GOLDSMITH — GOLFE
par des golfes ? La plus considérable de ces trouées est la mer Blanche, véritable golfe, au fond duquel le tsar Pierre jeta le port d’Archangel; position maritime singulière, où le commerce ne pénètre que pendant six mois de l’année, et d’où la marine militaire de la Russie ne peut menacer notre Europe que pendant le même temps, car le reste de l’année elle est bloquée et retenue prisonnière par les glaces. Plus bas, et tout à fait dans l’intérieur des terres, les golfes de Bothnie et de Finlande marquent la limite extrême de la mer Baltique; la nature, y est austère et froide ; le dieu des nations du Nord dut y poser ses premiers temples au milieu d’âpres rochers , au faîte desquels flottent des brumes glacées comme des ténèbres visibles.
Sur nos côtes occidentales, l’océan Atlantique fit un pas dont le golfe de Gascogne est la trace ; les noires pierres de Penmark le limitent au nord, au sud le dernier cap de l'Espagne : parages dangereux aux navigateurs quand l’hiver y apporte ses brumes, ses tempêtes et ses fnimas ; car alors ce n’est plus dans le ciel que le marin cherche sa route; l'œil fixé sur le fond, la sonde à la main, il marche à f4tons. La Méditerranée écorna la côte de Provence, et creusa le golfe de Lion; son nom indique son caractère, mare Leonis ; on trouvait autrefois que la mer y était furieuse comme un lion. De là, ébranlant l'Italie, elle étendit le golfe de Venise comme un bras, puis, par une oscillation contraire, frappant la côte septentrionale de l’Afriqué vers la régence de Tripoli, elle s'engouffra dans le golfe de la Sidre, redoutable à cause des courants et des vents qui y battent en côte, redoutable surtout à cause des féroces nations qui peuplent ses rivages. La côle occidentable de l’Afrique, moins ciselée, moins tourmentée, s’infléchit cependant devant l'énorme masse des eaux de l'Atlantique et ouvrit le golfé de Guinée, région des longs calmes, des chaleurs étouffantes : malheur au marin maladroit qui, pour se rendre au Cap de Bonne-Espérance, s'engage dans cette atmosphère immobile ! ballotté par les longues et éternelles vagues que l’Océan roule depuis les régions australes, il voit avec un impuissant désespoir ses vivres inutilement s'épuiser et le scorbut décimer son équipage. Le cap Negro borne au midi ce grand golfe ; sol horrible, volcanique et calciné, sans ombrages, sans verdure, sans eau : ses habitants rabougris, à peine doués d’un langage, vont chaque matin, avec des plumes d’autruche , éponger la mince couche de rosée que les nuits éclatantes déposent sur ses pointes rocailleuses.
L'océan Indien rudoya les rivages de l'Asie. Du premier bond, il ouvrit le golfe du Béngale, où le génie commercial de l'Angleterre attire aujourd'hui les marchands de tout l’univers; le Gange l’arrêta; il donna une autre secousse au continent, et creusa profondément le golfe Persique. La masse d’eau fluviale que l'Euphrate et le Tigre charrient des sommets du Taurus le fit reculer ; il déposa dans sa retraite des bancs de pintadines, ou huîtres à perle : là, l’Arabe tend sa tente sur une faible barque ; ses tribus errent au gré des vagues, toujours ardentes au pillage, toujours en guerre, et nomades encore sur l'eau comme aù milieu des sables du désert; enfin, par un dernier effort, il voulut se joindre à la Méditerranée, il franchit le détroit de Bab-el-Mandeb (Porte de la Mort), se tratna sur les roches madréporiques dont ce méridien est hérissé, ét traça du sud au nord le golfe Arabiqué, appelé aussi #ner Rouge ; mais la force lui manqua au milieu des sables : il s'arrêta à quelques lieues du but, laissant seulément un long et étroit sillon, où pendant six mois de l’année souffle le vent du midi, et le vent du nord pendant les six autres mois ; rivages célèbres, berceau des deux religions qui partagent aujourd'hui l'univers, anciénne route du cominerce dé l'Inde, qué l'Angleterre a su de nos jours ressusciter par la toute-puissance de la vapeur, ;
Toute la bande orientale de l'Asie, depuis la presqu'ile de Malacca jusqu'aux limites de la Sibérie, vers la mer d'Ochotsk, est coupée de nombreux golfes : tels le golfe de Siam, le golfe de Tonquin, la mer Jaune et plusieurs autres,
GOLFE —GOMBETTE
toutes communiquant à une méditerranée particulière, dont Vune des barrières, compacte et sans solution de continuité, est lecontinent lui-mêrne ; l'autre, percée à jour, se compose des îles du Japon et de tous les archipels quilongent la côte de la Chine.
