‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 267 sur 552 · GLADIATEUR — GLADSTONE · texte numérisé non relu

GLADIATEUR — GLADSTONE

et qui fut plus tard transféré à Paris. Il est signé d’Agasias ; une imitation en bronze en existe aux Tuileries. Une opinion très-vraisemblable, émise par Heyne, y voit la représentation d’un guerrier combattant un adversaire à cheval; c’est une des plus belles œuvres de l’art grec et peut-être la seule qui rende d’une façon saisissante un mouvement passionné de l’âme. On connaît aussi le gladiateur mourant, également reproduit en bronze aux Tuileries, Visconti croit que cette figure est celle d'un soldat barbare, blessé à mort et expirant sur le champ de bataille, semé d'armes de guerre. Puis le gladiateur rudiaire, personnage nu qui tient une épée. On n'avait pas réfléchi que les gladiateurs romains ne combattaient jamais nus, mais presque toujours avec des armures aussi complètes que nos chevaliers du moyen âge. Cependant, il nous reste quelques représentations certaines de gladiateurs; tel est le cippe de Baton, célèbre gladiateur sous Caracalla, qu’on voit à la villa Pamphili; telles sont quelques mosaïques de la villa. Albani, les peintures d'un tombeau étrusque à Cometo et les bas-reliefs du tombeau de Scaurus à Pompéi. W.-A, DuCkETT,.

GLADSTONE (Wizsram-Ewant), homme d’État anglais, est le fils de sir John Gladstone, riche négociant de: Liverpool, où il est né, en 1809. Élevé à Éton, il acheva ses études avec une rare distinction, à Oxford, et après avoir fait sur le continent la tournée d'usage, il entra au parlement en 1832 comme député de Newark. Son origine roturière, son instruction classique, ses opinions conservatrices et le talent qu’il déployait dans la discussion des affaires pratiques, rappelèrent aux vétérans de la chambre des communes les débuts de Robert Peel. Celui-ci reconnut bien vite aussi Vutilité dont le jeune Gladstone pouvait être à son parti, et pendant son court passage aux affaires, en décembre 1834, il le nomma d’abord l’un des lords de la trésorerie, et à quelque temps de là il lui confia les fonctions de soussecrétaire d'État pour les colonies, en remplacement de Stuart Wortley, que lesélecteurs n'avaient pas réélu membre du parlement. La démission donnée par Peel en avril 1835 amena aussi celle de Gladstone, qui dès lors appartint au parti de l’opposition. Animé de convictions religieuses profondes, il se rattacha en même temps au mouvement puséyte, et publia son pren ier ouvrage, {he State in its relations with the Church(183S), où il proclamait le principe absolu d’une religion officielle, et l'exclusion des citoyens placés en dehors de l’Lglise, Quand, en 1841, Peel revint aux affaires, Gladstone devint vice-président du board of-trade (bureau de commerce), position qui faisait de lui, dans la chambre des communes, le défenseur naturel de la politique commerciale adoptée par le cabinet, et dont son chef immédiat, lord Ripon, était l'interprète dans la chambre haute. 11 s'acquitta de cette mission, qui était entourée de difficultés de tous genres, avec une extrême habileté, et passa alors à juste titre pour le bras droit de Peel. Au mois de mai 1843 il fut nommé président du bureau de commerce, avec une place dans le cabinet; mais en février 1845 il donna sa démission de ces fonctions, pour ne point s'associer par son sote au bill de dotation du collége catholique, de Maynooth, fidèle en cela au principe qu’il avait posé dans ses écrits que ce n’est point à la puissance temporelle qu'il appartient de fonder et de doter des établissements religieux. Cette dissidencen’amena nullement la rupture de ses rapports d’amilié avec Robert Peel, et au mois de décembre de la même année il rentra dans l'administration comme ministre des colonies. Dans la grande lutte parlementaire qui s’engagea sur la question de la liberté du commerce, Gladstone demeura le soutien fidèleet dévouéde Robert Peel, Avec lui il quitta le ministère en juillet 1846; et aux élections générales qui eurent lieu l'année suivante, les électeurs de Newark ne lui ayant plus continué leur mandat, il eut l'honneur d’être choisi par l'université d'Oxford pour la représenter dans la chambre des communes. En 1850 il entreprit en Italie un voyage que vint bientôt interrompre une invitation que lui adresss

