‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 222 sur 552 · GERBE — GERÇURE · texte numérisé non relu

GERBE — GERÇURE

| Gerbier dictait les exordes, les péroraisons et les morceaux

| midum de Ét. Geoffroy. La taille de cetanimal est celle d’uné duisant, l'avait comblé de ses dons. Il en avait reçu une |

| riers qu’elle se creuse elle-même au milieu des plaines | désertes de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique. Par la

malgré les douanes établies à la frontière contre l’introduetion des pamphlets imprimés en pays étranger, le prélude de la liberté de la presse. Aussi Gerbier ne fut-il élu b4 tonnier qu’en 1787. Il mourut quelques mois après , le 26 mars 1788, àgé de soixante-trois ans, empoisonné par Jé vert-de-gris de quelque vase mal étamé.

Il est peu de contemporains qui aient pu entendre les ads mirables improvisions de Gerbier. Les jeunes stagiaires , eux mêmes pour venir écouter leurs maîtres dans l’art de la parole étaient obligés de se presser dès six heures du matin à là grille de la cour du Harlay. On a donc cru longtemps qu'il ne s'était conservé aucun de ses plaidoyers : M la com» tesse de la Saumès, sa fille etunique héritière, aidée des soir de Bellart, Delacroix-Fraïnville et Chauveau-Lagarde, fit pour cela d’inutiles recherches. Heureusement , Delamallé conservait dans sa bibliothèque des plaïdoiries entières et de! fragments précieux qui, à la vérité, ne sont pas de la maïr de Gerbier, mais de celle du fameux HéraultdeSéche les, son élève et son ami. El paraît que dans son cabinef

à effet, en indiquant , par des notes plus ou moins étendues, les divers points de la discussion. C’est ce travail que Hé rault de Séchelles compléta par une espèce de sténographie à l’audience; et il se procura ainsi, notamment, le discours de 1763. BRETON.

GERBILLE, sous-genre établi par A.-G. Desmaresf dans legenre gerboise, etayant pourtype le dipus pyra

souris; sa queue est brune et terminée par des poils assez longs; ses jambes postérieures sont aussi longues que son corps. On le trouve communément en Égypte, principale: ment dans les environs des pyramides.

GERBOISE, genre de petits mammifères rongeurs qui ressemblent beaucoup au rat, avec lequel les anciens, qui l’appelaient rat à deux pieds (mus bipes), l'ont confondu à tort, puisque les gerboises diffèrent des rats par leur queue, qui est d’une grande longueur et très-touffue à son extrémité, et aussi par leur pelage, qui dans la plupart des espèces est, sous le ventre, d’un fauve clair blanc. Shaw en compte six espèces, et Gmelin dix.

La gerboise de Buffon (dipus sagitta, Pallas; dip gerboa, Gm.), d’un naturel très-timide , vit dans lesters

conformation de ses membres postérieurs, beaucoup plus grands que les antérieurs, cet animal, dans ses postures eb ses mouvements, ressemble beaucoup à un oiseau. Aussi Sonnini n’hésite-t-il pas à dire qu’il est le cheînon intermé diaire entre les quadrupèdes et les oiseaux. Il se tient habi tuellement sur ses pieds de derrière, et ne se sert guère dé ses pieds de devant que pour porter ses aliments à sa bouche à la manière du kangourou.

GERÇURE, fente superficielle ou crevasse qui survien! à la peau ou à une membrane muqueuse voisine de la surface cutanée. Cette légère lésion reconnaît pour cause tantôt lac tion du froid, tantôt l’application d’un corps irritant; quel quefois la distension des téguments par suite d’une gros sesse ou d’une hydropisie. J1 en est qui se forment à l’anu (fissure); elles sont extrêmement douloureuses et récla ment souvent une opération. On en voit enfin dans diverse régions du corps, qui dénotent l'existence d’une infection vi rulente, notamment la syphilis. Souvent aussi elles accon pagnent les engelures. De toutes les gerçures, les pl douloureuses sont celles du mamelon, chez les nourrices Elles peuventdevenir assez profondes pour entrainer la chuté de la partie malade. Irritées sans cesse par les efforts de la succion, ces petites plaies tinissent ordinairement par déters miner des souffrances intolérables , de la fièvre, de line somnie, et par nécessiter la suspension de l'alleitement. est bon pour prévenir cet accident, si commun chez less primipares , de former le mamelon dans les premiers emp# de la grossesse, en faisant opérer la succion par une fermés