Le seul grand enfoncement de la Nouvelle-Hollande est le golfe de Carpentarie : il doit son nom au voyageur qui le découvrit. Sur la rive occidentale de l'Amérique septentrionale, le grand Océan déchira une langue de terre, et jeta sur une profondeur de 500 lieues le golfe si étroit de la Californie : Cortez fut le premier qui l’aperçut ; il le prit pour une mer, et l’appela mer Vermeille; mais ici, non plus qu'ailleurs, le nom n’est point l'expression de la couleur des eaux. Plus au sud est le golfe de Panama, si célèbre par ses perles et par les conquêtes des Espagnols. Mais c’est surtout sur la côte orientale de l'Amérique qu’on.rencontre de vastes golfes. Le fameux golfe du Mexique est une méditerranée où le Mississipi déverse ses eaux et son limon. Au-dessus du fleuve Saint-Laurent la grande baie d'Hudson, puis l’enfoncement connu sous le nom de mer de Baffin, où tant d’aventuriers se jetèrent à travers les glaces à la recherche d’un passage au Cathai par le nord-ouest du monde; enfin, au fond de cette nappe d’eau hérissée de glaçons, le golfe de Boothia, découvert et exploré par le capitaine Ross, en cherchant cette route aux Indes par le Nord que Cabot avait prédite à l'Angleterre. Tels sont les principaux golfes que nous présente aujourd'hui notre globe.
Le mot golfe signifie un profond enfoncement de la mer dans l’intérieur des terres; il ne diffère de la baie que par étendue. Quant à son origine, nous Ja trouvons dans l’italien golfo ; le latin du moyen âge en avait d’abord fait gulphus, puis gulfus. Peut-être reconnaîtrait-on sa racine primilive dans le grec xoXxos (en latin sinus ).
Théogène PAGE, vice-amiral.
GOLGOTHA. Voyez CALVAIRE.
GOLIATH était de la ville de Geth, une des cinq satrapies des Philistins ; sa taille gigantesque , qui était de près de quatre mètres ; sa force, l'excellence de son armure et de son épée, le rendirent d’une insolence insupportable pendant la guerre que les Hébreux soutinrent contre les Philistins. Se promenant entre les deux camps, il appelait en combat siigulier les guerriers israélites, qui, effrayés de ses proportions, souffraient ses insultes sans oser se mesurer avec lui. Sorti à peine de l'enfance , David, jusque alors employé à conduire au pâtwage les troupeaux de son père, ayant été envoyé au camp des Hébreux porter des provisions à ses frères , s’indigna de l'audace de Goliath; il offrit de le combattre, et Saül, roi d’Israel, admirant tant de courage, le fit revêtir de ses propres armes, quoiqu'il ne doutât pas de sa défaite, Mais le jeune berger, embarrassé de ces armes, qu’il n’avait jamais portées, ne voulut se servir que de son épieu et de sa fronde. Après avoir choisi cinq pierres dans un torrent, il s’avança vers Goliath, et, l'ayant renversé d'un coup de pierre lancée au milieu du front, il se précipita sur lui, s’'empara de son épée ‘et lui trancha la tête. Cette victoire répandit la joie dans tont Israel, et David l'a célébrée dans le 143° de ses Psaumes.
L'Écriture parle d’un autre Goliath, qui fut tué par Elchanan, fils de Jair de Bethléem. C*° DE BRraADt.
GOLO | Département du). Voyez Corse.
