‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 30 sur 552 · FRONTIÈRES MILITAIRES — FRONTIGNAN · texte numérisé non relu

FRONTIÈRES MILITAIRES — FRONTIGNAN

territoire ture, ne protége pas seulement le pays contre les attaques des Tures et l'invasion de la peste, mais encore peut venir en aide à l'État dans des guerres contre d’autres puissances. C’est ainsi qu’on a vu les Grenzer (frontiéristes, rendre d'importants services non-seulement dans toutes les guerres contreles Turcs, maïs encore dans la guerre de la succession d'Autriche, dans la guerre de Sept Ans et tout récemment dans celles de Hongrie et d'Italie. Sont astreints au service, à partir de l’âge de vingt ans, tous les habitants mâles des Frontières possédant un immeuble et en état de porter les armes. Le frontiériste reçoit de l'Etal un vêtement complet, des armes, un fourniment et des munitions. Chaque soldat enrôlé dans les bataillons de campagne reçoit une solde annuelle, qui est doublée en temps de guerre ou lorsqu'il tient garnison hors du territoire des Frontières, et même augmentée alors d’un supplément. Les villes et bourgs à marché existant sous la dénomination de communautés militaires des Frontières ont une organisation communale propre, dont la loi générale qui règle la constitution des communes est la base, saufles modifications particulières exigées par leur nature même, et comme parties intégrantes des Frontières militaires, y sont rattachées. On y applique les prescriptions de la loi générale autrichienne relative à la conscription et au recrutement de l’armée.

C’est le roi Sigismond de Hongrie qui fonda le système de Frontières militaires, en établissant lecapitanat de Zengg ; mais linstitution ne reçut de développements ultérieurs qu'au seizième siècle, quand le roi de Hongrie Louis II eut abandonné à son beau-frère l’'archiduc Ferdinand d'Autriche les places fortes de la Croatie, pour les défendre à ses propres frais contre les Tures. Ferdinand 1° octroya à des refugiés serbes , croates et roumains échappés à la fureur des égorgeurs tures la Frontière de la Croatie, à l'effet de s’y établir, et sous l'obligation de la défendre. Ces réfugiés furent exemptés d'impôts, mais astreints à un service militaire continuel; les uns obtinrent une solde de l'Autriche : les autres durent servir sans solde. La constitution des Frontières de Croatie fut le résultat de l'hospitalité donnée à plusieurs familles morlakes, et surtout de l'établissement d’un grand nombre de réfugiés de la petite Valachie, auxquels, en 1597, le prince qui porta plus tard la couronne impériale sous le nom de Ferdinand IL assigna pour résidences 70 châteaux forts abandonnés. Un privilége de l’empereur Rodolphe II leur accorda le libre exercice de leur culte, l'exemption de tout impôt, sous l'obligation de mettre en culture les terres qui leur étaient concédées et de défendre les Frontières contre les Turcs. A diverses époques de nouveaux arrivants et d’autres réfugiés vinrent accroître le nombre primitif des frontiéristes, car on comprit de plus en plus l'utilité d’une telle institution, et on en favorisa toujours davantage l'extension. C'est ainsi qu'après le traité de paix de Carloviez (1699) furent formés trois généralats de Frontières, ceux de Karlstædt, de Warasdin et du Banat. Le territoire conquis au sud des Frontières de Karlstædt, en 1689, Likka, Korbawia et Zwonigrad fut de même soumis, en 1711, à une organisation militaire, qui compléta le système de défense des Frontières de Karlstædt. Sous Léopold I*°, qui résolut de donner aux contrées riveraines de la Save, de la Theiss et du Maros une organisalion militaire à l'instar de celle des Frontières de Croatie, on créa en 1702 les Frontières d'Esclavonie, placées sous l'administration du conseil de guerre et de la chambre impériale de Vienne. Ces Frontières d’Esclavonie subirent en 1747 une diminution, parce qu'on en fondit une partie dans le territoire de la Hongrie; mais par compensation on y ajouta les Frontières du Banat, et en 1774 elles reçurent leur organisation actuelle. L'impératrice Marie- Thérèse institua les Frontières de Valachie, savoir : la Frontière des Szekler en 1764, et celle de Valachie en 1766. La paix de Szistowe, en 1761, amena une modification dans les. délimitations de ces diverses Frontières ; en 1807 elles reçurent le règlement général qui les avait jusqu'à présent régies. Après les désastres qui amenèrent, en 1809, la paix de

Vienne, la paix de Paris vint, en {8{4, réunir de nouveau sous la souveraineté de l'Autriche tous les pays Frontières.

