‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 297 sur 552 · GOMME-GUTTE — GONDI · texte numérisé non relu

GOMME-GUTTE — GONDI

soudainement chez lui un violent mouvement de colère,

GONDAR., nom de l’un des Etats indépendants qui se sont formés à la suite de. la dissolution {de l'empire d’Abyssinie, tombé de nos jours dans la plus horrible anarchie, Ce nom est emprunté à la capitale même du royaume, ville de 60,000 habitants, suivant Bruce, et qui en 1862 n’en avait pas plus de 7,000, situéeau milieu d’une vaste plaine, et autrefois chef-lieu de toute l’Abyssinie. C’est une vaste agrégation de maisons aux toits de chaume et assez misérables.-Les 44 églises sont les seuls édifices qui portent un certain cachet de grandeur, encore bien que construites avec des matériaux défectueux; la principale, appelée Qu osquam, ne laisse pas d'offrir certainestraces d’art: l’intérieur en est tapissé de.soie bleue et orné de glaces. Le, vieux palais du roi ressemble à un châteaufort du moyen âge, mais, inhabité depuis fort longtemps, il est dans le: délabrement le plus complet.

Le royaume de Gondar est aussi appelé royaume d'Amhara, à cause du dialecte particulier qu’on y parle. Il comprend les: provinces centrales de l’Abyssinie et le grand lac Dembea, qui en occupe presque tout le milieu. Il fut conquis en 1853 par Théodoros; ce dernier, après s’être fait proclamer ,négous, choisit Gondar pour la capitale de son nouvel empire, auquel a mis fin, en 1868, la bataille de Magdala,

GONDEBAUD, troisième roi de Bourgogne, fils de Gondicaire. Dans le partage des Elats paternels, il avait eu pour lot les pays qui formaient la première Lyonnaise. Mais bientôt il s’unit à son frère Godégisile contre les deux autres, et les fit périr l’un et l’autre. Il prit le titre de roi vers 491, céda Genève à Godégisile, son frère, et fixa sa résidence à Lyon. Il agrandit ses Etats par la conquête de la Ligurie, de Turin, et s’avança en vainqueur iusqu’à Pavie, dont il s’empara. Clovis lui fit demander la main de Clotilde, sa nièce: Gondebaud la lu; promit; mais il différait autant que possible de remplir sa promesse. Clotilde fut enlevée par Aurélien, ambassadeur de Clovis, qui l'avait fiancée au nom de ce prince: Gondebaud ne songea plus qu’à s'assurer de puissants alliés : il maria son fils Sigismond avec la fille de Théodoric, roi d'Italie, Mais Clovis se ligua avec ce même prince, et avec Géodésile par un traité secret. Vaincu à Fleury-sur- Ouche (500), par la trahison de son frère, Gondebaud s'enfuit à Avignon, où il signa avec le roi des Francs un traité qui le déclarait son tributaire.

A peine l’armée de Clovis avait-elle passé les frontières de la Bourgogne, que Gondebaud marcha contre Godégisile et le fit égorger dans Vienne. Demeuré seul souverain de tout ce qui restait du royaume de Bourgogne, il rédigea et publia dans ses Etats le code connu sous le nom de Loi Gombette. I parut vouloir faire oublier par la sagésse et l'équité de son administration les crimes qui avaient souillé son règne. Il mourut en 516, à Genève. Il laissa deux fils, Sigismond et Gondemar, qui régnèrent tous deux après lui.

GONDI (Famille de). L'apparition dans notre histoire des membres de cette famille, originaire de Florence, où elle subsiste encore de nos jours, après y avoir joué dès le treizième siècle un rôle important, ne date que del’arrivée de Catherine de Médicisen France, Au nombre des gentilshommes florentins attachés au service particulier de cétte princesse, se trouvait un Antonio Got, qui devint maître d'hôtel du roi Henrill, el qui acquit la terre du Perron. Albert de Gonnr, son fils, épousa, en 1565, Claude-Catherine de Clermont-Tonnetre, veuve d’un baron de Rets, et devint l’un des favoris de Charles IX, qui érigea en sa faveur la terre de Retz en duché, et qui le créa en outre pair ét maréchal de France, Il mourut en. 1602, chargé d'années et de richesses, mais généralement accusé d’avoir été, avec Tavannes , l'an des principaux instigateurs de la Saint-Barthélemy. Il avait deux frères : l’un, Charles, fut général des galères et maître