GERÇURE — GÉRID

en le couvrant d’un petit chapeau en buis, pour que la pression du corset ne l’aplatisse pas ; en l’affermissant à l’aide de lotions faites avec une infusion vineuse de sauge. Une fois déclarées, on y appliquera de la crème fraîche, du mucilage de pepins de coings, etc. On seservira d’un bout surmonté de tétine de vache. Quand rien en réussit, que l’enfant tette du sang avec le lait, et que la santé de la mère en souffre, il faut suspendre l'allaitement. Quant aux autres gerçures, il faut autant que possible les soustraire à l’action d’un air froid ou de substances irritantes, et laisser la partie malade en repos, afin que rien ne s'oppose à la cicatrisation, qu’on favorisera

à l’aide de pommades adoucissantes et dessiccatives, telles que la pommade de concombre, le beurre de cacao , l'onguent rosat , le cérat de saturne. D' SAUCEROTTE.

GERDY (PierREe-Nicocas), professeur en chirurgie à la Faculté deMédecine de Paris, membre de l’Académie de Médecine, chirurgien de l'hôpital de La Charité, fut aussimembre en 1848, de l’Assemblée nationale pour le département de PAube, sa patrie. M. Gerdy aîné est le fils de ses œuvres. Il doit à ses efforts personnels et persévérants non-seulement

sa réputation et sa forfune, mais son instruction. Quant à quelques défauts d'éducation, dont certains yeux peuvent être frappés et qui causèrent tant de surprise au sein de l’Assemblée nationale , ils proviennent beaucoup moins d’une originalité native que des dures circonstances qu'a eu à traverser sa jeunesse. Né en 1797, Loches, M. Gerdy vint à Paris dès 1814, à l’âge de dix-neuf ans. Il avait pour compagnons un fervent amour pour l'étude, un grand fonds d’enthousiasme pour l’indépendance et la vérité, un entier renoneement aux plaisirs, un courage à l'épreuve des privations et des dégoûts, une patience incomparable, et de plus une infirmité comme Boerhaave : il portait alors une tumeur blanche au genou. Il passa d’abord quatre années à étudier les sciences, les lettres, la médecine, quatre ans à se traiter, à s’inquiéter, à se priver, à souffrir ; et au bout de ce temps, il s’était fait à lui-même une orthographe, une rhétorique, une philosophie, une esthétiqne, une physiologie et même une religion. Son style s’est toujours fait remarquer par quelque excentricité. Dès l’origine de ses études, M. Gerdy se prépara à da carrière des concours, et s’exerça à porter la parole en public. Il avait fondé une conférence d'élèves avec MM. Deroisin, Démarais, Isidore Bourdon et Ségalas, et discutait chaque dimanche avec deux étudiants en droit. Son élocution était sans charme, mais non sans abondance et sans chaleur. Sa voix sourde etses doctrines excentriques donnaient à ses discours une étrangeté saisissante, que lenthou- Siasme de l’orateur ne sauvait pas toujours du ridicule. I] échouait presque constamment dans les concours ; mais ces insuccès réitérés ne purent lasser sa persévérance, et c’est finalement aux concours qu'il a dû ses principales fonctions, sa place de chirurgien d'hôpital, sa chaire de professeur, tout ce qu'il est en un mot. Il a dû, pour ces résultats, affronter dix-sept ou dix-huit concours. Son animation était telle, quand il commençait à parler, qu’il fournissait rarement toute sa carrière, une excessive émotion l’arrêtant tout à coup au milieu de Ja lice par des palpitations qui allaient presque jusqu’à l’'évanouissement. L'Académie, dont il est membre, a été plusieurs fois témoin de faits analogues. Il y combattit la candidature de M. Jobert de Lamballe en 1839, et en 1841 les expériences erronées d’Orfila sur l’arsenie avec une passion peu didactique. Orfila sortit de cette discussion tout meurtri , bumilié et vieilli de dix ans. M. Gerdy à montré le même emportement à l’Assemblée nationnale, surtout dans son attaque contre les inspecteurs d’aliénés ; discussion dans ‘laquelle le président Marrast le rappela au calme, en lui reprochant de se livrer à la passion.

