‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 237 sur 552 · GETA — GÈVRES · texte numérisé non relu

GETA — GÈVRES

lessubjuguer. Ils avaient les mœurs desK ab yles modernes qui passent pour en être les descendants.

GÉVAUDAN, ancien pays de France, qui faisait partie du bas Languedoc et forme aujourd’hui le département de la Lozère. Il avait pour chef-lieu Mende, pour villes prin- Cipales Marvejols, Javoulx, Espagnac, La Canonrgue, Langogne, Florac, Barre, Grisac ou Roure, Quézac, et était divisé, par suite de sa constitution physique, en haut et bas : le premier dans les monts de la Margevile et d’Aubrac, le second dans les Cévennes.

Le Gévaudan tiraitson nom des Gabali ou Gavales , an cien peuple de la première Aquitaine, dônt la principale ville était Anderitum ou Civilas Gabalum. Ce pays fit ensuite partie du royaume d’Austrasie et du duché d’'Aquitaine, et devint un comtésousles Carlovingiens. Du dixième au onzième siècle, il fut possédé par les comtes de Toulouse. A cette époque, l’un d’eux, Raymond de Saint-Gilles, l’aliéna pour subvenir aux frais de la guerre sainte. On ignore la date précise de sa réunion au Languedoc. Il nefaut pas confondre le comté de Gévaudan, avec le vicomté du même nom. Celui-ci, dont le chef-lieu était Grezès, fut possédé au dixième siècle par Besnard, vicomte de Milhaud en Rouergue. Il passa ensuite dans la maison de Barcelone, puis dans celle d’Aragon, et Jacques I", roi d'Aragon, le céda à saint Louis en 1258.

GEVRES ou GESVRES (Marquis et Marquise de). Le marquis de Gèvres était fils aîné du duc de Tresmes, lequel appartenait à la noblesse de robe et descendait d’un premier président au parlement de Paris, appelé Potier. Le marquis de Gèvres, après avoir appartenu quelque temps à l’édilité parisienne, laissa son nom à l’un des quais de la grande ville. Toutefois, ce n’est pas à ce quai qu'il est redevable de sa célébrité, mais bien à un fort vilain procès que lui intenta la marquise sa femme, et qui fut le dernier exemple de cette procédure bizarre connue sous le nom de congrès. Le scandale et le ridicule furent si grands cette fois, que nul depuis n’osa s’y exposer. Si les rieurs y perdirent, la décence publique y gagna. Voici le fait : Le duc de Tresmes avait marié l’héritier de son nom à la fille unique d’un maître des requêtes appelé Maserani. C'était un fort gros parti, et la mariée apportait des biens immenses aux Potier, dont elle devait continuer l’illustre souche, Par malheur cette union, contractée sous les plus heureux auspices, demeura stérile.| On était alors en 1712. Un beau matin, on apprit que la marquise de Gèvres avait déserté le domicile conjugal et s'était retirée chez la présidente Vertamont , sa grand’mère, d’où elle avait fait signifier à son mari une demande en nullité de son mariage pour cause d’impuissance. Impossible de se figurer le bruit que fit ce procès dans toute cette société si élégante et si polie; c'était à n’en pas croire ses oreilles ; et cependant, la chose n’était que trop vraïe, Au lieu de chercher à étouffer cette sale et ridicule affaire, les Tresmes se piquèrent au jeu, et acceptèrent le procès avec tous les brocards qu’il devait leur valoir. L’affaire se plaïda à lofficialité. Le marquis de Gèvres prétendit n'être point impuissant ; et comme c'était chose de fait, il fut ordonné qu’il serait visité par des chirurgiens, et la marquise par des matrones. L’archevêque de Paris et son chapitre avaient un bien singulier cas à décider ; et on a peine à comprendre qu'à une époque où Fénelon vivait encore, où Bossuet ne pouvait être oublié, des prêtres aient pu consentir à jouer un rôle dans cette farce honteuse. L’aflaire, cependant, suivit régulièrement son cours; on allait, dit Saint-Simon, s’en divertir aux audiences. On y retenait les places dès le grand matin, et de là des récits qui défrayaient toutes les conver-

sations. Ce procès dura quatre années avec le cortége obligé

de mémoires, de consultations et de factums. Enfin, le vacarme s’apaisa en 1716. La marquise de Gèvres se lassa; peut-être bien aussi, sur ces entrefaites, son amant vint-il à mourir, Bref,elle donna son désistement en bonne forme au cardinal de Noailles (Monsieur de Paris), moyennant un compromis, aux termes duquel il fut convenu qu’elle réintégre