Longtemps sans doute ils formèrent, au point de vue politique, une partie ‘intégrante soit du royaume de Hongrie, soit de la grande principauté de Transylvanie; mais conformément à l’esprit même de l'institution, ils en étaient complétement séparés en Hongrie par une organisation militaire distincte en ce qui touche la constitution et l’administration; et en Transylvanie, où d’ailleurs les frondiéristes n’ont pas de résidence fixe et vivent disséminés en quatre arrondissements provinciaux, seulement en ce qui touche l'administration, mais toujours politiquement réunis. Les Frontières militaires étaient divisées en quatre généralats, ou commandements généraux, comme autorités supérieures auxquelles étaient subordonnés les commandements de régiments, analogues aux autorités de cereles et les représentant, ayant dans leurs attributions non-seulement toutes les affaires purement militaires, mais encore les affaires administratives et judiciaires. Ces quatre généralats étaient : 1° celui de Croatie, dont les localités les plus importantes étaient Carlopago, Zengg, Bellowar, Petrinia et Kostainicza; 2° celui d'Esclavonie, comprenant l’ancienne et la nouvelle Gradiska , Brood , Mitrovicz, Peterwardein , Carlovicz , Semlin et le district des tschaïkistes; 3° celui du Banat ou de Hongrie, comprenant Pancsova , Weisskirchen, Mehadia et Karansebes ; 4° celui de Transylvanie.

Lors des troubles de 1848, les Frontières militaires furent d’abord placées sous lautorité du ministère hongrois ; mais bientôt elles se rattachèrent avec la plus opiniâtre constance à la lutte soutenue par l'autorité impériale contre l’insurrection hongroise, et contribuèrent beaucoup à son succès définitif. Pour récompenser le courage et la fidélité dont les grenzer, ou frontiéristes, firent alors preuve en Italie et en Hongrie, il fut déclaré par la constitution de l'Empire de 1849, que le territoire des Frontières militaires constituait désormais un domaine propre de la couronne; et en 1850 elles reçurent la nouvelle constitution dont il a été fait mention plus haut, avec de notables avantages et priviléges pour leurs habitants. La Frontière militaire de Transylvanie ayant été supprimée en 1851 et placée désormais sous l’autorité de l'administration civile, les trois grandes divisions suivantes furent établies dans cette institution : 1° la Frontière de Croatie, subdivisée en trois terriloires de Fronlières, comprenant ensemble huit régiments d'infanterie de cercles, à savoir : la Frontière de Karlstædt, avec les régiments de Likka, d’Ottochacz, d’Ogulin et de Szluin ; la Frontière Banale, avec le premier et le second régiment banal ; et la Frontière de Warasdin, avec les régiments de Kreuzer et de Saint-George; 2° la Frontière d'Esclavonie et de Servie (appelée aussi jadis Frontière de Syrmie), avec trois régiments d’infanterie, à savoir : les régiments de Gradiska , de Brood, de Peterwardein et le district du bataillon de tschaïkistes; 3° la Frontière du Banat, avec trois régiments d'infanterie de cerele, à savoir : ceux du Banat allemand, du Banatillyrien et du Banat roumain. Aux termes d’une récente ordonnance, il n'existe que deux commandements supérieurs : 1° celui de Croatie et d'Esclavonie, comprenant dix régiments de cercle, une superficie de 224 myriamètres carrés et une population de 671,000 habitants ; 2° celui de Servie et du Banat, comprenant quatre régiments de cercle et le district des tschaïkistes , avec une superficie de 174 myriamètres carrés et une population de 339,000 habitants. Consultez Neïgebaur, Les Slaves méridionaux et leurs pays, dans leurs rapports avec l'histoire (en allemand; Leipzig, 1851).

FRONTIGNAN, ville de France, chef-lieu de canton dans le département de PHérault, sur l'étang de Maguelonne, à 2 kilomètres de la Méditerranée, avec 8,000 habitants et de nombreuses distilleries d’eaux-de-vie. On y récolte d'excellents vins muscals, dils aussi vins de Lunel, les meilleurs de France après ceux de Rivesaltes, Son territoire produit en outre de très-bons vins rouges.

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