- GOLTZIUS (Hewor), célébre graveur hollandais, naquit en 1558, à Mulebrecht, où son père était: bon peintre sur verre, L’aider dans, ses travaux fut la première occupation artistique du jeune Goltzius. Plus tard, son père ayant dû se rendre en Allemagne, il fut placé en apprentissage dans l'atelier de maître Léonhard d'Harlem, et ses facultés s’y développèrent bientôt de la. façon la plus brillante: A l'âge de vingt-et-un ans, il épousa une vieille. veuve dont la fortune le mit à même d'acheter une. bonne imprimerie en taille douce. Le fils que sa femme avait eu de son premier lit, Jacob Matham, devint son meilleur élève: : IL déploya vue activité extrème ; mais bientôt le sentiment de la grande
diaproportion d’âge existant entre lui et sa compagne lui ins pira une tristesse qui influa tellement sur sa santé que pour la rétablir force lui fut, à l’âge de vingt-quatre ans , d’entreprendre un long voyage à l'étranger. Et comme il était déjà très-connu, ce fut sous un déguisement et un faux nom qu'il parcourut l'Allemagne et l'Italie. Ce voyage le re. mit et en même temps fortifia son talent. Il observa beaucoup sur toute la route, infatigable à étudier et à dessiner partoul où il passait. Mais à son retour au foyer domestique, la maladie le reprit; et ce ne fut qu’à l’aide des plus grands soins qu’on lui conserva encore assez de forces pour entreprendre et terminer de grands travaux. JI mourut en 1617.
Goltzius perfectionna singulièrement la gravure, en ce qui est de la partie technique. Sans doute pour ce qui est du choix des sujets, son œuvre a peu d'importance. Mais peutêtre est-ce à cette circonstance qu'il faut attribuer les progrès si notables qu'il fit faire aux procédés pratiques.
GOMAR (François), célèbre chef d’un parti théologique protestant, naquit à Bruges, en 1563, et mourut à Groningue, en 1641, après,avoir exercé le ministère sacré à Francfort, et le professerat de dogme à Leyde, à Middelbourg et à Groningue. Gomar fut un des savants théologiens et un des bons orientalistes du dix-septième siècle, Mais ses écrits théologiques, dont la collection fut publiée à Amsterdam, en 1645, ne sont guère lus ni même consultés aujourd’hui. Gomar dut principalement sa réputation à la guerre acharnée que son intolérante orthodoxie déclara aux doctrines arminiennes et à leur fondateur, Jacques Arminius, son eollègue à Leyde. Il figura dans le trop fameux concile protestant de Dordrecht, et s’y distingua par la chaleur de son zèle contre les arminiens ou remontrants, qui avaient reçu ce nom à cause des remontrances qu’ils adressèrent, en 1610, aux états de Hollande; de là le nom de gomaristes ou contre-remo*frants, qui devint celui des partisans de Gomar, ou des idées rigides de Calvin sur la grâce et la prédestination. Ajoutons encore ici deux vers latins extrêmement plaisants, par lesquels les beaux esprits latinistes du temps stigmatisèrent le concile de Dordrecht, et qui vivront sans doute aussi longtemps que le souvenir de François Gomar et de cette intolérante assemblée :
Dordrechti syrodus, Nopus; chorus integer, ÆGER; Conventus, VENTUS ; sCssio, stra/nen. AMEN.
Cu. COQUEREL.
GOMARISME, GOMARISTES ou CONTRE-REMON- TRANTS. Voyez REWONTRANTS.
GOMBAUD ou GOMBO, nom vulgaire de la ketmie comestible.
