GLANDE — GLARIS
les bois pour en manger le gland. La durée de la glandée ne peut excéder trois mois.
GLANDS DE MER. Voyez BALANES.
GLANE , GLANEUR. Voyez GLANAGE.
GLARIS, canton de la Suisse qui dans l’ordre de la con-
fédération occupe le septième rang, borné par ceux de Saint- Gall, des Grisons, d'Uri et de Schwitz, compte, sur une superficie totale de 691 kilomètres carrés, une population
(1870), de 31,151 habitants, qui à l’exception de 6,000 ca=
tholiques, professent tous la religion réformée, Le sol se compose en général de hautes montagnes, dont quelques-unes, comme le Dœædi, le Kistenberg, le Hausstock et le Glærnisch, sont couvertes de neiges éternelles, et séparées les unes des autres par une vallée principale, trois vallées secondaires et plusieurs vallées de moindre étendue. Le canton de Glaris tout entier appartient au bassin du Rhin, etses différents cours d’eau viennent tous aboutir à la Linth, rivière que le canal d’Escher conduit, au-dessous du bourg de Mollis, dans le lac de Wallenstædt, dont une partie est comprise dans la circonscription du canton même. On y trouve en outre le lac de Klænthal et divers autres de moindre étendue, ainsi que plusieurs sources d’eaux minérales, dont les plus en renom sont les eaux sulfureuses de Stachelberg. Dans les va!lées on récolte beaucoup de fruits, jusqu'à des pêches, des marrons, des noix et même un peu de vin. Pendant la belle saison, 8 ou 10,000 vaches paissent dans les beaux pâturages (appelés ici montagnes ) des Alpes, au nombre de 88, et qui sont l’objet de toute l’attention des lois et de l'autorité. Un de leurs principaux produits est le fromage vert, particulier au pays, et connu sousle nom de schabsigre: On élève aussi des chevaux , estimés pour leur vigueur et pour la sûreté de leur allure, des bœufs et des porcs. Il n’y a pas de si petit village qui ne possède plusieurs centaines de chèvres. La plupart des bêtes fauves ont disparu , et on s’est même vu forcé d'accorder sur le Freiberg une espèce d’asile au chamois, afin d’arrêter l'entière destruction de
cette espèce. Une grande partie de la population, surtout |
celle qui appartient à la religion réformée, demande à l’industrie, et plus particulièrement à celle de la fabrication des étoffes de coton, ses moyens de subsistance, Mais dans ce canton, généralement assez peu fertile, il existe à côté d’une classe de fabricants fort aisés une nombreuse population pauvre. En 1852, on y a fondé une banque, comme moyen de favoriser les développements du commerce. C’est à la sollicitude dont on y fait constamment preuve pour venir en aide à la partie indigente de la population qui témoigne le désir d'émigrer, que les trois communes de New-Glaris, de Bilten et de NewsElm, dans l'état de Wisconsin (Amérique septentrionale ), doivent leur fondation,
Compris jadis tantôt dans la Rhétie, tantôt dans la Souabe, et peuplé par des colons allemands, le oanton de Glaris devint en partie plus tard la propriété des religieuses du couvent de Seckingen; cependant, un certain nombre de familles libres paraissent y avoir été de bonne heure distinguées et séparées du gros de la population. La partie basse du canton dépendait d'un autre couvent de femmes, celui de Schænnis. Cédée plus tard à l’Autriche, et alors fort durement traitée par ses nouveaux maîtres, la grande majorité de la population aspirait vivement à faire partie de la confédération helvétique; cependant, avant de jouir des mêmes droits que les autres Suisses, les habitants de Glaris durent encore attendre près d’un siècle. Les glorieuses victoires qu'ils remportèrent à Næfels, en 1352 et 1388, les affranchirent de la domination de l'Autriche, et alors force fut bien à l’ab-
baye de Seckingen de consentir soit à l'abolition, soit à la »
