‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 242 sur 552 · GIBELINS — GIBRALTAR · texte numérisé non relu

GIBELINS — GIBRALTAR

Anglais. La crête du rocher, longue, étroite, à dos d'âne, et composée de pierre calcaire , est garnie d’une quadruple rangée de lignes fortifiées, parmi lesquelles se trouve un vieux château mauresque, et va en s’abaissant au nord vers le promontoire plat dont nous avons parlé, vaste surface sablonneuse, n’ayant guère au-delà de trois mètres d’élévation au-dessus de la mer, et bornée au point où elle se rattache à la terre ferme par ce qu’on appelle Les lignes espagnoles, suite de retranchements élevés jadis par les Espagnols contre les Anglais, mais aujourd’hui en ruines. La plus grande partie des ouvrages de défense sont creusés dans le roc vif, et ils sont garnis de plus de six cents pièces de canon du plus gros calibre. Les casemates offrent assez de place pour toute la garnison, ordinairement forte de 3,500 à 4,000 hommes, elsont en outre si élevées qu’on y peut aller partout à cheval. Ce rocher est inabordable à l’est, au sud et au nord; et ce n’est qu’à l’ouest, où se trouve la ville, sur un lit de galets et de sable rougeâtre, au pied même du rocher, qu’on pourrait espérer s’en rendre maître parsurprise ou par force. Huit citernes, à l'abri de la bombe, d’une contenance de 40,000 tonnes, où l’on recueille précieusement toute l’eau de pluie descendant du rocher et qu’on a soin de filtrer, et un puits d’eau douce qui se trouve dans le rocher même, protègent, en cas de siége, la ville contre le manque d’eau. La ville s'élève à l'extrémité occidentale du rocher, et compte 24,095 habitants; réduite en cendres, lors du dernier siége, elle a été entièrement reconstruite depuis. Favorisée par son excellent port, elle fait un commerce considérable et surtout celui de la contrebande avec l'Espagne. On éva luait, en 1867, Le chiffre des importalions à 60,325,000fr., et celui des exportations à 23,800,000 fr.

La vieille ville était d’abord située sur la côte occidentale de la baie, près de Jesira Alhadra, ou l'Ile verte, au lieu où est aujourd’hui Agesiras : ce fut pfus tard seulement, et après l'expulsion complète des Maures, que les habitants transportèrent leur ville sur le flanc du célèbre promontoire ; ils la fortifièrent alors, et en firent une place de guerre redoutable : comme le rocher sur lequel elle est bâtie, elle se nomme Gibraltar. |

Une particularité de cette ville, c’est que toutes ses maisons sont peintes en noir, d’une part pour adoucir aux yeux l'effet de la réverhération des rayons du soleil, et de l’autre pour, en cas d’attaque, en rendre plus difficile à l'ennemi la vue distincte. C’est à Gibraltar que règne le climat le plus chaud de l’Europe. Une chaleur tout africaine, tempérée pourtant par les vents rafratchissants de la mer, permet d'y cultiver toutes les plantes méridionales. J1 s’en faut que ce soit un rocher nu et stérile. Dans ses anfractuosités, les vaches, les moutons et les chèvres trouvent au contraire une nourriture toujours verte, et il n’y a pas un pouce de terre qui n’y soit couvert d’arbres fruitiers de toutes espèces, les uns croissant spontanément, les autres provenant de plants et appartenant à des espèces perfectionnées par la culture. Gibraltar est aussi le seul point de notre continent où l’on trouve des singes; et la tradition veut qu’ils y soient venus par la Grotte de Saint-Michel, profonde cavité toute recouverte de stalactites, située près du sommet du rocher, dont on n’a pas rencontré le fond, et qu’on croit constituer une voie de communication souterraine avec le continent africain.

Dans l'antiquité, le rocher de Gibrallar, qui dépendait de l’Hispania Bætica, s'appelait Calpe. Avec Abila, près de Ceuta, sur la côte d'Afrique, il formait ce qu’on appelait les colonnes d'Hercule, et le bras de mer qui les séparait s'appelait le détroit de Gadès. Là s'embarquèrent les hordes des Vandales, premiers conquérants de l'Espagne, quand une nouvelle irruption de barbares les poussa sur les rivages de

l'Afrique et les imposa à toute la Mauritanie ; là encore, à

la base de ce rocher noir, en l'an 92 de l'hégire (711 de notre ère), Tarik-Abenzaca , lieutenant du khalife Walid, vint débarquer avec une bande d'Arabes ; il y construisit un châteaus Ert, destiné à protéger à l'avenir les débarquements de nou y

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