‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 238 sur 552 · GHERARDESCA — GHIBERTI · texte numérisé non relu

GHERARDESCA — GHIBERTI

mone da Colle, c'était lutter avec les plus forts; et çependant Ghiberti fut jugé digne de cet honneur, Un délai d’un an fut donné aux concurrents pour mener à bien l’entreprise. Chacun ayant exécuté un bas-relief sur un sujet indiqué, Le Sacrifice d’Isaac, Ghiberti fut proclamé vain

| queur, de l’aveu même de ses rivaux, Donatello et Brunel=

leschi. Chargé dès lors de cet immense travail, il répondit

| par un chef-d'œuvre aux défiances qu’inspirait sa jeunesse.

Cette porte, divisée en vingt panneaux, dont les sujets sont empruntés à la vie du Christ, ne fut posée qu'en 1424. “ Toutes les figures, dit l’enthousiaste Vasari, ont une grâce indicible : les unes offrent des beautés merveilleuses; les draperies tiennent encore un pen de l’ancienne manière particulière à Giotto, mais néanmoins dénotent un profond sentiment du grand style moderne. »

Ghiberti exécuta une statue de saint Jean-Baptiste, en bronze, pour la communauté des marchands (1414), deux bas-reliefs pour la cathédrale de Sienne (1417), un Saint Matthieu (1420), un Saint Étienne (1422) , et à SainteMarie- Nouvelle le mausolée de Leonardo Dati, général des Frères prêécheurs. Nous ne pouvons mentionner tous les chefs-d’œuvre que Ghiberti produisit comme en se jouant. L'un des plus applaudis fut la châsse que Cosme et Laurent de Médicis lui firent faire pour les reliques detroïs martyrs (1428). Les marguilliers de Sancta-Maria del Fiore lui confièrent aussi le soin d’exécuter celle de saint Zanobi, évêque de Florence (1439). Ghiberti a ésalement ciselé des cachets, des boutons, ef méme une mitre pour le pape Eugène IV. Mais, tout en revenant de temps à autre à son premier métier d’orfévre, Lorenzo ne négligeait pas l’art sévère. Peintre, il termina la plus grande partie des vitraux de Santa-Maria del Fiore : seulipeur, il achevait à peine la porte dont nous avous parlé, lorsque la Seigneurie de Florence lui en commanda une autre. Dix-bas reliefs, dont les sujets sont tirés de l’histoire de l'Ancien Testament, véritables tableaux encadrés dans une bordure ornée de figures en pied, et presque en ronde-bosse, composent cette œuvre magnifique. Ces portes, dont Michel-Ange a pu dire, dans un élan d’admiration, qu’elles étaient dignes d’être celles du Paradis, ont été plusieurs fois gravées, et notamment, en 1807, par Théodore, dit le Kalmuk. Mais il n’est pas donné à la gravure, sk exacte qu’elle soit, de rendre la puissante énergie du grand sculpteur florentin.

Comme la plupart des artistes de cette époque, Ghiberti avait étudié toutes les branches de l’art. Il avait quelque connaissance de l'architecture. Lorsqu'on voulut construire la coupole de Santa-Maria del Fiore, et que Brunelleschi, après de longues hésitations, eut été chargé de ce travail, si nonveau alors et si peu conforme aux traditions admises, on craignit que l’illustre artiste n’eût trop présumé de sa science, et comme on redoutait sa hardiesse d'innovation, on jugea nécessaire de lui adjoindre un collaborateur ou plutôt un surveillant. Ghiberti fut choisi pour cette missiom diflicile. Mais comme Brunelleschi seul avait su résoudre le problème architectural dont la recherche préoccupa si longtemps le quinzième siècle, Ghiberti ne put lui êtres d'aucun secours. 11 faut lire dans Vasari l’histoire des tri bulations de Brunelleschi, douloureux martyre de l’inven=« teur qu’on méconnaît, II semblerait résulter de son récit que” dans ce long drame le rôle le plus honorable n'aurait pas: toujours appartenu à Ghiberti. Couvert de dignités et d’hons neurs par ses compatriotes, qui en 1443 l'avaient élu au, nombre des douze magistrats dont se composait la Seigneurie, de Florence, Ghiberti mourut vers l’année 1455, Il + écrit quelques traités sur les arts ; Vasari en parle, mais, avec peu de respect. Un de ces manuscrits, longtemps ignoré, a été publié en partie par Cicognara dans son His= toire de la Sculpture, etles derniers éditeurs de Vasari Pont reproduit, en y ajoutant un nouveau fragment. C’est, un des plus précieux documents qui nous restent sur la re» naissance des arts en Italie,

Le Musée du Louvre possède un curieux dessin qu'on af

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tribue à Ghiberti ; c’est le projet ou plutôt la copie d’un basrelief d’une des portes de San-Giovanni. Il représente à la fois, comme cela se rencontre souvent dans les œuvres de ce temps, plusieurs scènes de la vie d'Isaac et de Jacob. L'imitation de l’antiquité y est manifeste, surtout dans les plis simples et larges des étoffes.

