FRONTIÈRES
céréaies, surtout du maïs, puis des légumes, des pommes de terre, beaucoup de choux, de raves, de citrouilles, de melons, ete. Les fourrages y sont abondants, bien qu’on ne songe pas à s’en procurer par des cultures artificielles. L’horticulture n’est guère productive; en revanche, la culture des fruits y donne de riches résultats. On récolte notamment beaucoup de prunes dans les Frontières d'Esclavonie, et on en retire une liqueur vineuse appelée slivovicza. A lexception des plus hautes montagnes, on cultive la vigne à peu près partout, mais plus particulièrement dans les Frontières d'Esclavonie, où les vignobles de Fruska Gora sont célèbres ; et on expédie au loin les vins rouges de Carlovicz, le Schillerwein, le Tropfwermuth, etc. On y cultive aussile chanvre, le lin, le tabac, un grand nombre de plantes et de racines tinctoriales, diverses plantes aromatiques et médicinales croissant spontanément, de grandes quantités de jones et
de roseaux, qu’on utilise pour le chauffage dans les localités dépourvues de bois. De vastes forêts, situées principalement dans les Frontières de Karlstædt donnent lieu à d’importantes exploitations. Sur 4,672,729 arpents de terre en culture, on en compte 1,379,817 en terres à blé; 49,938 en vignes; 839,181 en prairies et jardins; 779,739 en päturages, et 1,624,056 en forèts, produisant 2,382,000 cordes de bois. Le règne animal offre du gros bétail de race médiocre, des chevaux, des moutons, dont l’espèce demande à être améliorée; des chèvres et des porcs, beaucoup de volailles, et surtout dans les Frontières d’Esclavonie de nombreux troupeaux de dindons. Les produits de la chasse et de la pêche sont importants. Le règne minéral donne un peu d’or, de l’argent, du cuivre, du plomb et du fer, beaucoup de pierres et de terres de diverses espèces, peu de houille et pas du tout de sel. En fait de sources minérales, les eaux sulfureuses de Mehadia sont justement célèbres; et les bains sulfureux de Topuszko dans les Frontières du Banat attirent aussi un grand nombre de baïgneurs. L’industrie y est sans importance, et on n'y compte en tout que 32 fabriques. On peut mentionner plusieurs usines créées à Semlin et ailleurs pour le dévidage des cocons de soie, les chantiers de construction établis à Jaszenowitz, quelques moulins à papier, des verreries, des fonderies de fer et de cuivre. On fabrique aussi d’assez bonne toile de ménage, des cotonnades, des tapis de laine, des bas et autres articles de bonneterie, des cuirs, beaucoup de chaussures, des pipes, etc., tous objets dont la vente donne lieu à un commerce assez important. Le commerce de transit est d'autant plus actif, que presque toutes les relations commerciales de PAutriche avec la Turquie ont lieu par les Frontières militaires. Le grand centre en est à Semlin. Les routes sont en général bien construites, et on en voit notamment de fort belles dans les Frontières du Banat. Les deux routes conduisant de Babakei jusqu’à Orsova, le long du Danube, et d’Orsova par Mehadia, les défilés de Teregova et de Szlatina à Karansebes, exciteraient l’admiration même dans des pays plus avancés en civilisation. Le Danube, la Save, la Drave, l’Ounna, la Koulpa, la Theïss et le Temes se prêtent aux transports par eau; et la navigation à vapeur est en pleine activité sur le premier de ces cours d’eau. Les côtes de la mer, hérissées de montagnes, se prêtent peu au commerce maritime, dont il n'existe de traces qu’à Zengg et à Carlopago. En 1864, le mouvement des ports des fron-
üières militaires fut à l'entrée de 2,702 bâtiments, jaugeant
53,752 {onneaux, et à la sortie de 2,747, jaugeant 56,584
tonneaux. En ce qui touche la culture intellectuelle, on à
pourvu à l'instruction des classes populaires par des écoles
élémentaires ; mais le nonbre (900) en est insuffisant, sur-
tout dans les Frontiéres de Croatie. Il existe un gymnas?
catholique à Vinkoveze, un gymnase illyrien à Carlovicz,
et un gymnase supérieur à Zengg.
- La constitution particulière de cette contrée , qui jusqu’à un certain point en fait paraitre les habitants commedes soldats colonisés, a subi d’essentielles modifications par la loi nouvelle rendue le 7 mai 1850 pour les Frontières mi-