GOMBAUD (Jan OGIER pe), né à Saint-Just de Lussac, en Saintonge, d’une famille protestante, s’attacha tout d’abord à Malherbe ; un sonnet sur la mort de Henri IV attira sur lui l’attention. Ce fut bientôt un des assidus de l'hôtel de Rambouillet. Gombaud n’était pas un poëte courtisan, quoique le cardinal-ministre l’eût fait entrer à PAcadémie Française. Il avait présenté à son éminence des vers : « Voilà, lui dit le cardinal, des choses que je n’entends pas. — Ce n’est pas ma faute, » répondit avec franchise le poëte saintongeoïis. Si ces vers ressemblaient à ceux qui composent les centuries de Gombaud, ils ne devaient pas être du goût du cardinal. Dans ses épigrammes, il frondait les vices des grands avec une audace et une précision qui supposent autant de talent que de courage. Il mourut presque centenaire, en 1666, après avoir depuis longtemps perdu ses pensions. Ses vers ne manquent ni de pureté ni d'harmonie; il a fait une tragédie, Danaïde, qui ne réussit pas. Durex (de l'Yonne),
GOMBETLE (Loi), ainsi appelée du nom de son auteur, Gondebaud ou Gombaud, roi de Bourgogne. Elle est au moins aussi ancienne que la loi salique, et elle a sur celle-ci l’avantage d’une date certaine et authentique. Cette loi fut rédigée à Château d’Amberieu , dans le Bugey,
promulguée à Lyon, en 502, aans une assemblée des 0ptimales, et souscrite par trente-deux comtes. Elle était divisée en 49 titres, sans y comprendre les additions faites depuis par Sigismond, fils et successeur de Gondebaud. Les Gallo-Romains conservèrent le droit qui les régissait avant l'invasion des Bourguignons dans les Gaules. La loi Gombette tendait, par ses dispositions relatives aux mariages, à favoriser la fusion des familles indigènes et des familles bourguignonnes. La majorité était fixée à quinze ans. Les filles ne concouraient pas avec leurs frères au partage des terres. La justice était administrée gratuitement, J1 était défendu aux juges de recevoir des présents ou des gratifications, sous quelque prétexte que ce fût. Les magistrats qui, après en avoir été requis trois fois, ne décidaient pas les procès en état de recevoir jugement étaient condamnés à une amende de 12 sous d’or, et à 36 sous d’or si, par inadvertance ou négligence, ils n'avaient pas jugé conformément aux lois. Les condamnations, quant aux personnes libres, se résumaient en pénalités pécuniaires. C’est surtout de la loi des Bourguignons, qui défère le duel au lieu du serment, que nous vint l’usage du combat judiciaire. Comme dans la loi salique, la peine de mort était appliquée au meurtre et au vol même sur les grands chemins, l’enlèverment de bestiaux excepté. Les délits relatifs à la chasse étaient punis avec une excessive sévérité : celui qui avait volé un chien de chasse était condamné à baiser publiquement le derrière de l'animal (Coram omni populo posteriora ipsius osculetur ), ou à payer sept écus d’or. Le vol d’un épervier était plus rigoureusement puni : le voleur devait payer huit écus d’or, ou se laisser manger par l’oiseau six onces de chair sur la poitrine,
Le mariage était un véritable marché. Le mari achetait sa femme cent-soixante écus d’or, si elle appartenaît à une famille notable, et la femme son mari, cent-cinquante écus d’or. Si le mari surprenait sa femme en délit flagrant d’adultère, il pouvait la tuer sur-le-champ avec son complice ; mais s’il ne tuait que l’un Gesdeux, il en devait le prix. Tirer son épée dans une rixe était un délit passible de peines rigoureuses. Les articles relatifs à l'hospitalité, au divorce, au culte des tombeaux, sont très-remarquables. Nul Bourguignon ne pouvait sans être coupable refuser à l'étranger ou au voyageur le feu et le couvert. La loi Gombette protégeait les tombeaux contre la cupidité qui aurait soustrait les objets précieux qu’on y enfermait avec les défunts. Le coupable était puni d’un bannissement à perpétuité : nul ne pouvait lui donner ni asile ni vivres, mais la loi n’en fut pas moins violée, et l’on fut obligé d’affranchir les esclaves sous la seule condition de garder les tombeaux de leurs anciens maîtres. Il y avait égalité devant la loi pénale entre le Burgonde et le Romain du même rang, et la même composition était due pour les mêmes violences commises envers l’un ou l’autre. Cette loi réglait aussi les partages de terres et de serfs faits avec les anciens habitants, Un Bourguignon ne pouvait vendre ses biens, s’il en avait d’ailleurs de suffisants ; il devait préférer pour acquéreurs les indigènes aux étrangers. La loi gombette contient beaucoup de dispositions du Code fhéodosien, qui était alors le droit commun des Gaules. Les anciennes lois bourguignonnes furent abrogées en 840 par l’empereur Louis le Débonnaire; cependant la Bourgogne en conserva quelques fragments.
Durey (de l'Yonne),
GOMER où GOMERIG. C’est le nom qu’on a donné à la langue de l’ancienne tribu celtique des Cimmériens ou Cimbres, et qui s’est conservée jusqu’à nos jours, tout en subissant de notables modifications de formes, dans le pays de Galles et dans notre basse Bretagne. Elle offre de grandes analogies avec l'hébreu.
