‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 27 sur 552 · FRONT — FRONTIÈRES MILITAIRES · texte numérisé non relu

FRONT — FRONTIÈRES MILITAIRES

entière, si l’on sait sur combien de rangs elle est placée. Un bataillon, un escadron , une batterie, etc., qui, rangés en bataille, se portent en avant, exécutent une marche de front. On attaque l'ennemi de front toutes les fois qu'ayant pris une ligne de bataille parallèle à la sienne, on l’aborde en face sur la plus grande étendue de son front de bataille. La manœuvre du changement de front, inconnue aux anciens, à cause de la grande profondeur de leur front de bataille, est une des plus belles que l’on puisse exécuter.

Pour les termes front de bandière, front de fortification , front d'attaque, voyez BANDIÈRE, CASTRAMÉTATION, FORTIFICATION et SIÉGE.

FRONTAL, qui tient au front : ainsi, la région frontale indique la partie de la tête qui appartient au front; les muscles et nerfs frontaux désignent les muscles et les nerfs qui existent dans cette partie. Frontal représente aussi une espèce de bandeau médicamenteux, qu’on applique sur le front, et qui y agit à la manière des topiques. On désigne par le même mot un instrument de supplice ou plutôt de torture destiné à serrer le front. Enfin, le mot frontal sert à indiquer l'os ou les os du front. L’os frontal, le frontal, qu'on appelle encore coronal, est composé de deux parties symétriques, qui dans certaines espèces se soudent l’une à l'autre à un certain âge, et ne forment plus qu’un seul os, et dans d’autres epèces restent distinctes : on donne le nom de frontal à cet appareil osseux d’une ou de deux pièces. Le frontal est justement la charpente osseuse qui donne au front sa forme ; lui-même prend presque toujours celle que lui impose la partie antérieure du cerveau; il s’articule en arrière avec les os du crâne, en avant et en bas avec ceux de la face, d’où il résulte que le front paraît d'autant plus développé que la face est moins allongée et que le frontal est plus poussé en avant par les organes encéphaliques. Le frontal présente quelquefois, et presque tou- Jours à un certain âge, des cavités entre les deux lames compactes dont il se compose : ces cavités, que l'on nomme sinus frontaux, et qui communiquent avec l’intérieur du nez, peuvent, par leur développement, donner au bas et au milieu du front plus de saillie, et par conséquent tromper sur la forme et le volume du cerveau, qui est derrière, Il y a des maladies particulières des sinus frontaux qui trompent souvent les gens du monde, et quelquefois même les médecins, parce qu’on se laisse aller à rapporter au cerveau ou à d’autres parties voisines ces maladies douloureuses qui mont si souvent pour siége unique que les cavités dont nous parlons. Sur le bas du frontal sont dessinés {es sourcils. Le bas du mêmeos, en se repliant en arrière, forme la voûte de l'orbite, et c’est le point où l’enveloppe osseuse du cerveau est plus mince et plus facile à perforer. Partout ailleurs, l'épaisseur du frontal est assez considérable pour qu'il résiste à des contusions, même violentes ; ses articulations sont telles d’ailleurs qu'il transmet presque toujours par des points osseux très-résistants et très-compactes l’effori qu'il reçoit à des parties solidement constituées et épaisses. Sur le devant du frontal se trouvent deux saillies assez prononcées sur certaines têtes : on a donné à ces saillies le nom de bosses frontales ; les phrénologistes modernes y logent des facultés différentes, suivant qu’elles sont plus ou moins rapprochées, plus ou moins élevées sur le frontal : cette saillie est exprimée en général par un creux sur la face opposée de l'os, et elle correspond à la partie antérieure des hémisphères cérébraux.

FRONTEAU, On donne ce nom à une espèce de bandage encore appelé frontal; on l’a donné aussi à certaine pièce du harnais d’un cheval destinée à lui couvrir le front quand il est caparaçonné pour quelque cérémonie, ou guerrière où funèbre, C’est en outre le nom qu’on donne à un bandeau que dans certaines solennités les Juifs mettaient autrefois sur leur front.

