‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 277 sur 552 · GLOSE — GLOUCESTER · texte numérisé non relu

GLOSE — GLOUCESTER

gloses qui embrassent toutes les œuvres de ces poeles : on y retrouve tout au plus la lettre expliquée, mais jamais l'esprit; et nulle publication ne favorise d’une manière plus funeste la paresse des étudiants.

Dans la conversation, glose signifie critique. Gloser sur le prochain est synonyme de médire ; gloser sur quelqu'un, c’est critiquer sa figure, ses aclions. l vw

La glose d’un fait exprime des additions faites au récit véridique d’un événement , certaines circonstances inventées par la malignité, et qui courent le monde.

Dans nos vieux poëtes, une glose était une sorte de commentaire, ou de parodie d’un auteur, dont on répétait un versà la fin de chaque sixain ou strophe.

Charles Du Rozoir.

GLOSSAIRE (du grec Y\&üoox, langue), dictionnaire servant à l'explication des mots obscurs ou barbares d’une langue corrompue. Rien de plus célèbre dans la république des lettres que le Glossaire ou plutôt les Glossaires de Du Cange, l’un de la basse latinité, l’autre de la langue grecque du moyen âge. Après le Glossaire de Du Cange, on peut citer le Glossarium latino-barbarum de Spelmann, ouvrage excellent, bien que son auteur n’eût commencé à étudier qu'à cinquante ans; le Glossaire de Linderborg sur les lois de Charlemagne et de Louis le Débonnaire; le Glossaire de François Pithou sur la loi Salique ; le Glossaire alphabétique de La Monnoie , pour l'intelligence des mots bourguignons et autres qu'il avaitemployés dans ses Noëls ; enfin, le Glossaire de la langue romaîne (1808, 2 vol. in-8), de Roquefort, qui à tant contribué à mettre en honneur l'étude de l’idiome des troubadours. Aucun ouvrage ne serait plus nécessaire qu’un glossaire général de l’ancienne langue française; mais nous ne pouvons citer

que des études partielles, comme le Glossaire du centre de la France (1856-1858, 2 vol. in-8, 2° édition 1864), par le comte Jaubert, et le Glossaire normaïd (1866, 3 vol.), par Le Héricher.

GLOSSITE, inflammation de la langue, dontune cause fréquente est l’usage du mercure; on la guérit dans ce cas avec des gargarismes au chlorate de potasse. Viennent ensuite les causes directes, plaies, corps étrangers, brûlures, aliments âcres, poisons, etc.

GLOSSOTOMIE. On désigne à la fois sous ce nom l'anrputation de la langue et la simple section du filet.

GLOTTE ( du grec ÿuwrric, languette, diminutif de flücoa, langue). Les anatomistes donnent ce nom à une ouverture mobile, de forme oblongue, et située à la partie supérieure du larynx. Cette ouverture, comprise entre les sordes vocales, est destinée à donner passage à l'air qui s'échappe ou qui pénètre dans le larynx, soit dans l’acte de Ja respiration, soit lorsqu'on parle ou qu’on chante. La fente que présente la glotte offre chez l’homme adulte eniron 22 à 25 millimètres de longueur dans son diamètre antéro-postérieur, et 4 à 6 millimètres de largeur dans son plus grand diamètre transversal. Ce dernier, très-variable, est moins considérable en avant, où les cordes vocales se rapprochent au point de se toucher vers leur insertion au cartilage thyroïde. L’angle rentrant que forme ce cartilage constitue les limites antérieures de la glotte, qui est bornée en arrière par les deux cartilages arythénoïdes, et sur chaque côté par les muscles thyro-arythénoïdiens ou cordes vocales. Ces muscles, que nous trouvons plus rationnel de désigner sous le nom de lèvres du larynx, se eontractent pendant la formation de la voix, et se rapprochent plus ou ions Suivan! que le son est grave ou aigu.

Chez la femme et les enfants, les dimensions de la glotte sont beaucoup moins grandes que chez l'homme, et, comme Va déjà fait observer notre savant confrère le docteur Bourdon, c’est à ce peu de largeur de l'ouverture supérieure du larynx dans le premier âge de la vie qu'est dû l’extrême danger des angines et du croup dans l’enfance. Les dimensions de la glotte peuvent, au reste, varier chez le même

individu par les mouvements que les divers cartilages du

larynx exécutent les uns sur les autres pour la formation de toutes les variétés de tons flont la voix huimaine est susceptible.

