‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 292 sur 552 · GOITRE · texte numérisé non relu

GOITRE

différences qu’on remarque dans la forme de cette tumeur : si une seule masse latérale grossit outre mesure, le goitre est partiel ou à un seul lobe; siles deux le sont à la fois, il est bilobé; enfin, si la languette intermédiaire participe à l'affection, il est alors total ou trilobé. Cette tuméfaction est toujours un accident fâcheux ; non-seulement elle déforme une partie quiimporte surtout à la beauté chez les femmes, mais, apportant encore obstacle au passage de l'air dans les poumons, elle gène la respiration ainsi que l’action de parler. Ces effets peuvent être tels, que dans des cas extrémes on l’a vue causer la suffocation, D'ailleurs, une fois formée, cette tumeur, qui peut rester indolente, inerte et bornée à un vice de nutrition, peut aussi s'enflammer et devenir le foyer d’un abcès ou d’un squirre; le tissu dont elle est formée peut dégénérer au point de devenir variqueux, cartilagineux, tophacé et même osseux. Sous plusieurs rapports, le goître est, comme on voit, une affection redoutable, surtout quandil est complexe, ancien et volumineux.

Les sujets lymphatiques, prédisposés aux scrofules, ou humeurs froides, sont plus que tous autres affectés de cette maladie ; on sait que les femmes y sont beaucoup plus sujettes que les hommes ; que l’âge où elle se manifeste presque exclusivement est depuis dix ans jusqu’à quarante, On a reconnu aussi que le goître est une maladie propre aux vallées des hautes montagnes, et souvent alliée au crétinisme. C'est une remarque faité dans les Pyrénées comme dans les Alpes. On sait aussi que le goîitre, ainsi que beaucoup d’autres affections, est transmissible par hérédité. On a vu même des enfants en être porteurs dès leurs naissance.

On a prétendu que l’hypertrophie du corps thyroïde pouvait provenir d’un exercice intempéré et excessif des instruments de la voix, Les cris, les chants, les vociférations qui ont exigé de grands efforts de la part des organes vocaux engendrent, il est vrai, quelquefois une tumeur sur la partie antérieure du col; mais celle-ci est produite par une sorte de hérnie de la membrane qui revêt les voies aériennes à travers l’espace des anneaux cartilagineux du larynx; elle n’est point le goître. On la reconnait à la promptitude de son apparition, à son peu de volume, à sa mollesse, à son indolence, à ses modifications subordonnées à la respiration. Sa guérison est d’ailleurs facile à obtenir par la cessation de la cause et par une légère compression. C’est pour cèêtte affection que la dénomination de bronchocèle est convenable. La rupture de cette tumeur permettant à l'air de s’introduire dans le tissu cellulaire, elle peut causer ainsi un emphysème. Le goître, au contraire, dans son premier développement présente la forme du corps thyroïde en totalité ou en partie : un ou deux ovoïdes réunis par leur grosse extrémité et quelquefois bosselés. La tumeur se développe lentement et offre une résistance élastique; elle est mobile et suit tous les mouvements du larynx : c’est ce qui sa distingue des tumeurs enkistées ou des glandes lymphatiques engorgées qui avoisinent le corps thyroïde , ainsi que des dépôts quise forment dans l’œsophage. On distingue aussi le goître d’une affection œdémateuse, en ce que la tumeur ne conserve pas l'impression du doigt. Son développement est ordinairement lent, et reste très-souvent stationnaire quand il a acquis un certain degré : c’est ce qui le fait moins craindre dans les lieux où il ést endémique. Quelquefois il acquiert un volume très-considérable. On a remarqué aussi que son volume diminue ou augmenteun peu selon certains états de l'atmosphère.

