‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 293 sur 552 · GOITRE — GOLDONI · texte numérisé non relu

GOITRE — GOLDONI

dans la présidence de Calcutta, qui en est éloigné d'environ 4 kilomètres à l’ouest, et dont elle est regardée comme la citadelle. C’est là en effet que les marchands et les principaux habitants de cette ville se retirent en cas de danger. Golconde est bâtie sur un rocher, et regardée comme imprenable par ses habitants. Depuis fort longtemps, c’est le lieu où sont travaillés les diamants que l’on trouve avec tant d’abondance dans les régions moyennes de l’Inde. De là ce caractère de richesse emphatique dont on a revêtu son nom, et de là aussi ce renom d'opulence et de splendeur qui en a fait l’un des termes comparatifs de la richesse, comme celui de Potosi et d’autres lieux. On a vu des mines à Golconde, où il est prouvé qu’il n’en a jamais existé, et son nom, que l’on a fait si sonore, n'apparaît plus aujourd'hui que de loin en loin, pour se prêter aux ornements du style, pour servir l’auteur de quelque livre aux formes orientales.

Un charmant opéra-comique, le chef-d’œùvre de Berton, est intulé : Aline, reine de Golconde.

GOLDAU. Ainsi s'appelait autrefois un village du canton de Schwitz, situé entre le mont Rigi et le mont Ruffi, à une demi-lieue au sud d’Arth, et dont une horrible catastrophe a effacé toute trace. A la suite de pluies continuelles, Je pie du mont Ruffi se détacha de sa base le2 septembre 1806, vers cinq heures du soir, et s’effondra dans la direction sndouest de la vallée. En quelques minutes, les villages de Goldau, Busingen et Rothen se trouvèrent complétement ensevelis sous les gigantesques débris de la montagne; une partie du lac de Lauwerz était comblée; et le débordement de ses eaux, qui en résultait, dévastait tout le pays d’alentour jusqu’à Seewen. Deux églises, cent onze maisons, deux cent vingt granges et étables contenant de nombreux bestiaux, étaient écrasées sous les décombres de la montagne avec 400 babitants. 11 n’y en eut qu’un petit nombre qui échappèrent à cedésastre : ce furent ceux que le hasard avait éloignés à ce moment de leurs demeures, mais ils perdirent tout ce qu'ils possédaient au monde. Au milieu de la solitude pierreuse, toute couverte d'herbe et de mousse où furent jadis les florissants villages que nous venons de mentivnner, etque traverse la grande route d'Arth à Schwitz, on a érigé une chapelle, destinée à rappeler le souvenir de ce funeste événement.

GOLDONI (Cuarues), le premier auteur comique de l'Italie, naquit à Venise, en 1707. Sa famille était noble et aisée: ce fut dans la maison de son grand-père, homme d'esprit, et qui aimait les fêtes et les spectacles, que Goldoni manifesta d’abord son goût pour l’art dramatique. Afin d’amuser son petit fils, le vieux Goldoni avait fait arranger un théâtre de marionnettes, et le dirigeait lui-même; mais la raison n’avait pas réglé la conduite du vieillard, et quand il mourut, sa famille se trouva à peu près ruinée. Le père de Goldoni se fit médecin, et Charles étudia successivement la médecine, le droit et la théologie; mais, toujours entrainé par son amour de la scène, ‘dès l’âge de huit ans il écrivait des comédies, et continua de s'exercer dans ce genre, si bien qu'il en négligea toutes ses autres occupations. Pour assister aux représentations d’une fort mauvaise troupe qui de Rimini s’en allait jouer à Chiozza, il quitta furtivement son père, ét, s’'embarquant avec les comédiens, arriva dans cette dernière ville, où sa mère le reçut, et Ini pardonna une équipée qni le ramenait auprès d’elle. son père, peu de temps après, l'envoya à Milan, d’où le marquis Goldoni, son parent, avait obtenu pour Charles une bourse dans le collége du pape, à Pavie. Quoique ce collége fût composé de jeunes tonsurés, on s’y appliquait plus à la danse, à l'escrime et aux arts mondains qu’à la science et à la piété, Charles Goldoni goûta fort des études qui convenaient à ses seize ans : cependant, il fit pour un ami, deux ans après, un sermon très-applaudi; mais, le sermon ayant été suivi de quelques satires assez scandaleuses, dont on ne lui garda pas le secret, Charles fut chassé du collége et de la ville, Un moine le reconduisit chez son père, qui l'emmena dans le Frioul,

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