M. Gerdy a publié plusieurs ouvrages, dont voici les principaux : 1° Essai d'analyse et de classification naturelle des phénomènes de la vie (Paris, 1823); 2° Trailé des bandages, des appareils et des pansements ( 1838-1839, 2 vol.); 3° Analomie des formes extérieures, à l'usage

DICT, DE LA CONVERS, — T, x,

des peintres, sculpleurs et dessinateurs (1830). Cet ouvrage, et surtout le cours qui l'avait précédé, concilia à M. Gerdy les sympathies des artistes, en sorte qu’ils se montrèrent contrariés qu'on leur eût donné au musée des Petits Augustins un autre professeur d’anatomie que M. Gerdy. Mais le docteur Suë eut là pour successeur le docteur Émery, parent de la famille Hersent, et aujourd'hui médecin du prince Jérôme, lui-même un peu artiste ; 4° Traité de Physiologie didactique (2 vol. in-8°) ; 5° Des Polypes et de leur trailement (1838); 6° Physiologie de Intelligence (1847); 7° Divers rapports et discours, entre autres l'éloge, fort critiqué, du chirurgien Sanson, et quelques articles de dictionnaires. M. Gerdy appartint autrefois à l’école des naturalistes que fondèrent, en 1819, Mirbel et Cuvier. 11 dut suivre la direction de ce dernier savant, qui le dispensa de voyager à l'étranger. Il mourut en 1856, à Paris.

M. Vulfranc Geroy, cadet du précédent, est lui-même un homme de mérite. 11 est le médecin inspecteur des eaux minérales d’Uriage, dans l’Isère, sources importantes, dont il a décrit les propriétés dans plusieurs bons mémoires.

GERFAUT, espèce du genre faucon. Le gerfaut (falcoislandicus, Lath.; falco rusticolus, Gmel.}, géant de ce genre, est gros comme une poule de Caux. Il habite en été toutes les contrées circumpolaires, et en hiver ne descend jamais plus bas que le 60° degré de latitude Nord. Cependant, il en fut tué un en Suisse, en 1644. Autrefois on dressait le gerfaut à la chasse du lièvre.

GÉRICAULT (JEan-Louis-THÉODORE-ANDRÉ), peintre, né à Rouen, en 1790, mort le 18 janvier 1824, était fils d’un ancien avocat. Il fit ses premières études au collége de Rouen ; mais il en sortit bientôt, n’ayant pu y rien apprendre. Il ne réussit pas mieux chez Carle Vernet, sous lequel il commença à étudier la peinture. Entré plus tard chez Guérin, qui peut passer pour son seul maitre, il était regardé par ses camarades d’atelier comme un jeune homme sans moyens et sans avenir. Le temps s’avançait où Géricault devait faire mentir tous ces sinistres pronostics. Ce fut en 1812 qu’il exposa une figure en pied assez remarquable, Le Chasseur ; en 1814, il exposa une seconde figure en pied, Le Carabinier. Découragé du peu de suceès qu’il obtenait, séauit d’un autre côté par l'espoir d’une gloire plus rapide, il s’engagea dans les mousquetaires ; mais là aussi le dégoût l’attendait : on le vit bientôt mettre bas l'uniforme et reprendre les pinceaux. En 1815 il travailla avec une nouvelle opiniatreté, et fit de nombreuses esquisses d’après les premiers maîtres. En {816 il partit pour l'Italie, où pendant un an il peignit de grandes études.

De retour en France, il exposa, en 1819 une magnifique page, fruit de sa noble persévérance, le Naufrage de La Méduse, qui doit immortaliser son nom. Cette toile émouvante fut diversement jugée par les artistes ; mais son étrangeté impressionna vivement le public. Géricault s’y montrait aussi chaud eoloriste que puissant dessinateur.

Avec le radeau de Za Méduse commence et finit la vie are tistique de Géricault, de ce Michel-Ange des temps modernes, comme se plaisaient à l’appeler ses élèves, en tête desquels nous placerons Delacroix. Il était parti pour VAngleterre. Ii en revint presque aussitôt, courbé par une sciatique douloureuse, dont il venait d’être atteint sur la Tamise. On empioya tous les remèdes pour le guérir, et on y avait à peu près réussi, lorsqu'une chute de cheval amena un abcès au côté droit, qui le conduisit au tombeau après dix mois de souffrances. Après la mort de Géricault, on vendit toutes ses peintures. La Méduse fut achetée par M. Dedreux d’Orcy 6,000 fr:, et revendue au Musée pour le même prix. Géricault a fait beaucoup d’études de chevaux : il excellait dans ce genre. On cite delui, en Angleterre, une aquarelle représentant une course : elle est d'une vérité surprenante. Ses élèves ont fait placer sur son tombeau un bas-relief dû au ciseau de M. Etex et représentant la scène du Naufrage de La Méduse.