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lord Stanley, cn février 1851, de faire partie de la nouvelle &dministralion qu'il s’occupait à ce moment de constituer, Mais la combinaison projetée échoua. Il publia ensuite sa Lettre à lord Aberdeen sur les persécutions politiques dans le royaume de Naples, sorte de manifeste qui produisit une sensation extrême, et que lord Palimerston eut soin de faire adresser à toutes les cours de l’Europe; puis il traduisit en anglais l'Histoire de Rome moderne par Farini (3 vol., Londres, 1851-1852).

Dans le cabinet du 28 décembre 1852, M. Gladstone devi.t chancelier de l’échiquier, et c’est lui qui pourvul aux mesures financières destinées à alimenter la guerre que la Grande-Bretagne soutenait en Orient avec la France.

Il quitta le ministère en 1855, fut nommé, en 1858, commissaire extraordinaire de la reine aux iles Ioniennes, et reprit Le portefeuille de l’'Echiquier dans le cabinet du 11 juin 1859. La conclusion du traité de commerce avec la France fut en grande partie son œuvre. Il adu inistra les finances avec une habileté hors ligne, el il mit une grande ardeur à favoriser les réformes libérales; mais sa grande influence date surtout de la mort de lord Palmerston et du ministère Russell (octobre 1865), dont il fut en réalité la personnalité dirigeante. L'opinion publique réclamait impérieusement la réforme parlementaire; le cabinet résolut de lui donner cette satisfaction et présenta le bill de réforme. Ce fut à M. Gladstone qu’échut le dangereux honneur de diriger cette campagne à la chambre des communes. Les circonstances étaient criliques, el le concours inespéré que M. John Bright avait apporté au gouvernement, en se ralliant à lui avec tout le parti radical, n'avait servi qu’à fournir aux conservateurs de nouveaux mclifs de persister dans leur opposilion. Le bill de réforme succomba. M. Gladstone donna sa démission avec ses collègues, le 25 juin 1866; mais le ministère Derby se trouva contraint, par la voix des meetings, de proposer lui-même, en 1867, un bill de réforme, et cette fois les efforts de M. Gladstone furent couronnés d’un plein succès. À la session suivante, il se trouva en face de la question irlandaise qu’avaient mise à l’ordre du jour les troubles suscités par les fénians. Contrairement à opinion généralement admise par ses collègues de la chambre, il conclut à l'indépendance de l’Église irlandaise; le 3 avril, une majorité de 320 voix contre 290 lui donna gain de cause. Il est vrai que le rejet du bill par la chambre haute vint atténuer cette victoire; mais la question irlandaise n’en resta pas moins la première en importance, et c’est autour d'elle! que gravitèrent les élections générales.

Les victoires parlementaires de M. Gladstone avaient profondément irrité contre lui la plupart des conservateurs ; à leurs yeux , il n’était qu’un apostat qui avait fait alliance avec le pape, el qui méditait le rétablissement du catholicisme en Angleterre. Il se vit forcé de réfuter ces grossières calomnies dans un écrit intitulé : Un Chapitre d'autobiographie (1868). Les conservateurslui firent perdre son siége pour le Lancashire, comnie ils avaient déjà fait repousser, en 1865, sa candidalure par l’université d'Oxford ; mais son échec fut largement compensé par le triomphe qu’il obtint à Greenwich, où on le nomma d’en thousiasme, et par la satisfaction de pouvoir constater, -dans la liste des nouveaux élus, une majorité de 20 voix assurée à ses idées politiques sur l’Irlande. À la suite de cette manifestation, le cabinet tory se retira ; M. Gladstonce lui succéda el forma, le 8 décembre, un ministère dans lequel il appela M. John Bright. Les idées du premier ministre relativement à l'Église d'Irlande furent adoptées dans la session de 1869, Mais, après la question religieuse, restait la question politique, qu’il n’aborda pas moins résolument dans la session de 1870, et pour laquelle il obtint une solution conforme à ses vues. Au milieu de ces travaux, il trouvait le temps de mettre la dernière n ain à un ouvrage sur l'antiquité grecque : Juventus mundi

(Londres, 1869).

