GÉOGNOSIE — GÉOGRAPHIE
{ait Spallanzani, l'observateur le plus judicieux et en même temps le plus complet pour tout ce qui tient aux volcans. L'abbé ReNpu, évêque d'Annecy,
GÉOGRAPHIE DE NUBIE (Le). Voyez Ennisr.
GÉOGRAPHES (Les petits). On désigne ainsi les géographes grecs (geographi græci minores) qui ne nous ont donné que des descriptions particulières de certaines contrées, des périples, à la différence des grands géographes, Sérabon, Ptolémée, Pausanias,Étienne de Byzance, dont les travaux embrassent l’ensemble du monde connu au temps où ils florissaient. Hannon de Carthage, Scylax de Caryande, Isidore de Charax, Artémidor , Agathémère, Dicéarque, Denys le Périégète, Scymnus de Chios, Arrien, Marciend’Héraclée, sontles principaux d’entre les petits géographes grecs: Il existe diverses éditions de la collection plus ou moins complète de leurs ouvrages.
GEOGRAPHIE (de yñ, terre, et de ypdpeuv, décrire; mot à mot description de la terre). Ce terme est généralement employé pour désigner la description de la surface de la terre, et dans ce cas elle est dite géographie descriptive ; science positive, qui considère la terre comme un monde à part, pourvu d’une organisation particulière, qui le rend éminemment propre à servir d'habitation et de pépinière au genre humain ; science ayant pour point de départ le développement rationnel et l'exposition systématique de cette donnée. Quoique la géographie, en tant que science, ait pour objet de toujours se rattacher rigoureusement à l'idée du monde et de ses fins, on est dans l'usage, pour en exposer systématiquemeut le sujet d’après les trois points de vue sous lesquels la terre peut être considérée, de la diviser en géographie mathématique, physique et politique.
La géographie mathématique considère la terre comme une partie du monde ou cosmos, c’est à dire comme un membre du système solaire, comme une planète. Comme membre dun tout plus grand, la terre n’a de véritable existence que dans l’unité idéale de tous les membres du même tout, et elle se rapporte au fout ainsi qu’à ses pares, de même qu’elle en subit les influences. La géographie s’occupant alors du système du monde, et des rapports cosmiques qui en résultent pour ja terre, semble, il est vrai, constituer une partie de la cosmographie ou description du monde; mais, à moins de risquer de perdre de vue son but et son caractère indépendant comme science, en se chargeant d’un lourd bagage astronomique, elle maintient toujours l'individu terrestre comme centre d’observation et de description, de telle sorte que ce n'est point la terre qui tourne, mais le soleil, la lune, etc. Elle nous apprend quelles sont la configuration et la grandeur de la terre, quels sont le mode et les lois de ses mouvements; en quoi consistent les phénomènes du mouvement régulier de la voûte céleste et de ses constellations, de l’horizon, ce qu’on entend par points du ciel, etc.; elle nous explique les vicissitudes des jours et des saisons, les éclipses de soleil et de lune, les divisions du temps et de l’espace, etc. ; les moyens employés pour observer la position cosmique de la terre, son mouvement, etc., en même temps que l'utilité de ces diverses notions ; les instruments inventés à cet effet (sphèrearmillaire, planétaire, globe céleste et globe terresire), ainsi que les cartes géographiques employées dans le même but. Les heaux travaux des savants français, parexemple ceux des Maupertuis, des La Condamine et des Delambre, n’ont pas peu contribué aux progrès de la géographie mathématique.
. La géographie physique, fondée en 1745 par Buache, vit singulièrement agrandir son domaine par Bergmann, et a d'immenses obligations aux savantes recherches de De Luc, de Saussure, de Buffon, de Werner, de Léopold de Buch et surtout d'Alexandre de Humboldt. Elle considère la terre comme un fout à part et indépendant, comme un organisme particulier, comme un corps naturel existant pour lui même avec des formes, des états et des qualités qui lui sont propres ; comme le fond et ;e tréfond de la nature,
soit inorganique, soit organique et animée, des phénomènes s’enchaînant les uns les autres, des forces et des lois de la nature avec leurs influences sur l’existence, la vie, la propagation des plantes, des animaux et des hommes. Abandonnant à la géognosie et à la géologie les questions préalables relatives à la structure intérieure de la terre et à l'histoire de sa formation, elle s'occupe : :
1° De la surface de Ja terre suivant les rapports de son existence immédiate, tout au plus d’après ses variations reposant sur des causes élémentaires ; et alors elle traite, sous la dénomination de géistique ou d'épirographie, des masses solides de la surface terrestre , non-seulement d’après son vaste fractionnement en continents, îles et presqu’iles, mais encore, comme orographie, de la configuration et dela division de cette surface en plateaux et en terres basses, en montagnes et en valices, ainsi que des phénomènes produits par les nombreux volcans que recèle l'intérieur de la terre. Comme Aydrographie, elle traite des parties liquides de la surface terrestre, des fleuves, des lacs, des sources ef, comme océanographie, de la nature et de la distribution de la mer.
2° Comme atmosphérographie, elle traite de l’atmosphère qui enveloppe le globe terrestre, des météores dont ilest le théâtre, et plus particulièrement, sous le nom de climatologie, du climat particulier de chacune des contrées de la terre, lequel est déterminé par la coopération des météores et des rapports de température.
3° Comme géographie des produits du sol, elle a pour objet les diverses productions des trois règnes de la nature par rapport à leurs conditions naturelles de propagation, et se subdivise dès lors en géographie minéralogique ou des minéraux, géographie botanique ou des végétaux, et géographie zoologique ou des animaux.