Ghiberti donna à l’art florentin une irrésistible impulsion. Il semble résumer d'avance, dans son œuvre variée, les qualités distinetives de cette école, qui fut celle de la passion, du mouvement et de la vie. Ghiberti ouvre glorieusement l’ère moderne. C’est avec lui que le sentiment de l’art antique reparaît dans la sculpture : «IL fut le premier, dit Vasari, qui imita les chefs-d’œuvre des anciens Romains. » Il avait réuni une précieuse collection de vases grecs et de fragments de statues, et si ce fait ne nous était pas attesté par les biographies, l'examen seul du style de Ghiberti suffirait pour nous apprendre quelle intelligente étude il avait dû faire des maîtres éternels. La statuaire sous sa main savante se dégage des formes roides et mesquines de l’art gothique; le corps humain s’anime et respire ; lornementation même devient vivante et passionnée. L'autorité de Ghiberti sur ses contemporains fut considérable : il eut pour élèves Masolino da Panicale, qui devait être le maître de Masaccio; Finiguerra, qui trouva l’art de graver en creux; Paolo Uccello, qui fit faire à la perspective des progrès immenses; enfin Antonio Pollaiuolo, qui introdusit dans la sculpture la science anatomique, et dont l'exemple, on le sait, ne fut pas sans influence sur l'éducation de Michel-Ange. Paul ManrTz.

GHIRKA ( Les princes). Cette famille, qui a donné un grand nombre d’hospodars à la Moldavie et à la Valachie, est originaire d’Albanie. Elle a pour souche Georges GuirA, Albanais de naissance, qui parvint à la dignité d’hospodar de Valachie et régna de 1661 à 1662. Son fils, Grégoire Grura, lui succéda, et régna jusqu’en 1673, après avoir été dans <et intervalle plusieurs fois déposé, puis rétabli en possession de l’autorité souveraine. Parmi ses successeurs nous ne mentionnerons que Grégoire Grir4, hospodar de Moldavie en 1726 et de Valachie en 1733, puis de nouveau hospodarde Moldavie en 1747, alternatives qui ne furent que le résultat naturel des troubles intérieurs dont les principautés étaient le théâtre et aussi des caprices du gouvernement turc; ensuite Grégoire Gimxa, d’abord interprète auprès de la Porte, puis à partir de 1761, par conséquent pendant la guerre entre la Porte et la Russie, hospodar de Valachie, fonctions dans l’exercice desquelles il acquit, à force d’exactions, d'immenses richesses, et qui périt exécuté en 1777 | pour s’être opposé à la cession de la Bukowine à l'Autriche ; enfin, A/exandre GrixA, né le fer maï 1797. Ce dernier, | devenu en 1834 hospodar de Valachie, rendit de grands | services au pays, mais rencontra un obstacle insurmontable dans l'appui prêlé par la Russie à l'opposition des boyards. En 1842, la Porte, qui lui avait tout récemment envoyé un sabre d'honneur en témoignage de sa haute satisfaction, se vit contrainte, sur les instances réitérées du cabinet de Saint-Pétersbourg, de prononcer sa révocation. Le prince Ghika alla alors résider en Allemagne, il rentra en 1853 dans la Valachie , dont il devint en 1856 caïmacan jusqu’à la réorganisation des principaulés danubiennes. Il est mort à Capodimonte, près de Naples, en janvier 1862.

, Grégoire GuxA, frère de l’hospodar Alexandre, avait été lui-même hospodar de Valachie, de 1829 à 1898. époque où les Russes occupèrent le pays. Il est mort en 1844. Son fils, Constantin, né en 1804, fut ministre de l’istéri ur | Sous le souvernement de son oncle Alexandre, et fut nommé en 1852 président du divan ad oc qui décida WA union des principautés, Le frère de Constantin, Démétrius, fut en 1856 membre du divan ad hace, et plus tard présiient de l’Assemblée, Le petit-neveu de l’hospodar Alexandre, Jon ou Jean, n& vers 1817, a été élève de l'École centrale de Paris, puis professeur de mathéma-

{iques à l’université de Jassy. I] fonda dans celte villeen 1844, avec Alessandri et Cogalniceano, la revue intitulée le Progrès. Envoyé à Constantinople con me chargé d’affaires, il y établit s4 résid nee et fut nommé par le sul- {an, en 1854. caïimacan de la \rincipauté de Samos.

