‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 215 sur 552 · GEORGES WEMMER ( MARGUERITE-JOSÉPHINE · texte numérisé non relu

GEORGES WEMMER ( MARGUERITE-JOSÉPHINE

actrice célèbre, plus généralement connue sous Le nom de Mie Georges, naquit le 23 février 1787, à Bayeux. Son père, Georges Wemmer, était alors musicien dans le régiment de Lorraine infanterie ; sa mère se nommait Marie Verteuil. Elle avait à peine l’âge de douze ans, qu'ils lui firent jouer quelques rôles tragiques; dans une de ses tournées départementales, M! Raucourt fut frappée de ses rares dispositions pour la tragédie, et la signala au ministre de l’intérieur, qui lui fournit les moyens de venir se perfectionner au Conservatoire. La protection de Me Raucourt et celle de M? Louis Bonaparte ( Hortense de Beauharnais, mère de l’empereur Napoléon HI ) lui ouvrirent en 1802 les portes du Théâtre-Français, malgré l'éclat des débuts récents de M"° Duchesnois. Le parterre fut frappé de la beauté majestueuse de M'° Georges, de ses formes pures et correctes de sa taille noble et imposante; mais ceux des habitués qui se laissent moins impressionner par les avantages physiques trouvèrent qu’il y avait dans son jeu plus d'intelligence et d'imitation que d’âme et de chaleur. Il s’engagea alors entre elle et M'° Duchesnois une des luttes les plus ardentes et les plus passionnées dont les annales du théâtre aient conservé le souvenir; le parterre, d’abord indécis, finit par se partager en deux camps irréconciliablement ennemis. A la tête des partisans de Ml° Georges était Geoffroy, qui apporta dans cette pelite guerre la vivacité 4pre et caustique avec laquelle il soutenait toutes ses opinions. Des scènes violentes et tumultueuses s’ensuivirent en plein parterre ; et plus d’un amateur dut aller expier au violon le tort de s’être montré trop démonstratif dans son partial enthousiasme. La Comédie Française, en les accueillant l’une et l’autre, mit fin à ces débats. On eut soin de tracer entre les rôles assignés aux deux rivales une ligne de démarcation qui prévint à l'avenir toute usurpation, et par suite toute collision d’amour-propre.

A partir de ce moment, toutefois, on ne remarqua aucun progrès dans le jeu de M'e Georges, qu’enivraient les adulations de Geoffroy et l’encens, plus productif, de ses nombreux adorateurs. Elle en était là de ses triomphes dramatiques, et à la veille de jouer le rôle qui Jui avait été confié dans la tragédie d’Artaxerce (1808), lorsqu'elle quitta furtivement Paris pour se rendre à Vienne, et de là à Saint-Pé-

tersbourg. Les véritables motifs de cette fugue n’ont jamais été bien connus, et l’anecdote suivant laquelle ce serait l'empereur lui-même qui l’aurait fait chasser de France, pour la punir d’une bien involontaire indiscrétion commise dans une de ces liaisons passagères qu’expliquent les caprices du maître et que justifiait la beauté exceptionnelle de l'actrice, ne paraît rien moins que prouvée. En 1812, au contraire, ME Georges joua à Dresde et à Erfurt, en présence de Napoléon et de ce parterre de rois et de princes qui s’y étaient réunis afin de lui offrir leurs hommages avant son départ pour la fatale expédition de Russie. L'intervention de l'empereur triompha cette fois de l’inflexibilité opiniâtre de messieurs les comédiens ordinaires de sa majesté ; et l'ostracisme prononcé quatre ans auparavant contre la belle délinquante fut enfin levé. Ii lui fut donc permis de remonter, en 1813, sur les planches du Théâtre-Français; mais, à trois ans de là, une nouvelle incartade, à l'égard de laquelle on n’a aussi que des données vagues, lui ferma irrémissiblement les portes du cénacle de la rue de Richelieu. M'° Georges s’en consola en allant montrer dans les départements les nombreuses et magnifiques parures de diamants qu’elle devait à la munificence de ses adorateurs, et exploiter le répertoire du théàtre où M'e Duchesnoïis régnait désormais seule et sans rivale. Après une absence de plusieurs années, elle revint à Paris avec Harel, directeur nomade, au sort duquel elle avait fini par s’attacher, et qui venait d'obtenir le privilége de l’Odéon. Mais hélas! à ses admirateurs de 1804 combien elle parut changée! Une obésité vraiment monstrueuse l’avait transformée. Sur la scène du second théâtre français, elle trouva néanmoins une position digne de son talent. Elle y créa les rôles de Jeanne d’Arc, dans la tragédie de Soumet; d’Agrippine, dans Une Féle de Néron, du même auteur ; de Christine, dans le drame d’Alexandre Dumas; de la maréchale d'Ancre, dans celui d’Alfred de Vigny. Puis, Harel ayant abandonné l’Odéon pour prendre la direction de ja Porte-Saint-Martin, M! Georges l'y suivit, et y devint l'interprète du drame romantique échevelé. Pendant dix années, elle y soutint, avec une force vraiment prodigieuse, la fatigue à laquelle eût succombé toute autre artiste chargée de commettre chaque soir tant de crimes, de pousser tant de cris, de râler fant de spasmes et d’agonies, Harel succomba enfin sous les charges d’une administration ruineuse, et M!'° Georges resta longtemps sans autre asile - théâtral que celui que lui offraient de temps à autre des directions de province, ou bien encore des représentations à bénéfice organisées à Paris, tantôt sur une scène, tantôt sur une autre.

Depuis, ayant éprouvé des pertes considérables, elle a reparu à la Comédie-Française et à l’Odéon, et après de nouveaux repos elle est rentrée à la Porte-Saint-Martin. Son obésité n'avait fait que s’accroître; et quant au talent, la vieille actrice n’était plus que l'ombre d’elle-même. Ses dernières représentations datent de juillet 1855. Deux ans auparavant elle avait obtenu de la liste civile une pension de 2,000 fr. Elle est morte le 11 janvier 1867, àParis.

GEORGEY. Voyez GOERGEY.

GEORGIE, en langue persanne Gourdjistän, en russe Grousie où Grousinie, appelée Tbérie par les aborigènes. Cette contrée est ainsi dénommée en raison du grand nombre de rois du nom de Georges qu'elle compte dans son histoire, ou peut-être bien à cause de saint Georges, son patron. Elle occupe une partie considérable de l’isthme qui sépare la mer Noire de la mer Caspienne, entre le Caucase et les montagnes d'Arménie, et confine au nord aux montagnards du Caucase, au sud à l’Arménie, à l’ouest à la mer Noire, à l’est à la province de Chirwän. Après avoir jadis compris un grand nombre de parties des contrées adjacentes, elle se compose aujourd'hui des provinces de Kachetli, de Karthli (ou Karthalinie), d'Iméreth, de Mingrélie et de Gourie, dont les trois premières forment ce qu'on appelle la la Géorgie proprement dite. Par conséquent, loute la Géorgie comprend les anciens royaumes de Colchide, d'[bérie et une

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