‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 257 sur 552 · GIRARDIN — GIRARDON · texte numérisé non relu

GIRARDIN — GIRARDON

alors violemment le gouvernement de la Défense nafionale. Pendant la Commune, il fonda, le 5 mai 1871, l’Union française, où il demandait queda France ne fût plus divisée en départements, mais formât 15 États indépendants, avec des chambres et sénats spéciaux. Ce journal fut supprimé par la Commune, le 15 mai.

M. de Girardin a réuni, en 1858, ses principaux articles, sous le titre de Questions de mon temps (12 vol.), collection à laquelle il a ajouté successivement plusieurs volu mes. En dehors de la politique, il a publié, en 1858, la Fille du millionnaire, comédie; il a donné au Théâtre- Français Le Supplice d'une femme, drame représenté avec un grand succès , le 29 avril 1865, après que M. Alexandre Dumas fils y eût fait des remaniements contre lesquels l’auteur éleva une vive polémique ; il a fait jouer, la même année, au Vauderille, es Deux Sœurs, drame qui eut une chute éclatante ; il a inséré dans Le Nain jaune, en 1866, le Mariage d'honneur, comédie, et dans La Liberté, en 1868, les Hommes sont ce que les femmes Les font, proverbe.

Mile Delphine Gay, qu'il avait épousée en 1831, étant morte au mois de juin 1855, il se remaria, en novembre 1856, avec Mlle Mina Brunold, comtesse de Tieffenbach. Cette dernière union aboutit à une séparation de corps, prononcée le 25 avril 1872,

GIRARDIN (Mme ÉmLe pe), femme auteur, née le 26 janvier 1804, à Aix-la-Chapelle, où son père était receveur général], fut d’abord connue sous le nom de Delphine Gay- Elle débuta de bonne heure dans la carrière poétique. Son talent précoce et sa beauté, tout contribua à exciter l’enthousiasme pour ses poèmes religieux et nationaux. En 1822 elle remporta un prix à l’Académie Française, et elle alla ensuite voyager avec sa mère, madame Sophie Gay. M”*° Émile Girardin a chanté dans de beaux vers toutes les gloires de la France; aussi n’a-t-elle pas hésité à prendre elle-même le titre de Muse de la patrie, que lui ont malignement reproché certains critiques, qui précédemment pourtant lui avaient pardonné de se féliciter en vers harmonieux du bonheur d'être belle. En 1825, le roi Charles X, à l’occasion d’un poëme qu’elle avait composé sur le sacre, lui accorda une pension sur sa cassette. En 1831 elle épousa M. Émile Girardin, qui déjà avait acquis une certaine notoriété dans la presse, et qui depuis est parvenu à jouer un rôle si considérable en politique. La grande et juste réputation dont M€ Émile Girardin jouit depuis longtemps dans notre littérature contemporaine a surtout pour bases ses nombreuses poésies, qui ont été réunies et publiées sous le titre de Poésies complètes. Pendant longtemps elle a rédigé dans le journal de son mari un feuilleton hebdomadaire, qu’elle signait du pseudonyme de Vicomte Delaunay, et qui fut pour beaucoup dans le succès de La Presse. On a d'elle quelques romans ingénieux et des recueils de nouvelles, écrits avec un grand charme, parmi lesquels on remarque Le Lorgnon et La Canne de M. de Balzac. Elle a aussi abordé la scène et fait représenter au Théâtre-Français deux tragédies : Judith et Cléopâtre, quelques comédies, entre autres, l’École des Journalistes et La Joie fait peur ; et, au Gymnase, le Chapeau d’un horloger, qui a obtenu un succès de fou rire, après le succès de larmes de la pièce précédente. Elle est morte à Paris le 19 juin 1855,

GIRARDON (François ). Cet hanile statuaire naquit à Troyes, en 1630. Son père, fondeur de profession, ne croyait pas la carrière des arts aussi lucrative que celle des affaires ; aussi le destinait-il à devenir procureur; mais l’antipathie que le jeune Girardon montra pour la chicane engagea le père à céder aux instances de son fils, qui fut alors placé chez une espèce de menuisier sculpteur, à qui on recommanda d'employer son élève aux travaux les plus pénibles et les plus désagréables, afin de parvenir à le dégoûter ; mais il en fut tout autrement. Le maître fut si content du talent du jeune homme, qu'il finit par obtenir du père la per mission de le laisser suivre la carrière des arts.

