GIRAUD — GIRODET
1832, il remplaça M. de Montalivet à l'instruction publique et aux cultes; mais dès le 11 octobre de la même année il cédait ce portefeuille à M. Guizot. Une ordounance en date du même jour le nommait pair de France. A l’époque de la dissolution du cabinet Molé, en 1839 , il fit partie depuis le 31 mars jusqu’au 12 mai du ministère dit de transition, dans lequel il eut le département de la justice et des cultes, Il mourut en 1847, vice-président du conseil d'État.
GIROD DE L’AIN (Féux), frère du précédent, général et ancien député, est né en 1789. En 1805 il entra au service, et fit, en qualité de sous-lieutenant , de lieutenant et d’adju: dant-major, les campagnes de 1806 et 1807 en Prusse eten Pologne, de 1808, 1809, 1810, 1811 en Espagne, et comme capitaine, puis chef d’escadron, celle de 1812 en Russie, 1813, 1814 et 1815 en Allemagne et en France. Après la promotion de son frère aîné à la pairie, il devint député de l'arrondissement de Nantua, et fut réélu en 1834, 1837 et 1839. Il était en 1830 colonel d'état-major, Nommé maréchal de camp en 1842, il commandait le département du Jura à la révolution de Février. Mis à la retraite par le gouvernement provisoire, il fut réintégré dans l’armée var suite d’un décret de l’Assemblée législative.
GIRODET (AnKe-Louis pe ROUSSY) naquit à Monfargis, le 5 janvier 1767. Son père était directeur des domaines du duc d'Orléans. Ses parents eurent d’abord la pensée d’en faire un architecte, puis un soldat ; mais sa mère étant venue à Paris pour soumettre des dessins de son fils au célèbre peintre David, qu’elle connaissait, celui-ci lui dit : « Votre fils sera un peintre. » Girodet entra dans l'atelier de David, où il excita l’admiration de ses condisciples. La troisième année du concours, Girodet remporta le grand prix de peinture : le chemin de Rome lui fut ouvert. C'était en 1789. Son tableau représentait Joseph vendu par ses frères.
A Rome, Girodet ne fréquentait pas les salles de l’Académie, et travaillait presque toujours chez lui, isolément. Endymion , composé ainsi dans sa chambre, fut exposé à l'École , et plut prodigieusement au public romain; puis on l'envoya à Paris. Hippocrate refusant les présents d’Artaxercès vint ensuite : il fut peint pour son père adoptif, Trioson (alors médecin de Mesdames de France, tantes da roi). Depuis , Trioson l’a légué par testament à l’École de Médecine de Paris, où il se trouve aujourd’hui,
Au moment où le peintre y mettait la dernière man, notre révolution prenait un développement qui frappait de stupeur l’Europe. Le consul de France, Basseville, ayant reçu l’ordre de remplacer l’écusson aux fleurs de lis par les armes de Ja république, l'écusson fut retiré, Cette circonsfance excita aussitôt un grand tumulte dans la populace de Rome : les prêtres la soulevèrent. Les élèves de l'Académie s’enfuirent à Naples; Girodet refusa de les suivre, et resta avec son ami Péquinot pour terminer l’écusson républicain ; ce qu'ils firent en un jour et une nuit. Ils avaient encore le pinceau à la main lorsque le peuple fit irruption dans l'hôtel de l’Académie, et détruisit fut ce qu’il y trouva. Nos deux jeunes gens voulurent se réfugier chez Basseville ; mais en arrivant à sa porte ils rencontrèrent la populace qui égorgeait le malheureux consul; ils rentrèrent dans la foule pour échapper au même traitement. Un modèle les reconnut, et leur donna un asile, Quelques jours après, ils quittèrent Rome pour rejoindre la colonie académique à Naples; mais avant d'y arriver ils faillirent encore êlre assassinés dans une éeurie des marais Pontins, où ils passèrent une nuit.
A Naples, Girodet s’occupa de paysages, peignit de beaux sites, et vécut dans une intimité charmante avec Péquinot, paysagiste distingué; il y promena ses jeunes rêves d'artiste, et reprit sérieusement ses études. 11 fit connaissance de Cirilla, médecin, qui fut plus tard président de la commission législative parthénopéenne, C’est pour lui que Girodet exécuta, à la suite de soins qu’il en avait reçus, un tableau de Stratonice et Antiochus, qui ne s'est pas retrouvé après la mort de Cirilla, La rupture entre Naples et la République française lui fit quitter Naples, NH séjourna quelque
GIRODET — GIROFLEE
temps à Venise, où les événements le jetèrent. La tempête grondait de toutes parts; il se réfugia obscurément dans les monts Euganéens. Abano lui fournit des esquisses charmantes. Il y fut découvert et arrêté.