GÊVRES — GHASNÉVIDES

rait le domicile conjugal, mais à ia condition d'habiter seule désormais avec son mari un hôtel particulier, et non de vivre dans la famille des Tresmes, comme elle avait fait au commencement de son mariage, d’avoir chevaux, carrosse, femme de chambre et laquais pour aller et sortir où bon lui semblerait, plus 8,000 livres, bien exactement payées, pour sa toilette et ses menus plaisirs. Quelques lecteurs s’étonneront sans doute de notre réserve à l'endroit du marquis de Gèvres ; ils voudraient savoir au juste à quoi s’en tenir sur les accusations de la marquise. Tout ce que nous pouvons leur dire, c’est que, demeuré veuf, le marquis se garda bien, pendant les trente annces qu'il survécut à sa chaste moitié, de songer à convoler à de secondes noces, Était-ce juste défiance de lui-même, ou bien philosophie ? Adhuc sub judice Lis est. Un frère cadet, marié à la fille aînée du maréchal de Montmorency, se chargea de continuer en son lieu et place la lignée des Tresmes, laquelle pourtant s’éteignit longtemps avant la fin du règne de Louis XV.

Un duc de Gesvres, gouverneur de Paris, et ami de M2 Dubarry, assista à l'inauguration de la statue de Louis XIV sur la places des Victoires.

GEX. Le pays de Gex, borné à l’est par le lac Léman, et par le Rhône, qui le sépare de la Savoie ; à l’ouest, par le mont Jura et l’ancienne Franche-Comté, par la rivièrede la Valserine, qui le sépare du territoire de Saint-Claude ; au midi, par le Bugey ; au nord, par la partie du pays de Vaux qui dépend du canton de Berne, avait 47,522 hectares de superficie : ses principales communes élaient la ville de Gex et les bourgs de Collonges et Versoix. La maison des comtes de Genève posséda ce pays jusqu'à la fin du treizième siècle. Amédée V, comte de Savoie, dit le comte vert, s'en empara au treizième siècle ; mais cette seigneurie lui fut enlevée en 1556, par la république de Berne : elle fut rendue à Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, par le traité de Lausanne, en 1564. Henri IV s’en rendit maître en 1589. Le duc de Savoie la reprit quelques mois après : il démantela le château de Gex, et livra la ville au pillage et aux flammes. Alliés de la France, les Genevois enlevèrent le territoire au duc de Savoie : ils en restèrent maitres jusqu’en 1601. Ce pays, la Bresse et le Bugey furent cédés à la France par le traité de Lyon de la même année, en échange du marquisat de Saluces.

La population du pays de Gex, composée en majorité de protestants, avait beaucoup souffert pendant le long cours des guerres de religion. Un arrêt du conseil de 1662 ordonna Ja démolition de vingt-trois prèches, et cet arrêt fut exécuté avec la plus impitoyable rigueur. Deux temples restaient encore debout, ils furent détruits lors de la révocation de l’édit de Nantes. Tous les biens du consistoire et de tous les protestants furent confisqués. Les Gexois, depuis la réunion de leur pays à France, avaient conservé leur administration ; mais la ferme française des gabelles fut si onéreuse pour ce petit territoire que Voltaire, qui était venu habiter Ferney et prenait volontiers le titre de Capucin du pays de Gex, obtint en 1775 un arrêt du conseil qui l’affranchissait de toutes vexations au moyen d’un abonnement annuel de 30,009 livres.

Sous la Révolution le pays de Gex fil partie du département du Léman. En 1814 il fut réuni à celui de PAin.

La ville de Gex, chef-lieu d'arrondissement du département de Ain, située au pied du Jura, sur le torrent de Jornant, se divise en trois parties : la première occupe la hauteur où s'élevait jadis un château fort; la seconde, formant la ville proprement dite, est fermée par d'anciennes murailles, en partie détruites, et par des jardins particuliers; la troisième au nord du chateau et à la distance de deux cents pas, peut être considérée comme un faubourg. La population est de 2,642 habitants. On y fabrique des fromages façon Gruyères et l’on y fait aussi un commerce de bois el de vins. Durey (de l'Yonne).