Les anciens désignaient aussi par le mot glotte une cer- {aine partie de leurs flûtes. Pollux et Hésychius disent que les glottes étaient des languettes ou petites langues qui s’agi taient par le souffle des musiciens. Il paraîtrait d’après cela que les flûtes des anciens étaient des espèces de hautbois, dont les gloties étaient des anches.

D' Cocomgar ( de l'Isère ).

GLOUCESTER ou GLOCESTER , comté d'Angleterre, portant aussi le titre de duché, qui est borné par les comtés de Wilts, deSommerset, de Berks, d'Oxford, de Warwick, de Worcester, de Hereford et de Monmouth. Il forme avec comté de Worcester la large et fertile vallée de la Saverne et présente une superficie de 42 myriamètres carrés, dont plus de 40 en terres à blé, pâturages et pacages, naturellement divisée en districts de montagnes, de vallées et de forêts. Le premier, ou Costwoldistrict, comprend les montagnes de ce nom, et se prolonge en suivant le bief de partage de la Saverne et de la Tamise, depuis Chipping- Cambden jusqu’à Bath. Le climat en est froid, et le sol léger, naturellement peu fertile, ne laisse pas que de récompenser largement les soins donnés à sa culture en même temps qu'il offre de bons pâturages à d'innombrables troupeaux de moutons. Le district des vallées comprend les terres basses situées-le long de la Saverne et de la frontière du nord, jusqu’à Bristol. Le district des Forêts, nommé aussi Forest of Dean, d’après une forêt de ce nom, jadis bien plus considérable qu'aujourd'hui, mais toujours riche en hautes futaies, comprend la partie de territoire située à l’ouest de la Saverne jusqu’à Gloucester, puis à l’ouest du Ledden jusqu’à la limite de comté du Hereford, et on y trouve du bois, du fer et de la houille. Les vallées forment la région-la plus fertile et la plus riche en herbages; elles nourrissent, celle du Berkeley notamment, les vaches dont le lait sert à la fabrication des célèbres fromages de Gloucester. Les fruits aussi y sont.fort abendants. A chaque ferme se trouve joint un verger, dont les produits servent surtout à faire du cidre et du poiré. L’industrie manufacturière et le commerce figurent en outre au nombre des éléments de prospérité du comté; S{roud est le grand centre de la fabrication des draps et des étoffes de laine fine. A Bristol et dans ses environs on fabrique des articles en étain, en laiton et des verroteries; à Gloucester, des aiguilles. Cheltenhkam, avec ses eaux minérales, est en possession d'attirer chaque année les baïgneurs du bon ton. Tewkesbury, célèbre à cause de son abbaye, possède d'importantes manufactures de bas de coton, des clouteries, des tanneries, et fait grand commerce en malt el en savon. Cirencester vante à bon &roil ses antiquités romaines. Le comté de Gloucester, divisé en 28 Aundreds, envoie 15 députés au parlement et compte (1871) 534,320 habitants.

GLOUCESTER , chef-neu du comté, sur la rive gauche de la Saverne et siége d’un évèché, est au total très-régulièrement bâtie. Parmi les édifices remarquables qu'elle renferme , il faut citer surtout la cathédrale, dont la construction remonte à l’année 1047, et qui ne fut terminée qu’au treizième siècle. On y admire, outre une fenêtre qui a plus 27 mètres d’élévation, et qui est garnie des plus magnifiques vitraux qu'on puisse voir, les tombeaux des deux fils de Guillaume le Conquérant, d'Édouard II, de l’évêque Warburton, de Jenner, de Flaxmann, etc. On doit encore une mention particulière au palais de justice, à la nouvelle prison, qui n’a pas coûté moins d’un million de francs à construire, au théâtre et à l’hôpital de cette ville. Gloucester

compte (1871) 18,330 habitants, dont la fabrication de, aiguilles est une des principales industries. Elle s’y fait sur 14 plus vaste échelle, et on n’estime pas la valeur de ses produità annuels à moins de 25 millions de francs. A cette spécialité il faut ajouter la fabrication des cloches et des articles de ver-

roterie, la pêche, et aussi le commerce, dontles relations sont facilitées d’une manière toute particulière par le canal de Berkeley, d’une profondeur assez grande pour admettre des navires de long cours jusqu’au-dessus de Gloucester, par l'embranchement qui le relie au canal de Bristol, par le canal de la Tamise et de la Saverne, par le Séroudwatercanal et enfin par des embranchements de chemins de fer.

