‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 235 sur 552 · GESTA ROMANORUM — GESTE · texte numérisé non relu

GESTA ROMANORUM — GESTE

dans le sein maternel, plus il a acquis de force, et plus il a de chances pour échapper aux dangers qui le menacent à l'entrée de la vie. Aussi est-il très-rare de voir survivre un enfant venu au jour à sept mois, tandis que l’on peut ordinairement conserver celui qui vient au monde après huit mois de gestation. D' Isidore Bourpon.

On donnait aussi le nom de gestation ( gestatio ) à une sorte d'exercice en usage chez les Romains, et qui consistait à se faire bercer dans un lit, porter en chaise ou en litière, traîner rapidement-dans un bateau, un chariot, afin de donner au Corps un mouvement et des secoussessalutaires. Asclépiade avait mis en vogue Ja friction et la gestation. Celse prétend que la gestation est fort utile à la santé. Elle avait surtout pour but de faire recouvrer les forces.

GESTE, mouvement extérieur du corps, servant à exprimer nos sentiments, nos désirs , nos craintes , toutes les sensations diverses enfin que nous pouvons éprouver, Quelques traïtés sur l’art du comédien, sur lart du danseur, indiquent bien certaines attitudes académiques ; mais ces préceptes n’ont fait que consacrer une {enue, une manière, tandis que le geste proprement dit, expression de la nature seule, doit être compris non-seulement des initiés, mais même de cette immense classe d’ignorants qui ne jugent que par leurs impressions. Il est évident que le langage des gestes a dû être d’autant plus en usage que le langage parlé était plus imparfait. Le geste a été certainement perfectionné, même avant la parole; mais pour remplacer ce dernier don, que le Créateur a réservé à l’homme seul, il fallait que le geste eût atteint une grande vérité d'expression, et c’est à reproduire cette vérité que s’attachera d’abord le véritable acteur pantomime, le véritable danseur mimique. A cette première condition se joindra celle de la grâce et de la beauté. « Les règles du geste, dit Quintilien, sont nées dans les temps héroïques; elles ont été approuvées des plus grands hommes de la Grèce, de Socrate lui-même. Platon les a mises au rang des qualités, des vertus utiles, et Chrysippe ne les a pas oubliées dans son livre De l'Éducation des Enfants. » La grâce, la naïveté, la noblesse, sont des avantages de tous les temps; et si les qualités du corps peuvent se corrompre ou s’aliéner, s’il est un temps où le geste peut être sans dignité et sans vérité, c’est lorsque les mœurs s’altèrent, que les nations abandonnent leur simplicité primitive, lorsqu'une manière, une pose de convention, remplace le maintien naturel qui résulte d’une heureuse conformation. Les monuments plastiques, les peintures étrusques qui nous sont restés, prouvent à quel point l’art du geste était apprécié dès la plus haute antiquité. La puissance seule du geste y reproduit toute l’intention que l'artiste a voulu donner à ses personnages. Nous savons qu’Aristote avait terminé sa Poétique par différents livres qui traitaient de lamimique : ces livres sont perdus, mais lui-même nous apprend que Glaucon avait déjà traité cette matière.

Le geste n’est qu'un moyen d'indiquer l'expression : ce n’est point un buf. I] ne suffit donc pas de plaire seulement à l’œil par une pose plus ou moins gracieuse, plus ou moins étudiée, il faut encore qu’elle parle à la pensée. Aussi voyons-nous que les statuaires grecs, ayant remarqué que le mouvement général d’une figure entière frappe les yeux avec plus de puissance que la tête seule, se sont attachés à rendre l'attitude expressive bien plus qu’à faire grimacer les visages; c’estencore pour cette raison qu'ils ontpréféré le nu à l'ampleur des vêtements cachant une partie des signes caractéristiques qui doivent concourir à l’unité de l’expression. De ce principe il faut conclure que le geste est ce qui frappe au premier abord. La nécessité de gesticuler avec justesse est donc la première étude à laquelle l'acteur doit se livrer, et c’est peut-être celle à laquelle il pense le moins. Pour donner une idée de la perfection inouie à laquelle les Grecs avaient porté l'art du geste, ajoutons qu'ils possédaient une musique nommée Aypocritique, c'est-à-dire qui imite, laquelle était notée, et les auteurs tragiques indi-

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