FROMENT — FRONDE
pendant, dans les combats livrés à Oran en 1832, les Arabes se servirent encore habilement de cette arme. G! BarniN,
FRONDE (Guerre de la). « II y avait en ce temps-là dans les fossés de la ville, dit Montglat dans ses Memoires, uue grande troupe de jeunes gens volontaires qui se battaient à coups de pierres avec des frondes, dont il derneurait quelquefois des blessés et des morts. Le parlement donna un arrêt pour défendre cet exercice ; et un jour qu’on opi- . nait dans la grand’chambre, un président parlaut selon le désir de la cour, son fils (voyez Bacnaumonr), qui était conseiller des enquêtes, dit : Quand ce sera mon tour, je FRONDERAI bien l'opinion de mon père. Ce terme fit rire ceux qui étaient auprès de lui, et depuis on nomma ceux qui étaient contre la cour Fronpeurs. » Donc, nul ridicule ne devait manquer à la Fronde, pas même son nom. Ce fut une ligue de vanité, une réaction d’intrigue contre la politique de Richelieu, tombée en héritage au souple génie de Mazarin (1648-1652).
Le drame que nous abordons se divise en deux actes trèsdistincts. Le premier commence à la mort du cardinal de Richelieu. Mazarin lui succédait : il avait ses créatures à lui, il fallait les tisfaire; puis les disgrâces précédentes se changèrenter igues. Châteauneuf, à qui Richelieu avait Ôté les sceaux dix ns auparavant, et qu’il avait tenu depuis prisonnier à Angoulême, vint s'établir à Sceaux comme dans un centre de cabale. M* de Chevreuse, ancienne favorite, que Richelieu avait également tenue dix-huit ans exilée, reparut soudain. Mme d'Hautefort, plus récemment éloignée, vint se mêler aux mêmes ambitions. Mazarin fut surpris par ces apparitions d’intrigues, et leur opposa des exils nouveaux. Les princes de la maison de Vendôme formèrent le parti des importants, contre le duc d'Orléans, qui suivait la cour avec son caractère ambigu. Les brigues devinrent actives, les rivalités ardentes. Des querelles de femmes se mélèrent aux animosités politiques : Mme de Longueville commençait à se montrer avec sa fierté jalouse : il fallut lui sacrifier Mme de Montbazon, qui avait laissé échapper quelques témérités sur sa personne. La cour se divisa davantage encore suus ces drapeaux divers. Le duc de Beaufort, le roi des halles, allait à cette guerre avec son caractère âpre et grossier. On l’accusa d’avoir voulu tuer Mazarin. Il fut mis à la Bastille. Quelques duels eurent lieu. Le duc de Guise se battit contre Coligny. La Fronde justifiait déjà son nom.
Cependant, la France soutenait des guerres plus sérieuses, et, comme Turenne et d’autres grands noms, le jeune Condé se signalait dans les batailles. Mazarin profita d’abord de ses succès pour s’affermir; mais le jeune héros vint à son tour se mêler aux passions qui s’agitaient autour du pouvoir. Son caractère était vif et superbe : il fallait que tout pliât. Gaston, duc d'Orléans, qui avait essayé de paraître à la guerre pour lui disputer un peu de gloire, ne put soutenir cette formidable rivalité. Condé arriva à la cour avec un cortége de seigneurs qu’on appela les petits-mattres, parce qu’ils imitaient le ton fier et dominateur dumatitre qui les traînait après lui. Sa gloire commença à paraître gènante, et Mazarin exerça son esprit à découvrir des subtilités propres à le délivrer de cette ambition. Le cardinal avait besoin de subsides ; le parlement résista pour lui en donner. Il se tint un lit de justice, où Talon, avocat général, se fit, au nom du peuple, l’auxiliaire des factions, Anne d’Autriche, régente du royaume, supporla peu patiemment ces résistances. Elle fit des plaintes dures aux magistrats, L'irritation n’en devint que plus vive, Le parlement proclama un arrêt d’union qui élait une guerre ouverte. On enleva quelques magistrats, qu'on mit en prison, Le peuple prit parti pour eux, et s’accoutuma aux séditions, La reine manda le parlement, et lui parla de chdliments exemplaires qui élonneraient la postérité. Mais Mazarin espérait tout calmer par des négociations. La violence, comme la ruse, fut inutile.
Condé avait laissé là les discordes etles petits-maîtres : il