Gomer est aussi le nom du fils de Japhet, dont les descendants furent appelés Gomériles, et à qui les peuples de la Galatie, de même queles Cimbres, faisaient remonter leur origine.
GOMERA, Voyez CaNanIES,
GOMBETTE — GOUMM
GOMES (Joso-Barrisra ), le meilleur tragique portugais des temps modernes , quoique sa réputation ne soit fondée que sur une seule tragédie, 7nez de Castro, qui, représentée sur le théâtre de Lisbonne, au commencement de ce siècle, excita tout aussitôt un enthousiasme sans pareil dans la nation et eut sept éditions successives en fort peu de temps. C’est évidemment l’œuvre d’un jeune homme, mais d’un jeune homme qui promet beaucoup. Cette tragédie fait surtout époque en ce que le poëte s’y est affranchi de la tyrannie des règles snrannées du goût français, pour puiser ses inspirations aux sources du génie national. Malheurensement Gomes mourut trop tôt pour réaliser les espérances que faisait concevoir son brillant début. Sa tragédie a été traduite par M. Ferdinand Denis dans les Chefs-d'œuvre du théâtre portugais (Paris, 1823).
GOMIS (José-Meccaion), né à Anteniente, près de Valence, en 1793, était de bonne heure enfant de chœur dans la cathédrale de cette ville. Déjà à seize ans il suppléait son maître de musique auprès de ses condisciples. A vingt-etun ans, nommé chef de musique d’un régiment d'artillerie, il se voyait à regret lancé dans une sphère d'activité complétement étrangère à ses études. Il écrivit plusieurs marches militaires. Mais sa prédilection pour Haydn le portait à arranger en pas ordinaires et accélérés plusieurs de ses symphonies et jusqu’à son oralorio Les sept Paroles sur la croix. En 1817 il se démit de ses fonctions, et se rendit à Madrid, où il réussit à faire représenter différents petits opéras, parmi lesquels celui de Za Aldeana surtout reçut un accueil favorable. On le nomma alors chef de musique de la garde royale; mais, à la suite de la contre-révolution opérée en 1823, il dut s’expatrier, et se rendit à Paris, avec le projet de s’y consacrer exclusivement à la composition dramatique. De cruels déboires l'y attendaient. En trois années il lui fut impossible d’obtenir d’un seul auteur français le canevas d’un poème; il se décida à suivre les conseils de Rossini, et se rendit à Londres, où il se fit tout de suite une position agréable comme professeur de chant et comme compositeur de romances et de boléros. Sa vocation pour la musique dramatique le ramena en 1827 à Paris. Il réussit enfin alors à obtenir un poëme qu’il remporta bien vite à Londres, et peu de temps après il expédiait une partition complète au directeur de l’Opéra-Comique. On l’invita à venir diriger luimême ses répétitions ; mais dès la première le directeur refusa de continuer les études de la pièce et de la représenter. Gomis l’attaqua en justice, obtint 3,000 f* de dommagesintérêts, mais ne put le faire condamner par la justice à représenter son œuvre. Les lenteurs de ce procès et ses fréquents voyages à Paris lui firent perdre la position qu'il avait conquise à Londres, et le jetèrent dans une situation critique. Enfin, après huit années d'attente, il vit représenter, en 1831, sur lethéâtre Ventadour, son opéra Le Diable à Séville, quiréussit, mais popularisa bien plus son nom parmi les amateurs que dans la masse du public. 11 fut ensuite chargé d'écrire un opéra pour l’Académie royale de Musique ; mais là encore des intrigues s’opposèrent à la représentation de sa pièce. Enfin, il parvint en 1833 à faire représenter avecsuccès un nouvelopéra-comique Ze Revenant. Les tracasseries auxquelles il n’avait cessé d’être en butte avaient porté à sa santé un coup tel qu’il en perdit la voix. Dans cet état, il écrivit encore la partition du Portefaix, qui obtint moins de succès, quoique les connaisseurs l’eussent plus goûtée que ses autres productions. Une pension que le gouvernement français lui accorda sur la fin de sa vie le mit du moins à l'abri des besoins les plus pressants, Il mourut à Paris, le 30 août 1836.