Grégoire GuxA, qui remplaça en 1849 le princeStourdza comme hospodar de Moldavie, était né le 25: c ûL 1807. Lors de l'occupation russe en 1853, il se réfugia à Vienne; les Autrichiens le rétablirent, en 1854, dans son hospod orat.

GUIRLANDAJO ( Domenico ) , l’un des plus grands artistes de son siècle, naquit en 1551, à Florence, et était fils d'un orfèvre appelé Corradi et surnommé / Ghirlandojo, c’est-à-dire e Faiseur de guirlandes, à cause de son extrème habileté à confectionner des guirlandes pour la coiffure des dames florentines. Domenico Ghirlandajo, lui aussi, comme Lorenzo Ghiberti, commença par être orlévre; mais il ne tarda pas à se consacrer à la peinture, sous la direction de Baldovinetti. C’est dans l’école qu’il fonda à Florence que de grands peintres, entre autres Michel-Ange, s’initièrent aux principes de l’art. 11 mourut en 1495. Le premier il essaya d’imiter la dorure à l’aide de la couleur, et de donner de la profondeur aux tableaux par la distinction des plans et la gradation des teintes. Parmi les œuvres les plus remarquables de cet artiste, il faut citer les fresques qu’il exécuta dans la chapelle et dans le réfectoire de l’abbaye d’Ognissanti, dans la chapelle Sasseti, dans l’église de La Trinité, et dans le chœur de Santa-Maria Novella de Florence où l’on admire son Massacre des Innocents. Il y a dans sa manière et dans sa conception quelque chose d’essentiellement réaliste, mais joint à beaucoup de douceur et de dignité. 1 aimait à placer dans des tableaux représentant des scènes de l’Écriture Sainte les figures de ses concitoyens les plus considérés, qui, revêtus du beau costume de leur époque, assistent pieusement aux événements et aux miracles qu’il reproduit. Ses grandes toiles sont moins bien réussies que ses fresques, parfaites au point de vue technique ; en effét, on y remarque une certaine dureté de modelage et de couleurs qui est le défaut à peu pres général des peintres de fresques. Quelques-unes sont cependant des œuvres de Ja plus haute distinction, par exemple l’Adoration des Rois, dans l’église Agli Innocenti de Florence, plusieurs tableaux à l’académie de cette ville, au musée de Berlin et dans d’autres collections. Le musée de Londres, par exemple, possède de lui la Visitation de sainte Anne à la Vierge.

Ses frères, Davide et Benedetto GniRLanDayo, n’atteignirent pas, à beaucoup près, à la hauteur de son talent. Son fils Ridolfo GrrLanpaso devint plus tard l'élève de fra Bartolommeo et l’ami de Raphael. 11 ya de lui à Florence deux tableaux remarquables, représentant des scènes de la vie de sainf Zénobius et où on reconnaît tout de suite le faire d’un maître ; mais son talent ne tarda pas à dégénérer complétement en médiocrité de pur métier.

GHISEH. Voyez GiZEn.

GHISI, famille d'artistes dont les membres comptent au nombre des successeurs de Marc-Antoine dans Îa gravure, et portent chacun le surnom de /e Mantowuan. Elle eut pour chef Giovanni Battista Gmsr, qui pratiqua tous les arts du dessin et d'imitation. Né vers l’an 1525, il eut pour maîtres Jules Romain et Raimondi. Cependant, * jouit plus tard de plus de réputation comme architecte que comme peintre, et il a même écrit sur l'architecture. A Manfoue, ils construisit la belle église de Santa-Barbara avec son couvent, ainsi qu'un grand nombre d’édifices publics, qu’il orna aussi de tableaux exécutés par lui-même, ou bien à l’ornementation désquels il présida. On peut dire qu'après la mort de Jules Roman, il fut l’un des artistes les plus féconés, les plus actifs de Mantoue. Dans ses planches gravées, on trouve beaucoup correction de dessin jointe à des imitations de Marc-Antoine , et plus encore du Maître au Dé. On ignore l’époque de sa mort. La dernière date indiquée sur ses gravures est 1540.

