‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 221 sur 552 · GERBE · texte numérisé non relu

GERBE

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commandait la place, fut contraint de capituler. En 1833 le maréchal fut admis à la chambre des pairs. L'année suivante il acceptait, encore une fois, le portefeuille de la guerre, avec la présidence du conseil ; mais trois mois plustard il résignait Jun et l’autre. Après la mort du maréchal Mortier, victime de l’attentat Fieschi, il le remplaça à la grande-chancellerie de la Légion d'Honneur. En 1838, à la mort du maréchal Lobau, il lui succéda dans le commandement supérieur des gardes nationales de la Seine, qu’en 1842 l’affaiblissement toujours croissant de sa vue le força de résigner entre les mains du général Jacqueminot. Un des premiers actes du gouvernement provisoire qui s'installa à l'hôtel de ville, le 24 février 1848, fut d'enlever au maréchal les fonctions de grand-chancelier de la Légion d'Honneur. Gérard est mort à Paris, le 17 août 1852, et a été inhumé aux Invalides.

GERARD (Cécze-Juces-Basice), dit Le lueur de lions, naquit le 14 juin 1817, à Pignans (Var). Frêle et nerveux dans son enfance il ne semblait destiné ni à la carrière des armes ni à cette réputation d’intrépidité qu'il a si légiti= mement acquise. Bien qu’exempté par le sort du service Militaire , il se lassa de mener une existence oisive et s’engagea à vingt-huit ans dans le 3€ de spahis (23 juin 1845), alors en garnison à Bone. À peine arrivé en Algérie, il demanda à chasser le lion. Dès sa première sortie, dans le cercle de Guelma, il montra ce sang-froid merveilleux et cette remarquable sûreté de tir, dont il fournit ensuite tant de preuves et qui lui firent donner par les Arabes le surnom de /errible Franc. En 1847 il reçut la croix d’honneur; en 1851 il était sous-lieutenant, et en 1855 il revint en France. Au tir national de Vincennes (1860) il remporta le grand prix d’une vaieur de 11,000 fr. Après avoir abattu vingt-cinq lions, Gérard ambitionna la renommée d’explorateur. Muni des instructions de la Société de géo graphie de Londres, il se rendit en 1863 dans le Dahomey avec l’inlention de visiter la chaîne de Kong, qui traverse la Guinée septentiionale. N'ayant pu réussir par le Dahomey, il gagna Sierra-Leone et tenta à deux reprises de pénétrer dans l’intérieur del’Afrique. Des tribus hostiles. le dépouillèrent, et en revenant sur ses pas il se noya en passant à la nage une rivière, grossie par les pluies, On crut pouvoir affirmer plus tard que les gens de son escorte l'avaient précipité dans l’eau après lui avoir lié les bras et les jambes. Jules Gérard a publié {a Chasse au lion (1855, in-18) et les Mémoires d’un tueur de lions (1857).

GERBE. En agriculture, ce mot désigne du blé ou d'au- {res céréales coupées, réunies par un lien, toutes p ralfèles et ayant leurs épis tournés du même côté. C’est précisément cette disposition symétrique qui distingue la gerbe de la botte, dont les épis sont rassemblés confusément au hasard. La grosseur des gerbes varie ; mais comme leur objet prin-

, Cipal est de faciliter le transport de la récolte, il faut, pour

qu’elles atteignent ce but, avoir soin de ne les faire ni trop petites ni trop grosses. La gerhe jouait anciennement un grand rôle dans les redevances féodales ; avant 1789 le curé de chaque paroisse prélevait sur la récolte des céréales une serbe sur éreizse (voyez DimE).

Dans l’art du fontainier, on donne le nom de gerbe à un faisceau de plusieurs petits jets d’eau qui forment une girande de peu de hauteur. 11 y a des gerbes qui s'élèvent par étages, en pyramides, au moyen d’autant de conduits que forment plusieurs rangs de tuyaux, autour du gros jet du milieu. La gerbe d’eau est d'un très-bel eflet; c’est pour les grands jardins et pour les lieux publics un ornement qui de tout temps a été fort goûté.

