‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 208 sur 552 · GÉOGRAPHIE — GEOLE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE — GEOLE

loxand rie et un HR aujourd'hui perdu de Marinos, Ptolémée contribua ensuite singulièrement à fonder la science géographique, en complétant et rectiliant les notions déjà acquises, surtout en déterminant avee plus de précision les lo ngitudes et les latitudes. Agathodæmon dressa des cartes pour son ouvrage, el Agathéméros en fit un abrégé.

Après eux , l'asservissement de la Grèce, la cessation des longs voyages, soit de commerce, soit de navigation, qui en fut la suite, amenèrent dans ce pays une longue léthargie de la science géographique.

En s’occupant de géographie, les Romains n’eurent d'autre but pratique que l'utilité au point de vue de la politique, et ne prirent aucun souci de la partie mathémathique et politique de cette science, La géographie politique seule pouvait leur offrir quelque intérêt, et ce fut la seule qu’ils cultivèrent avec succès. La partie de l'univers qui leur était soumise fut mieux examinée et connue avec plus de détail. Leur géographie dut ses premiers progrès à leurs expéditions militaires , qui les conduisirent successivement dans les différentes parties du globe. Jules César, au milieu de ses triomphes, s’en occupa avec zèle, et ses Commentaires fournissent sur la Gaule et la Bretagne des détails précieux. Denys, surnommé le Périégète ou le Voyageur, fut chargé par Auguste de faire, en étendant ses voyages et ses recherches, une description du monde alors connu ; il l’écrivit en vers grecs. Mais Sérabon, mettantà profitles vastes conquêtes des Romains, la fit bientôt oublier , en rédigeant sa Géographie, qui fait de lui le premier géographe de l’antiquité. Cet ouvrage est orné d’une foule de détails historiques sur l’origine des villes et l’antiquité des nations, qui y répandent le plus vif intérêt. Strabon connaissait la forme sphérique de la terre, et indique la manière de construire les globes. Pline l’ancien, qui écrivait sous Vespasien, a consacré les six premiers livres de son histoire à exposer le système du monde et la géographie telle qu’elle était connue de son temps. Dans le grand nombre d’extraits qu’il a rassemblés , il fait entrevoir quel fut le premier essai de système géographique des Romains, enfrepris par Agrippa et terminé, par ordre d’Auguste, sur les mémoires qu’Agrippa avait laissés. Charax, ville de la Susiane, qui vit naître Denys le Périégète, donna aussi naissance à Isidore, autre géographe grec, contemporain, comme l'Espagnol Pomponius Mela, du grand naturaliste. On a de Mela une géographie abrégée, intitulée : De Situ Orbis. Maxime de Tyr vivait vers la fin du premier siècle de notre ère. L’étendue de ses travaux géographiques paraît lui avoir acquis une grande réputation. Il avait écrit un traité complet de géographie, dans lequel il discutait les bases des nouvelles cartes qu’il construisait. Cet ouvrage précieux ne nous esl connu que par la critique qu’en a faite Ptolémée.Celui-ci, en voulant le rectifier, en voulant tout réduire en positions astronomiques, a enfanté l’ouvrage le plus étrange qui existe, Autant il aurait servi la géographie, en conservant intact l'ouvrage du Phéuicien, autant il l’a obscurcie. Ce n'est qu'avec le plus grand soin qu’il faut s'engager dans ce dédale d'erreurs, qu’à première vue on prendrait pour un trésor.

Pendant la longue agonie de l’'empireromain, lagéographie parfagea ie sort de toutes les sciences. Cette époque de décadence ne nous offre que deux ouvrages remarquables : le premier Dictionnaire géographique, par Étienne de Byzance, et la Topographie chrélienne, de Cosmas Indicopleustes, moine voyageur d'Alexandrie, en Égypte. lis furent écrits lun et l’autre au sixième siècle (505 et 534 ). Les bons principes des anciens étaient alors totalement tombés dans l'oubli, ainsi que le prouve la théorie de la terre de ce dernier, qui est au-dessous de toute critique. 11 prétend que c’est une vaste plaine, longue de 400 journées de Vest à l’ouest, large de 200 journées du nord au sud , et qui est entourée d’un mur sur lequel repose le firmament. Les ouvrages géographiques postérieurs de Julius Honorius , d'Éthicus, de l’Anonyme de Ravenne, ainsi que les {tineraria encore aujourd’hui existants, ne sont guère pour la

DICT,. LE LA CUNYERS, — I, X

plupart que des catalogues contenant les noms des lieus les plus importants avec l'indication de leurs distances respectives.

