‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 268 sur 552 · GLAND — GLANDE · texte numérisé non relu

GLAND — GLANDE

Les glands qui tombent sur la terre après leur maturité servent d'aliments aux hôtes des bois, les cerfs, les daims, les chevreuils , les sangliers, les écureuils, les mulots, etc. On les recueille pour nourrir et engraisser les pores élevés dans nos basses-cours; et c’est une ressource précieuse d’économie domestique pour les habitants des campagnes. Non-seulement ces fruits ne coûtent que la peine nécessaire pour les récolter, mais encore ils contribuent à améliorer la chair d’un animal dont on fait une consommation trèsconsidérable. L’excellence du porc de certaines contrées paraît dépendre des glands qu'on ajoute à d’autres substances pour le nourrir : la propriété astringente de ce fruit doit effectivement avoir une influence marquée sur la qualité des chairs ; elle doit donner plus de fermeté à leur texture et augmenter leur saveur.

Quelques espèces de glands sont mangeables, et n’ont point la saveur amère et acerbe des précédentes. Tels sont es glands fournis par le chêne bellote (quercus bellola), qui croît sur les rives de la Méditerranée , sur le mont Atlas et autres régions d'Afrique, en Corse, en Espagne, etc. : ce fruit est gros et allongé; sa saveur a quelque analogie avec celle de la châtaigne; on le mange de même bouilli ou rôti, et il est recherché d’un grand nombre d'individus ; les riches mêmes ne le dédaignent pas. Cette espèce a prineipalement reçu l’épithète d’esculente ou marñgeable, et c’est principalement elle qui servait de base à la nourriture des hommes avant qu'ils connussent les céréales. Les glands fournis par le chêne grec ( quercus esculus), plus petit que les précédents , ont à peu près la même saveur : on en fait une assez grande consommation en Asie et même en Italie. Le chêne castillan (guercus hispanica ), et le chêne yeuse ( guereus pseudo-ilex); fournissent aussi des glands comestibles; mais le goût s’en accommode moins que des précédents. Dans l'Amérique septentrionale, le chêne blanc, le chêne châtaignier (quercus prinus), le chêne de montagne (quercus montanea) et plusieurs autres ont aussi des fruits qu’on peut manger. D' CHARBONNIER.

GLAND (Technologie). On désigne par ce mot certains ouvrages en fil, laine, coton, soie, etc., qui dans le principe avaient ordinairement la forme d’un gland de chêne. Mais depuis on s’est singulièrement écarté de cette première origine, et on a donné à ce genre d’ornements mille formes variées, dont plusieurs ne se rapprochent guère de celle du gland naturel.

En termes äe marchand de modes, le gland désigne deux branches faites en demi-cercle de souci d’honnelon, de nœuds de soie de bouclés, etc., que l’on met dans les garnifures, aux creux ou vides formés par les festons, ou bien une espèce de bouton couvert de filet d’or, d’argent, de soie, etc., et quelquefois même de perles avec une tête ouvragée de la même matière et des filets pendants. Ce sont les rubaniers et les tissuliers-rubaniers-frangiers qui les fabriquent.

On porte encore quelquefois des glands d’émail et autre n'atières précieuses. V. DE MOLÉON

GLANDE. On a donné ce nom à un grand nombre de différentes parties des corps organisés : les plantes ont leurs glandes comme les animaux. Aujourd’hui ce mot désigne les organes chargés de sécréter les principales humeurs servant à l'entretien de la vie. Les aliments solides ou liquides, introduits dans l'estomac, sont bientôt convertis en cAyle par Le travail des intestins ; et ce chyle, versé dans la masse du sang, renouvelle et reconstitue ce fluide, indispensable à la vie. Mais ce n’est pas assez ; il faut que le sang à son tour se transforme en lait pour fournir à l’enfant qui vient de naître une nourriture appropriée à sa molle constitution ; il faut qu'il se change en salive pour humecter les aliments et en rendre la digestion plus facile ; en bile, fluide nécessaire à l'assimilation des aliments, etc. C’est dans des giandes que le sang subit ses principales transformations. Les glandes sont des espèces de filtres vivants qui, avec une matière identique, le sang, composent et étaborent un grand nombre

