‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 249 sur 552 · GIOBERTI · texte numérisé non relu

GIOBERTI

| geuse dans la ligne que sa raison et sa conscience lui avaient | tracée. Comme directeur de l'instruction publique, et membre de l’Institut, comme ambassadeur en Sardaigne, et enfin comme membre du tribunat, après le 18 brumaire, il ne cessa jamais de se montrer à la fois patriote zélé et fonctionnaire fidèle à une sage politique. Compris, en 1809, pour sa vigoureuse opposition à l'institution de tribunaux spéciaux, dans l'élimination qui débarrassait le pouvoir des tribuns indépendants, il reprit avec ardeur et ne discontinua plus ses travaux littéraires. Depuis la fondation de la Décade philosophique, transformée d’abord en Revue Philosophique, etc., puis finalement réunie au Mercure de France, il fut l'un des principaux collaborateurs de ce recueil. Un grand nombre de bons articles y attestèrent son goût et son éminente capacité comme littérateur et comme critique. Mais le grand litre de Ginguené à une estime et à une renommée durables, c’est son Histoire littéraire de l'Ilalie, monument digne d’éloges, et qu’il n’eut malheureusement pas le temps d'achever. Ce livre est le premier qui nous ait fait connaître amplement les richesses de la littérature italienne. Les grands écrivains et surtout les poëtes célèbres de l'Italie ont tronvé dans Ginguené un historien familiarisé avec leur langue et leurs ouvrages, un critique impartial, et souvent un habile et éloquent interprète. Pétrarque et le Tasse principalement ne nous avaient pas encore été dépeints avec un intérêt aussi vif, et en traits aussi fidèles. Un grand nombre d'écrivains italiens ont aussi été appréciés avec autant d’exactitude que de talent par Ginguené dans la Biographie universelle de M. Michaud. On lui doit encore divers écrits en prose et en vers, qui font honneur à l’esprit et à l'habileté de lauteur. Nous citerons : 1° ses Fables nouvelles (1811); 2° ses Fables inédites (1812, in-18); à ce dernier recueil sont joints son poème d’Adonis, avec les Noces de Thétis et de Pélée, cette belle œuvre de Catulle, traduite en vers, etc.; 3° une MNo/ice très-intéressante sur La vie et Les ouvrages de Piccini ; 4° enfin, une autre Notice sur la vie de Lebrun (Écouchard ), dont il publia les Œuvres en 1811. AUBERT DE VITRY.

GINNES ou GINNS. Voyez Dainws.

GINSENG ou SCHIN-SENG, racine d’un arbuste ( panax schin-seng ) de la famille des araliacées, qui vient naturellement au centre et à l’est de l’Asie, et paraît varier d’essence suivant les lieux où il croît. En Chine, le ginseng est un remède souverain contre toutes les maladies imaginables, sanrtout contre l'épuisement corporel et intellectuel ; par suite, il y est d’un prix fort élevé. En Europe aussi on l’a longtemps vendu au poids de l'or, puis il a fini par tomber dans un oubli profond. Une autre espèce de ginseng, originaire de l’Amérique septentrionale (pañnax quinquefolium), fournit une racine bien moins volumineuse, mais dont on trouve encore le placement avantageux en Chine, et qui à l’ouest des États-Unis est un des remèdes dont la pharmacie domestique fait grand usage.

GIOBERTI (Vincenzo), considéré par ses compatriotes comme le plus grand penseur que liItalie ait produit au dix neuvième siècle, naquit le 5 avril 1801, à Turin. La pauvreté de sa famille le détermina de bonne heure à embrasser la carrière ecclésiastique; et il s’y voua avec un enthousiasme ardent et convaincu. Après avoir terminé ses cours à l’Athénée de Turin et obtenu le titre de docteur en théologie, il passa plusieurs années dans sa ville natale au sein d’une calme retraite, tout entier à l'étude des anciens, de l’histoire et de la philosophie religieuse. 11 se trouvait alors si heureux, qu'il ne souhaitait que de pouvoir passer ainsi le restant de ses jours. Mais ce fut précisement sa réputation de savant, d’omi dévoué et éclairé de l'Église, qui l’arracha à cette existence douce et tranquille, si bien appropriée à ses goûts. A l'avénement de Charles-Albert au trône, chaudement récommandé par ses supérieurs au jeune roi, celui-ci le nomma chapelain de sa cour, fonctions qu'il remplit jusqu’en 1833. À ce moment Gioberti sé vit tout à

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