILHOMME — GENTILS · texte numérisé non relu

GENTILHOMME — GENTILS

quarante-cinq , réduits à vingt-quatre par Henri IV, portés par Louis XIV à vingt-six, remplissant leurs fonctions par semestre. Leur nombre devint plus tard illimité. Ils étaient chargés d'apporter aux parlements , aux états généraux , aux cours souveraines , les compliments du roi, ou les marques de dignité qu’il leur réservait. Ils devaient assister au lever et au coucher du monarque, pour lui rendre compte des ordres qu’ils avaient reçus de lui et en recevoir de nouveaux. Ils étaient envoyés quelquefois dans les cours étrangères, avec

le titre de ministre extraordinaire, pour y notifier les nais-

sances, les mariages ou les décès des princes de la famille royale, ou pour y remplir des missions secrètes. Aux funérailles des enfants de France, quatre gentishommes ordinaires tenaient les quatre coins du poële, et le corps était porté par quatre autres. Ils avaient ce qu’on appelait bouche à la cour, et ne prétaient point serment de fidélité, Cette charge n'était pas interdite aux simples roturiers : Malherbe, Racine et Voltaire reçurent le titre de gentilshommes ordinaires de la chambre du roi; mais ces titres, qu’ils anoblissaient par leurs talents, étaient purement honorifiques. La Restauration n'eut garde de ne point rétablir les gentilshommes de la chambre et leurs importantes attributions ; c'était même là un titre fortrecherché sous Louis XVIII et sous Charles X, et qu'ambitionnaient vivement tels et tels hommes politiques, transformés plus tard en austères et incorruptibles républicains. Le costume officiel des gentilshommes de la chambre était des plus galants: Frac à Ja française, couleur bleu barbeau, brodé or sur toutes les coutures ; culotteet gilet decasimir blanc; chapeau à plumes blanches. Durey (de l'Yonne).

GENTILLY , village situé au sud de Paris, sur la Bièvre, avec 8,871 habitants (1872), et dont une partie

a été réunie en 1859 à la capitale. On y trouve un hospice, à'Bicétre, une exploitation de pierre , des glacières, des blanchisseries, des filatures de laine et de soie, une imprimerie sur étoffes , des fabriques de cuirs et cartons vernis, de souliers, de tissus de soie pour chapeaux, de noir animal, de sel ammoniac, de colle-forte, de semoule de riz, de maïs» de farine delégumes cuits, salep, manioc, sagou, arrow-rool ; il yexiste un puits artésien. Une partie importante de la commune de Gentilly porte le nom de Za Glacière. Les rois de la première race y avaient leur résidence d’été. Il s’y tint un concile sous Pepin en 767.

GENTILS (en latin gentes, en hébreux goëm). Ce nom, par lequel les Hébreux désignaient tous ceux qui n’étaient point Israélites, avait d’abord été employé comme distinctif des païens adorateurs des idoles. Dans l’histoire et dans le droit romain, on le prit pour synonyme de barbares , alliés ou non à l'empire, d’éfrangers, en opposition à provinciales (habitants des provinces), et enfin, après l'établisement du christianisme , on l’appliqua aux infidèles qui n'étaient ni juifs ni ins Rien de plus commun dans l'Écriture Sainte que l'opposition de Gentil à Juif ou à Hébreu : ce sont constamment deux peuples séparés , dont l’un, exclusivement composé d’Israélites , est choisi, par une prédilection toute gratuite, pour recevoir la loi sur le mont Sinaï, tandis que l’autre, formé de diverses nations, ne semble persévérer dans son aveuglement et dans son opposition à la loi que pour faire éclater le magnifique triomphe du christianisme. On a cru pouvoir attribuer à plusieurs causes l’origine de la haïne des Juifs contre les Gentils. Ce qu'il y a de plus naturel, c’est de la faire remonter à la dévastation de la Judée par les rois d’Assyrie, à la persécution d’Antiochus et aux vexations des soldats romains.

