‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 248 sur 552 · GINGEMBRE · texte numérisé non relu

GINGEMBRE

le diascordium, etc. En Angleterre, où on en consomme beaucoup plus qu’en France, on l’a préconisé à haute dose dans du lait, comme un spécifique contre lagoutte.

On trouve dans le commerce un gingembre beaucoup plus blanc que le gingembre ordinaire; il provient du même végétal; mais, grâce à des soins de culture et de récolte particuliers, il a acquis des propriétés qui le font préférer au gingembre ordinaire. Ce gingembre a été importé de la Jamaïque par les Anglais. IL a reçu le nom de gingembre blanc, par opposition au précédent, que l’on désigne sous le nom de gingembre noir. BELrIELD-LEFÈVRE.

GINGKO, genre de la tribu des taxinées, famille des conifères, établi par Kæmpfer, pour un grand arbre originaire du Japon ou de la Chine, et ainsi caractérisé : Fleurs dioïques; les mâles disposées en chatons spiciformes à pédoncules nus ; les femelles solitaires , ou réunies de deux à quatre à l’extrémité d’un pédoncule ; fruit pulpeux, entouré à sa base par une sorte de capsule. La seule espèce connue (gingko biloba, Linné ) acquiert dans sa patrie des dimensions gigantesques. Naturalisé depuis longtemps en Europe, le gingko croît avec vigueur sous notre climat ; seulement il faut le protéger contre le froid pendant sa jeunesse. On l’appela, lors de son introduction en France, vers le milieu du dix-huitième siècle, l'arbre aux quarante écus, à cause de son prix élevé. On l'avait aussi nommé noyer du Japon, à cause de la forme de son fruit; mais l’'amande de ce fruit, que l’on peut manger crue ou cuite, rappelle plutôt le goût de la châtaigne que celui de la noix. Le fruit du gingko est assez agréable pour que l’on cherche à répandre la culfure de cet arbre dans le midi de la France, où il vient trèsbien; son bois blanc, comme satiné, pourait être employé avec avantage par les ébénistes et les tourneurs.

GINGLYME ( du grec yryyhvués, charnière, articulation). Voyez DiIARTHROSE.

GINGUENE ( Prærre-Louis ), littérateur, né à Rennes, en 1748, mort le 16 novembre 1816, à l’âgé de soixantehuit ans. Sa probité comme particulier, et comme homme politique sa constance dans ses opinions, toutes inspirées par un amour sincère et éclairé du bien public, son désintéressement, ne le recommandent pas moins que ses talents à l'estime de tous ceux qui aiment à reconnaître un honnête homme dans un bon écrivain. Ginguené fit ses études au collége de sa ville natale; il y était condisciple de Parny au moment où les jésuites en furent expulsés. De bonne heure , il se fit connaître par un essai poétique dans un genre frivole, mais très-joli. Le succès de la Confession de Zulmé fut populaire, et ne pouvait manquer de l'être à l'époque où cette petite pièce parut. L’élégie sur la mort du duc Léopold de Brunswick; ce héros de l’humanité, qui périt dans les flots de l’Oder en voulant sauver des infortunés près de s'y noyer (1786), un Éloge de Louis XII (1788), des Lettres sur les Confessions de J.-J. Rousseau (1791), revélèrent dans l’auteur de Zulmé un talent d’une plus haute portée. Sa brochure spirituelle: De l'autorité de Rabelais dans la révolution présente, signala bientôt en lui le patriote consciencieux et éclairé. Les travaux modestes et utiles l’attirant de préférence, il se livra avec zèle à la rédaction de la Feuille villageoise, recueil intéressant, destiné à faire apprécier par les habitants des campagnes les avantages de la grande réforme qui s’opérait alors, et à les prémunir contre les suggestions de foutes les factions, Des écrivains célèbres, tels que Chamfort, Mme de G enlis et Condorcet, ne dédaignaient pas de concourir, avec leur compatriote breton, à cette œuvre respectable, dont Mwe Roland n’eût pas dû méconnaître le but et les heureux effets. Mais les partis ne pardonnent guère la modération, et Ginguené fit la triste épreuve de leur colère. Sans le 9 thermidor, il eût probablement péri sous la hache révolutionnaire, éomme Roucher et André Chénier, avec qui il avait été incarcéré.

Échappé à la prison, et appelé successivement à diverses fonclions publiques, il persévéra avec une fermeté coura-

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