GOBELINS
ce qui, avec quelques termes de cette lettre, semblerait indiquer qu’il avait rétracté son serment à la constitution civile du clergé. Rien là de surprenant de la part d’une si faible nature, BonDAs-DEMOULIN.
GOBELET ou GOBEAU, synonyme de vase à boire. Quel. ques étymologistes le font dériver du bas-breton gob; Ménage et Saumaise, de cupa, coupe. Rabelais, Montaigne et quelques vieux auteurs emploient souvent le mot de gobeau. Montaigne rappelle à ce sujet un vieil nsage féodal du treizième siècle, qui se maintint jusqu’à la fin du seïzième. « Le duc de Moscovie, dit-il, devoit anciennement cette révérence aux Tatars, quand ils envoyoient vers lui des ambassadeurs, qu’il leur alloït au-devant à pied, et leur présentoit un gobeau de laict de jument (breuvage qui leur est en délices). Et si en beuvant quelques gouttes , en tombait sur le crin de leurs chevaux, il estoit teneu de les lécher avec la langue. » On appelait gobelet, ou timballe, le vase dont on se servait généralement. I1 était d'or, de vermeil, chezles princes etles grands seigneurs; d'argent, chez les bourgeois : celui des père et mère et des grands parents était plus haut et plus large, très-évasé ; la base, plus étroite, reposait sur un pied très-peu élevé et tourné en forme de base de colonne. Les gobelets des enfants et des convives, appelés plus ordinairement fimballes, étaient moins larges, moins élevés, et sans support par le bas. Les grands gobelets étaient des meubles de famille, et dans la classe bourgeoïse ils se transmettaient de génération en génération. Leur forme était absolument la même que celle des gobelets des marchands de coco. L'usage des gobelets est passé depuis qu'on ya substitué les verres. On avait cependant coutume d’appliquer le mot gobelet aux verres à pied dont on ne se servait que pour les vins fins et les liqueurs. Maïs aujourd’hui ces sortes de verres sont d’un usage général.
Jouer des gobelets, c’est, au positif, escamoter, parce que les escamoteurs se servent dans leurs tours de trois gobelets de fer-blanc, d’égale dimension, qui au besoin s’emboîtent l’un dans l’autre, et sous lesquels ils font passer la petite boule qu’ils appellent muscade, et qui a la forme de ce fruit. Dans le sens figuré, on appelle joueurs de gobelets les gens qui, par ruse et par fraude, s'étudient à tromper les autres en affaires. Durey (de l'Yonne).
GOBELET (Pyrotechnie), enveloppe cartonnée et fortement serrée, dont se servent les artificiers pour contenir la fusée. Ces espèces de gergousses, assujetties à l’extrémité des baguettes , doivent être inégales en diamètre ou en hauteur.
GOBELET (Service du). C'était un des sept offices de la maison du roi. Il se subdivisait en deux parties, la paneterie-bouche, chargée de préparer le couvert du roi, le linge, le pain, le fruit ; et l’échansonnerie-bouche, chargée de disposer le vin et l’eau, etc. Le chef de ce service était qualifié chef du gobelet; il servait le roi l'énfr au côté. Les officiers de l’une et l’autre partie de ce service étaient obligés de faire, en présence du premier valet de chambre, l'essai de tout ce qu’ils apportaient pour le repas du roi. L’empereur Napoléon 1°", en organisant la domesticilé de sa maison, avait réduit les sept services de bouche de l'ancienne maison royale à trois : cuisine, office, cave. Le budget de chaque service était fixé par lui-même sur une large écelle, mais avec défense d’excéder d’un centime le chiffre fixé, La cave figurait pour 120,000 fr. dans le budget impérial de 1805; l'office, pour 150,000 fr. ; la cuisine, pour 360,000 fr.
Durey (de l'Yonne).
GOBELINS (Manufacture des ). L'emplacement où a été élevée cette célèbre manufacture était occupé dès le quatorzième siècle par des drapiers et des teinturiers en laine : ils avaient choisi cette partie du Paris actuel à cause du voisinage de la rivière de Bièvre, dont les eaux sont excellentes pour le lavage et la teinture des laines. Sous le règne de François 1°", un de ces teinturiers, Gilles Gobelin, de Reims, fit en ce lieu des acquisitions considérables , que ses SUCCESseurs augmentèrent encore; et c'est sans doute là ce qui à