d’humeurs de natures fort diverses, Leur action va plns loin que de séparer du sang ces humeurs. Ainsi la g/ande lacrymale, qui est contigué au globe de l'œil, et qui se trouve cachée entre lui et l’orbite, du côté des tempes, cette glande compose les larmes aux dépens du sang. Les glandes salivaires, au nombre desix (les deux parotides, les deux maxillaires et les deux sublinguales), sans compter les buccales, les labiales, les linguales, les palatines, les am ygdales, qui ne sont que des glandes équivoques sans conduits excréteurs, versent dans la bouche la salive qu’elles ont de même tirée du sang. La glande mammaire, occupant le milieu du sein, choisit dans le sang les principes du lait, aliment nécessaire au nouveau-né. Le foie et le pancréas, deux autres glandes, dont l’une est énorme, fabriquent autant de bile et de salive pancréatique que les besoïas de ladigestion en réclament. D’autres glandes puisent dans le sang le principe même de la vie, et distillent dans des milliers de canaux la précieuse humeur qui doit animer des êtres nouveaux. Enfin, les reins, par un travail moins utile, mais sans doute plus simple, purifient le sang, attendu qu’ils transforment en urine des substances, qui, très-altérables et très-animalisées, deviendraient nuisibles à l’économie.

Tous ces organes sécréteurs sont dans une continuelle activité : les uns, comme les glandes salivaires, le foie, les reins, bien qu’indépendants de la volonté, modifient cependant leur travail suivant les besoins de la vie. Si la bouche et l'estomac sont vides, la salive et la bile ne coulent qu’en petite quantité; mais que l’estomac réclame le secours du foie, aussitôt la bile chemine et flue en aussi grande abondance qu’il est nécessaire. Chez la jeune fille, de même que chez la femme qui n’est pas mère, la glande mammaire reste inactive ; mais dès que la conception est accomplie, les seins, par une puissance inconnue et merveilleuse, commencent à préparer la nourriture de l'être qui n’a pas encore vu le jour. Le sang, changé en lait, sait prendre des qualités différentes, suivant l’âge et les forces du nouveau-né : c’est d’abord une liqueur fade et purgative, sans doute parce que l’enfant doit rejeter le méconium; c’est ensuite un aliment qui prend chaque jour plus de consistance à mesure que l’enfant a besoin d’une nourriture plus substantielle. Et tout cela se fait dans une glande, sans que la volonté de la femme soit mise en jeu, sans que cette mère en ait la moindre conscience ! Si la mère refuse de nourrir l’étre qu’elle a mis au monde, la glande reste quelque temps résistante et gonflée, et elle n’interrompt son travail que difficilement et comme à regret. D’autres glandes, comme la glande lacrymale, sont quelquefois soumises à l'empire de la volonté et à l'influence de l’imagination. On sait que chez quelques personnes sensibles ou passionnées les larmes peuvent couler volontairement, à la sollicitation de quelques vifs sentiments, émotions, regrets ou souvenirs. Ces organes ne fournissent habituellement qu'une petite quantité de larmes destinées à humecter le globe de l'œil et à l’empécher de se dessécher au contact de l’air; mais une affection morale, le chagrin ou la joie, ont le pouvoir d'augmenter en un instant la sécrétion de cette humeur, et de faire répandre une quantité de pleurs, quelquefois assez considérable pour que les poëêtes, amis de la vraisemblance, en aient fait un torrent. Le récit d’une grande intortune ou d’une action généreuse a quelquefois suffi pour remplir les yeux de larmes. La même influence se fait sentir sur Jes glandes salivaires; et il n’est pas besoin d’être gastronome pour l'avoir épronvé. L’imagination n’a pas moins d'influence sur le travail de la glande mammaire : le lait d’une nourrice peut être empoisonné par un accès de colère ou une grande frayeur.