Gloucester possède de trois à quatre cents navires et plusieurs bâtiments à vapeur. Jadis station romaine, sous le nom de Glevum, désignée plus tard sous celui de Castra Claudia, cette ville obtint du roi Jean les droits et priviléges de bourg, et était autrefois fortifiée. L'assemblée du parlement qui s’y tint en 1272, sous le règne d'Édouard 1°", y rédigea les Statuts de Gloucester. C’est dans cette ville que Henri III fut couronné. Richard III prenait le titre de duc de Gloucester. Lors du siège qu’elle soutint en 1643, la moitié de ses églises furent détruites.

GLOUCESTER (Comtes et ducs de). Parmi ceux qui portèrent le titre de comtes ou de ducs de Gloucester, les plus remarquables sont :

Robert, comte de GLoucesrer , fils naturel de Henri 1°", ui pendant la guerre civile remporta, en l’année 1139, sur tienne de Blois, et au profit de sa sœur la reine Mathilde,

l'importante victoire de Lincoln, dans laquelle Étienne de Blois fut fait prisonnier. Il gagna une seconde victoire non moins importante à Wilton , et monrut en 1146.

Jean, comte de GLoucesrer, fils de Jean sans Terre et frère de Henri III, combattit à la bataille de Lewes, aux côtés de Simon de Montfort, comte de Leicester, beau-frère de Henri III, qui s'était révolté contre ce prince. Plus tard, s'étant brouillé avec lui, il délivra le prince royal Édouard de la prison dans laquelle le comte le détenait. Puis il se plaça à la tête du parti royal, et en 1265 défit à Évesham Leicester, qui périt dans la mêlée. Plus tard une révolte, dans laquelle il échoua , lui coûta une amende de 20,000 marcs d'argent. Peu de temps avant la mort de Henri IN, il fut désigné par ce prince comme administrateur du royaume, en ‘absence d’Édouard.

Humphry (Onfroy), duc de GLoucesTer, fils de Henri IV, fut à la mort de son frère Henri V, en 1422, nommé avec le duc de Bedford tuteur du fils encore mineur laissé en mourant par ce prince, qui régna sous le nom de Henri VI; puis, pendant que Bedford faisait la guerre en France, il resta administrateur du royaume en Angleterre, et à la mort de son collègue, arrivée en 1435, seul tuteur du jeune roi. Le mariage qu’il contracta, en 1425, avec Jacqueline de Hollande, et qu’un divorce rompit en 1430 , amena des hostilités entre l'Angleterre et la Bourgogne; et Henri VI n’eut pas plus tôt épousé Marguerite d'Anjou, que l’évêque de Winchester en profita pour, de concert avec Marguerite et le favori du roi, Guillaume de La Pole, devenu ensuite duc de Suffolk, renverser Gloucester, Il fut accusé de haute trahison, et le lendemain de son arrestation on le trouva mort dans son lit.

Guillaume-Henri, duc de GLoucesrer, né en 1743, fils de l'électeur de Hanovre Ernest-Auguste, frère de GeorgesIII, créé duc de Gloucester en vertu d’une proclamation royaleen date de 1764, contracta, en 1775, avec la comtesse douairière de Waldgrave un mariage secret, qui donna lieu à des discussions animées dans le parlement, 11 mourut en 1807.

Guillaume-Frédéric, duc de GLoucestEer, son fils, né à Rome, en 1776, fut reconnu comme enfant légitime, et, à l’occasion de son mariageavec une des filles de Georges IT, en 1816, obtint le titre d'al{esse royale , avec droit de préséance sur tous les autres ducs, après les princes du sang royal; ce qui ne l'empêcha pas de continuer à voler avec le parti de l'opposition, notamment lors du procès de la reine Caroline. II mourut en 1834.

GLOUTERON, Voyez B\RDANE.

GLOUTONX, C'est l’homme qui mange avec avidité, avec excès, par Opposition au gas{ronome, qui mange avec goût, esprit et jugement; au gourmand, qui mange

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