restriction de ses priviléges. Les habitants de Glaris ob: tinrent aussi, à la suite de l’ancienne guerre de Zurich, des conditions d'alliance plus favorables avec les sept cantons qui existaient à ce moment. En 1517 ils firent l'acquisition de la seigneurie de Werdenberg, la seule terre féodale qu'ils possédassent et où ils eurent à réprimer, en 1525 et en 1721, des révoltes ouvertes de la part
ie leurs vassaux. Après la réformation, dont les doctrines turent embrassées par une grande partie de la population , les réformés et les catholiques se divisèrent, pour la plupart des affaires intérieures, en deux administrations distinctes , mais n’en continuèrent pas moins à former un seul et même canton ; et de bonne heure, mais plus particulièrement vers la fin du dix-huitième siècle, cette scission administrative provoqua de regrettables conflits. À l’époque des guerres de la révolution française, en 1799 notamment, le canton de Glaris fut le théâtre de la retraite de Souvarow, et il n’accepta qu'avec une répugnance prononcée la constitution
à la Restauration, la constitution du 21 juin 1814 y rétablit les choses sur le pied où elles étaient autrefois. Dès lors aussi catholiques et réformés eurent chacun leur administration , leurs tribunaux et leurs droits particuliers ; et indépendamment de la commune cantonale, il y eut encore une commune catholique et une commune réformée, avec beaucoup d’attributions indivises, par exemple la nomination du landamman, ete. Mais avec la prépondérance toujours croissante que les réformés arrivèrent à acquérir, non pas seule-
l'instruction et de la richesse, prépondérance par suile de
un cinquantième dans les dépenses générales et communes du canton, il était difficile que la fausseté d’une telle situation ne finit pas par frappertousles yeux. En conséquence, le 2 octobre 1836, la population réformée se donna une cons- {itution nouvelle, à laquelle les catholiques finirent également
par une partie du clergé eut été vaincue au moyen de la
nément réfractaires au nouvel ordre de choses,
en 1842, mais ne subit alors que quelques modifications peu importantes, le canton de Glaris est de tous ceux dont se compose la confédération. celui où le principe de la démocratie pure a été le plus franchement mis en pratique. Tous les citoyens actifs, âgés de dix-huit ans, constituent la com- Mmune (landsgemeine), laquelle se réunit régulièrement une fois par an et fonctionne comme autorité souveraine, en confirmant, rejetant ou modifiant après libre discussion les décisions prises par les trois assemblées dont se compose le conseil (/andrath). Celui-ci compte en tout cent dix-sept membres, et a pour principale mission la préparation des projets de loi à soumettre à l’assemblée générale de la com- Mmune. La puissance exécutive est confiée à un conseil de quarante-cinq membres, partagé en plusieurs commissions, ct à une haute commission de neuf membres, présidée par un landammean ; quant au pouvoir judiciaire, il est fort exactement séparé du pouvoir exécutif, circonstance qui donne à cette constitution une grande supériorité sur toutes celles des autres petits cantons. L'organisation communale, pareil- lement, y est excellente; toute différence entre les diverses confessions a disparu, chacune d’elles restant libre, sous la surveillance de l'Etat, d’administrer ses affaires à son gré. La publicité est la base de l'administration, la liberté de la presse est garantie. Les finances de ce canton sont dans un état prospère; sa dette, de 3,311,000 fr., a été surtout contractée pour établir les voies ferrées.
Le chef-lieu est Glaris, ville située sur la Linth, à 95 kilom. de Zurich, à qui elle est reliée par un chemin de fer, compte 5,000 habitants, et l’on y voit une église de style goth que dont Zwingle fut curé pendant dix ans, de 1506 à 1516. Les autres localités les plus importantes sont SAwanden, au confluent de la Sernft et de la Lintb, et Ennedæ, Charmant pays de près de 2,500 habitants, fort aisés et fort industrieux. La vallée de la Sernfl est dominée par le villa’e d’£lm, qui offre cette particularité assez curieuse, qu'ilest à son tour dominé par le pic ou l'ai: