GERMAIN — GERMANICUS
sède une odeur résineuse, qui dans les chaleurs serapproche plus ou moins de celle du musc ; la germandrée à odeur de pomme (teucrium massiliense), dont les fleurs sont en grappes terminales, tournées d’un seul côté; elle se trouve sur les bords de la Méditerrannée, et répand lorsqu'on la frotte une odeur de pomme de reinette, d’où vient le nom qu’elle porte; la germandrée aquatique (teucrium scordium), à racines rampantes et vivaces, à fleurs rougeâtres : sa saveur est très-amère; son odeur se rapproche de celle de l’ail ; elle est tonique, fébrifuge et antiscorbutique; elle sert en pharmacie à préparer le diascor dium, auquel elle a donné son nom; lorsque les bestiaux en mangent, leur lait a une odeur d’ail très-prononcée; la germandrée femelle (euritum botrys), à laquelle on attribue les mémes propriélés qu’à la précédente, mais à un degré moindre; la germandrée maritime (teucrium marum), qui croît sur les bords de la mer : son odeur est agréable et pénétrante ; on la regarde comme tonique et antihystérique; on prétend que sa poudre, mêlée avec du tabac, calme les maux de tête; elle porte le nom d'herbe aux chats; parce que son odeur les attire fortement; cette germandrée entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques, entre autres lathéria que; la germandrée chénette ou petit-chéne (teucrium chamcædris), qui se trouve dans toute la France, sur les coteaux secs et arides: c’est la germandrée officinale proprement dite ; elle a une odeur aromatique et une saveur très-amère : elle s'emploie, soit en infusion, soiten poudre, contre les fiè. vres intermittentes, les pâles couleurs etla goutte. Son nom de pelit-chéne vient de la forme de ses feuilles, qui ressemblent à celles du chêne. Cette dernière plante offre une singularité qu’il est bon d'indiquer ici. Les galles qu’elle présente quelquefois sont placées sur la fleur, au lieu d'être sur les feuilles ou toute autre partie du végétal, et l’insecte qui les produit est une punaise qui se forme et croît dans ces tubercules monstrueux. En naissant, il est niché dans la fleur jaune du chamædris; il la suce avec sa trompe ; le bouton agmente alors beaucoup de volume sans s'ouvrir, et la petite nymphe de punaise y conserve son logement. C. FAYROT.
GERMANICUS (Czæsar), célèbre comme général d’armée et remarquable par la noble élévation de son caractère, de même que par son instruction littéraire, était fils de Nero Claudius Drusus et d’Antonia, et naquit l'an 15 avant J.-C. Il était petit-fils de Marc Antoine, et petit-neveu d’Auguste par Octavie, son aïeule maternelle. Pour se conformer à la volonté d’Auguste, qui un moment avait même songé à le désigner pour son successeur, Tibère, déjà père pourtant d’un fils adulte, l’adopta, l’an 4 après J.-C., et il se fit accompagner par lui, de l’an 7 à l’an 10 de notre ère, dans la guerre qu'il fit en Pannonie et en Dalmatie, ainsi qu’en l'an 1{ dans l'expédition que, après la défaite de V arus, il entreprit pour défendre les frontières de l'empire du coté de la Germanie. Après avoir rempli, en l’an 12, les fonctions de consul à Rome, Germanicus obtint l’année suivante le commandement des huit légions campées le long des rives du Rhin. Quand on y apprit, en l’an 14, la mort d'Auguste, ce fut en vain que les soldats le supplièrent de se saisir du pouvoir suprême ; et dans la répression de la révolte des quatre légions au bas Rhin, il apporta autant de modération et de clémence que le légat Cæcina d’impitoyable rigueur, Germanicus fit ensuite franchir à ses troupes le Rhin au-dessous de Wesel, attaqua à l'improviste les Marses, dans le territoire actuel d'Osnabruck, au milieu d’une fête qu'ils célébraient de nuit, et détruisit le temple fameux qu'ils avaient élevé, ou Tarfana. En même temps que Cæcina était envoyé par lui contre les Marses et les Chérusques, il quittait Mayence pour envahir le territoire des Cattes, dont il détruisit le chef-lieu, Mattium, sur l'Eder, Au retour de cette expédition, il rencontra les envoyés de Segestes venant implorer son secours contre Hermann (Arminius), son gendre, qui le tenait assiégé. Germanicus revint en toute hâte sur ses pas, délivra Segestes, et fit prisonnière