GEYSER, Voyez GEiser,

GHASEL, nom d’une espèce de poëme lyrique fort en

vogue chez les Turcs et chez les Persans. Il se compose de cinq strophes au moins, de sept au plus, chacune de deux vers, et réunies toutes par la même rime revenant au deuxième vers. La dernière strophe contient toujours le vrai nom ou le nom d'emprunt (£achallus), de l’auteur. Les sujets que traite le ghasel sont de nature érotique et bachique, ou bien allégorique et mystique ; on peut dire que c’est le sonnet des Orientaux. Chez les Persans, H a fis excelle à traiter ce genre de poésie.

GHASNA ou GHASNI, qu’on écrit aussi quelquefois Ghisni ou Ghisneh, ville située dans la partie du Kaboul dépendant de l'Afghanistan, sur la grande route des caravanes conduisant de la Perse aux Grandes-Indes par Hérat, Kaboul, Ghasna et Kandahar, est sans doute singulièrement déchue aujourd’hui de son antique splendeur, mais est encore d’une grande importance pour les relations de l’Afghanistan, ainsi que le prouve le soin qu'ont eu les Anglais de s’en rendre maîtres, le 23 juillet 1838, lors de leur dernière guerre contre les Afghans, sous les ordres de lord Keane. On y compteencore environ 1,500 maisons; et malgré sa basse latitude, c’est une des villes de l'Asie où règne la température la plus froide, en raison de la;grande élévation du sol sur lequel elle est bâtie. C’est sous la dynastie des Ghasnévides qu’elle atteignit l'apogée de sa prospérité ; elle était à celte époque l’une des plus grandes et des plus belles villes de l'Asie. Mais tous les monuments construits par le célèbre Mahmoud, ses bains somptueux, ses magnifiques mosquées ,ses splendides palais, ses riches et nombreux bazars, ont disparu. Sauf les nombreuses ruines qu’on trouve encore dans ses environs, il n’y existe plus

aujourd’hui que deux hauts minarets, les tombeaux de Mah-

moud, de Belholi le Sage, de Hakim-Sounaiï, ainsi que la digue de Mahmoud, pour témoigner de son antique magnificence. Elle n’en est toujours pas moins en grand renom dans le monde de l’islamisme, à cause de la foule de saints mahométans qui sont enterrés dans ses environs, ce qui l'a fait surnommer par les musulmans la seconde Médine, et la rend l’objet de nombreux pèlerinages.

GHASNEVIDES ou GAZNÉVIDES , la première dynastie musulmane qui ait régné aux Indes orientales. Elle tire son nom de la ville de Ghasna ou de Ghasni, dans le Kaboulistan, où Alp-Tekin , Ture horike d’origine, d’abord prisonnier de guerre et esclave à Boukhara, puis parvenu par ses talents à de hauts emplois sous le prince samanide de la Transoxane , se retira par suite des querelles qui surgirent parmi les Samanides pour la succession au trône, et où, après avoir battu les troupes envoyées contre lui par Mansour, prince samanide, il se maïntint indépendant, susqu’à sa morf, arrivée en 975. On l'appelle d'ordinaire le fondateur de la dynastie des Ghasnévides ; mais on ne doit réellement regarder comme tel que son gendre et successeur Sebek-Tehkin, comme lui esclave turc d’origine, qui hérita de la puissance de son beau-père et l’accrut encore par sa bravoure et par son zèle pour la propagation de l’islamisme. 11 s’empara de Bost dans le Séistan, vainquit Djaipal, roi de Lahore, et conquit Kaboul et Peichour. Reconnu comme prince indépendant par l'émir samanide Nouh IE, qu'il avait secouru contre ses ennemis, ilrecut en outre de lui le gouvernement du Khoraçan, et mourut en 999.

Après sa mort, son fils cadet, Zsmael, s'empara du trône, mais ne legarda que peu de temps, parce qu'il fut fait prisonnier par son frère aîné Mahmoud. Il finit ses jours dans la prison où on lui faisait expier son usurpation. Ce Mahmoud, le plus célèbre et le plus puissant des Ghasnévides, parvint aussi, après la ruine et la chute de la dynastie des Samanides, à se rendre maître du Khoraçan et du Séistan ; et le khalife Kadher-Billah lui en confirma la possession en lui conférant le titre de sultan et le surnom de Yemin- Eddaulah, c'est-à-dire main droite de l’État. Son beaupère [lek-Khan, roi du Turkestan, qui, après la chute des Samanides, s'était emparé de la Transoxane, lui céda en outre une partie de celle contrée. En l'an 1001, il come