GONDI — GONGORA Y ARGOTE

de la garde-robe, et mourut en 1574; l’autre, Pierre, en tra dans les ordres, et grâce à la protection de Catherine de Médicis, fit une rapide fortune dans l'Eglise. Nommé à l’âge de trente-deux ans, en 1565, évêque de Langres, il fut cinq ans après transféré sur le siége de Paris, et obtint le chapeau en 1588. IL mourut en 1616, laissant une fortune immense. Son siége passa à son neveu Henri de Gonni, qui depuis longtemps lui avait été adjoint comme coadjuteur, puis à son petit-neveu Paul de Gonpr, nommé en 1633 coadjuteur de Henri. Charles de Gonpni, fils aîné d'Albert, né en 1569, fut tué en 1596 sous les murs du mont Saint-Michel, dans une attaque qu’il dirigeait contre celte forteresse. Philippe-Emmanuel de Gonni, fils puiné d’Albert, né en 1581, lui succéda dans sa charge de général des galères, et mourut en 1662, quelques années

sant deux fils, Pierre de Gonpr, duc de Retz, né en 1602, mort en 1676 sans laisser d’héritiers, et Paul de Gonnr, né en 1614, à Montmirail, dont le nom est inséparable de l’histoire des troubles dont la France fut le théâtre sous la régence d'Anne d'Autriche, mais qui est plus connu sous celui de cardinal de Retz.

GONDOLE, GONDOLIER. Ce fut un pur caprice qui créa la gondole. Quel besoin pourrait rendre compte de sa forme amincie et allongée outre mesure? Que signifie sa poupe repliée en l’air comme la queue d’un poisson fabuleux, et sa proue recourbée ainsi que le cou d’un cigne? Dans quel but porte-t-elle en l’air un grand fer plat et menaçant? La.gondole, fréle et légère, ornée pour la parade, est la barque du bal masqué. Son fond est plat; il y à plaisir à la voir se glisser en silence à travers les longues ombres que projettent sur les flots les antiques demeures des sénateurs vénitiens. Elle vole avec une mystérieuse rapidité, une curiosité inquiète la suit toujours; les glaces et les jalousies de son carrosse sont rigoureusement baissées; on se demande quels personnages occupent le sofa intérieur; on veut deviner le but de sa course si rapide : imagination à Venise voit partout une intrigue d'Etat, un rendez-vous d’anour. Sur les barques ordinaires, les rameurs occupent l'avant, mais la gondole s’est plue dansles contrastes ; elle place ses gondoliers sur l’ar= rière, elle en a deux placés l’un au dessus l’autre, et faisant face à la proue; le plus élevé domine de l’œil pardessus le carrosse; chacun d’eux porte une longue rame, et, comme pour dérouter toutes les idées reçues, les deux rames s'appuient sur le même montant, l’inférieure à fleur

il n’y restait plus que cette espèce de fermentation qui semble exister naturellement dans toutes les villes entre les grands et le peuple. Celui-ci, voulant être gouverné par les lois, et les autres se mettre au-dessus, il est impossible que l'accord règne entre eux. Cette humeur inquiète n’éclata point tanf qu’on craignit les gibelins ; mais lorsqu'ils furent abattus

elle se manifesta dans toute sa force. Chaque jour chacun du peuple était insulté. Les magistrats et les lois ne pouvaient venger ces injures, parce que chaque noble, soutenu par ses parents et amis, se défendait contre le pouvoir des prieurs- et des capitaines. Animés du désir| de mettre un terme à ces abus, les chefs des corps de métiers arrêtèrent que chaque seigneurie en entrant en charge nommerait un gonfalonier, ou officier de justice, choisi parmi le peuple,

. qui aurait à ses ordres un corps de mille hommes, enrôlés après être entré dans la congrégation de l’Oratoire, lais- :

de bord, la supérieure contre un croissant, où aucune |

cheville ne la fixe. La gondole n’a point de timon; la rame est à la fois sa nageoire et son gouvernail. Trop légère pour se fier au vent, jamais elle n’appareille de voiles : la‘moindre brise la ferait incliner ou la renverserait, ;

La gondole est un héritage du Bas-Empire ; son premier type est le caïque de Constantinople; les Vénitiens le transportèrent dans leur ville, et firent quelques changemients à sa forme extérieure et à ses ornements. Les Grecs appelaient leur barquette countelada, les Vénitiens la nommèrent gondola. Théogène PAGE.

GONESSE, petite ville de France, au milieu d’une plaine arrosée par le Crould, sur le chemin de fer du Nord, avec 2,526 hab. On y trouve plusieurs fabriques, beaucoup de moulins à farine, et on y fait un commerce de grains, chevaux et fourrages. C’est un lieu ancien; au moyen âge, ses pelleteries el ses draps avaient une salle de vente à Paris, et ses pains blancs étaient recherchés, Son église, de style ogival, est très-curieuse.

GONFALON. C'était une bannière civile, religieuse et guerrière tout à la fois, que certaines villes populaires de l'Italie avaient coutume d’arborer à certaines époques; le gonfalonier était celui qui portait cette bannière. Machiavel raconte ainsi l’origine de cette institution à Florence : « Les guerres au dehors et la paix au dedans avaient en quelque sorte éteint dans cette ville les factions guelles et gibelines :

sous vingt bannières, avec lesquels il serait prêt à protéger l'exécution des lois toutes les fois qu’il en serait requis par elle ou par le capitaine. Ubalda-Ruffoli fut le premier gon-

. falonier élu ; mais bientôt on dut modifier encore cette ins-

titution. On ordonna, sur la proposition de Giano della Bella, que le gonfalonier résiderait avec les prieurs, et aurait quatre mille hommes sous ses ordres. »

Tant que le gouvernement républicain fut en vigueur à Florence, le gonfalonier jouit d’une grande autorité. Plus tard, ce nom changea entièrement de son acception pre mière; après différentes vicissitudes, il signifia officier de police; c’est cette dernière acception qu'il avait à Sienne au moment de la révolution française.

