‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 291 sur 552 · GOHIER — GOITRE · texte numérisé non relu

GOHIER — GOITRE

en Touraine, et fut élevé au collége des jésuites de Tours, | instants prisonniers au Luxembourg, durent abandonner

Après avoir étudié le droit à Rennes, il s’y établit comme avocat, et ne tarda pas à s’y faire une réputation d’orateur et de jurisconsulte. Elle s’accrut encore lorsqu'il prit courageusement le parti des parlements dans leur lutte contre le chancelier Maupeou, et fit jouer à cette occasion une pièce allégorique, intitulée : Le Couronnement d’un Roi. Entouré de l'estime publique, il vit les clients affluer dans son cabinet, et ce fut à lui que les états de Bretagne confèrent la défense de leurs droits, violés à diverses reprises par le pouvoir royal, notaratnent sous le ministère de Loménie de Brienne. Lors de la suppression des parlements, en 1790 , il devint membre supérieur de la cour provisoire de Bretagne. Le département de l’Ille-et-Vilaine le choisit, en 1791, pour son représentant à l’Assemblée législative, et il y fit preuve d’autant de modération que de zèle pour toutes les réformes praticables. Quand, le 30 août 1792, l'Assemblée nomma une commission chargée d’inventorier et d'examiner les papiers trouvés aux Tuileries , il fut désigné pour en faire partie. Dans la séance du 16 septembre suivant, il présenta le rapport de cette commission, et dans ce document il dévoila avec franchise et modération les intelligences et les intrigues secrètes de la cour avec les puissances étrangères. Cette modération bien connue l’empêcha d’être élu député à la Convention. En octobre 1792, Garat, nommé ministre dé la justice, l’appela près de lui en qualité de secrétaire général ; et plus tard Gohier remplaça Garat au ministère de la justice, lorsque celui-ci passa à l’intérieur, Par suite de la tendance de plus en plus prononcée des comités de la Convention à absorber en eux toute la puissance exécutive, le rôle des ministres se trouvant réduit à rien, Gohier donna sa démission, et devint président de l’un des tribunaux civils de Paris. Il fut ensuite succéssivement président du tribunal criminel de la Seine et du tribunal de cassation. C’est dans ce poste important qu'on vintle prendre, en 1799, après la journée du 30 prairial, pour faire de lui un des cinq membres du Directoire, en remplacement de Treilhard.

1! s’en fallait de beaucoup qu'il fût à la hauteur d'une telle situation. Sincèrement républicain, il se trouva alors le chef du parti qui voulait à tout prix conserver la constitution de lan 11. Lui et son collègue Moulins devinrent dans le Directoire le centre autour duquel se groupèrent tous les débris de l’ancien parti de la Montagne, tandis que Syeyès et Roger-Ducos méditaient déjà le renversement du gouvernement dont ils faisaient partie, et que Barras, le cinquième directeur, se tenait incertain et irrésolu entre les deux partis. C’est dans de telles circonstances que la présidence du Directoire fut déférée à Gohier, au moment où se préparait la fameuse journée du 18 brumaire, qui devait rendre Bonaparte l’arbitre des destinées de la France. La femme de Gohier était liée avec Joséphine, et Gohier raconte lui-même naïvement dans ses Mémoires le parti que Bonaparte tira de cette liaison pour l'endormir, après avoir vainement essayé de l’enrôler parmi les hommes qui sé vouaient à sa fortune, La veille même du 18 brumaire, Bonaparte jouait à Gohier le tour sanglant de lui écrire qu’il s’invitait à diner chez lui pour le lendemain ; et le président du Directoire attendait impatiemment la venue de son convive, lorsqu'on vint en son nom lui demander une renonciation expresse à la première magistrature de la république,