Au nombre des causes du goître, on a aussi compté Vextension violente ou trop répétée du cou, comme celle qu'on opère quand on éprouve de vives douleurs et quand on laisse les enfants renverser habituellement leur tête, ce que les nourrices ne font que trop souvent. Mais les travaux récents de M. Chatin semblent avoir établi qu’on ne doit rapporter la cause des goîtres endémiques à certaines con-

trées qu’à l’absence;de principes iodurés dans les eaux de ces contrées,

Beaucoup d’efforts ont été tentés et quelquefois avec succès pour guérir le goître quand il est formé. La première indication curative est de se soustraire autant que possibie aux causes qui ont été indiquées précédemment; la seconde est d invoquer les secours thérapeutiques aussitôt que possible, car plus la maladie est récente et bornée, plus elle cède facilement. Quand elle est très-ancienne et quand le tissu du corps thyroïde est dénaturé, il serait à peu près inutile de tenter de rétablir l’état normal : chercher à prévenir une désorganisation est tout ce qu’on peut entreprendre. Lés médicaments qui ontété employés pour obtenir la résolution de ces tumeurs du col sont nombreux : les uns sont employés extérieurement, les autres intérieurement, Les moyens externes sont l’application constante, sur la tumeur, de l’emplâtre vigo, dont l'efficacité est due principalement au mercure ; des {opiques composés avec aifférentes substances toriques el excilaules, telles que le muriate d'ammoniaque, la folle farine de tan, les cataplasmes formés de farines dites résolutives et de lessive de sarment, etc. Ce traitement surtout, s’il n’est point joint à des médications internes, agit lentement, et il faut le continuer avec constance. Ce n’est souvent qu’au bout d’un an qu’on en aperçoit les effets. On emploie aussi extérieurement des onctions avec des liniments excitants et surtout avec une pommade dont l’icde fait la base. A l’intérieur, on a préconisé les amers unis avec des préparations de fer. Le soufre, le mercure, le savon, substances auxquelles on attribue une propriété fondante; divers purgatifs, agissant comme dérivatifs, ont été aussi recommandés. En général , on a eu récours aux agénts pharmaceutiques employés pour combattre les scrofules. On a aussi vanté l’alun de Rome à la dose de 3 décigrammes par jour. Certains remèdes ont été long-temps et empiriquement usités comme spéciaux : telle est surtout l'éponge marine, qu’on a administrée sous diverses formes et unie à d’autres substances, après l’avoir réduite en cendre ou en charbon, et pulvérisée ; on en a composé des électuaires et des pilules. Le remède de Planque mest autre que cette même poudre, mêlée avec du miel qu’6n a fait cuire avec de la sauge : l'efficacité de l’épongé ayant été éprouvée assez de fois pour être incontestable, ‘on a recherché à quel principe on devait attribuer cette propriété. Les expériences entreprises à ce sujet ontappris qu’elle provenait de l’iode, quise trouve en plus où moins grande quantité dans diverses productions marines. Depuis cette découverte, on a attaqué le goître par cette substance, qu’on doit aux travaux modernes des chimistes. Comme on s’en est également servi pour combattre la maladie scrofuleuse, ce remède a souvent mérité sa réputation, mais il a occasionné de graves inconvénients : il en est un inhérent à son node d’action qu'il est diffcile d'éviter, c’est celui de diminuer, de fondre en grande partie les glandes mammaires, et d’effacer ainsi presque entièrement les seins. Néanmoins, l’ivde est un médicament précieux pour combattre la difformité qui nous occupe.

Avant d'employer les préparations d’iode, on pourra tenter de résoudre le goître par un traitement exempt d’inconvénients : tel serait celui consistant en de fréquentes applications de sangsues autour du corps thyroïde tuméfié, de glace directement posée sur la tumeur, et de cataplasmes émollients. L’auteur de cet article a réussi par ce seul moyen à faire asparaître un goître dont une jeune fille du Valais était affectée, et dont le développement était formidable. Un rapport très-favorable sur un remède anti-goitreux, appelé poudre de Sancy, a été fait à l’Académie de Médecine, et des épreuves tentées par différents médecins ont recommandé ce remède.

Quand les goîtres sont anciens et ont acquis un développement assez conSidérable pour gêner l'exercice des organes vocaux et faire craindre la suffocation, quand ils sont passés à un état cancéreux, la maladie est grave, et, disons-le, l’art est à peu près impuissant, On a conseillé en de tels sas 4üblation de Ja tumeur; mais c’est une opération

dangereuse, et dont les suites sont aussi à craindre, si ce n’est même plus, que celle de laffection abandonnée à ellemême. “ D° CHARBONNIER.

