‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 258 sur 552 · GIRAUD · texte numérisé non relu

GIRAUD

raud et ses trois frères leur servaient d’interprètes. Célui-ci charmait surtout l'auditoire, composé exclusivement d’ecclésiastiques et d’amis de la maison. Les éloges dont il était l’objet l’encouragèrent si bien, qu’il se mit à compose: des tragédies. A seize ans, ayant perdu son père, il embrassa la profession des armes, et se livra à tous les plaisirs dont il avait été sevré. 11 fréquenta surtout assidument le théâtre, et finit par se consacrer entièrement à la littérature dramatique. Sa première pièce, L'Onesta non si vince, fut représentée à Venise; l’auteur avait vingt-six ans. Elle réussit, malgré l’étourderie d’un acteur qui, ayant à dire qu’on venait de l’éveiller en sursaut au milieu de la nuit, et qu'il avait quitté son lit en toute hâte, se présenta au public dans une foilette des plus recherchées. Malgré cette bévue, l’œuvre arriva à bon port et fut représentée à Bologne et à Ferrare. Nommé en 1809 par Napoléon inspecteur général des théâtres de l'Italie, il alla, après les événements de 1814, se fixer en Toscane, où il s'enrichit dans le commerce, Il ne s’abandonna pas moins pour cela à sa vocation, et composa un grand nombre de comédies, qui furent presque toutes accueillies avec faveur. Bientôt sa renommée se répandit dans toute l’Italie, et pénétra même en France, où l’une de ses productions les plus amusantes, L’Aio nel imbarazzo (le Précepteur dans l'embarras ), arrangée pour notre scène, a popularisé son nom parmi nous. Il faut cependant avouer que ses caractères sont souvent forcés, ainsi que ses dénouements. Le premier de ces défauts est surtout remarquable dans L’Inamorato al tormento. Quoi qu’il en soit, son répertoire offre une lecture aussi variée qu’attachante ; il intéresse et fait souvent rire. Le comte Giraud est mort en 1834, laissant un assez grand nombre d'ouvrages inédits, SAINT-PROSPER jeune, GIRAUD ( JEAN-BAPTISTE ), sculpteur distingué, membre de l’ancienne Académie de Peinture et de Sculpture, mort le 13 février 1830, dans un domaine qu'il possédait près de Nangis, était né à Aix en Provence, en 1752. Un oncle maternel, riche négociant, se chargea de son avenir, et voulut le mettre à même de lui succéder dans la direction de sa maison de commerce; mais bientôt, frappé des rares dispositions qu’il annonçait pour les arts du dessin, il tint à honneur de ne pas contrarier une vocation vraie, l'euvoya se perfectionner en Italie par l'étude réfléchie des chefs-d’œuvre de l’antiquité, en lui promettant de lui léguer toute sa fortune s’il parvenait à l’Académie. Giraud n'avait certes pas besoin d’un motif intéressé pour se livrer avec ardeur à la culture de l’art; en 1789 les portes de l'Académie s’ouvraient devant lui, et il obtenait le titre tant envié pour lui par son généreux protecteur, en récompense de diverses statues dans lesquelles brille une connaissance approfondie de l’anatomie et revit en quelque sorte l’art antique. Nous nous contenterons de citer de lui un Mercure, dont le marbre est aujourd’hui en Angleterre, un Achille mourant, dont il fit présent à sa ville natale, un Baigneur endormi et un Soldat laboureur. Fidèle à sa promesse, sun oncle lui légua en totalité sa grande fortune. Giraud, alors encore dans la force de l’âge, repartit pour l'[talie, et il y resta pendant huit années consécutives, résidant tantôt à Florence, tantôt à Rome, ou à Naples, faisant mouler à grands frais, dans ces diverses capitales et sous ses yeux, les monuments les plus précieux de l’art antique, dont il expédia les plâtres à Paris. Il ne consacra pas moins de 200,000 francs à cette œuvre si digne d’un véritable ami de l'art; et cette collection unique orna le bei hôtel qu’il possédait place Vendôme, transformé ainsi en un véritable musée, dont il mettait généreusement les trésors à la disposition des artistes. Giraud a fourni les notes et les idées techniques à l’auteur de l'excellent ouvrage intitulé : Recherches sur l’art statuaire chez les Grecs. GIRAUD (P1ERRE-FRANÇOIS-GRÉGOIRE ), né le 19 mare 1783, au Luc ( Var ), sculpteur distingué, avait été d’abord destiné au commerce, comme son homonyme et compatriote, puis s'était senti entraîné vers la culture des arts par une

vocation puissante. Il se lia avec Jean Giraud, qui lui donna les premières leçons de son art, et en mourant lui laissa aussi foute sa fortune. Pierre-François Giraud n’en jouit pas longtemps; il mourut le 19 février 1836, après avoir vu s’éleindre entre ses bras sa femme et ses deux filles uniques. 11 laissait à M. Vatinelle la riche collection de Jean Giraud. Il y a de lui, au musée du Luxembourg, un chien de grandeur naturelle, morceau aussi finement senti que délicatement rendu.