Si Gohier manqua de cette sûreté de coup d'œil, de cette force et de cette énergie de caractère qui seules font les hommes d'État, #il se laissa faire échec et mat comme un conscrit, on ne saurait nier qu’il sut du moins honorer sa défaite par la manière digne dont il la supporta. Il refusa de donner la démission qu’on exigeait de lui, protesta au contraire hautement contre l'attentat dont la constitution venait d'être l'objet et contre les violences dont la représentation nationale était menacée. Vains efforts d’un pouvoir depuis longtemps usé! la révolution du 18 brumaire s’accomplit en dépit de Popposition et des protestations de Gohier et de son collègue Moulins, qui, après avoir été retenus quelques

ce palais, où naguère ils exerçaient l’autorité souveraine, pour rentrer dans la vie privée. Gobiér, apprenant qu’il continuait d’être un objet d'inquiétude pour Fouché , qui faisait exercer autour de lui une surveillance rigoureuse, se retira dans une petite propriété qu’il possédait à Eaubonne, près de Montmorency, et y passa deux années dans un isolement profond, Il céda alors faux instances réitérées du premier consul, et accepta de lui les fonctions de consul général en Hollande, qu’il conserva jusqu’à la réunion de ce royaume à l'empire. Il fut désigné à cette époque pour aller remplir un poste analogue aux États-Unis : mais la faiblesse de sa santé l’empêcha de s’y rendre, et il revint se renfermer dans son érmitage d’Eaubonne, où il mourut, le 29. rai 1830, à quatre-vingt-cinq ans, dans un éfat voisin de la pauvreté, après avoir été pendant sept années, ou ministre, ou directeur dé la république, ét être jusqu'au dernier instant de sa vie resté fidèle aux convictions qui l’avaient guidé dans toutes les grandes déterminations de sa carrière politique. Rien moins qu’homme d'État, mais homme franc, honnète et loyal, il avait publié, cinq années auparavant, des Mémoires où se trouvent de curieux documents pour l’histoiredelaréyolution. : GOINFRE, mot populaire, qui sert à désigner le bipède bestial qui s’acharne à dévorer gloutonnement. Goinfrer, c’est manger beaucoup et avidement. La goinfrerie est une gourmandise brutale, sans goût, sans esprit, sans la moindre sensualité intelligente. Goinfrade s’est dit burlesquement d’un repas de goinfres,

GOIRAN. Voyez Bonprée. ,

GOITO, village de Lombardie, situé sur la rive droite du Mincio, que traverse en ce£'endroit un pont en pierre. Il s’y livra, le 30 mai 1848, entrè les Piémontais et les Autrichiens, une bataille qui amena la reddition de Peschiera, Les forces des Piémontais consistaient en vingt-quatre bataillons d'infanterie, six compagnies de bersaglieri (chasseurs à pied), formant un effectif d'environ dix-huit mille baïonnettes, deux mille chevaux et quarante pièces d’artillerie. Le général Ba va commandait en chef, le général d’Avrillars avait l’aile droite sousses ordres, le général Ferera l'aile gauche. L’aile droite s’étendait dansla direction de Callapane, le centre s’appuyait au carrefour des routes de Cerlungo , Santo-Lorenzo, Gazzoldo et Mantoue, l’aile gauche, enfin, occupait le village de Goito.

L’armée autrichienne, forte de dix-huit mille combattants, était commandée par le feldmaréchal Radetzki, Son ayantgarde engagea le combat sur les trois heures et demie avec une telle vigueur, que bientôt il devint général. La victoire parut se décider d’abord pour les Allemands; les. Piémontais pliaient déjà, quand un régiment de la gardé du roi Charles- Albert, à la tête duquel se mit le duc de Savoïe, arrèta le choc de l'ennemi; une batterie légère, démasquée à propos èt l'entrée en ligne de la brigade Cunéo, décidèrentle gain de la journée en faveur de l’armée sarde. Le roi Charles-Albert fut légèrement blessé d’un éclat d’obus. Consultez les Souvenirs de la querre de Lombardie. par M. de Talleyrand - Périgord (Paris, 1851).

GOITRE, tumeur qui résulte du développement trop considérable, autrement dit de l’hypertrophie du corps thyroïde. Des médecins ont proposé de remplacer le mot goitre par celui de bronchocèle : bien qu'il ait été admis dans le langage médical , il n’est pas rationnel, parce qu'il comporte indûment l’idée d’une hernie ou du déplacement des bronches.

Le corps thyroïde, siége de l'affection. morbide dont nous allons nous occuper, concourt à former celte grosseur située à la partie autérieure du cou, que le vulgaire nomme pomme d'Adam : il est composé d'un cartilage ainsi que de deux masses latérales analogues aux glandes sous le rapport du tissu, et unies par une languette de même nature, La fonction de ce corps n’est pas connue, mais elle doit avoir quelque importance, parce qu'il reçoit beaucoup de vaisseaux sanguins, C'est le développænent anormal des parties glanduleuses qui produit le goftre et les

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