GOMM (sir WizLram MAYNARD ), général commandant en chef des fa britanniques dans l'Inde, né en 1780, fit sa première ca ne, à l’âge de quatorze ans, comme enseigne, en Hollande, puis entra l’École militaire, où il acheva ses études avec la plus grande distinction. Plus tard il assista aux affaires de Copenhague et de Flessingue, en 1808 à celles de Roleja et de Vimiera , en 1809 à celle de la Core
GOMM — GOMME GUTTE
gne; et de 1810 à 1814 il fut attaché avecle grade de lieutenant-colonel à l'état-major général du due de Wellington. A la bataille de Waterloo, il remplit les fonctions de quartier maître général de la division Picton, reçut la décoration de Vordre du Bain en récompense de la bravoure qu’il avait déployée dans cette journée; puis, en raison de sa Capacité militaire, il futnommé chef de bataillon dans le régiment Colstream de la garde , dont plus tard il obtint le commandement. Promu général major en 1837, il fut nommé écuyer du duc de Cambridge, et en 1839 commandant militaire à la Jamaïque. A son retour en Angleterre, il commanda pendant quelque temps le district militaire du nord; puis, en 1842, créé lieutenant général, il futenvoyé à l’ile Maurice en qualité de gouverneur. IL y fit preuve de grands talents administratifs, et on conçut alors en Angleterre une telle idée de sa capacité, qu’en 1849 la Compagnie des Indes jeta les yeux sur lui pour remplacer lord Gough dans le commandement supérieur de l’armée indienne. Cependant il ne l'oblint qu'en 1851, à la suite du conflit de pouvoirs qui amena la démission du général Napier. C’est lui quidirigea la guerre contre les Birmans, laquelle se termina en 1853 par l’annexion du royaume de Pegou. Rappelé en Angleterre en 1855, sir W. Gomm fut élevé en 1868 à la dignité de feld-maréchal.
GOMME. Ce nom est donné à des choses qui ne se ressemblent pas toutes par des caractères chimiques bien dessinés : ainsi, on donne le nom de gomme copa l à une vérilable résine, le nom de gommeguite à un mélange d’une très-petite quantité de gon me, et d’au moins £0 à 90 pour 100 de ré-ine; de gomme ammoniaque à une autre substance qui ne contient pas plus de gomme: degomme de Bassora à un principe particulier de certaines gommes-resines ; de gomme laque à une sorte de résine déposée par l’instete coccus lacca sur plusieurs arbres des Indes orientales; enfin, de gomme-résine à des mélanges de substances in médiates découlant ensemble, sous forme d’un suc laiteux, des incisions faites à quelques végétaux, et qui paraissent formés de résine et d'huile essentielle, en suspension dans de l’eau chargée de gomme et de malière végétale. Nouslaisserons de côté ces autres gommes qui n’en sont pas, pour nous occuper ici exclusivement de ce qu’on doit entendre par le mol gomme.
La gomme n’est pas un principe immédiat; c’est un mélange de plusieurs principes distincts, solubles ou insolubles, qu’on est parvenu à isoler. Ces principes gommeux sont désignés sous les noms d’arabine, debassorine et de cérasine; ils ont pour caractères conmuns d’être solides, incristallisables, incolores, insipides ou très-fades, inodores, solubles dans l’eau, qu’ils transforment en une sorte de gelée, insolubles dans l'alcool. Ils se combinent avec les alcalis, donnent avec l’acide sulfurique un sucre de raisin qu ne fermente pas, et donnent en outre avec l'acide azotique un acide découvert par Scheele et nommé mucique.
La gomme est un des corps immédiats des végétaux les plus répandus ; on la rencontre dans toutes les parties des plantes herbacées, dans tous les fruits, dans un assez grand nombre de tiges ligneuses, enfin dans toutes les fécules On tire principalement celle qu’on emploie en médecine et dans les arts des arbres à fruits à noyau de notre climat ; de plusieurs espèces de mimeuses d'Arabie et des bords du Nil; de quelques espèces d'arbres qu’on appelle wereck et nebueb du Sénégal (cette gomme contient un peu plus d’eau hygrométrique que la gomme d'Arabie), de Pastragatus tragacantha de Crète, et enfin, de toutes les plantes mi cilagineuses. La gomme reçoit de tout cela les noms de gomme dupays,de gomme arabique, degomme du Sénégal, gomme adra gante;les autres prennent leurs noms de la plante qui les fournit.