mença ses irruptions dans l'Indoustan, et ne farda pas à se trouver maître du Kachemyr, du Pendjab et du Moultan. Une irruption faite par son beau-père dans le Khoraçan vint l’arrêtér dans le cours de ses triomphes et le forcer à retourner sur ses pas. Après l'avoir expulsé du Khoraçan et l'avoir battu, l’an 1007, à Balkh, dans une bataille où les élephants qu’il avait ramenés de l’Inde lui furent d’un grand secours, il marcha contre les Guèbres où Gaures, dans les montagnes de Ghour , et les dompta ; mais la manière cruelle dont il traita leur prince en fit un ennemi irréconciliable de sa dynastie. En 1018, il réunit à ses États le Djousdhän et le Kharizm; l’année suivante, il revint dans l’Inde, et pénétra jusqu’à Kanodje, grande ville bâtie sur les rives du Gange, à l'ouest de Benarès , massacrant sur sa route tous les hommes qui refusaient d’embrasser le mahométisme et emmenant avec lui comme esclaves les femmes et les enfants. Au retour de cette expédition, il battit sous les murs de Balkh Arslan-Khan , successeur d’Ilek-Khan, roi du Turkestan. Avec le butin qu'il fit à cette occasion et celui qu’il ramena de l’Inde, il fonda à Ghasna une magnifique mosquée , à laquelle étaient adjointes une école et une bibliothèque, car il ne laissait pas d’ailleurs que de protéger les sciences et les lettres. En l'an 1025, il entreprit la dernière et la plus brillante de ses campagnes dans l’Indoustan, et s’empara du Gouzourate, emportant d'assaut et livrant aux flammes la ville de Somnath avec son célèbre temple. Cet édifice, le plus renommé et le plus riche des temples indous, renfermait d'énormes richesses ; cinquante-six colones d’or massif, ornées de perles et de pierres précieuses, en soutenaient le faîte. Plusieurs milliers de statues d’or et d’argent entouraient la statue colossale de Siwa, dans l’intérieur de laquelle les prêtres de l’idole avaient caché une énorme quantité de diamants. Mahmoud la brisa lui-même, et en rapporta les débris ainsi que les portes du temple en bois de sandal massif, à Ghasna, comme trophées de sa conquête. Dans leur dernière guerre contre les Afghans, les Anglais à leur tour se sont emparés de ces portes célèbres dans tout l'Orient et les ont ramenées à Somnathaprès u ne absence deplus de huit cent ans. Mahmoud entreprit encore en 1029 une expédition contre le roi de Perse, prince de la dynastie des Bowaïdes, et s’empara de sa personne ainsi que de la partie septentrionale de ses États, sans avoir même besoin de tirer l'épée, L'année suivante, une mort prématurée vint mettre un terme à ses conquêtes. Indépendamment de son courage héroïque, les historiens louent en lui une profonde connaissance des hommes, l'amour de la justice et de la vérité; ils lui reprochent enrevanche son insatiable avidité, son ambition de conquêtes, et la cruauté que lui inspirait à l'égard de ceux qui ne partageaient pas ses doctrines religieuses un zèle ardent pour l’orthodoxie musulmane.

La puissance des Ghasnévides commença à décliner sous le fils et successeur de Mahmoud, Masoud Ier, prince remarquable par sa force athlétique et la rudesse de ses mœurs. Sa première expédition fut dirigée contre son frère, qu'il vainquit et à qui il fit crever les yeux. Cela ne l'empêcha pas de perdre l’Irak et une partie de la Transoxane, par suite d’une insurrection, et en 1040 le Khoraçan, qui lui fut enlevé pat les Seldjoukides. L'année d’après, il périt assassiné par son neveu Ahmed. Les règnes de Mohammed, de Modoud, de Masoud II, d'Aboul-Hassan- Ali, sultans qui se succédèrent jusqu’en l’an 1052, ne présentent que le tableau de la contiauelle décadence de l’empire, surtout par suite des incessantes compétitions pour ja puissance souveraine qui perpétuaient les guerres civiles et signalaient la race des Ghasnévides par les plus horribles forfaits de tous genres. Ces déchirements intérieurs favorisèrent les insurrections tentées par les Indous, ou par les divers gouverneurs de province, ainsi que les irruptions des Seldjoukides. Ce ne fut qu’aves le règne paisible el prospère de Firokh-Sad (1052-59), que commença une ère nouvelle