GOLBERY ( Marre-Pnicippe-Almé pe ), archéologue, magistrat et député, naquit à Colmar, le 1€" mai 1786. Un de ses parents avait entrepris et publié un Voyage en Afrique par ordre de Louis XVI. Son père était membre du conseil souverain d'Alsace. Après avoir fait ses premières études en Allemagne, il suivit à Paris les cours du collége des Quatre-Nations, puis ceux de l’École de Droit, et s’enrôla, sous l’Empire, dans une des cohortes mobilisées de la garde nationale, où il conquit l’épaulette de lieutenant. S’étant néanmoins fait recevoir avocat en 1808, il devint en 1811 substitut du procureur impérial à Aurich (Ems oriental), puis procureur impérial à Stade (Bouches-de-l’Elbe), et encore à Aurich, où il épousa, en 1812, la fille de Merlin de Thionville. Enfin, en 1813, il fut nommé procureur impérial à Colmar. En 1814, à la première invasion du sol français, il prit les armes, pour la défense dù pays, dans un corps franc levé par son beau-père, et ne les déposa qu'après la capitulation de Paris. Son dévouement à une cause malheureuse ne lui fut pas funeste cette fois; mais après le désastre de Waterloo, comprenant qu’il ne pouvait pas sous un gouvernement réacteur continuer à faire partie du ministère public, il donna sa démission pour rentrer au barreau.

Sur la fin de 1816, de Serre, premier président de la cour de Colmar, le fit pourtant nommer substilut du procureur général de ce siége ; et devenu garde des sceaux en 1820, il lui donna une place de conseiller à cette même cour, Golbéry présida souvent en cette qualité les assises de Strasbourg, et utilisa ses loisirs en publiant un grand nombres d'ouvrages sur la jurisprudence, la littérature et l'archéologie, entre autres Les Villes de la Gaule rasées par Dulaure et rebäties par Golbéry (1821) ; un Mémoire Sur les anciennes fortifications des Vosges; une Carte des routes romaines de la haute Alsace, qui lui valut de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres une médaille et le titre de correspondant; un Mémoire Sur l’élat de la Gaule avant la dominulion romaine, auquel l'Académie de Toulouse décerna une autre médaille, en 1826 ; une édition de Tibulle pour les classiques latins de Lemaire ; un grand ouvrage Sur les Anliquités de l'Alsace (1827) ; une suite de lettres Sur la Suisse et la Lombardie (1828); et parmi de nombreuses traductions de l’allemand et du latin, celles de l'Histoire universelle de l'Antiquité, par Schlosser (1828, 3 volumes in-8°); de l'Histoire Romaine de Niebubr (1829 et années suivantes, 6 volumes in-8°); de Suétone; du Dialogue de Cicéron intitulé : Brutus sur Les orateurs illustres; etc., etc. Enfin il fut un des plus actifs rédacteurs du Bulletin des Sciences de Férussac, dela Revwe Encyclopédique, de la Revue Germanique, du Diclionnaire de la Conversation et de l'Encyclopédie des Gens du Monde.

La révolution de 1830 lui ouvrit l'arène politique. Élu président du collége électoral de l’arrondissement de Colmar (extra muros), puis, en 1833, membre du conseil général du Haut-Rhin, il fut élu député en 1834, dans le même collége comme représentant le parti de l’opposition. Son mandat lui fut continué aux deux élections générales ordonnées sous le ministère du 15 avril 1837. Avant et après la chute de ce cabinet, il inclina versle centre gauche pour devenir ministériel peu de temps aprèsl’avénement du cabinet du 29 octobre, Nommé en 1841 procureur général à la cour royale de Besançon, il siégeait encore à la chambre en 1848, lors de l'avénement de la république, qui lui enleva ses fonctions. Plus tard il reçut, comme fiche de consolation, le litre de premier président honvraire de la cour d’appel de Besançon. La mort vint le frapper à Kientzheim, le 5 juin 1854

GOLCONDE (altération de Golkhanda des indigènes), forteresse de l'Hindostan, jusqu'au dix-septième siècle capitale d’un royaume du même nom : alors sa position in= salubre la fit abandonner par les souverains pour le séjour d'Hyderabad, chef-lieu de la province du même nom,

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