Au moment où éclata, en 1870, la guerre entre la France et l'Allemagne, M. Gladstone manifesta ses sympathies pour la cause française dans un article dela Revue d'Édimbourg, qu'il publia, il est vrai, sous le voile de l’ano® nyme, mais au sujet duquel il soutint une vive polémique dans la presse. Cette conduite lui attira d’amères critiques, et à l'ouverture de la session, il put remarquer une froideur de réception à laquelle il n’était pas habilué. La perte de ses : lus précieux auxiliaires, M. Bright et lord Clarendon, vint se joindre à cette diminution d'influence. Toutefois, il lutta sans se décourager, et la loi sur la réorganisation de l’armée, adoptée par les Communes, ayant

été rejetée par la chambre haute, il invoqua contre celle-ci

la prérogative royale, pour briser sa résistance. La chambre haute rejeta aussi la loi qu’il avait proposée sur le scrutin secret. En définitive, sans désarmer ses adversaires. il sut reconquérir les sympathies des libéraux, et resta à la tête du parti qui représente le progrès en Angleterre.

GLAIRES, On a donné ce nom à une sorte d’humeur blanche, gluante et visqueuse, à peu près comme le blane d'œuf dans l’état liquide. Le liquide fourni par les mem= branes niuqueuses, comme celle du nez par exemple, est glaireux. Dans une certaine médecine humorale, les glaires jouaient de grands rôles ; les enfants particulièrement étaient supposés tourmentés par des glaires, et les adultes n'étaient point à l’abri des ravages que pouvaient produire ces mucosités, engendrées dans Le corps humain sous l'influence de mille causes morbifiques. On ne nie point aujourd’hui que dans quelques cas les mucosités ne prennent plus ou moins de consistance, ne soient versées dans les cavités en plus ou moins grande quantité qu'à l'ordinaire, et avec des propriétés plus ou moins différentes de celles qui leur sont habituelles; mais on ne fait plus de ces glaires le point de mire de toute médecine.

Dr SAnpras.

GLAIS-BIZOIN (AzExanre), homme politique français, est né le 9 mars 1800, à Quintin (Côtes-du-Nord). IL se fit recevoir avocal sous la Restauration, fut élu député, après la revolution de 1830, par l'arrondissement de Loudéac, et réélu jusqu’à la chute de la monarchie de Juillet, L'un des membres avancés de l'opposition dynaslique. il se signala moins par ses discours que par ses interpellations et ses interruptions, et demanda avec persistance deux mesures qui ont été plus tard réalisées, la diminution de l'impôt du sel et celle de la taxe sur les lettres. Activement mêlé à la can:pagne des banquets réformistes, il signa l’acte d’accusation contre le ministère Guizot. Après la révolution de Février, il fat élu membre de l’Assemblée constituante, se rallia à la république, montra une opposition très-prononcée contre Louis-Napoléon, et ne fut pas rétlu à l’Assemblée législative. C’est seulement en 1863 qu'il reparut sur la scène politique; il fut nommé alors membre du Corps législatif, comme candidat de l'opposition, par la première circonscription des Côtes-du-Nord. Aux élections générales de 1869, il fut battu, dans le même département, par le candidat officiel, mais finit par être élu, aux élections partielles du 6 décembre, dans la 4° circonscription de Paris. L'année précédente, il avait fondé, avec M. Eugène Pelletan, {a Tribune française, journal hebdomadaire , dont il fut Le directeur.

Appelé, le 4 septembre 1870, comme député de Paris à faire partie du gouvernement de la Défense nalionale, M. Glais- Bizoin se rendit, le 13 septembre, à Tours, où il fut membre de la délégation du gouvernement. Il ne fut pas élu, en 1871, représentant à l’Assemblée nationale. Arrêté, le 20 mars, à Paris, el conduit à l'Hôtel-de-Ville devant le Comité central, il fut relâché, sur sa parole 4 ne pas s’éloigner. On l’arrêta de nouveau, le 7 avril, et on l’écroua au dépôt de la préfecture de police, d'où un n embre de la Commune, M, Beslay, le fit sortir. Enfin,

à la suite d’une troisième arrestation, il fut retenu comme ôtage à la place Vendôme, du 10 au 26 mai, et dut sa délivrance à l'approche des troupes.