GÉRID ou GIRID. Voyez Diérin

GERLACH ( Ernesr-Louis pe }, président de la cour supérieure d’appel de Magdebourg ( Prusse), est né le 7 mars 1795, à Berlin, où son père mourut premier bourgmestre,en 1813. Ses études juridiques terminées, il embrassa la carrière de la magistrature, et obtint en 1844 les fonctions élevées qu'il occupe encore aujourd’hui. A la suite de la réolution de 1848, il devint l’un des collaborateurs les plus actifs de la Juncker Zeitung (Gazette des Gentilshommes ), dont le titre seul indique suffisamment les tendances réactionnaires, et à laquelle le gouvernement prussien s’est vu tout récemment dans la nécessité d'adresser un avertissement, à cause de ses articles perfidement et systématiquement hostiles à l’empereur des Français et à son gouvernement. Tous ces articles avaient été accueillis avec la plus grande faveur dans le monde officiel ; maïs il fallait bien les désavouer, pour ne rien précipiter à propos de la lutte armée à laquelle on se prépare depuis longtemps de part et d'autre ( décembre 1854). M. de Gerlach ne se contente pas d'enrichir de sa prose les colonnes de la Gazette des Gentilshommes, il trouve encore le temps de rédiger à lui presque tout seul un recuell mensuel ayant pour titre Rundschau (La Ronde), et de tendances non moins réactionnaies que le journa! des hommes à seize quartiers. Membre de la première chambre, en 1849, il y siégea à l’extrème droite, et s’y fit constamment remarquer par son zèle à défendre les antiques priviléges de la noblesse et à combattre tous les efforts du parti libéral pour doter la Prusse d’un veritable gouvernement constitutionnel. Malheureusement, dans ses discours, si spirituels et si brillants qu’il puissent être, on sent qu'il manque un élément essentiel du succès : Za sincérité des convictions. L'esprit qu’il veut avoir gâte souvent aussi celui qu’il a, et sa parole est quelquefois tellement recherchée, que cela touche à l'affectation. En outre, il ne s’aperçoit pas qu’il se répète beaucoup trop souvent. En 1850, il fit partie du parlement d’Erfurt, et en 1851 de la diète de Brandebourg.

GERLACHE (ÉriEnxe-ConsranTIN DE) est né dans le Luxembourg, en 1785. Sa famille avait été anoblie en 1751. Élève de l'École de Droit de Paris, il fit son stage chez l’avocat Hennequin, connu par ses sympathies jésuitiques. Lorsque le gouvernement des Pays-Bas fut institué, il revint en Belgique. Le roi Guillaume le nomma conseiller à la cour d'appel de Liége et chevalier de son ordre du Lion de Belgique. Ses concitoyens, de leur côté, l'envoyèrent en 1824 à la seconde chambre des états généraux, où il ne cessa pas de siéger jusqu’en 1830. L'opposition le comptait vers cette époque parmi ses membres les plus éclairés, quoique déjà il avouât pour les prétentions temporelles du clergé cette partialité qui n’a fait par la suite qu’augmenter. La révolution accomplie, il fut désigné par le gouvernement provisoire comme membre de la commission chargée d'élaborer un projet de constitution, et contribua plus que personne à y introduire les articles sur lesquels le parti clérical a fondé sa domination en Belgique. Élu memdre du congrès par l’arrondissement de Liége, il en fut le premier viceprésident, et dès que le baron Surlet de Chokier eut été élevé à la régence, il le remplaça au fauteuil,

Avant tout, M. de Gerlache voulait deux choses : affranchir le clergé du pouvoir civil, et affaiblir autant que possible les tendances démocratiques. Enneini des résolutions violentes, quoique souvent indécis, principalement dans les moments de crise, il eut le courage de voter contre l'exclusion des Nassau. Pendant l’interrègne, il se vit quelque temps à la tête du conseil des ministres. 11 proposa d'appeler au trône de Belgique le duc de Nemours, etfit partie de la députation qui alla offrir la couronne à ce prince, ignorant sans doute le mot de cette petite comédie politique convenue entre le cabinet de Paris et celui de Londres Il se montra ensuite partisan du duc de Leuchtemberg, puis préconisa le prince Léopold de Saxe-Cobourg, auquel il alla également offrir le sceptre. Ce fut lui qui reçut le nonveau roi à Lacken, lorsqu'il débarqua en Belgique, Nommé, par arrêté royal du 4 octobre