Au huitième siècle, les Arabes firent refleurir la science géographique, qui leur avait été transmise par les Grecs. A l'exemple de Ptolémée, la g ographie empirique demeura dans d’étroites relations avec la géographie mathématique, et elle s'enrichit notablement de notions et de recherches jusque alors inconnues surle nord, l’est et l’ouest de l’Afrique, ainsi que sur loute la cûte occidentale de l’Asie. Ibn- Haoukal, au dixieme siècle, ‘xissa une description détaidée des pays mahométans ; El-Ëdrisi, Aboulféda, ete., donnèrent d'excellents ouvrages d’une portée plus générale. Vers la même époque, les Normands entreprirent de remarquables expéditions maritimes, mais ils négligèrent d’en consigner le récit. Plus tard la géographie profita bien autrement des croisades et des voyages d’un Plano Carpini (1246), dun Rubruquis (1253), d'un Marco-Polo, etc., dans l’est et dans l’intérieur de l’Asie. La découverte du Nouveau Monde par Colomb, les découvertes des Vénitiens, des Génois, des Florentins et des Portugais, jointes à la rénovation de la géographie mathématique opérée par Copernic, imprimèrent à celte science un essor complétement nouveau. Dès la fin du quinzième siècle, il existait à Milan une chaire particulière de géographie. En 1484, Martin Behaim de Nuremberg dressa une bonne carte géographique. Petrus Apianus donna, au commencement du seizième siècle, la première carte sur laquelle l'Amérique se trouva dessinée, et Sébastien Müller une Cosmographia avec atlas. Le Hollandais G. Mercator introduisit sur les cartes géographiques la division en degrès encore en usage aujourd’hui, et VAnglais Ed. Wright donna des cartes marines plus exactes. Abraham Ortelius, mort en 1598, entreprit le premier grand atlas, Theatrum Mundi (Anvers, 1603), auquel sont adjointes des notices fort étendues. Au dix-septième siècle, Philippe Cluwer commença même à débrouiller la géographie ancienne, et le laborieux graveur Mérian, de Bâle, qui publia des descriptions détaillées des principaux pays de l’Europe, ornées de gravures, rendit d'importants services à la topographie. Vers la même époque, les Académies de Paris, de Londres, ainsi que les savants Snell, Mouton, Piccard et Cassini, qui améliora surtout essentiellement la méthode , déployaient aussi une extrême activité. L’astronomie et l'histoire naturelle furent raftachées toujours plus étroitement à la géographie, en même temps qu’on les y appliquait avec toujours plus de bonheur. L’art de dresser: et de graver des cartes de géographie se perfectionna extraordinairement ; les découvertes, que bientôt l'on cessa de pouvoir compter, agrandirent le cercle d’observation, et dans différents États le trésor public fit les frais de nom breuses expéditions de découvertes.

Dans ces derniers temps, les Sociétés géographiques qui se sont créées en divers pays, à l'instar de la Société de Géographie fondée à Paris en 1819, par Malte-Brun et Barbié du Bocage, n’ont pas peu contribué aux progrès de la science, en devenant autant de centres communs pour d’importantes explorations entreprises souvent à leurs frais, de même que par la publicité qu’elles ont donnée à leurs nombreuses correspondances. De toutes les sociétés de ce genre qui existent aujourd’hui, la Royal geographical Scciety, fondée à Londres en 1830, est celle qui possède les plus vastes ressources, et dont l’orgamisation a les bases les plus larges. Les fonds considérables dont elle dispose la mettent à même d'envoyer en missions d'exploration dans les contrées de 1a terre encore le moins connues des hommes spéciaux, hardie, voyageurs, versés dans la connaissance des sciences mathématiques et naturelles, dont les rapports sont publiés dans le Journal et dans les Transactions de la Scciété,

GEOGRAPIIIQUES (Canres). Voyez CARTE.