de tranquillité pour le pays. 11 en fut de même sous le |

GHASNÉVIDES -— GHELMA

règne de ses deux successeurs, son frère le sage et vertueux Ibrahim (1029-1099) et son fils Masoud II ( 1099-1115 ). Celui-ci battit les Seldjoukides en Perse, conclut avec eux une paix honorable, et soumit ensuite l’Indoustan révolté. En même temps il s’efforçait de toute manière d’assurer le bien-être de ses peuples, fondait des villes et des institu tions de bienfaisance de toutes espèces. Masoud III s’occupa surtout de législation. Sa mort fut le signal du retour des calamités dont on avait perdu le souvenir. Son fils etsuccesseur, Schir-Sad, fut détrôné et tué par son frère Arslan- Chah, lequel fut à son tour détrôné par son troisième frère, Bañram-Chah, puis périt assassiné en l’an 1120. Le règne de ce dernier prince, qui se distingua par sa générosité ainsi que par les encouragements qu’il donna aux sciences et aux lettres, fut brillant et prospère, à l'exception de ses dernières années, où il eut à soutenir contre Aladdin-Hussein, prince de Ghour, son vassal, une guerre opiniâtre à la suite de laquelle il perdit Ghasna. IL mourut en 1152, après avoir été vbligé d'abandonner pour la seconde fois cette capie de ses États et de se retirer dans ses possessions de Inde,

Son fils, Xhosrou-Melik, le dernier des Ghasnévides, fut un prince aussi bon et aussi juste que son père, mais faible et adonné aux plaisirs. Après de longues guerres contre les Turcomans, qui pendant quinze années restèrent en possession de Ghasna, mais finirent par en être expulsés, il put y rentrer ; cependant il ne tarda pas à en être chassé par Gaïiath-Eddin, prince de Ghour. Celui-ci conquit ensuitetout Afghanistan jusqu’à l’Indus par son frère Sckehab-Eddin- Mohammed, lequel traversa alors l’Indus, et alla assiéger Khosrou-Melik à Lahore, dont il s’'empara par trahison en 1186, Khosrou fut conduit à Firoz-Khou, et y fut mis à mort, après un règne qui avait duré vingt-six ans. Ainsi finit la dynastie des Ghasnévides, dont les États démembrés formèrent par la suite divers États indépendants.

GHASNI. Voyez GHAsNA. :

GHATTES ou GATES ( Monts). C’est le nom d’une double chaîne de montagnes qui parcourent toute la longueur de la presqu’ile du Gange, et constituent le système indien. On les divise en Ghattes orientales et en Ghattes occidentales.

Les Ghattes occidentales, qu’on peut considérer jusqu’à un certain point comme le noyau de toutes les montagnes del’Inde, commencent au Tapty, et suivent la côte jusqu’au cap Comorin. On n’estime pas que leur plus grande élévation dépasse 3,000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elles sont séparées du grand massif de l’Altai Himalaya, à l’ouest par la grande vallée de l’Indus, et au nord par celle du Gange et de la Djemna.

Les Ghattes orientales traversent les provinces de Salem, le Carnatik et le Balaghat, et se prolongent jusqu’au Krichna. Les monts Nilgherri ou montagnes Bleues , qui s'élèvent au nord de Coïmbetore, peuvent être considérés comme l'anneau de jonction entre les Ghattes orientales et les Ghattes occidentales. Les montagnes de Ceylan paraissent se rattacher au système indien ou des Ghattes.

GHAZIPOUR, ville de l'Inde anglaise, sur le Gange, avec 10,000 âmes, offre un aspect admirable, bien que la plupart de ses édifices soient en ruines. C’est le chef lieu d’un district du même nom, un des plus fertiles de la présidence d’Allahabad.

GHELMA ou GUELMA, ville de l'Algérie, dans la province de Constantine, est située au sud et à 2 kilomètres de la rive droite dela Seybouse supérieure, et à 2,500 mètres au nord du pied de la haute montagne de Maouna, Une vaste plaine descend doucement en glacis depuis les limites inférieures descette montagne jusqu’à la rivière. En cet endroit, placée à peu près à égale distance de Cirtha et d'Hippone , s'élevait la formidable citadelle de Suthul, dépôt des trésors de Jugurtha, et sous les remparts de laquelle le prince numide fit éprouver un grave échec aux aigles romaines. Le peuple-roi se vengea plus tard en faisant disparaître le nom