Le mot de gerbe désigne, en termes de pyrotechnie, un grand nombre de fusées volantes dont lexpansion figure une gerbe lumineuse. On renferme habituellement ces fusées dans des caisses de sapin, de formes carrées, qu’on divise en parties égales, el dans lesquelles on introduit une planche percée, qui prend le nom de grille, et sur laquelle on place des fusées volantes. Du reste, il faut avoir

soin ce percer les {rous à égale distance et de les proportionner à la grosseur des baguettes, comme on proportionne la caisse à leur longueur, afin que les fusées y soient exactement eufermées; puis on répand à la surface de la caisse du poussier ou toute autre composition vive qui détermine l’inflammation simultanée de la batterie, eton la ferme pour ne l'ouvrir qu'au moment du feu d'artifice. On a Liré, dans des réjouis sances publiques, des gerbes ou caisses qui contenaient plus de 1,200 fusées de grosseurs variables. On place au milieu les plus grosses p'èces, les moyennes viennent ensuite, et les petites garnissent les bords. Cet arrangement donne à leurassemblage, :srsque l'appareil a pris feu, la forme d’un bouquet : aussi a-t-on donné ce nom au groupe de fusées dont l’explosion simultanée termine ordinairement les feux d'artifice. GERBERT, Voyez SYLVESTRE II.

GERBIER (P1ERRE-JEAN-BAPTISTE), célèbre avocat, né à Rennes, le 29 juin 1725, était fils, frère, neveu et cousin de jurisconsultes distingués. Après avoir fait de brillantes études à Paris au collége de Beauvais, inscrit au tableau des avocats en 1745, il commença sa carrière sous le patronage du vénérable Guéaux de Reverceaux, et s’acquit bientôt une réputation qui n’a cédé peut-être qu’à celle de Cochin. U possédait au plus haut degré cette action oratoire qui, suivant Cicéron, est toute l’éloquence: Acéio in dicendo una dominatur. Mais ce n’est pas au seul travail qu’il dut tous ses succès. Delamalle a dit, dans une Notice sur Gerbier : « La nature, qui voulait en faire l’orateur le plus sé-

figure noble, un regard plein de feu , une voix étendue et pénétrante, une diction nette, une élocution facile, une grâce infinie, un charme inexprimable répandu dans toute sa personne. Son teint brun, ses joues creuses, son nez aquilin, son œil enfoncé sous un sourcil éminent, faisaient dire de lui que l’aigle du barreau en avait la physionomie. »

Cependant, l'esprit de parti, auquel Gerbier se laissa passagèrement,, il est vrai, entraîner , aftira contre lui de rudes représailles. 11 s’était d’abord conquis la faveur populaire en prononçant au parlement, lors de la présentation par le chancelier Maupeou des lettres patentes de 1763, un discours mémorable, où il donnait le premier signal de l’expulsion des jésuites. Il avait fait condamner l'abbé et les religieux de Clairvaux à 40,000 écus de dommages et intérêts au profit d’une pauvre femme et d’une fille dont le mari et le père avaient été illégalement séquestrés dans un couvent de bernardins. Cette cause est connue sous le nom de procès de la bernardine.N avait aussi plaidé dans un procès janséniste, celui du testament de Nicole, et révélé les secrets de la boîte à Perrette.. Voici ce que Vollaire a dit de cet illustre orateur : « Il y a dans le monde un maître Gerbier qui défend la cause de la veuve et de l’ophelin opprimés sous le poids d’un nom sacré : c’est celui-là même qui a obtenu au barreau du parlement de Paris l’abolissement de la Société de Jésus. Écoutez attentivement la leçon qu'il a donnée à la Société de Saint-Bernard, conjointement avec maître Loiseau , autre protecteur des veuves. »

Gerbier se montra malheureusement dévoué au chancelier Mau pe ou dans une circonstance plus délicate. Lorsque les parlements eurent été cassés par un coup d'État et remplacés par des cours souveraines, Targetetla plupart des célébrités du barreau s’abstinrent de toute plaidoirie. Gerbier eût peut-être dorné l'exemple, il refusa de le.suivre. En 1774, lorsque Louis XVI eut commencé son règne par le rappel des parlements, on ne pardonna point à Gerbier sa défection, Une action en subornation de témoins ayant été intentée dans le procès du comte de Guignes, Gerbier, qui s’y trouvait impliqué fort mal à propos, au lieu d’une éclatante réparation, fut simplement mis hors de cour. Linguet, quile regardait comme l’auteur des persécutions dirigées contre lui, l’accabla de sarcasmes et même d’inveclives dans ses nombreux écrits, qui furent, sous un gouvernement absolu, malgré la censure et en quelque sorte

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