On connaît sous le nom de gommes artificielles celles qui résultent de la torréfaction ou de la fermentation des fécules ;
DIOT, DE LA CONVERS, — T, X
les gommes qui se forment alors, et dans quelques autre expériences sur les matières végétales, paraissent jouir de propriétés chimiques très-analogues à celles des gommes naturelles ; il faut seulement remarquer que les gommes artificielles ne se transforment point en acide mucique par l’action de l'acide nitrique. D' SANDnas.
GOMME ADRAGANTE. Voy. ADRAGANTE (Gomme).
GOMME AMMONIAQUE. Voyez AMMONIAQUE (Gomme ). B
GOMME ANIME, nom impropre d’une espèce de résine.
GOMME ARABIQUE., Cette go mm e que produisent l'acacia vera et l’acacia nilotica, arbres de la Thébaïde, du Darfour et de l’Abyssinie, se trouve dans le commerce en morceaux arrondis, tantôt amorphes, tantôt tout à fait sphériques, parfois ovoïdes ou sous forme de larmes, de grosseur variable , d’une blancheur plus ou moins grande , quelquefois jaunâtre, solides et fort durs, rarement friables , translucides et opaques, à fractures planes, luisantes et vitreuses. L'odeur en est nulle, la saveur douce et légèrement sucrée. La gomme arabique est très-soluble dans l’eau, avec laquelle elle forme un mucilage. On peut la méler à l'huile par la trituration , et rendre aïnsi les substances huileuses miscibles à l’eau. Mêlée au sucre, elle forme une pâte solide et transparente.
La pharmacie et la confiserie consomment une grande quantité de cette gomme : elle est la base des pâtes pectorales; on en prépare des pastiiles, des sirops. La médecine l'utilise comme émollient dans les phlegmasies du tube digestif. L'industrie en tire parti pour l’apprêét des étoffes et des chapeaux, et aussi pour donner du brillant à l'encre et aux couleurs.
Les chimistes ont donné le nom d’arabine à la matière qui constitue la gomme arabique pure. Sa composition atomique est la même que celle du sucre de canne.
GOMME DE BASSORA, espèce de rom me-résine, qui se trouve en Arabie. C’est le produm de l’acacia gummifera , ou, suivant Martius, de l’acacia leucophlæa. Son odeur est nulle, sa saveur insipide. Elle se comporte dans l’eau à peu près comme la gomme adragante; mais elle y reste suspendue en flocons. Les chimistes y ont trouvé pour la première fois la substance qu’ils ont nommée bassorine. :
GOMME DES FUNERAILLES. Voyez BITUME DE JUDÉE.
GOMME DE SIAM. Voyez GOMME-GUTTE.
GOMME DU PAYS, GOMME DE CERISIER. On nomme ainsi la gomme fournie par les cerisiers, les pruniers, lesabricotiers, etgénéralement les arbres fruitiers de la famille des rosacées. Elle diffère de la gomme arabique en ce qu’elle ne se dissout qu'imparfaitement dans l’eau et y forme un mucilage épais. Sa partie insoluble a reçu le nom de cérasine. La gomme du pays n’a encore été utilisée que dans la chapellerie. ,
GOMME DU SENEGAL. Cette gomme, produite par le mimosa Senegal, est identique avec la go mme arabique. Elle a les mêmes usages, et même elle est préférable pour faire un mucilage épais. IL s'en expédie chaque année plus de 500 milliers pesant, des comptoirs établis sur les bords de la Gambie.
GOMME ELASTIQUE. Voyez Caourcnouc.
GOMME ELEMI. Voyez ÉLÉMI.
GOMME EUPHORBE. Voyez EuruorBium et Eu- PHORBE.
GOMME-GUTTIE, GOMME DE SIAM, GOMME VÉ- RITABLE , suc concret que l’on obtient par incision de plusieursguttifères, principalement du s{alagmilis cambogioides, qui croît à Siam et à Ceylan. Il se présente en masses brillantes, à cassure plane , complétement inodores. Sa saveur, nulle d’abord, laisse au pharynx une sensation d’âcreté assez prononcée. Employée en peinture comme un des plus beaux jaunes végétaux , la gomme-gutte est un
drastique violent qui entre dans la composition des pilules purgatives et du fameux purgalif de Leroy. L’empoisonnement par la gomme-gutte se combat au moyen d’eau chaude, qui facilite les vomissements, et de café noir auquel on ajoute quelques grains de camphre.