Rendu à la liberté, Girodet parcourut, en voyageur attentif et enthousiaste, les chaines alpestres qui séparent l'État de Venise de la Carinthie; il revint ensuite à Paris, en traversant Florence et Gênes. Il tomba malade dans cette dernière ville. Gros, qui s’y trouvait, le soigna comme un frère ; ses courses et ses travaux à Rome et à Naples avaient duré cinq ans. À Paris, Girodet reçut un logement au Louvre, et s’y établit. Pendant les trois années qui suivirent son retour, il ne fit que des recherches, des études, des ébauches et des portraits. Pourtant sa réserve fit dire à ses rivaux que le peintre avait donné l’idée de sa force par sa figure d'étude, qui était Endymion. Ces assertions furent démenties par l'exécution du superbe tableau d’Ossian. 11 peignit ensuite un délicieux tableau de Danaé, et quatre autres, où sont représentées Les Saisons : il fit une seconde Danaé, qui ne fut plus un simple tableau, mais une satire amère et puissante. Il y a dans le fableau de Fingal beaucoup de verve et des beautés difficiles, quelques parties même y enlèvent les suffrages par des choses finies, délicates, énergiques et bien harmoniées. C’est à Gênes, dans sa convalescence, qu’il avait conçu l'ébauche de cette Scène du déluge, qui mérite l'admiration. 11 mit quatre années à préparer et à exécuter ce tableau : c’est un pur et consciencieux chef-d'œuvre. Il exposa au salon de 1806. En 1808 il fit paraitre les F'unérailles d'Atala. Le public reçut encore de lui Z Empereur au moment d'entrer dans Vienne. La Révolte du Caire vit le jour deux ans après.
Lorsqu'on songea à ces prix décennaux ( 1809) qui ne furent point distribués, le tableau du Déluge fut désigné pour le grand prix. Après tous ces travaux, Girodet se sentit épuisé, et se trouva dans l’impossibilité de les poursuivre; ne pouvant définitivement recouvrer la santé, il s’imposa le repos. De 1810 à 1822, il n’a plus repris aucune de ces créations qui demandent tant d’études et d’efforts. En 18192, il mit au salon une Téle de Vierge, qui est un des diamants de la peinture. En 1819, Galatée fut achevée et exposée dans son atelier : ce fut son dernier grand tribut. Il ne fit plus que des dessins, quelques esquisses parfaitement étudiées, et quelques portraits qu’il travailla longtemps, entre autres ceux de Cathelineau, Bonchamp, Merlin de Douay et M°° Reizet. Ces ouvrages consumèrent ses dernières forces; il ne put aller plus loin, et sa longue maladie prit tout à coup un caractère alarmant : il vit venir sa fin, et se résigna. Pourtant il voulut dire adieu au théâtre des travaux qui avaient rempli d'illusions et de tourments ses jours et ses nuits; sur son désir, on le porta dans son atelier; il y toucha en tremblant ses dernières toiles, et ramena sous ses yeux presque éteints ses plus récentes ébauches. Après avoir contemplé ces objets avec l'émotion d’une éternelle séparation, il s’écria : « Adieu, je ne vous reverrai plus ». Il mourut lè 19 décembre 1824. Les esquisses, ébauches et dessins qu’il laissait étaient fort nombreux.
Après sa mort on publia les vers inédits qu’il avait laisgés. Ils occupèrent quelques moments le public, surtout son poëme du Peintre, qui a des beautés sages et élégantes, et ses traductions d’Anacréon, de Musée, de Lucain. Ces essais sont excellents, mais un peu laborieux; le feu d’une première originalité leur manque. Pourtant Girodet a traduit avec de la verve et de l'harmonie le poème de Héro ct Léandre. Sa correspondance montre la haute culture, la netteté rapide, la politesse de son esprit.
Frédéric FAYoT.