GHIST (Gioncro ), comme graveur le plus célèbre de‘tous

Led

les Ghisi, naquit en 1520, et prit également les leçons de Jules Romain pour la peinture et celles de Raimondi pour la gravure. Bon nombre de ses planches peuvent avantageusement soutenir la comparaison avec celles de son maître. Celles qu’il exécuta d’après Raphael et Michel-Ange sont remarquablement belles et d’une grande vigueur, I! travaillait encore en 1578; mais on ignore la date de sa mort.

GHISI ( Apamo). Vraisemblablement frère du précédent, florissait de 1566 à 1570, avait comme graveur le faire de Giorgio, sans posséder lasûreté et la délicatesse de son burin.

GHISI (Diana), fille de Giovanni-Ballisla, née en 1536, fût d’abord l'élève de Giorgio, mais à partir de 1585 devint celle d’Augustin. Carrache. Son burin est ferme et vigoureux ; mais elle pèche sous le rapport du dessin. Elle épousa l'architecte Francisco, de Volterra. On ignore aussi la date de sa mort, La plupart de ses planches portent l’adresse d’Horatius Pacificus ; et on les regarde alors comme de bonnes épreuves.

GHISNI ou GHISNEH. Voyez Gnaswa.

GIABER. Voyez GEBer.

GIAFAR ou DJAFAR. Voyez BARMÉCIDES.

GIANBELLIN. Voyez BELLINI.

GIANIBELLI ou GIAMBELLI (Feperico), né à Mantoue , ingénieur distingué , s’est fait un nom par sa défense d'Anvers contre le duc Alexandre de Parine. D'abord ingénieur en Italie, il alla plus tard offrir ses services au roi d’Espagne Philippe II. Maïs comme on se bornaïit à l’amuser avec de vaines promesses , il s’éloigna, profondément blessé dans son amour-propre, et s'établit à Anvers, où il jouit bientôt d’une grande considération corame physicien et mécanicien. Là il se mit en rapport avec la reine d'Angleterre Élisabeth , qui, après s’être convaincue par diverses expériences de ses rares talents, lui accorda une pension. Quand, en 1584, le duc de Parme, en sa qualité de gouverneur général des Pays-Bas pour le roi d’Espagne, menaça de venir meftre le siége devant Anvers, Gianibelli fut chargé par Élisabeth de venir en aïde aux habitants de cette ville.

Tandis que le duc de Parme s'occupait, au printemps de 1585, de rétablir le pont jeté sur l’Escaut, à Calloo , afin de couper les communications des Anversois, tant par terre que par mer, Gianibelli songeait aux moyens de détruire cette œuvre gigantesque. Il n’obtint pas cependant sans peine du conseil municipal pour réaliser ses projets deux petits navires de soixante-dix à quatre-vingts tonneaux et quelques bateaux plats. Dans chacun de ces navires, Gianibelli fit disposer un grand emplacement vide avec des revêtements extérieurs en pierres de taille, puis le remplit de la meilleure poudre, fabriquée par lui-même, en couvrant le tout d'énormes massifs en pierre. Le reste du navire était également rempli de pierres , de boulets et de mitraille, et le pont était couvert d’une toiture en pierres. Des mèches étaient dissosées de manière à y communiquer le feu au momeut utile; dans la nuit du 4 au 5 avril, on fit d’abord avancer les bateaux plats chargés des matières in-

cendiaires auxquelles on avait mis le feu, et que suivaient à

quelque distance les deux batiments recélant chacun une mine dans leurs flancs. Une tempête qui s’éleva à ce moment favorisa les Espagnols. Les bâtiments plats furent successivement jetés à la côte, et s’y éteignirent. L'un des grands navires sombra avant d’avoir produit aucun effet; mais l’autre fit explosion au moment même où il venait se heurter contre les pilolis du pont. L'effet en fut terrible.

Toute l’armée fut jetée à terre par suite de l’ébranlement,

communiqué au sol par lexplosion. En se relevant, on put apercevoir les eaux de l’Escaut soulevées dans leurs plus grandes profondeurs, et les fortifications qui bordaient les rives du fleuve complétement envahies par les eaux. Le côté gauche du pont, avec tout ce qui se trouvait dessus, avait sauté en l'air, et les débris, ainsi que la mitraille du navire, avaient produit d'énormes ravages dans toutes les directions. Sans compter les blessés, plus de huit cents hommes avaient été tués dans les circonstances les plus di-

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verses. Les chefs les plus distingués de l’armée étaient au nombre des victimes, et un grand nombre de vaisseaux espagnols avaient ou pris feu ou sombré.