FRONTIÈRES, bornes extrêmes, marquant les points qui séparent des pays ct des États divers. On emploie souvout comine synonymes les mots confins et limites. Les

frontières qui limitent les pays voisins sont tracées ou par la nature ou par la politique. Les montagnes, les mers, les fleuves et les rivières forment des limites naturelles. Les peuples sont aussi séparés naturellement par la différence des langues, signalées communément par les frontières naturelles qui les isolent les uns des autres. Les frontières politiques sont celles qui ont été assignées aux nations par des conventions diplomatiques, consenties en général pour écarter le fléau de guerres malheureuses.

FRONTIÈRES MILITAIRES ( Militærgrenze ).

On appelle ainsi l’étroite lisière du territoire de l'Autriche qui la sépare de la Turquie ; contrée soumise à une organisation militaire et administrative particulière, et qui en 1849 à été érigée en domaine de la couronne. Elle confine au nord à l’Illyrie, à la Croatie et à l'Esclavonie, à la voyvodie de Servie et au Banat de Tèmes; à l’est, à la Transylvanie et à la Valachie ; au sud, à la principauté de Servie, à la Bosnie et à la Dalmatie ; à l’ouest, à la mer Adriatique, et distraction faite des Frontières militaires de Transylvanie, supprimées en 1851 ( superficie : 73 myriamètres carrés; population, 283,000 âmes), elle contient une superficie de 406 myr. car., avec 1,037,892 âmes, en 1870. A l’ouest, les Alpes Juliennes, venant dela Croatie, s’y prolongent jusqu’au mont Klek ou Tête d'Ogulin ( Ogulinerkopf), haut de 2,167 mètres, près de Zengg; le grand et le petit Capella en dépendent. C’est au Klek que commencent les Alpes Dinariques, qui s'étendent le long de la Frontière, portent en partie le nom de mont Vellebit ou Morlak, y atteignent à Heiligenberg une altitude de 1833 mètres, et se prolongent jusqu’en Turquie. A l’est, les Carpathes s’inclinent dans la direction du Danube, et envoient diverses ramifications vers les Frontières du Banat, entre autres le mont Gougou ( 2400 mètres }, le Szemenik ( 1533 mètres ), le Szarko (2,310 inètres), le Mick ( 1910 mètres ), etc. La partie centrale de ce pays est généralement plate. On y trouve aussi de magnifiques vallées, par exemple la vallée d’Almase, près des Frontières du Banat, célèbre à bon droit par sa beauté vraiment féerique, et celles de Zermagna, de Korbawa et de Kavenicza près des Frontières de Croatie. Les eaux y sont très-inégalement partagées. A l’ouest, le pays est baigné par la mer Adriatique et par le canal Morlak. Les rivières des Frontières de Croatie se perdent pour la plupart sous terre, d’où elles vont rejoindre la mer, par exemple la Likka, la Gaczka, etc. Dans les autres parties, le Danube est le principal cours d’eau. Il arrive de la voyvodie de Servie sur le territoire des Frontières militairés près de Peterwardein, forme, à partir de Semlin, la Frontière du côté de la Turquie, et abandonne complétement le pays à Orsova. Ceux de ses affluents qui arrosent ce pays sont la Drave, la Save avec la Koulpa et l’'Ounna, la Theiss, la Bega, le Temes, la Nera et la Cserna. C’est seulement dans les Frontières de Karlstædt qu'on rencontre quelques petits lacs de montagnes, dont les plus importants sont les huit lacs de Plitvicz, et le lac de Gaczka, près d’Ottochacz. Les marais qui avoisinent la Save, la Drave, le Danube et la Theiss n’en sont que plus considérables. Le climat dans les contrées montagneuses est le plus généralement rude; mais dans les plaines qui entourent Semlin, Carlowiez, etc., il est très-doux. L'air est malsain dans les parties marécageuses, où se déclarent assez souvent des fièvres et autres maladies. Les habitants, répartis en 12 villes, {6bourgs à marchés ct 1,755 villages, sônt pour la plus grande partie des Slaves, notamment des Croates, des Slowenes et des Serbes, puts des Valaques, des Allemands, des Clémentins. En ce qui est de la religion, les grecs non unis, qui ont pour chef le patriarche de Car lowiez, sont les plus nombreux ( 600,000 ); viennent ensuite les catholiques romains ( 470,000 ). On compte environ 20,000 protestants, 5,400 grecs unis au plus, et quel ques centaines de juifs. Les produits du sol sont très-variés. | La bonté et la fertilité sont extraordinaires dans les Frontières du Banat; et il en est à peu près de même dans les routières d'Esclavonie. On y récolte toutes les espècos de

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