GIROFLE ou GÉROFLE ( Clous de). On désigne sous ce nom les fleurs non encore épanouies du giroflier. C’est ordinairement aux mois de septembre et d'octobre qu’a lieu k récolte; elle se fait soit avec la main, soit en abattant avec des roseaux les girofles qui tombent sur des toiles que l'on a eu soin d’étenure au pied de l'arbre, Après cette pre-
mière opération, on ecueille les clous et on les fait sécher en les exposant au soleil. Tels que le commerce nous les livre, les clous de girofle offrent une tête renflée formée par les pétales non encore développés, et bordée par les divisions calicinales. On connaît quatre espèces de girofles, qui toutes proviennent du caryophillus aromaticus, L., et ne diffèrent que par leur mode de préparation ou les influences climatériques sous lesquelles elles se sont développées ; deux seulement sont intéressantes : ce sont les girofles anglais et les girofles de Cayenne. Les premiers sont les plus estimés; ils viennent des Moluques, et ont reçu la dénomination de girofies anglais parce que c’est la Compagnie anglaise des Indes qui en fait le commerce; ils sont gros, obtus, pesants , d’un noir huileux à la surface , d’une saveur âcre et brûlante. Leur couleur noire a fait présumer à quelques personnes qu’on avait l'habitude de les faire sécher en les exposant à la fumée. Cette opinion est peu probabie ; car un tel mode opératoire serait plus nuisible qu’utile aux propriétés aromatiques du girofle. La seconde espèce est le girofle de Cayenne; il est plus grêle, plus aigu, plus sec, moins noir et moins aromatique que le girofle des Moluques. Les deux autres espèces sont les girofles de l’ile Bourbon, puis les girofles hollandais.
Soumis à la distillation avec de l’eau chargée de sel marin, afin de retarder son point d’ébullition, le girofle donne une huile volatile plus pesante que l’eau : C’est à cette huile volatile qu’il doit sa propriété aromatique et sa saveur âcre et brûlante. L'huile essentielle de girofle donne une couleur rouge par lacide nitrique; elle partage cette propriété avec la morphine et la brucine : aussi cette considération. est-elle du plus haut intérêt en médecine légale. L'analyse des clous de girofle a fourni à Tromsdorff, sur 1,000 parties, 180 d’huile volatile , 170 de tannin, 170 de gomme, 130 de résine, 60 de fibre végétale, 280 d’eau , perte 10. MM. Laudibert et Bonastre ont trouvé dans le girofle des Moluques seulement une substance blanche cristalline de nature particulière, à laquelle le dernier de ces chimistes a donné lenom de caryophilline. L’eau distillée de girofle laisse déposer au bout de quelque temps une matière qui apparaît sous forme de lames minces, blanches et nacrées. M. Persoz, qui l’a découverte, lui a donné le nom d’eugénine. On croit aussi avoir rencontré dans cette eau distillée de l’acide benzoïque , mais le fait n’est pas encore positif.
Le girofie est employé en médecine comme excitant : on administre soit sa poudre, soit son huile essentielle; dans. quelques cas, cette dernière sert à calmer, par une espèce de cautérisation, les douleurs causées par une dent cariée. L'art culinaire fait une grande consommation du girofle ; ordinairement on l’associe à des viandes noires et lourdes, afin de faciliter par une stimulation vive la digestion, qui serait trop laborieuse. L’essence de girofle, mélangée à d’autres huiles volatiles , est fréquemment employée comme parfum. Les fruits du giroflier, appelés anthofles, sont, à l’état frais, confits dans du sucre, et servent, après le repas , à faciliter la digestion. De même que les fleurs, les feuilles, l'écorce, les pédoncules, et surtout le calice, renferment une grande quantité d'huile volatile. On désigne sous le nom de griffes de girofles les pédoncules brisés ; leur prix moins élevé que celui des girofles, les fait employer de préférence pour préparer l'huile essentielle,
BELFIELD-LEFÈVRE.
GIROFLEE, genre de plantes de la famille des crucifères, ayant pour caractères : Silique cylindrique ou comprimée ; stigmate bilobé ou en tête; calice bigibbeux à la base ; graines unisériées, ovales et comprimées.
La güroflée jaune (cheiranthus cheir, Linné) ou violier, commune dans toute l’Europe jusqu’au 50° degré de latitude, croit sur les rochers et les vieux murs. C’est la seule espèce indigène que De Candolle ait laissée dans le genre cheiranthus. I\ range les autres dans le genre matthiola, qui s’en distingue par des stigmates connivents et par des graines entorrées d’un rebord membraneux. On cultive dans
les jardins une de ses variétés, sous le nom de béton d’or.
La guroflée des jardins (matthiolaincana, D. C.) est une plante bisannuelle, remarquable par ses variétés blanche, rose, couleur de chair, rouge, violette, etc. Ses fleurs sont d’une odeur suave, très-agréable. Ses feuilles obtuses, allongées, diversement découpées, sont plus ou moins soyeuses ou blanchâtres.
La quarantaine ou giroflée quarantine (matthiola annua) est un peu plus petite que la précédente. On en connaît une trentaine de variétés, distinguées par leurs couleurs. La plupart sont à fleurs doubles.
GIROFLÉE DE MAHON, JULIENNE DE MAHON ou MAHONILLE, noms vulgaires du malcolmia maritima, plante annuelle de la famille des crucifères. Linné l'avait classée avec toutes les giroflées dans le genre cheiranthus. On en fait des massifs et des bordures. La fleur, d’une odeur agréable, est lilas, ou rouge, puis devient violette ou blanche.
GIROFLIER ou GÉROFLIER, genre de la famille des wvrtinées de Jussieu, de l’icosandrie monogynie de Linné, Le genre giroflier renferme plusieurs espèces, dont la plus importante est le giroflier cultivé (caryophyllus aromaticus, L.). C'est un grand arbrisseau toujours vert, dont la forme est pyramidale, et qui constamment offre
des fleurs roses disposées en corymbes terminaux et tricho- |
tomes. Ces fleurs, décrites avec soin par Linné et Tournefort, offrent les caractères suivants: Calice adhérent à l'ovaire, infundibuliforme, à 4 divisions aiguës ; corolle à 4 pétales arrondis; étamines en nombre indéterminé, insérées, ainsi que la corolle, sur un disque qui surmonte l'ovaire : celui-ci est infère; sur le disque qui le domine s'élève un stigmate capitulé. Le fruit est un drupe ovoide couronné par des divisions calicinales. Les feuilles du giroflier sont opposées, obovales, lisses, portées sur un long pétiole canaliculé et articulé à sa base.
Le giroflier est originaire des Indes orientales ; il croît spontanément aux îles Moluques : c’est de là que, en 1619, des voyageurs anglais en firent passer dans leurs iles quelques pieds, qui y vinrent à merveille. Privés d’une branche de commerce qui pour eux était très-lucrative, les Hollandais, vainqueurs des Portugais, et devenus maîtres des îles Moluques, firent égorger, en 1623, tous les Anglais qui se trouvaient dans leur pays, et forcèrent les peuples qui étaient sous leur domination à détruire tous leurs girofliers, afin de concentrer toute la culture de ce végétal dans les iles de Ternate et d'Amboine.
Ce fut en 1770 que Poivre, intendant des îles de France et de Mascareïgne, parvint, par son zèle, à s’en procurer quelques pieds, qu’il fit cultiver dans les colonies françaises, et qui maintenant nous fournissent assez de girofles pour nous affranchir de l'impôt qu’autrefois nous étions obligés depayer. Ilenvoya, en 1769, aux rois de Guéby et de Patany, deux vaisseaux qui, après avoir vaineu de nombreux obstacles, revinrent l’année suivante avec une cargaison d’arbres à épices, parmi lesquels se trouvaient quelques pieds de
girofliers. Une température douce, un sol légèrement hu- |
mide, un lieu abrité du vent, sont les circonstances les plus favorables au développement du giroflier. Il a été transplanté dans une foule de localités, telles que les îles de Maurice, Mascareigne, à la Guyane, aux Antilles, etc. De tous ces climats, celui delle Mascareigne a paru le mieux lui convenir, BELFIELD-LEFÈVRE.
GIROLE ou GIROULE. Voyez BoLer et CHANTERELLE (Mycologie)
GIRON (Blason). Cette pièce honorable est de forme triangulaire. Sa base a pour largeur la moitié de celle de l'écu. Son sommet est au centre de l'écu.
