‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 207 sur 552 · GÉOGRAPHIE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE

tardèrent point, comme on peut le voir dans Homère, à ac- * quérir une connaissance assez exacte des contrées avoisinant leurs territoires respectifs, notamment de la Grèce, de l'Asie Mineure, et de quelques parties du littoral de la Méditerranée.

Anaximandre, né vers l'an 610 avant J.-C., essaya le premier, dit-on, de dresser une carte géographique, qu'Hécatée corrigea et perfectionna. Les émigrations parties suc. cessivement des diverses colonies, de même que les incessants progrès d’un commerce de plus en plus florissant, et les voyages entrepris par divers hommes dévorés du désir de s’instruire, par exemple Hérodote, ajoutèrent aux connaissances qu’on possédait alors sur les terres habitées par des hommes.

Les ouvrages d’'Hérodote nous offrent le premier corps complet de géographie qui nous soit parvenu. C’est le résultat de ses recherches et de ses voyages en Asie et en Égypte. Il lutson livre àla Grèceassemblée pour les jeux qui signalèrent la 84° olympiade, l’an 444 avant J.-C. Ses écrits nous semblent fixer l’état des connaissances géographiques de son siècle, et cependant on n’y découvre rien qui puisse faire deviner comment il entendait l’arrangement des diverses parties du globe. Aristote, si bien servi par les conquêtes de son illustre élève, auquel la géographie des anciens dut ses progrès les plus remarquables, s'explique à cet égard d’une manière très-précise. Les limites qu’il assigne aux trois parties de la terre, l’Europe, l’Asie, læ Lybieou l'Afrique, sont restées à peu près les mêmes; et cette division du globe, si largement tracée, demeura celle de tous les écrivains jusqu’à la découverte de l'Amérique.

Après Scylax et Hannon, Pythéas, le plus ancien écrivain qui parle des Gaules, écrivit à la fin du quatrième siècle avantJ.-C.sa Description de l'Océan et son Périple, résultat de ses voyages dansle nord de l’Europe, et ne contribua pas peu à accroître ainsi la somme des nolions géographiques. Les expéditions militaires d'Alexandre, les voyages entrepris plus tard sur mer par ordre des Ptolémée, y contribuèrent encore bien autrement que tout ce qui avait été fait jusque alors, ainsi qu’en témoignent les différents fragments d'écrivains

“grecs parvenus jusqu’à nous sous les titres de Periplus,

Paraplus, Periegesis, Geographica, Indica et Scythica. Au nombre des plus célèbres géographes de cette époque, on compte Néarque, qui reconnut tout le littoral du golfe Persique, et Dicéarque , l’auteur d’une espèce de description de voyage en Grèce.

Ératosthène, né l'an 276 avant J.-C., fut, à bien dire, le premier qui éleva le géographie à l’état de science. Adoptant la méthode de démonstration scientifique indiquée par Aristote, il fut le premier à exposer et à développer un système de géographie mathématique et empirique ; il essaya de mesurer la terre, calcula la situation des lieux par leur latitude et leur longitude, et fonda ainsi, on peut le dire, la géographie astronomique. Les ouvrages d'Ératosthène, comme ceux de Pythéas, ne nous sont du reste connus que par les fragments qu'en citent Hipparque, Pline et Strabon.

Hipparque, le plus grand astronome de l'antiquité, comprit que la géographie ne pourrait faire de progrès qu’autant qu’elle serait soumise aux observations astronomiques. Cependant il paraît qu’il ne tira pas grand parti d'une pensée si juste; car, dans la discussion qu’il entreprit des ouvrages d'Ératosthène , il ne fit guère qu’y ajouter des erreurs ou bien ensubstituer à celles qu’il combattait. Au reste, c'est à lui que l'on doit la méthode des projections de cartes, découverte de la plus haute importance dans ses conséquences.

Posidonius, contemporain de Pompée et de Cicéron, entreprit une nouvelle mesure de la terre. Cette tentative prouverait que l’on avait peu de confiance dans celle d'Ératosthène; mais le mélange qu'il fit du résultat des observations de ce dernier et des siennes l’amena à commettre des fautes encore plus graves.

Mettant à profit les travanx antérieurs de l'École d'A-

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