‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 254 sur 552 · GIRAFE — GIRANDOLE · texte numérisé non relu

GIRAFE — GIRANDOLE

et jaunes, naît un peu au-dessuus des oreilles, et se termine vers l'épaule, La queue, qui descend à peine jusqu’au canon, se termine par une touffe épaisse de crins d’une dureté extrême; les genoux sont calleux, ainsi que la poitrine; les mamelles sont inguinales et au nombre de quatre.

Les mouvements de la girafe lorsqu’elle marche ou qu’elle va l’amble ne sont en aucune façon disgracieux ; mais lorsqu’elle accélère sa course pour échapper à la poursuite , elle déplace en même temps les deux jambes du même côté; et l’excessive brièveté de son corps, la longueur démesurée des jambes, la rapidité de ses mouvements, et le balancement qu’elle imprime à son col, qui se meut entre ses deux épaules comme un pendule inflexible, donnent à sa course un caractère particulier, qui rappelle assez celle de l'autruche et du casoar. Au reste, cette course est rapide à lextrême, ct la girafe a bien vite dépassé les chevaux les plus légers ; mais l’étroitesse de sa cavité thoracique ne lui permet pas de ménager suffisamment sa respiration : aussi ne peutelle fournir une longue carrière.

La girafe broute la sommité des arbres, préférant d’ordinaire les mimeuses, dont elle enlace les branches avec sa langue, étroite’, longue, rugueuse et noire. Son organisation tout entière prouve qu’elle était prédestinée à paître les hautes branches des arbres, et non à brouter l’herbe des prairies : aussi fait-elle des façons infinies lorsqu'il lui faut fléchir son long col, et étendre sa lèvre mobile et sa langue flexible pour ramasser quelques jeunes pousses appétissantes de mimeuses et d’acacias qu’elle a maladroïtement laissées tomber à ses pieds; et la gaucherie de ses gestes, et le femps qu’elle y met, et les précautions qu’elle est forcée de prendre, montrent bien qu’elle agit alors contre les allures habifuelles de son organisation. |

La girafe habite exclusivement les déserts qui occupent l'axe central de l’Afrique, depuis les cataractes du Nil jusqu’au voisinage du Cap de Bonne-Espérance ; du moins Marco Polo est-il le seul voyageur qui affirme positivemeït avoir rencontré la girafe dans l’ile de Zenzibar, aux environs de Madagascar. Il ne faut pas croire toutefois que les girafes errent à l'aventure dans l’immensité de ces mers de sable; elles se réunissent d'habitude en petites bandes de cinq à sept, qu’accompagnent souvent des troupes de gazelles et d’antilopes ; et elles rôdent ainsi tout autour de ces terres arrosées et riches en puissante végétation, ces oasis qui s'élèvent au-dessus du niveau des sables, comme des îles au milieu de l'Océan : c’est là qu'avec des précautions inouies et une défiance extrême, elles s’abattent de temps en temps pour faire leur curée de feuillage et de verdure; puis la curée faite, elles s’enfuient aussi vite qu’elles peuvent vers le désert, tant elles savent combien sont perfides pour elles ces bosquets frais et verdoyants, ces séjours de délices et de dangers; tant elles savent qu’il n’y a pour elles de sûreté que dans les plaines arides et sablonneuses du désert, là où elles peuvent dominer de leur grande hauteur toutes les petites inégalités du sol ; là où leurs regards peuvent se promener sur un horizon immense; là où leur active surveillance et leur course légère peuvent rendre impossibles toutes les surprises et se jouer de tontes les attaques. Quoique d’un naturel fort doux, elles se défendent, dit-on, par de vigoureuses ruades, même contre le lion. La Bible cite, dans le Deutéronome, parmi les animaux dont on peut manger, un ruminant appelé zamer, nom que nos traducteurs rendent à tort par chamois, et qui a été traduit dans la version chaldaïque par deba ; dans la version arabe, tantôt par saraphah, tantôt par jeruffa; dans la version persanne, par seraphah; dans la traduction des Septante, par camelopardalis. Si cette version est exacte, et elle est aujourd'hui généralement admise, la girafe aurait

été connue et employée comme aliment dès la plus haute

antiquité. Quoi qu’il en soit, MM. Lancret et Jomard ont retrouvé sur les bas-reliefs des temples égyptiens des girafes parfaitement caractérisées. Ptolémée Philadelphe fit pro- !