M. Glais-Bizoïn a fait représenter, en 1868, à Genève, le Vrai courage, comédie qu'avait refusée 1 Théâtre- Français. On a ensore de lui deux autres pièces non représentées : Une vraie Bretonne (1862) et Une Fantaisie (1867). À a publié, en 1873, sous le titre de Cirg mois de dictature, la justification de ses actes dans la délégation du gouvernement.

GLAISE. La glaise, lerra pinguis des anciens, est une terre grasse, qui a été désignée par les minéralogistes modernes sous le nom d'argile figuline. Cette matière se délaie facilement dans l’eau; sa couleur est foncée ; elle devient rouge par la cuisson, en se vitrifiant à demi. On s’en sert principalement pour faire des poteries et de la faïence en y ajoutant du sable. Ce n’est même que la finesse du sable que l’on ajoute à largile et l'émail blanc dont on la couvre qui distinguent la faïence de la poterie grossière. Les usages de la glaise ne se bornent point aux poteries; on s’en sert aussi pour cimenter les bassins et empêcher linfiltration des eaux ; les sculpteurs l’enrploien pour modeler leurs ouvrages. Elle résuïte du mélange de plusieurs terres; mais la silice y domine, ce qui ne l’empêche pas d’être ductile, tenace et homogène; le fer oxydé y existe toujours en quantité variable : aussi les teintes de la glaïise sont-elles très-diverses ; elle ne fait pas effervescence avec les acides. Les terres glaiseuses ne sont pas bonnes à la végétation; mais elles possèdent, comme la marne, la propriété de dégraisser les étoffes. On rencontre la glaise à la surface de la terre, et quelquefois à une très-grande profondeur ; c’est elle qui forme ordinairement le sol des réservoirs, des sources, des fontaines et des puits artésiens. C. Favior.

GLAIVE (en lalin gladius), arme dont l’origine se perd dans la nuit des temps, et qui à laissé dans l’imagination des peuples une profonde impression de terreur.

C'était chez les anciens une épée à lame courte, large et à deux franchants. Dans le moyen âge, les chevaliers s'en servaient pour se battre en champ clos. 11 y avait aussi une autre épée-glaive, dont la lame était mince, légère et à pointe aiguë. Cette dernière, en usage chez les Grecset chez les Romains, ne paraît pas avoir été adoptée par les Francs lorsqu'ils se furent nationalisés dans les Gaules. ancien carlef, ou épée mince, à lame effilée, portée par les officiers de l’armée française sous la République, le consulat et l'empire, était du genre du glaive des anciens Le sabre-poignard, que porte aujourd’hui notre infanterie, ressemble au glaive du moyen âge. Les lances minces, armées d’une pointe longue et aiguë, portaient aussi le nom de g'aive.

GLAMORGAN, l’un des comtés de la principauté de Galles, situé entre ceux de Monmouth, de Brecknock et de Caermarthen, et le canal de Bristol, présente une superficie de 26 myriam. carrés, et une population (1871) de 396,010 habitants. Sa côte, riche en baies, est fertile et tempérée. Plus loin commence la région montagneuse; et aux limites du comté, où elle se ratlache à la chaîne des monts Brecon, elle atteint une élévation de 6 à 700 mètres. Une foule de petites rivières y produisent, par leurs sinuosités, de multiples allernatives de crêtes et de vallées, et un grand nombre de chutes d’eau. C’est dans ce comté que se trouvent les mines les plus importantes et les plus nombreuses de toute la Grande-Pretagne, tant pour la houille que pour le fer. L'exploitation de la grande houillère de Swansea a pris dans ces dernières années une telle extension, qu’à elle seule elle égale toute la produclion houillère de la Belgique.

