‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 29 sur 552 · MILITAIRES · texte numérisé non relu

MILITAIRES

litaires, non en ce qui touche l’ancienne organisation milifaire, mais relativement aux rapports civils. Tandis qu'ils étaient autrefois d’une nature essentiellement féodale, on voit aujourd'hui l'habitant des Frontières (Grenzer ) jouir de tous les droits et garanties assurés à tous les habitants des autres domaines propres de la couronne ( Kronlænder) par la constitution de l'Empire du 4 mars 1849, en tant qu'ils sont compatibles avec le but et les exigences de l’institution militaire. Pour les crimes et delits militaires, les habitants des Frontières militaires sont soumis aux lois qui régissent l’armée impériale ; mais dans tout autre cas ils sont placés sous l'empire de la législation civile. Ils sont tenus de rendre à l'empereur, en temps de paix comme en temps de guerre, toute espèce de service militaire dans le pays et hors du pays, suivant les ordres qui leur sont donnés , et de contribuer à l'entretien de tous les établissements militaires intérieurs. Par contre, tous les biens immeubles des habitants sont désormais la complète propriété des communes, et on a aboli la loi de 1807 qui avait jusqu’à présent régi la propriété territoriale dans les Frontières militaires, loi aux termes de laquelle le sol était la propriété de l'État, qui en concédait héréditairement l’usage aux familles des paysans avec exemption absolue de redevances et d’impôts, sous l'obligation du service militaire. La propriété foncière y est divisée en propriété bâtie, le plus généralement inaliénable et devant se perpétuer dans la famille, et en propriété arable, que les règlements déclarent être susceptible d’être vendue et transmise à d’autres. Les pacages dont les communes ont joui jusqu’à présent demeurent leur propriété. Les forêts continuent, à la vérité, à faire partie des domaines de l’État ; mais les habitants des Frontières ont le droit d’en tirer, sans redevance aucune, tout le bois de chauffage et de construction dont ils ont besoin. Les restrictions apportées autrefois à ce que les habitants des Frontières pussent apprendre des métiers, se livrer au commerce ou à la pratique des arts et des sciences, ont été abolies. La vie patriarcale de la population des Frontières est placée sous la protection des lois, comme constituant les mœurs nationales. On considère comme famille d'une maison tous les individus qui y sont conscrits et ne sont pas gens de service, qu'ils soient parents entre eux, ou qu'ils soient seulement admis dans la communauté. Pour maintenir le calme, le bon ordre, la concorde, la religiosité et Ja moralité dans la famille d’une maison, lhomme capable le plus âgé, et exempt de corvée, est ordinairement chargé des pouvoirs du père de famille et d'administrer les biens de la famille. 11 lui est adjoint à cet effet, pour remplir le rôle de la mère de famille, telle ou telle femme qui paraît propre à ces fonctions. Les habitants des Frontières ( Grenzer) qui se séparent de leur maison pour s'établir dans nne autre, ou bien qui cessent d’être astreints au service des Frontières, cessent par cela même de faire partie de la communauté de la maison, et ne peuvent rien répéter sur la fortune immobilière de cette maison. De ce nombre fixe de familles (en 1853 on en comptait 112,739) résultent d’une part la grande importance et l’organisation toute particulière du lien de falille dans les Frontières militaires, et de l’autre la fécondité des familles et le grand nombre de membres dont elles se composent. Par cette organisation l'État a toujours sur pied de guerre une armée dont l'entretien ne lui coûte rien. Avant la suppression des Frontièrss militaires de Transylvanie, effectuée en 1851 , il existait 18 régiments de frontières, chacun avec un bataillon de matelots, ou éscnaikistes, appartenant à la flottille armée du Danube et de la Save. L'effectif ordinaire des troupes de Frontières était de 50,000 homines ; mais en cas de guerre il pouvait facilement être porté à 70,000 hommes, et être en outre augmenté sur les lieux mêmes d’une landwehr forte de plus de 18,000 hommes. En cas de levée en masse, on pouvait mettre sur pied 200,000 combattants. Depuis, son effectif a été fixé à 14 régiments à 3 bataillons et un bataillon de tschaïkistes. L'armée est bien exercée, bien disciplinée, et, par un cordon continu établi le long du

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