GIRAUDET. Voyez CHANTeRELLE ( Mycologie).

GIRAUMONT.,, On donne ce nom à diverses variétés de la citrouille, parmi lesquelles on distingue : le giraumont vert bosselé, énorme en grosseur, égal à ses deux extrémités; le giraumont noir, à peau fort lisse, à pulpe ferme; le gros giraumont rond, de forme peu constante ; les giraumonts moyens, à bandes et mouchetures, nommés communément concombres de Malte ou de Barbarie, et par d’autres cifrouilles iroquoises. La pulpe est employée aux mêmes usages que celle des potirons. Elle est plus dense, plus fine, et a généralement plus de saveur.

GIREL. Voyez FALTE et CUIRASSE.

GIRGENTI. Voyez AGRIGENTE.

GÉRID. Voyez Diénin.

GIRO (Banques de). Voyez BANQUE.

GIROD DE L'AIN. La famille Girod jouissait d’une juste considération dans le pays de Gex, lorsque éclata la première révolution. Plusieurs de ses membres se firent remarquer dans nos assemblées délibérantes.

GIROD (Jean-Louis), né à Thoiry, en 1753, avocat, fut nommé maire perpétuel de la ville de Gex par Louis XVI. Appelé successivement au Conseil des Cinq Cents, à ceiui des Anciens, à la chambre des députés de 1818, il crut, à l'instar de beaucoup d'hommes politiques de la France nouvelle, pouvoir joindre à son nom de famille celui du département d’où il était originaire. Napoléon l’avait nommé conseiller à la cour des comptes en 1807, et lui avait en 1809 octroyé le titre de baron de l’empire. Il continua ses fonctions jusqu’en 1827, où il fut mis à la retraite. Il mourut en 1839.

GIROD DE L’AIN (Louis-GasPARD-AMÉDÉE , baron ), député, pair de France et ministresous Louis-Philippe, fils du précédent, naquit à Gex, en 1731. En 1806 il devint substitut à Turin en 1807; procureur impérial à Alexandrie en 1809 ; substitut du procureur général près la cour d’appel de Lyon; en 1810 auditeur au conseil d'État, et l’année suivante avocat général à Paris. Louis XVIII le maïntint dans ces fonctions. Durant les cent jours, Napoléon lui confia la présidence du tribunal de première instance de la Seine, et les électeurs de Gex l’envoyèrent à la chambre de 1815. Ayant signé la protestation faite par cette assemblée contre sa dissolution violente, opérée sur l’ordre de M. Decazes par un piquet de cosaques , la contre-révolution le tint pour suspect, et le destitua. Ce ne fut qu’en 1819 que le gouvernement de la Restauration, revenu à des idées plus modérées, le nomma conseiller à la cour royale de Paris. Nommé en 1827 député à Chinon, il devint l’un des membres les plus influents de l'assemblée devant laquelle se retira le ministère Villèle, et qui en 1829 le choisit pour l’un de ses viceprésidents. Réélu en 1830, il vota la célèbre adresse des deux cent vingt-et-un. Si pendant les journées des 27 et 28 juillet on n’entendit pas parler de lui, en revanche il fut un des premiers dans la soirée du 29, quand la victoire du peuple fut décidée, à courir à l'hôtel de ville pour 7 signer l’adresse au duc d'Orléans et l'arrêté qui confiait à ce prince les fonctions de lieutenant général du royaume. Nommé préfet de police le 1°" août suivant, il ne répondit pas dans ces fonctions à ce qu’on attendait de lui, et trois mois après on l'y remplaçait par M. Baude, l'un des rédacteurs en sous-ordre du Temps, mais en ayant soin de le caser au conseil d'État. Nommé de nouveau député, lors des élections de 1831 , il fut porté à la présidence en concurrence avec Laffitte, et l'emporta sur lui à une seule voix de majorité, A la mort de Casimir Périer, en mai

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