4° Enfin, comme anthropogéographie ou ethnologie , elle s’occupe de l’homme, comme d’un être naturel appartenant à la création organique; de Ja propagation du genre humain, d’après ses races ou gradations physiques ; et des contrées de la terre ou lieux d'habitation, qui déterminent sa vie physique.
A la différence de lanthropogéographie, la géographie politique ne considère pas seulement la terre comme le lieu d'habitation de l’homme, être physique, mais comme ja demeure qui lui est assignée conformément à sa nature intellectuelle, pour son développement moral; comme le théâtre des peuples groupés et réunis par les liens moraux de la langue et de la religion, des usages et des lois; en d’autres termes, comme le théâtre des agglomérations sociales ou États ; comme celui de toute activité humaine, de tout travail et de tout développement de civilisation, c’est-à-dire de l’histoire et des révolutions qui se sont produites sur sa surface même, ainsi que dans la vie et les conditions d’existence des différents peuples et États. Suivant qu’elle s'attache plus particulièrement à la description des peuples et de ce qui les différencie les uns des autres, ou bien à celle des États et de leurs conditions politiques d’existence, on la divise en ethnographieet en statistique; mais elle diffère alors de l’histoire proprement dite en ce qu’elle considère avant tout l'élément géographique, le sol, comme la base réelle de l'existence des divers peuples et des divers États. Les écrivains qui se sont occupés avec le plus de succès de la géographie polilique sont jusqu'à ce jour Busching, d'Anville, Gaterer, Norman, Malte Brun, Balbi, etc.
Indépendamment de ces divisions introduites dans la géographie, suivant les objets dont elle s'occupe plus particulièrement, on en a encore établi d’autres, basées sur l’étendue avec laquelle son sujet se trouve traité. On la divise donc aussi en géographie générale et en géographie particulière ou chorographie. La première considère le globe terrestre entier, dans toutes ses conditions cosmiques, physiques, d'espace, et politiques, comme formant un tout organique ; et elle s’attache surtout à signaler tout ce qu’il y a
“de constant et de régulier dans Je jeu alternatif de tous les
phénomènes et de tous les rapports, comme aussi la liaison réciproque qui unit entre eux les éléments divers de la matière géographique. La seconde, au contraire, se borne à la simple description des circonstances géographiques des diverses contrées, et aboutit à la description détaillée des diverses localités isolées ou opographie.
D’autres par géographie générale entendent la partie mathématique et physique de la géographie, etpar géographie particulière la géographie politique, que beaucoup d’auteurs subdivisent encoreen géographie agricole et commerciale, et en géographie statistique. Il en est aussi qui établissent uue différence entre la géographie pure et la géographie politique ou statistique, et qui par la première de ces dénominations ou géographie basée sur les limites naturelles, entendent la description de l’état physique du sol d’après ses circonstances orographiques et hydrographiques, prises alors pour base de la division qu’on fait de la surface terrestre en pays et en États, de même que de la géographie en général. On a encore poussé la méthode analytique plus loin : ainsi on a composé des traités de géographie ecclésiastique, ou encore militaire, commerciale, forestière, etc., suivant la classe particulière de lecteurs auxquels on s’adressait.
On voit tout de suite que la géographie mathématique et physique traite de ce qu’il y a dans cette science d’immuable et de basé sur les lois éternelles de la nature, tandis que la géographie politique s’occupe de ce qu’elle présente d’essentiellement mobile et d’astreint par la marche même de l'histoire des peuples et des États à de perpétuelles vicissitudes. En ce qui touche la géographie historique, on la subdivise encore en géographie ancienne, géographie du moyen âge, et géographie moderne; dénominations sous lesquelles on comprend en général la description de la surface de la terre suivant les divers états où elle s’est trouvée aux principales époques de l’histoire de l’humanité, attendu qu’on a alors surtout en vue les rapports géographiques des habitants de la terre, les déterminatious des peuples et des États, les divisions qui se sont formées entre eux, la diversité de noms des pays et des provinces, des montagnes, des cours d’eau, des lieux d'habitation, etc. Au domaine de la géographie ancienne appartiennent tous les peuples de l'antiquité, dont une partie constitue la géograplie biblique, science accessoire de l’interprétation scientifique de la Bible. La géographie du moyen âge comprend l'intervalle qui s’écoula entre la chute de l’Empire d’occident et la découverte de l'Amérique ( 476-1492 ), et la géographie moderne, la période qui sétend depuis cette époque jusqu’à nos jours, dont les rapports statistiques et géographiques forment constamment le sujet des publications les plus récentes de la géographie politique, laquelle n’a jamais égard au passé.
L'histoire de la géographie se rattache d’une manière intime aux découvertes géographiques. Dans les temps les plus reculés, les notions géographiques de chaque peuple se bornaïient à la localité ou à la contrée qu’ilhabitait. Ce fut seulement longtemps après que les hasards de l'émigration, les rapports qui s’établirent de peuple à peuple, les guerres, les voyages entrepris dans un but mercantile, et la réunion de plusieurs États sous un seul et même gouvernement, contribuèrent à accroïtre la somme des connaissances géographiques. Il est probable que dans la plus haute antiquité c’est aux Phéniciens qu’on fut redevable de la propagation des premiers renseignernents acquis sur les contrées étrangères ; renseignements défigurés d’ailleurs, tantôt à dessein, tantôt par des exagérations sans but. Les livres religieux et historiques des plus anciens peuples contiennent quelquefois des observations géographiques; c'est par exemple le cas dans les livres saints des Hébreux, notamment dans les livres de Moïse et de Josué. On prétend que les Égyptiens possédaient des ouvrages géographiques composés par Hermès Trismégiste, En raison de leur goût particulier pour
les aventures et les expéditions militaires, les Grecs ne |