Cardiff, avec le port de Pennarth, est le chef-lieu du comté de Glamorgan. La ville principale et le port de mer le plus important est Swansea. Le siége épiscopal, Llandaff, n’est qu'un misérable village, où se trouvent

GLAMORGAN — GLAND

les ruines d’une superbe cathédrale, dont la construction remonte à 1120, et celles du palais épiscopal.

GLANAGE, Glaner, c’est ramasser à la main les épis restés isolément sur un champ, après le bottelage dans certains pays, et seulement après l'enlèvement des gerbes dans d’autres. On nomme glane une collection d’épis aussi nombreuse que la main peut la contenir. Les glaneurs et glaneuses sont les hommes, femmes et enfants pauvres qui dans chaque pays viennent après le bottelage, ou après l'enlèvement des gerbes, recueillir les épis laissés à la surface des champs.

Le glanage est-il une habitude bonne en elle-même et utile aux populations pauvres? Quoique l’ancienneté de cel usage établisse une prescription en sa faveur, quoiqu’à la première vue il semble naturel que les pauvres gens viennent prendre leur part, une faible part, des biens de la terre, est-il dans l'intérêt véritable de ceux qui s’y livrent? Pour beaucoup le glanage r’a d'autre but que de leur permettre de mener, pendant quelques semaines, une vie aventureuse; ils gagneraient beaucoup plus en prenant à la récolle une part active,

D’après l’article 471 du Code Pénal, ceux qui glanent dans les champs non encore entièrement dépouillés et vidés de leur récolte, ou avant le moment du lever ou après celui du coucher du soleil sont punis d’une amende de un à cinq francs. De plus, la peine d'emprisonnement pendant trois jours au plas peut être prononcée selon les circonslances. Le glanage avec des rateaux de fer dans les champs ensemencés est punissable, aux termes des anciens règlements.

GLAND (du latin g{ans). On donne ce nom à différents fruits ayantune substance ferme, farineuse, et couverte d’une enveluppe coriace, tels que ceux du hêtre, du châtaignier, du charme, etc.; mais il sert à désigner plus particulièrement le fruit du chéne. Les glands qui proviennent du chêne roure, äu chêne pédonculé, du chêne de Bourgogne, sont très-communs en France : leur saveur est âpre, acerbe, et ils causent dans la bouche une striction désagréable, Ce ne sont point ces fruits qui ont pu servir à la nourriture de l’homme avant qu’il eût reçu les bienfaits de Cérès et de Triptolème. Cependant, on a tenté de les employer comme aliment dans des temps de disette. En 1709, par exemple, on les réduisit en farine, qu’on mêla avec celle du blé; mais le pain résultant de ce mélange est tellement insalubre, qu’on ne peut s’en nourrir impunément, ét il a toujours fallu y renoncer. Comme c’est au principe astringent du gland qu’on attribue ses inconvénients, on a essayé de le corriger en le torréfiant : ces essais ont été peu satisfaisants ; on a même reconnu que le feu, loin de détruire la propriété astringente, ne fait que l’accroître. Si cette cause à fait abandonner les glands dont nous nous occupons comme aliment, elle a engagé à les employer en médecine. La décoction faite avec ces fruits torréfiés et moulus à la manière du café a été préconisée par plusieurs médecins, Linné, entre autres, pour remédier à diverses maladies, Cette boisson, à laquelle on peut associer le lait, est, ont-ils dit, propre à réveiller et accroître les forces digestives; à guérir les scrofuies, les diarrhées chroniques et même la phthisie pulmonaire, En Espagne, on compose avec les glands une sorte de chocolat en broyant ces fruits torréfiés avec du sucre et un peu de chaux : cette préparation est efficace, dit-on, dans les crachements de sang. On a présenté comme étant douée des mêmes qualités médicales une eau de glands non torréfiés, obtenue par la distillation. Les glands pilés ont été employés très-anciennement sous forme de cataplasme pour résoudre des tumeurs indolentes. On a annoncé aussi que ces fruits décortiqués, nilés et lavés, fournissent par la fermentation dans l’eau une boisson analogue à la bière et très-salubre. Enfin, on fait un café de glands, et on le présente comme un excellent analeptique : quelques personnes le recommandent dans la convalescence même de diverses maladies.

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