GEOLE, GEOLIER. Geôle signifiait autrefois prison, et yeôlier désigne encore dans le langage vulgaire celui qui est préposé à la garde intérieure d’une prison. Le lan:

gage officiel n’admet plus que des directeurs, des gardiens et des surveillants. On croit que ce mot vient d’un vieux mot, gayola, qui signifiait cage. On nomme encore aujourd’hui geôle le logement des gardiens de prison. Il y avait aussi jadis un droit de geblage, qui était dû au geélier par chaque prisonnier pour le soin qu’il prenait de le garder.

GÉOLOGIE (de yä, terre, et }6yos, discours). La géologie est la science de La terre; elle embrasse plus ou moins directement toutes les connaissances qui ont rapport à ce globe. Elle se subdivise ordinairement en trois parties. Quand elle traite de la forme extérieure de la planète que nous habitons, de ses dimensions, de la position qu’elle occupe dans l’espace, des mouvements qui lui sont propres, de ceux avec lesquels elle se trouve en rapport, de sa densité et de sa division en liquideet solide, elle prend le nom degéo gr aphie physique. Quand elle traite des matériaux qui com. posent le globe, de leur position relative, de leur nature, des phénomènes qui se passent à sa surface ou dans son intérieur, elle prend le nom de géognosie. Enfin, quand elle combine les faits de la nature matérielle pour s'élever à leurs causes, quand elle veut trouver les lois qui ont présidé à la formation des différentes parties de la terre ; quand, s’appuyant sur les connaissances positives que lui fournissent la physique, la chimie, la mécanique, l’hydraulique et l'astronomie, elle veut expliquer tous les phénomènes et même l'origine du globe terrestre, elle s'appelle géogénie.

La Genèse est le premier monument qui fournisse à la géologie des documents utiles; et la science aurait fait des progrès rapides si, au lieu de parcourir le cercle de toutes les possibilités avant d’être forcé d’arriver à la Genèse, on avait commencé par prendre la Genèse pour guide dans toutes les recherches géologiques. On se serait épargné bien du temps et des erreurs. On peut, sans sortir de l’orthodoxie religieuse et sans se mettre en opposition avec les observations que possèdent les sciences géologiques, considérer les jours de la création comme des alternatives de lumière et de ténèbres d’une longueur indéterminée, ou comme des époques dont la durée nous est inconnue, Buffon, De Luc, le père Bertier, ont été de ce sentiment : c'est aussi celui de tous les savants anglais qui ont toujours concilié leur amour pour la science avec leur respect pour l'Écriture.

A l'exception des idées vaguement répandues chez les anciers sur lacréation, lechaos,ledélnge universel; à l'exception encore de quelques passages d’Hésiode, d’Ovide etde Virgile, on ne voit rien dans l'antiquité qui puisse faire croire que l’on s’occupât de la connaissance du globe terrestre, A la vérité, Thalès, le plus ancien physicien, regardait l’eau comme le principe constituant de la terre, et son opinion avait été renouvelée chez les Grecs par Épicureet ensuitepar Lucrèce; mais il y avait loin d’un système à de la science. Strabon est le premier qui fasse mention des fossiles, si généralement répandus. Pline, dont les connaissances sont si variées, a consigné dans son ouvrage un grand nombre d'observations qui appartiennent à la géologie. Depuis cette époque jusqu’à la fin du quinzième siècle, on ne trouve rien qui puisse nous apprendre ce que pensaient les hommes sur l’origine et l'architecture du globe terrestre. Au commencement du dix-septième siècle, Georges Agricola mit au jour deux ouvrages, dont l’un avait pour titre : De Re Metallica, et l'autre : De Ortu et Causis Subterraneorum. Ces productions, qui ont servi ensuite à beaucoup de savants, commencèrent à montrer l’intérét que peut offrir l’étude de la terre, Mais, au lieu d'étudier la nature, on voulut l'expliquer , et l’on vit paraître avec le dix-septième siècle la série des systèmes qui ont dès lors envahi et souvent étouffé la science, En 1681 Burnet publia en Angleterre sa Thdorie du Monde. En 1708 Guillaume Whiston la détruisit, pour en donner une autre, Scheuchzer, Bourguet, Swedenborg, publièrent leurs hypothèses, toujours en réfutant celles de leurs devanciers. Tous ces constructeurs de mondes avaient pris l’eau pour

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