Pendant deux jours les Anversois, qui avaient entendu l'effroyable détonation, restèrent dans l'ignorance sur l’effet réel qu’elle avait pu produire. Ils eussent pu , s’ils avaient été mieux renseignés par leurs espions, tenter avec succès quelque chose contre l'ennemi; et pendant le temps précieux qu’ils perdirent de la sorte, le duc de Parme put rétablir l’ordre dans son armée et reconstruire le pont, du moins en apparence. La populace d’Anvers, furieuse de l’insuccès de l’entreprise, menaçait déjà de mort Gianibelli et le bourgmestre Philippe de Marnix, quand un hasard fit connaître la vérité sur l’étendue de la catastrophe qui était venue frapper les Espagnols, Alors les bénédictions et les hommages de la foule succédèrent à ses.cris menaçants. Tout aussitôt on mit à la disposition de Gianibelli un certain nombre de bateaux plats, qu’il arma comme il avait fait des autres , et

! qui, lancés sur le pont avec une irrésistible force, l’eurent

bientôt brisé. Toutefois, les vents contraires empêchèrent la flotte zélandaise d'opérer de concert, et le duc de Parme eut encore une fois le temps de faire réparer les avaries de son pont. Gianibelli arma alors de crocs et de piques deux grands navires pour essayer de le briser encore une fois. Ce moyen réussit; le pont fut encore une fois détruit, mais sans grand profit pour les Anversoïs, et toujours parce qu'ils avaient agi sans en prévenir les Zélandais. Divers modes de destruction furent proposés, discutés, puis finalement écartés ; enfin, on s’arrêta au parti de diriger tous les efforts de l’attaque contre la digue de Lœwenstein, conduisant au pont, parce que cette digue une fois détruite, l’armée espagnole eût été contrainte d'abandonner ses positions. Gianibelli aida à la mise à exécution de ce projet en armant quatre brûlots, dans lesquels il cacha des hommes armés, et qu’il lança, le 16 mai 1585, contre la digue. Après une lutte terrible, la digue fut rompue en treize endroits différents ; mais les Anversois, manquant de constance et d’union , ne surent pas non plus tirer parti de cet avantage.

Quand, le 17 aont, s’ouvrirent les conférences entamées avec le duc de Parme pour la reddition de la ville, Gianibelli passa en Angleterre. 11 y fut employé jusqu’en 1588 à fortifier Greenwich et plusieurs autres points où on redoutait de voir la flotte espagnole tenter un débarquement. Quand la grande armada parut dans le canal, Gianibelli arma huit brûlots, que, daus la nuit du 7 au 8 août, l'amiral anglais Howard lança contre la partie la plus compacte de la flotte enfmie, à la hauteur de Dunkerque. En les apercevant , les Espagnols s’écrièrent : « Voici le feu d'Anvers ! » et essayèrent de prendre la fuite; mouvement qui jeta dans leur flotte la confusion la plus grande, qu'augmenta peu de temps après une violente tempête. Quand le jour parut, les quelques vaisseaux de l’orgueilleuse armada demeurés là furent pourchassés sans relâche par la flotte anglaise, qui les prit ou les coula tous bas. L'histoire ne nous apprend plus rien de Gianibelli. Tout ce que nous savons, c’est qu’il mourut à Londres.

GIANNONE (Pærro), célèbre historien italien, né à Ischitella, dans la Capitanate, province du royaume de Naples, le 7 mai 1676, fut redevable de la direction élevée que prirent ses idées à la fréquentation de la maison du savant jurisconsulte Gastano Argento, à Naples , alors le rendez-vous de tout ce que cette capitale comptait de littérateurs et d'esprit distingués. Le grand titre de Giannone à la renommée, c’est son Histoire civile de Naples (Storia civile del regno di Napoli [dern.,édit., 13 vol.; Milan, 1823)), où il a dévoilé et attaqué avec un rare courage les abus de la puissance sacerdotale et les usurpations de la cour de Rome. Aussi le compte-t-on parmi les hommes illustres dont k zèle a été payé par d’implacables persécutions, Souvent détourné par ses occupations au barreau, il mit vingt ans à composer cet ouvrage, qui parut en 1723. On a toujours admiré dans l'historien de Naples le labeur eonsciencieux dè

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