GIRON (Don Pepno), marquis de las Amarillas, üuc V'Ahumada, issu d'une des plus anciennes familles d'Espagne, qui a pour chefs les ducs d’Ossûna, entra de bonne heure comme officier dans la garde royale. Pendant la guerre de l'Indépendance, irendit les plus importants services comme
GIROFLÈE — GIRONDE
chef de l'état-major général de l'armée d’Espagne, quoique son orgueil ne se pliât qu'avec répugnance à recevoir des ordres du duc de Wellington. Après le retour de Ferdinand VII dans ses États, il vécut loin de la cour et de ses intrigués, rmais éveilla les défiances du roi en ne dissimalané, pas ses sympathies pour un gouvernement représentatif modéré. A la suite de la révolution de 1820, il fut chargé du ministère de la guerre, mais ne répondit point aux espérances qu’on avait placées en lui, et fut exilé en Provence après l’infructueuse tentative d’insurrection faite par la garde royale. A l’époque de la réaction, son oncle, l’evêque de Tarrogone, essaya vainement de le faire rentrer au ministère. Le roi repondit : « Je ne veux pas de ministère Giron ; car il serait roi, et moi je ne serais plus que ministre. » Néanmoins Ferdinand finit par avoir plus confiance en lui, et par son testament il le nomma membre du conseil de régence qu’il instituait pendant la minorité de sa filleIsabelle. En cette qualité, il protesta contre les mesures prises par le ministère Martinez de la Rosa à l'égard des provinces insurgées. Aristocrate de naissance et de sentiment, il combattit l'admission des grands d’Espagne en cette seule qualité dans la chambre des Procérès jusqu’au moment où l'ambassadeur de France, le comte de Rayneval, parvint à changer ses convictions et à faire de lui un zélé défenseur d’une première chambre composée de membres héréditaires. Considéré dès lors comme le représentent de la politique française, si, comme président de la chambre des Procérès, il exerçait une grande influence sur cette assemblée, et si la reine le créait duc d'Ahumada, en revanche il perdait toutson crédit dans le reste de la nation. Quand, en 1835, Toreno fut appelé à la tête des affaires, Giron prit le portefeuille de la guerre. Les améliorations qu’il projetait dans l’armée ne demeurèrent pas moins inutiles que ses efforts pour rattacher les Basques, au nouvel ordre de choses ;.et l'accusation de népotisme qui pesa sur lui acheva de le rendre de plus en plus impopulaire. Il avait donné sa demission, avant que les juntes s’insurgeassent contre Toreno : et dans la session de 1835 à 1836, il se posa en adversaire acharné de Mendizabal, Sous l'administration d’Isturiz et après sa retraite, il garda la neutralité. Mais dans l'automne de 1837 il eut occasion de quitter l'Espagne, et se rendit alors en France.
GIRONDE, rivière. Voyez GARONNE.
GIRONDE (Département de la). Le département de la Gironde, l'un des quatre formés de la Guienne, appartient à la partie S.-O. de la France. Il est compris entre l'Océan à l’ouest, la Charente-Inférieure au nord, et les Landes au sud ; il est borné à l’est par les départements de la Dordogne et de Lot-et-Garonne.
Divisé en 6 arrond, dont les chefs-lieux sont Bordeaux, Bazas, Blaye, La Réole, Lesparre et Libourne, 48 cantons, 551 communes, ilcompte 705,149 habitants (1872); il envoie 14 députés à l'Assemblée. IL est compris dans la quatorzième division militaire, l'académie et le diocèse de Bordeaux, et le ressort de la cour d’appel de la même ville, 11 possède 1 lscée, 3 colléges, 38 institutions secondaires libres , 1,204 écoles primaires et 87 salles d'asile. Le recensement de 1866 y avait relevé 280,552 personnes pe sachant ni lire ni écrire.
Sa superlicie totale, d’après le cadastre, est de 974,032 hectares, dont 208,431 en lerres labourables; 71,880 en prés; 133,157 en vignes; 313,718 en landes; etc, Ce dé« partement est le plus grand de la France. La valeur totale de la production agricole y étail estimée, dans l'enquête de 1862, à 177,568,000 fr., dont 90 millions pour les vignobles seulement. On y comptait 413,715 moutons,
131,257 bêtes à cornes, 84,760 pores et 41,500 chevaux.
Le département de la Gironde comprend deux fractions bien distinctes. Sa partie sud-ouest, traversée par un chemin de fer, nest qu’une vaste plaine de sable, à l’aspect triste et monotone, où quelques forèts de pins, quelques broussailles, offrent à peine une misérable pâture à des troupeaux de brebis; la lisière de ces landes