mener dans Alexandrie une girafe et un rhinocéros : Agatharchide (180 avant J.-C.) en a donné une description courte, mais exacte; Arthémidore ( 100 avant J.-C.) en fait mention ; Strabon le géographe prouve qu'elle lui était parfaitement connue; et Horace la désigne évidemment dans ce vers:

Diversum confusa genus panthera camelo,

En l’an 708 de la fondation de Rome, César, voulant effacer jusqu’au souvenir des fêtes brillantes données par Pompée au peuple romain, déploya un luxe inouï dans les spectacles de ce genre : alors parut pour la première fois en Europe le chameau-léopard, amené à grands frais du port d'Alexandrie, et ainsi nommé par le peuple romain parce qu’il ressemblait au chameau par ses formes, à la panthère par son pelage ( figura ut camelus, maculis ut panthera, Varron ). Plus tard, en l’an de notre ère 248, Philippe 1%, successeur de Gordien II, fit promener dans le cirque dix girafes à la fois; en 274, Aurélien célébra son triomphe sur Zénobie par des fêtes où les girafes, les rhinocéros, les crocodiles, etc., parurent en grand nombre. Enfin, pour ne pas multiplier inutilement les citations, nous dirons que Cosme le voyageur, Philostorge, qui écrivait au quatrième siècle, Héliodore, dans son roman des É/hiopiques, Antonio Constanzio et Cassanius Bassus, auteur d’une compilation intitulée Zes Géoponiques, nomment et décrivent la girafe; et s’il faut en croire une chronique du moyen âge, une girafe fut envoyée, en l’an 1486, à un duc de Médicis, prince de Florence; et l'hôte du désert s’apprivoisa si bien dans la cité des hommes, qu’elle se promenait seule dans les rues de la ville, et venait prendre aux blanches mains des dames florentines assises aux balcons de leurs fenêtres ses repas quotidiens de feuilles, de fleurs et de fruits. BELFIELD-LEFÈVRE.

C’est en 1827 que parut pour la première fois une girafe vivante en France. Elle éfait envoyée au roi par le pacha d'Égypte, et fut remise au Jardin des Plantes. On se souvient encore du succès phénoménal qu’elle y obtint. Jamais la ménagerie n’avait reçu tant de visiteurs : pendant des mois la girafe fut l’objet de toutes les conversations : on ne parlait que d’elle sur la scène; on la chanta sur les orgues de Barbarie, et la mode donna son nom à une foule de créations fantasques. Cette jolie girafe, dont on eut un soin extraordinaire, a vécu dix-huit ans sous notre climat; emportée par une maladie de poitrine, elle figure maintenant, dûment empaillée, dans les galeries de zoologie du Muséum, où sa tête, haute de près de 3,50, plane au-dessus de celles des autres grands quadrupèdes. Un mâle qu’on avait amenéen même temps périt presque aussitôt son arrivée. Londres, qui avait reçu à la même époque un couple de ces mêmes animaux, à vu naître un petit, que la mère a refusé d’allaiter et que le lait de vache n’a pu sustenter. La Rotonde du Jardin des Plantes abrite encore un couple charmant de jeunes girafes à pelage ras, gris, parsemé de taches fauves anguleuses d’une grande régularité. De grandes attentions sont nécessaires pour préserver du froid et de l'humidité ces délicats enfants de l'Afrique. L. LOUvET.

GIRAFE ( Aséronomie ). La Girafe est une constellation boréale, située entre la Grande Ourse, Cassiopée, Persée et le Cocher. Le Catalogue britannique y compte 58 étoiles. GIRANDE. Voyez Feu D’ARTIFICE et GERBE.

GIRANDOLE. Le fontainier et l’artilicier se servent également du mot girandole, le premier pour désigner un assemblage de tuyaux d’où l’eau jaillit (voyez Gene), et le second la réunion d’une certaine quantité de fusées volantes qui partent en même temps (voyez FEU D'ARTIFICE). Entendu dans ce dernier sens, le mot girandole est synonyme de girande. Le mot gürandole désigne encore un chandelier à plusieurs branches , dont on se sert dans les grands festins et les soirées, pour orner les tables d’un salon ou les guéridons : c’est ainsi que l’on dit une girandoie en cristal, une gürandole d'argent, etc. Enfin, on donne le nom de girandole à un assemblage de diamants ou de toutes

autres pierres précieuses qui servent à la parure des femmes et qu’elles portent ordinairement à leurs oreilles. V. be MOLÉON.

