GIRANDOLE
— GIRARD
secrélaire général du roi pour les langues esclavonne , russe, chapelain de la duchesse de Berry, fille du régent, membre de l’Académie Française.
GIRARD (PuiPpe pe), mécanicien célèbre, inven- 4
teur de la machine à filer le lin, naquit en 1775, à Lourmarin,
une vocation décidée pour la mécanique, s'amusant dès lors tantôt à construire de petites roues que faisait mouvoir le ruisseau du jardin paternel, tantôt à observer avec curiosité les formes que donnait au plomb en fusion l’eau dans la= quelle il le faisait couler, essayant même d’y mouler des empreintes de médailles. D’autres goûts encore, la botanique, la peinture et la poésie se disputaient cette intelligence, qui cherchait son milieu. La révolution vint arracher le jeune de Girard à cette vie paisible et studieuse. 11 se fit soldat pour combattre les terroristes du midi ; forcé de fuir la France avec sa famille, il se fit peintre, à Mahon, pour la nourrir ; enfin, le malheur fit de Ini un mdustriel, et, émigré à Livourne , il y établit une fabrique de savon. Rentré en Frunce après le 9 thermidor, il créa une fabrique de produits chimiques sur les débris de l’abbaye Saint-Victor, à Marseille. Le 13 vendémiaire amena de nouvelles persécutions, qui obligèrent la famille de Girard à s'éloigner encore une fois du sol français. Réfugié à Nice, Philippe de Girard y obtint, à la suite de deux brillants concours, la chaire de chimie et d’histoire naturelle, qu’on venait d’y créer. Il avait abors dix-neuf ans à peine.
Le Consulat lui ayant rouvert les portes de la patrie, Philippe de Girard revint à Marseille, et après y avoir fait, , dans une des salles de l’académie, un cours de chimie qui | réunissait autour de lui un grand nombre d’auditeurs, il ne
tarda pas à se rendre à Paris; car il comprenait que ce grand foyer des sciences et de l’industrie devait offrir de vastes ressources à son activité intellectuelle. L'exposition de 1805 témoigna de la puissance et de la diversité d’invention qui le caractérisaient. On y vit de lui une lunette achromatique, où le flint-glass était remplacé par un liquide, ef des lampes hydrostatiques à niveau constant (imaginées en compagnie avec son second frère, Frédéric ne Girar»). Ces lampes, que les carcels ont sans doute fait oublier depuis, produisirent une véritable révolution dans notre éclairage domestique, resté à peu près stationnaire dépuis Quinquet et son invention de la lampe à courant d’air intérieur, qui à immortalisé son nom. Des globes de verre dépoli, imaginés alors pour la première fois, et qui aujourd’hui sont répandus dans le monde entier, contribuèrent à la fortune des lampes de l'invention des frères Girard. Vers le même temps, Philippe de Girard perfectionnait la machine à vapeur par diverses innovations d’une haute importance, par exemple l'emploi de l’expansion de la vapeur dans un seul cylindre, et la production du mouvement rotatoire sans l’intermédiaire d’un balancier. Un brevet pris en 1806, la grande médaille d’or décernée cette même année sur le rapport de M. de Prony, sont là pour attester en sa faveur la priorité de cette belle invention, dont la gloire a été usurpée en 1815 par un Américain, et en 1819 par un Anglais.
Mais de toutes les inventions dues au génie de Philippe de Girard, la plus importante est incontestablement sa machine à" filer le lin. En 1810, Napoléon, pour porter un coup de plus à l’industrie cotonnière des Anglais , aux pro= duits de laquelle, par son systèmecontinental, il fermait tous les ports de l’Europe, en favorisant et excitant les progrès des manufactures dont le lin est la matière première, proposa, par un décret inséré au Moniteur du 12 mai, un prix d'un million de francs à l'inventeur, de quelque nation qu'il pût être, de la meilleure machine à filer le lin. Quelques jours après la publication de ce décret, Philippe de Girard, alors âgé de trente-cinq ans, se trouvait chez son père, à Lourmarin. Pendant le déjeûner de famiile, on apporta le journalqui contenait ce magnifique défi jeté à l'esprit d'invention. Le père passa le journal à son fils, en lui disant : « Philippe, voilà qui te regarde! » Après le dejeûner,
village riverain de la Durance. Il montra dès son enfance &