Les glandes sont douées d’une telle puissance de sécrétion, que dans certaines circonstances elles peuvent appauvrir la masse entière du sang. C’est ainsi qu’une salivation excessive, un allaitement forcé, l’incontinence, épuisent le sanget peuvent causer la mort; c’est ainsi que des purgatifs violents et rtitérés ont quelquefois des suites funestes. Dans une maladie singulière, nommée diabèles, les reins changent

le sang en un liquide sucré, dont la quantité s’est quelquefois élevée jusqu’à plusieurs kilogrammes dans un jour. Nous signalerons ici une erreur assez fréquemment commise par les gens du monde : s'ils voient apparaître aux environs de la mâchoire et du cou une tumeur dure et mobile, ils disent alors qu’il leur est venu une glande ! Non, il n’est pas poussé de glande : ces petits corps glanduleux, soit glandes, soit ganglions (les glandes lymphuliques), existent constamment et doivent exister ; ils prennent seulement un accroissement plus ou moins considérable alors qu'ils deviennent le siége d’une inflammation, qu'ils servent à manifester une affection serophuleuse ou syphilitique ou après l'absorption d’un fluide malfaisant. ”

Nous devons dire un mot de quelques organes qui ont abusivement reçu le nom de glandes. De ce nombre est la glande {hyroïde, corps sans usage connu, situé au-dessous du larynx, où il arrondit le cou; son volume s’accroit parfois jusqu’à former gotére, infirmité dont cette prétendue glande est le théâtre. On ne lui voit sécréter. que l’humeur laiteuse dont ses mailles sont quelquefois remplies. Toutefois, on rencontre cet organe chez tous les vertébrés. L’organe, temporaire et peu connu, qui a reçu ce nom de ris (dans le veau) ou de {Aymus, a de même été rangé par quelques anteurs parmi les glandes. On trouve un thymus dans l'enfance de tous les animaux qui respirent par des poumons. Les prétendues glandes de Pacchioni, que les anatomistes Fantoni, Willis et Vésale avaient déjà vues et décrites, sont des corpuscules qui s’attachent à ladure-mère, à la pie-mère, et dont on ne connaît pas l’usage. Ces corps sont plus nombreux et plus évidents après une fièvre cérébrale ; et il est remarquable qu’on ne les trouve point sur les méninges des enfants.

La prétendue glande pituitaire, à laquelle les anciens ont gratuitement conféré le rôle de fabriquer la pituite, est un petit corps rouge qui remplit la selle turcique, ou cavité interne et médiane du sphénoïde dans l’intérieur et à la base du crâne. Entourée du sinus coronaire et comme baignée de sang, on a pu croire à ses communications avec le ventricule central du cerveau et les ventricules latéraux. Quelques personnes l’out envisagée comme un organe nerveux, comme un ganglion du nerfgrand sympathique. On a dit que, servant de lien d'unité aux deux nerfs sympathiques à leur origine encéphalique, ce corps maintenait entre les yeux l’harmonieuse synergie de leurs mouvements contrastés. Le fait est qu'on ne connaît les usages ni du corps pituitaire ni de son infundibulum ou tige. Mais comme cette prélendue glande existe dans tous les animaux ayant cervelle, il est permis de croire qu’elle remplit une charge quelconque, surtout dans les animaux qui, comme les poissons et quelques mammifères, ont une glande pituitaire plus volumineuse que celle de l’homme.

Et quant à la glande pinéale ou conarium, en qui Descartes faisait résider les esprits et l'âme, c’est un tout petit corps grisâtre et mollasse. Situé en arrière du cerveau, au voisinage du corps calleux et des couches optiques, on le trouve plus volumineux chez divers mammifères que chez l'homme, Grosse comme un pois ordinaire, et voilée à demi par la toile choroïdienne, cette glande a comme des prolongements ou câbles qui l’attachent aux tubercules quadrijumeaux et aux couches ou lits optiques : ces prolongements ou processus ont reçu dérisoirement le nom de rénes de l'âme. La glande pinéale, qu’on trouve aisément chez les reptiles, ne se rencontre que dans peu de poissons, et elle est bien peu évidente daus la plupart des oiseaux. Mais la marmotte, le castor, le porc et le cheval en sont proportionnellement mieux pourvus que l’homme. Les carnassiers l'ont plus petite que les herbivores, et l'homme est le seul être en qui elle présente des concrélions, des gravfers. Elle n’est donc bien vraisemblablement ni une glande à sécrétion ni surtout le siége de l'âme. D° Isidore Bournon.

GLANDEÉE, Ce mot signifie proprement la récolte des glanis, ét en particulier la faculté d'introduire les pores dans

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