GIRANDOLE ( Botanique), nom vulgaire d’une espèce du genre amar yllis. C’est l'amaryllis orientalis de Linné, Son oignon est fort gros. La hampe, rouge de sang, haute de 0", 35, porte en octobre et novembre des fleurs

nombreuses, rouges, disposées en girandole. Cette plante, |

originaire des Indes, est de serre tempérée.

GIRARD ( Azserr ), géomètre hollandais, et l’un des précurseurs de Descartes, naquit vers la fin du seizième siècle, et mourut en 1634. Dans son ouvrage intitulé : Nouvelle invention en algèbre ( Amsterdam, 1629 ), il publia des aperçus aussi ingénieux que profonds sur les racines végatives des équations et la mesure des angles solides

&2RARID (JEAN-BÆPTISTE), us à ij0.e el 1680. Ses parents qui étaient pauvres lui firent pourtant donner une excellente instruction dans un collége de la société de Jésus. Le jeune Jean-Baptiste, quand il eut achevé ses études, embrassa la carrière qui se trouvait alors ouverte aux hommes d'intelligence qui n’avaient ni fortune, ni naissance. Il entra dans les ordres sacrés et s’enrôla sous les drapeaux des bons pères qui l’avaient élevé. Successivement régent de basses classes, d’humanités et de philosophie, le père Girard ne larda pas à se faire distinguer comme l’un des sujets les plus remarquables de la compagnie. Doué d’un extérieur avantageux et d’un organe accentué, ayant une éloquence naturelle et une vive chaleur dans le regard et dans la voix, ses supérieurs songèrent à utiliser ses talents enfouis dans une chaire obscure. Dès lors le père Girard se voua à la prédication pour laquelle il semblait être né. 1] réussit tout d’abord, et sa réputation devint trèstgrande dans le midi de la France. Il séjourna tour à tour dane les principales villes du Languedoc et de la Provence, et surtout à Aix qu’il habita pendant dix années.

Nommé supérieur du séminaire royal de la marine à Toulon, le père Girard devint le confesseur à la mode de cette cité dévote. Au nombre de ses pénitentes était une belle jeune fille de dix-huit ans, appelée Marie-Catherine Cadière, d’une dévotion exaltée et mystique, qui s’imaginait être en rapport avec les anges et faire des miracles. Le père Girard était au mieux avec cette sainte personne ; mais une pieuse supercherie dont elle se rendit coupable lui dessilla probablement les yeux. Elle prétendait avoir reçu dans une de ses extases des stigmates à côté du cœur; son directeur fut assez imprudent pour s’enfermer avec elle ; ayant constaté la fraude, et craignant que le ridicule et l’odieux de cette affaire ne retombassent sur lui, il rompit avec Catherine. Celle-ci par dépit alla aussitôt trouver un carme, janséniste fervent, qui l'ayant entendu en confession l’exhorta à publier ce qui s’était passé entre elle et son ancien directeur. On conçoit facilement l’émoi des Jésuites à cette nouvelle; ils crurent étouffer le bruit en faisant renfermer Catherine aux Ursulines, Cette usurpation de pouvoir eut précisément un effet tout contraire à celui qu’ils en attendaient; elle fut dénoncée au couseil d'État et l’affaire portée devant le parlement d’Aix. Catherine Cadière accusait le père Girard d’avoir abusé d’elle par enchantement et sortilége, et de lui avoir fait perdre son fruit. Il fut acquitté à la majorité d’une seule voix, après de longs et passionnés débats. Aussitôt il quitta Toulon où le peuple menaçail sa vie et revint à Dôle. II y mourut, deux ans après, en 1733, en odeur de sainteté, s’il faut en croire ses confrères,

GIRARD (Gagnez), né à Clermont, en Auvergne,

vers 1677, et mort en 1748, grammairien distingué, s’est fait un nom durable par son Dictionnaire universel des Synonymes français (Paris, 1736), dont la première édition (1718) avait paru sous ce titre : La J'ustesse de la Lanque française. Ce livre, le premier de ce genre qui eût encore été publié en France, a longtemps et à bon droit passé pour classique. Il a depuis été augmenté par Beauzée (1769), oubaud (1808), et M. Guizot (1829). L'abbé Girard était

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