GHELMA — GHERARDESCA

et les monuments de la ville numide, pour y substituer la colonie militaire de Calama, détruite à son tour par les Vandales. La Ghelma des Arabes fut formée avec des matériaux provenant de l’ancienne Calama, mais son emplacement n’était pas celui de la cité romaine. Après la destruction de celle-ci, les habitants tracèrent une nouvelle ville, plus restreinte, mieux placée pour la défense, et ils l’entourèrent de murailles : Pancienne Calama ne futplus pour eux qu'une vaste carrière. Avec les pierres, sculptées ou non, avec les marbres polis ou précieux, qui composaient les temples, les théâtres, les monuments, les tombeaux, etc., ils construisirent leur citadelle. L'emplacement choisi paraît avoir été celui de la métropole. On y trouvait aussi'un immense bâtiment destiné aux thermes. Treize tours furent en outre construites autour de l'enceinte. Un puits profond fut creusé dans l’intérieur de cette forteresse, que le temps, la main des hommes et les tremblements de terre endommagèrent. Plusieurs routes reliaient Calama à Constantine, à Bône, etc.

Arrivé en 1836 auprès de ces ruines, le maréchal Clausel, frappé de l'importance stratégique de la position, y établit un camp permanent , destiné à surveiller le bassin de Ja Seybouse et à préparer la conquête définitive de la province de l’est. Cette prise de possession avait en outre pour but de contrebalancer dans l'opinion des indigènes l’insuccès de la première expédition contre Constantine. Quoique peu nombreuses et dépourvues de tout, les troupes qu’on y laissa sy maintinrent avantageusement, réparèrent les fortifications, et construisirent plusieurs casernes en maçonnerie. Attaquée en 1839 par les Kabyles, la garnison de Ghelma, très-inférieure en nombre aux assaillants, soutint avec courage un combat de plusieurs heures, et repoussa l’ennerai après lui avoir fait éprouver de grandes pertes. En 1852, un nouveau soulèvement eut lieu dans le cercle de Ghelma, et fut également réprimé.

Ghelma présente des pierres tailléesen immense quantité, des carrières de bon calcaire de construction, des pierres à plâtre et du bois de chauffage à proximité. Le bois de construction et la terre à brique y manquent. Elle possède de belles casernes, un hôpital, des places publiques, des fontaines, un musée d’antiquités, un collége, ete. Le marché y donne lieu à d'importantes transactions surles bestiaux, les laïnes, les huiles et les céréales. La nature généreuse du sol seconde merveilleusement les efforts des colons. Ghelma fut légalement constituée comme centre de population en 1840. Elle devint le chef-lieu d’un district administré par un commissaire civil, et le siége d’une justice de paix. En 1854, Ghelma a été érigée en commune, ayant pour annexes les colonies agricoles d’Héliopolis, de Millesimo et de Petit, qui depuis sont devenues communes à leur tour, Ses annexes actuels sont : Oued-Cherf et Oued-Touta.

La population de Ghelma est de 4,016 habitants, dont 1,138 français. Ses revenus dépassent 200,000 fr.

GHEMARA ou GEMARE. Voyez TaLmup.

GHERARDESCA (Famille). Elle joua un rôle important dans l’histoire des républiques italiennes au moyen âge, et était originaire de la Toscane, où elle possédait les comtés de Gherardesca, de Donavatico et de Montescudaio, dans les Maremmes, entre Pise et Piombino. Vers le commencement du treizième siècle, les comtes Gherardesca s’allièrent à la riche et puissante république de Pise, et embrassèrent le parti du peuple dans la lutte que celui-ci commençait à engager contre une aristocratie de plus en plus usurpatrice. Dans la grande lutte qui éclata entre les Gib elins etles Guelfes, ils épousèrent la cause des premiers.

Deux membres de cette famille, les comtes Gérard et Galvano-Donavatico Gnerarpesca, accompagnèrent Conradin de Hohenstaufen dans son expédition contre Naples, et périreut avec lui sur l’échafaud, Par suite de leur attachement à la maison de Hohenstaufen, les Gherardesca étaient &es 1287 en hoslilité déclarée avec les Visconti, qui ap-

DICT. DE LA CONVERS, — T, X

partenaient au parti des Guelfes; et la ville de Pise se trouva ainsi partagée en deux camps.