GERLACB — GERLE

1833, premier président de la cour de cassation, il dut re. noncer à ses fonctions législatives, et revint alors avec satisfaction aux lettres, qui avaient toujours eu des charmes à ses yeux. En 1839 il se rendit à Londres, dans l'espoir de faciliter les négociations relatives au Luxembourg, et publia alors une brochure dans le but d’établir la nécessité pour la Belgique de renoncer à cette province : elle est intitulée: Quelques mots sur la question des territoires. M. de Gerlache passe pous avoir le secret de l’épiscopat belge, lequel forme un véritable gouvernement à côté de l’'État; mais il est moins propre au rôle de chef de parti qu'aux vertus paisibles de la famille et aux études spéculatives. En 1852 il se laissa encore aller à publier un pamphlet contre le liberalisme officiel ; etle succès en fut tel dans les masses ignorantes et dévouées au parti prêtre, qu'on peut lui attribuer une bonne partie des pertes si notables que le parti libéral subit aux élections générales qui eurent lieu au mois de juin de la même année, C’est, du reste, un honnête homme et, de plus, un homme de talent, Ses ouvrages en fournissent la preuve. En voici la liste à peu près complète : Traduction du Catilina de Salluste (Paris, 1812); Essai sur Grétry (1821, réimprimé en 1843); Les Guerres d'Awons et de Waroux, épisodes de la chevalerie liégeoise aux XIII® et XIV° siècles (1828); Révolution de Liége sous Louis de Bourbon (1831); Histoire du royaume des Pays-Bas de 1815 à 1830 (2 vol., 1839); Histoire de Liége depuis César jusqu'à Maximilien de Bavière (1843); Études sur Salluste et les historiens de l'antiquité (1847); Observations critiques sur l'Histoire de César, par Napoléon III (1863). M. de Gerlache, membre de l’Académie des Sciences de Belgique, fut créé baron par Léopold Ier, Il est mort le 10 février 1871, à Bruxelles.

GERLE (Dom Anrone-Carisropne), chartreux et constituant, n6 en Auvergne, vers 1740, y avait la réputation d'un homme d’esprit. Il fut nommé à Riom député suppléant aux états généraux. C’était déjà une révolution que la présence dans une assemblée d’un moine d’un ordre aussi austère. Il faut croire cependant qu’il avait été sécularisé longtemps avant 1789; car dom Gerle a dit de luimême: « On me présente comme un homme bilieux , dont le cloître a creusé le cerveau. Mais si j'ai pendant dix ans pensé dans le cloître à des choses sérieuses, j'en ai passé ensuite vingt dans le plus grand monde et Les plus grandes occupations. » Quoi qu’il en soit, il ne jeta pas tout d’abord le froc aux orties; son costume de chartreux le rendait chaque jour, à l’Assemblée nationale, l’objet de la curiosité universelle; il ne le quitta qu'après l’abolition des ordres monastiques, qu’il provoqua lui-même par une motion célèbre, du 12 décembre 1789.

Lié avec des femmes mystiques, et se livrant avec elles aux rêveries les plus absurdes, il crut bientôt voir la religion de l'Etat sur le bord de l’abime. Aussi demanda-t-il la parole, le 13 juin 1790, pour proclamer les extravagantes prophéfies de Susanne Labrousse, morte depuis à Rome, dans un hospice d’aliénés. Son discours, prononcé d’une voix débile, fut à peine écouté; mais le côté droit en saisit avec avidité la conclusion, qui était la proclamation du culte catholique comine la seule religion de l'État. Cazalès et Bonnal appuyèrent cette motion, et furent bien étonnés lorsque le lendemain ils la virent retirer par son auteur, Après avoir prêté tous les serments de l'époque , dom Gerle abdiqua les fonctions sacerdotales, et refusa le grand-vicariat de l’archevêché de Meaux ; il aurait préféré être évêque par la nomination du peuple. Sa position fort précaire, comme ex-religieu x et ex-constituant , le’ força de s'adresser à Robespierre, à Chaumette, à Gobel , évêque de Paris, et aux autres puissants du jour, pour obtenir un certificat de civisme, Un malheureux incident letira de l'oubli : Une femme, plus imbécile encore que fanatique, Catherine Théot, dont on changea le nom en celui @e ZAcos (c'est-à-dire de la Divinité elle-même), aspirait à devenir la fondatrice d'une secte nouvelle, sorto d'#iance entre le déisme et la religion

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