Les préjugés nourris par les dissensions politiques, et fomentés par l’orgueil dont le peuple privilégié n'avait pas su se défendre, avaient tellement effacé de la mémoire des Juifs toutes les anciennes prophéties annonçant clairement la vocation des Gentils, qu’ils se croyaient pour toujours exclusivement en possession des priviléges dont ils avaient joui jusqu'à la naissance de J.-C. Aussi les voyons-nous, quand saint Paul, autant par humanité que pour désigner

le ministère dont il était plus spécialement chargé, se fait appeler lapôtre des Gentils, tandis que les autres disciples se disent apôtres de la circoncision, c’est-à-dire des Juifs, se scandaliser, puis s'élever contre l'admission des nations à la loi nouvelle, prétendre leur imposer mille pratiques judaïques etobliger les apôtres réunis en concile dans Jérusalem à prononcer l’inutilité de ces observances qu’ils voulaient allier aux cérémonies de la loi chrétienne. Un des premiers miracles de l'établissement du christianisme fut, sans nul doute, cette admirable fusion de tous les peuples dans une même croyance, malgré les antipathies jusque alors insurmontables qui les avaient divisés. L’abhé J. Dupessis.

GENTILSHOMMES (Métallurgie). Voyez Fons.

GENTLEMAN, mot anglais répondant à notre mot gentilhomme , où mieux à notre expression Àomme comme il faut, mais auquel nos voisins d’outre Manche attachent en outre certaines nuances qui s’opposent à ce qu’on lui substitue son équivalent dans notre langue, et qui durent même décider la partie de notre société française qui se préoccupe avant tout de courses de chevaux, de chasses et de Sport, à l’adopter dans son jargon usuel, dont la moitié se compose, comme on sait, de mots anglais, impitoyablement écorchés d'ordinaire.

Le gentleman, de l’autre côté du détroit, est l’homme qui a reçu une édncation libérale, qui jouit d’une position indépendante, et dont la tenue, la conduite en public, témoignent de son respect de lui-même d’abord et ensuite des convenances sociales. Un anglais vous pardonnera de le tenir pour un homme sans foi ni mœurs, pourvu que vous reconnaissiez qu'il n’est point un mal appris, un homme sans éducation. Cette phrase : Yow are not a gentleman (Vous n'êtes point un gentleman) , est à ses yeux la plus cruelle insulte qu’on puisse lui adresser, une de ces insultes qui ne peuvent se laver que dans le sang. En revanche, cette autre phrase : You are a true gentleman (Vous êtes un vrai gentleman), est un compliment qui pour lui résume toute espèce d’éloges possibles."Sa plus grande ambition est de vous forcer à la lui adresser. On peut aussi établir , comme règle générale, que tout Anglais qui passe le détroit et gagne le continent devient par grâce d'état un gentieman, sans doute en vertu de cet adage : Les voyages sont le complément obligé de toute bonne éducation.

Au pluriel, ce mot devient gentlemen, et répond alors de tous points à notre expression messieurs, dont le singulier monsieur a pour équivalent en anglais sir. À ce propos, nons nolerons une nuance dans les usages propres aux deux langues, qui prouve tout à fait en faveur de la politesse anglaise. Messieurs et Mesdames ! ne manquera jamais de dire chez nous l'homme qui aura à parler devant un auditoire composé d'individus des deux sexes. Plus révérencieux, plus poli, l'Anglais dira en pareil cas : Ladies and gentiemen, Mesdames et messieurs ! Ce n’est là, objectera-t-on peut-être, qu’une affair abitude ; en tout cas, il faut convenir que l’habitude est bonne.

Le mot gentleman s'associe parfois aussi en anglais à d’autres substantifs pour former des mots géminés ayant des acceptions qui en font des idiotismes. Ainsi, gentleman-commoner , dans les universités anglaises, désigne un étudiant qui suit les cours à ses frais, sans avoir obtenu de bourse ou de prébende,

GENTOUS ou GENTOUX, nom donné quelquefois aux populations indigènes de l'Inde, ou Hindous, par opposition aux Turcs, Guèbres, Mongols, Européens et autres étrangers si nombreux dans la péninsule.

GENTR Y. Les Anglais se servent de ce mot pour désigner la petite noblesse, à la différence de la haute noblesse, pour laquelle ils réservent le mot nobilily. Les chevaliers, les squires (écuyers), les fils cadets de lords , les fils aînés de baronets; du vivant de leur père, et les gentlemen qui par leurs richesses et leur position approchent de la noblesse, sont compris sous la dénomination de gentry. Quelquefois aussi on l’applique à toutes les classes de la société placées

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