GOMME LAQUE. Voyez LAQUE.
GOMME-RÉSINE. Les gommes-résines sont des mélanges bruts, en proportions variables, d'huiles volatiles, de substances gommeuses et résineuses, ainsi que de quelques autres sucs végétaux, qui découlent par excision de la plante qui les produit. Les principales sont l’aloès, la gommeammoniaque,lassa-fœtida, lebdellium,Peuphorbium ,le galbanum,lagomme-gutte, lé la bdanum ou ladanum, l’'oliban, l’opoponax, lesagapenum, la scammonée.
GOMORRIHIE (en hébreu, Amora ou Homora), l'une des cinq villes de la Pentapole que le feu du ciel détruisit l’an 2138 du monde (1897 avant J.-C.), la dépravation de ses habitants et la révoltante brutalité de leurs passions ayant mérité ce châtiment épouvantable (voyez Sonôme). On croit que Gomorrhe était la plus septentrionale des
“cinq villes, et que les ruines qui s'élèvent au-dessus des eaux de la mer Morte , près d'Engaddi, sont tout ce qui reste de cette ancienne cité.
GONAIVES (Les), ville d'Haïti, sur la côte occidentale, avec 6,000 âmes, est le chef-lieu de la province de l’Artibonite. Elle a un port excellentet faitun grand commerce en café, coton et bois d’acajou. C’est là qu’en 1804 fat proclamée l'indépendance de l’île. En 1868 ses habitants soutinrent un siége d’une année contrée les adversaires du président Salnave, et finirént par capituler en
GONCOURT (Eomonp et Jures HUOT pe), littérateurs français, nés, le premier à Nancy, lé 26 mai 1822, et le second à Paris, le 17 décembre 1830. Fils d’un officier supérieur et petits-fils d’un éonslituant, ilscédèrent à leur sympathie commune pour la littéraluré, et{ravaillèrent ensemble à tous les ouvrages qu’ils ont publiés jusqu’à la mort du plus jeune d’entre eux, arrivée à Auteuil le 20 juin 1870. Ils s'étaient habitués depuis leur enfance à voir, à deviner, à observer, à penser, à imaginer ensemble. « Coloristes enragés, dit un critique, ils emploient toutes les nuances de la palette; ils en font rayonver avec profusion les teintes vives et un peu crues, par les oppositions de lumière et de clair-obscur, des séparations tranchées, tout d’abord agréables, maisdont Pimpression trop persistante émousse la sensibilité. Amoureux de la description, ils en abusent au point que le roman semble fait pour elle et par elle seule. » De cette collaboration fraternelle sont sorlies des œuvres qui ont laissé, dans la littérature de n otre temps, une trace originale. Au premier rang nous citerons des romans, empreints à un degré bizarre de réalisme brutal et de mysticisme, tels que Sœur Philomène (1861), Rénée Mauperin (1864), Germinie Lacerteux (1865), Manette Salomon (1868), et Mme Gervaisais (1869). Dans leurs études historiques, toutes relatives au siècle passé (Histoire de la société française pendant la révolution et le directoire ; 1854- 55, 2vol. in-8; Sophie Arnould,1857; Marie:Antoinette, 1858; les Maîtresses de Louis XV, 1860, 2 vol. in-8), MM. de Goncourt ont apporté plus de curiosité d’esprit que de profondeur, Une de leurs publicalions les plus remarquables la pour sujet VArt au dix- huitième siècle (1860-67, in-4), et contient des études consciencieuses sur Watteau, Boucher, Fragonard, Greuze, La Tour, les Sairit= Aubin, etc. En décembre 1865 ils firent jouer au Theâtre- Français le drame d’Henrietlé Maréchal, dont les hardiesses provoquèrent de bruyantes protestations parmi le publie.
GOND , morceau de fer coudé en équerre, sur lequel tournent les pentures d’une porte ou d’une fenêtre, Au figuré, faire sortir quelqu'un des gonds, C’est exciter