GIRARDON

Girardon s’inspira en voyant dans les églises de Troyes les travaux qu'y avaient exécutés un Champenois nommé Gentil et Dominique, sculpteur florentin, amené en Franee par Rasot. Le chancelier Seguier, ayant eu occasion de voir les travaux de Girardon, l’envoya à Rome à ses frais, et là il gagna l'amitié et la protection du peintre Charles Lebrun. Lors de son arrivée à Paris, il fit pour les Capucins de la rue Saint-Honoré deux statues de grandeur naturelle, et pour le roi un groupe, en marbre, de sept figures, dont six font partie du même bloc ; il représente Apollon chez Thétis, et se voit à Versailles dans un rocher factice qui orne l’un des bosquets du jardin. Le groupe de Pluton enlevant Proserpine fut aussi placé À Versailles, ainsi que l'Hiver. Girardon fit plus tard la statue équestre de Louis XIV en bronze sur la place Vendôme, le mausolée du cardinal de Richelieu à la Sorbonne, et celui de Louvois aux Capucines. Après avoir exécuté de nombreux travaux, Girardon mourut à Paris, en 1715. DUCHESNE aîné.

GIRARD ROUSSIN. Voyez CABARET ( Botanique ).

GIRASOL, un des noms vulgaires de l’opale. On appelle girasol oriental une variété du corindon.

GIRATOIRE (Mouvement). Cette expression, qui désigne un mouvement de rotation (de yüoc, tour, cercle, mouvement circulaire), est surtout employée en physiologie végétale. Certaines plantes offrent en effet un tel mouvement dans le suc nutritif que renferment les utricules de leur tissu celiulaire. Les plantes sur lesquelles on peut le plus facilement faire cette observation sont celles du genre chara, vulgairement Zustre d’eau ; c’est sur elles qu’elle fut faite pour la première fois par Bonaventura Corti. On sait que la tige des cara est formée d’un tube central entouré d’une sorte d’étui composé de tubes plus petits réunis entre eux. Chacun de ces tubes est un cylindre dont la paroi est formée d’une membrane simple, incolore, et dont la cavité ne présente ni cloison ni diaphragme. Leur surface interne est tapissée de granules verts, d’une grosseur trèsuniforme, disposés en séries longitudinales, parfaitement parallèles. Ces séries couvrent toute la surface interne du tube, à l’exception de deux bandes qui leur sont parallèles, et qui sont complétement dépourvues de granules.

Si l’on isole un des tubes dont nous venons de parler, et qu’on le soumette à l’action d’un bon microscope avec une lumière suffisante, on peut alors parfaitement constater qu’il y a un courant continu descendant le long d’une des parois couvertes de séries de granules, et remontant en sens inverse le long de la paroi opposée, après avoir passé d’une paroi à l’autre le long des bouts du tube qui correspondent aux articulations de la tige. L’immobilité la plus complète règne dans les deux bandes dépourvues de granules. Si un granule flottant y est porté accidentellement, il reste stationnaire, ou, se rapprochant insensiblement de lun des deux courants, il est bientôt entraîné par lui.

M. Amici attribuait ces phénomènes à une action électrique; MM. Becquerel et Dutrochet ont démontré qu’il n’en pouvait être ainsi. L'examen de la question a été repris par M. Donné, et ses observations personnelles l’on conduit à comparer les granules des ckara aux spores doués de mouvementsspontanés des conferves. Il en a conclu que c’est plutôt par une contraction successive des diverses parties de ces granules, par un changement de forme, analogue à unesorte de mouvement péristaltique, que le fluide ambiant ou le granule lui-même, est mis en mouvement. E. MERLIEUX.

GIRAUD (Jean, comte), célèbre auteur dramatique italien, né à Rome, en 1776, d’une famille d’origine française, fut élevé sous les yeux d’un père d’une sévérité outrée et d’une dévotion monastique. Uné semblable éducation eût desséché dans leur germe ses heureuses dispositions, sil’indulgence de son précepleur, en lui permettant de lire Goldon:1, n'avait éxeillé son penchant pour le théâtre.

Ne pouvant approcher d'aucun théâtre, Giraud s’en dédommageait en donnant, au logis paternel, des représentations : les acteurs n'étaient quedes marionnettes; mais Gi-

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