Enfin, le chef de cette ambitieuse famille, Jgolino Gnx- RARDESCA, résolut de s'emparer du pouvoir absolu sur Pise, la ville qui l'avait vu naître. A cet effet, il se réconcilia avec les Guelfes, et donna sa sœur en mariage à Giovanni Visconti, grand-juge à Gallura et chef du parti guelfe à Pise. D’après son plan, Visconti ne devait pas seulement lui assurer l’appui des Guelfes en Toscane, mais introduire subrepticement dans la ville des mercenaires enrôlés en Sardaigne pour ses projets. Les Pisans découvrirent la conjuration, et Visconti ainsi qu'Ugolino Gherardesca furent bannis. Le premier mourut à quelque temps de là; le second fit alliance avec les Florentins et les Lucquois, et par plusieurs victoires remportées, grâce à ces auxiliaires, sur les Pisans, les contraignit à le rappeler, en 1276. Il était loin d’avoir renoncé à ses projets d’usurpation, et n’attendait, au contraire, que l'instant favorable pour les mettre à exécution. L'occasion si ardemment souhaitée se présenta enfin, quand la guerre éclata en 1282 entre Pise et Gênes. En prenant à dessein la fuite dans une bataille navale livrée le 6 août 1284, à la hauteur de l’île de Malora, il causa la déroute complète de la flotte dont le commandement lui avait été confié; désastre dont le résultat fut, outre la destruction des forces navales des Pisans, la perte de 11,000 hommes de leurs meilleures troupes , et à la première nouvelle duquel les vieux ennemis de Pise, les Florentins, les Lucquois, les Siennois, les villes de Pistoie, de Prato, de Volterre, de San-Germiniano et de Colla, espérant triompher sans peine de Pise et anéantir à jamais le foyer de la faction gibeline en Italie, coururent aux armes. Ainsi placée sur le bord de l’abime, il ne restait plus à la république d’autre ressource que de se jeter dans les bras de l’homme dont la perfidie avait préparé cette æise. Depuis longtemps en secrète intelligence avec les Cuelfes, Gherardesca se chargea de négocier avec les ennemis de la ville, réussit à les satisfaire moyennant l’abandon de divers châteaux et forteresses, et fort désormais de leur appui, régna en maître sur sa patrie abaissée. Tous les ennemis qu'il avait à Pise furent proscrits, et afin que les Pisans prisonniers des Génois ne fussent pas rendus à la liberté, il se refusa à traiter de la paix avec Gênes Une insurrection à la tête de laquelle était son propre neveu, Nino de Gallura, avec quelques membres des familles guelfes et gibelines les plus considérables, ne tarda pas à éclater contre lui; mais après trois années de luttes, Gherardesca en sachant habilement employer tantôt la force, tantôt la ruse, triompha de tous ses ennemis. Alors sa.soif de vengeance ne connut plus de bornes : plus que jamais il s’'abandonna à ses tyranniques fureurs, ne respectant pas plus la vie de ses amis que celle de ses ennemis. Tant de violencesetd’attentats révoltèrent enfin contre lui tous les esprits, et il s’ourdit en secret une nouvelle conspiration, à la tête de laquelle se trouvait l’archevêque de Pise lui-même, Ubaldini. Le 1° juillet 1288, le tocsin fut tout à coup sonné par ordre d’Ubaldini ; et Gherardesca, après une résistance désespérée, fut fait prisonnier avec deux de ses fils, Gaddo et Uguccione, et deux de ses petits-fils, Nino, surnommé /e Brigata, et Aurelio Nuncio. Ubaldini fit enfermer ces malheureux dans la tour de Gualandi, appelée depuis Torre di Fame, et après avoir fait jeter dans l’Arno les clés de cette prison, les condamna à y périr tous de faim.

C’est cette mort si tragique d’Ugolino Gherardescea et des siens, que le Dante a décrite dans sa Divina Commedia. Ce sujet, éminemment dramatique, a depuis été traité dans la plupart des langues par des poëtes qui se sont tous plus ou moins inspirés de ce poëme immortel.

Les fils et les petit-fils d’Ugolino qui ne partagèrent point son misérable sort parvinrent bientôt à jouir de nouveau d’un grand crédif à Pise et dans d’autres villes. Ainsi, dès 1329 on trouve un Rieri Donavatico GHERARBESCA à la tête de l’administration de Pise. Un fils naturel de ce dernier, Manfred Gneranpesca, général des Pisans, défendit

avec une poignée d'hommes Cagliari contre Alphonse IV | d’Aragon, et lui disputa vivement la victoire dans une ba- | faille livrée le 28 février 1324, près de Luco-Cisterna. Les ! Aragonais ne réussirent à s'emparer de Cagliari que lorsque Manfred eut trouvé la mort dans une sortie. Bonifazio GHE- RARDESCA était capilano de Pise (1329) lorsque cette ville | secoua le joug du célèbre Castruccio Castracani et de Pem- | pereur Louis de Bavière. Administrateur aussi intègre que prudent, il conclut une paix avantageuse avec les Guelfes, ces vieux et constants ennemis de Pise, et déjoua une conspiration tramée contre la liberté de ses concitoyens. Il mourut de la peste, en 1340. Les Pisans reconnaissants lui | donnèrent pour successeur dans sa charge de capitano son | fils Rainero GuErARDESCA, bien qu’il n’eût encore que onze ans ; mais celui-ci mourut de la peste dès l’année 1348, et | alors la famille. GHERARDESCA se retira dans ses domaines des

Maremmes.

De nos jours, un Filippo GHERARDESCA, né en 1730 à Pistoie, mort à Pise en 1808, s’est distingué comme pianiste et comme compositeur.

GHERARDI (Evariste), acteur du Théâtre-Italien, né à Prato, en Toscane, vers 1670, mort à Paris en 1700. Son père, Giovanni GueraARni, faisait partie de la même troupe, et son nom de comédien était Flaulin. Il fit donner à son fils une éducation distinguée, bien qu’il le destinât à la carrière qu’il avait suivie. Après avoir fait de bonnes études, il parut pour la première fois sur la scène, le 1° octobre 1689, dans l'emploi d'Arlequin, vacant depuis la mort de Dominique. Ses débuts furent brillants; et bientôt il ne compta plus ses triomphes. Quand le Théâtre-Italien fut fermé, en 1697, pour cause d’allusions prétendues à M"° de Maintenon dans une pièce intitulée Za Prude, Gherarai essaya vainement par ses réclamations de faire révoquer l'ordre fatal. Il employa dès lors ses loisirs à recueitir les meilleures comédies ou scènes françaises du Théêcre-Italien , recueil charmant, plein de verve et d'Aursour, où l'on à toujours puisé, où l’on puisera toujours à pleines mains, sans en rien dire. Quelques mois avan! la publication de ce curieux répertoire, Gherardi avait fait une chute à Saint-Maur, dans un divertissement qu’il jouait avec la Thorillière et Poisson. Il négligea la blessure qu'il s’était faite à la tête; une vive inflammation ne tarda pas à s’y porter, et fut suivie d’un délire violent qui l’emporta en moins d’une heure. Il était à peine âgé de trente ans. Le retour de la foire de Bezons est la seule pièce qu’on lui attribue. Elle fut jouée en 1695, et figure dans son recueil,

GHETTO. Voyez Roue,

GHIBERTI ( Lorenzo), l’un des plus grands artistes du quinzième siècle, naquit à Florence , en 1378. Il fut dès son enfance guidé dans l’étude de l’art par son beau-père, Bartoluccio, qui lui-même était un orfèvre d’un rare savoir. L’orfévrerie occupa d’abord Ghiberti, mais de plus difficiles travaux tentèrent bientôt son audace. Déjà il imitait avec bonheur les médailles antiques, et il commençait à s'exercer dans la peinture, lorsque la peste ayant éclaté dans Florence (1400), Ghiberti se refugia à Rimini. Associé avec un peintre dont le nom ne nous a pas été conservé, il y décora un salon chez le prince Malatesta (1401). Encouragé par ce premier succès, il serait sans doute resté longtemps en Romagne, s’il n’eût été tout à coup rappelé à Florence par un événement qui conservera toujours dans l’histoire de l’art italien une considérable importance, La Seigneurie de Florence et la corporation des marchands avaient résolu de faire exécuter, pour l’église de San-Giovanni, des portes de bronze destinées à servir de pendant à celle qu’Andrea de Pise avait faite pour ce monument, Un solennel concours fut ouvert. Après une épreuve préparatoire, dont Ghiberti se tira avec honneur, sept sculpteurs * furent admis à disputer le prix ; les uns, illustres déjà, les autres jeunes encore, mais non moins dignes de la gloire qui leur était promise, Lutter avec Brunelleschi, Donatello, Jacopo della Quercia, Valdambrina, Nicolo d’Arezzo et Si-

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