La France a eu aussi son gonfalon ou gonfanon , et ses gonfaloniers. Le gonfalon était plus spécialement chez nous une bannière d'église, qu’on arborait pour lever des troupes, afin de défendre les biens ecclésiastiques. Selon le patron, la bannière variait de couleur : pour un martyr, elle était rouge; pour un évêque, elle était verte. Ceux qui portaient le gonfalon en France étaient des avoués ou défenseurs,des abbayes. Il y eut plusieurs règféments aux Assises de Jérusalem qui établirent de quelle manière le connétable et le maréchal devaient, chacun à son tour «porter le gonfaion devant le roi, lorsque, dans les jours de cérémonie, il passait à cheval. | ms

GONFLEMENT. Ce mot, qui est à peu près synonyme d’enflure, désigne l'augmentation d’une partie du corps produite, soit spontanément, soit par l’action des corps extérieurs et sans altération de tissu. Le changement partiel qui.est ainsi exprimé annonce toujours un état morbide, et-sif en est souvent l'effet, il en est aussi parfois le y ‘curseur. k

GONG, instrument de musique en usage en Chine, { ! avec un alliage métallique dans la composition duquel il entre de l'argent, du plomb et du cuivre, et dont la forme est une concavité circulaire. Le son en est clair, dur et retentissant. On ne s’en sert jamais que pour donner un caractère tout national à la musique dans laquelle on le fait figurer, ou encore pour exciter la surprise et éveiller l'attention de l'auditoire. Dans les demeures aristocratiques du nord de l'Europe, on se sert aujourd’hui de gongs de la Chine, en guise de cloches, pour avertir les commensaux du noble châtelain que le déjeûner ou bien le dîner sont servis.

GONGORA Y ARGOTE (Louis pe), poète espagnol, né le 11 juin 1561, à Cordoue, alla à l’âge de quinze ans étudier le droit à Salamanque. C’est de cette époque que datent la plupart de ses poëmes érotiques , de ses romances et de ses lettrilles satiriques, œuvres dans lesquelles son génie revêt les formes -les plus fraiches et les plus suaves. Ces distractions lempêchèrent de faire les études nécessaires pour occuper des emplois publics, comme sa haute naissance semblait l’y convier ; aussi à l’âge de quarante-cinq ans se vit-il réduit à embrasser l’état ecclésiastique, et dutil alors s’estimer heureux d'obtenir une. prébende à la éathédrale de Cordoue. Plus tard, cependant, il fut nomme chapelain d'honneur du roi Philippe ; mais il était déjà trop avancé en âge pour aller plus loin. Une maladie le força à

s'éloigner de la cowr, et quelque temps après il mourut dans sa ville natale, le 24 mai 1627.

Dans appréciation de ses œuvres, il fant distinguer deux périodes. Jeune, Louis de Gongora s’inspira complétement de son génie et de l'esprit de sa nation. Les poëmes et les romances qu’il composa alors sont encore de l’ancien style national, et appartiennent aux meilleures productions de ce genre. Malheureusement, il voulut faire du nouveau, de l’extraordinaire à tout prix, et introduire dans la poésie sérieuse un style plus raffiné (es{ilo cullo). C’est dans ce but qu'il écrivit son Polifemo, ses Soledades et la fable de Pyrame el Thisbé, compositions pleines de pédantisme et de mauvais goût, pauvres d'invention et de pensée, mais riches en phrases creuses et sonores, en images fausses ét exagérées, en allusions mythologiques, le tout présenté dans un styleobscur et recherché, en parfait unisson avec des formes de langage calquées sur les anciennes langues classiques, et si peu naturelles, qu’il lui fallut imaginer un système de ponctuation à son usage particulier. Mais c’est précisément pour cela qu’il fait époque dans l’histoire littéraire de l'Espagne; car ses défauts trouvèrent d’ardents prôneurs et de nombreux imitateurs , et il fonda une école nouvelle, à laquelle est resté Je nom de gongorisme ou cultorisme. Le gongorisme et son influence sur Ja littérature espagnole sont contemporains de l'influence très-analogue exercée sur la littérature italienne par le marinisme. Plusieurs des disciples ae Luuis de Gongora tinrent à honneur de commenter les œuvres du maître, mais firent preuve d'encore plus de manvais goût que lui, par exemple Saicedo Corone!, dans sou Comimentaire du Polifemo (1629), et Pelicer de Salas dans ses observations sur les Soledades (1636), ainsi que dans ses Lecciones solemnes à las obras de Gongora (1630).

La plus ancienne édition des Œuvres complètes de Gongora est celle de J. Lopez de Vicuna (Madrid, 1627). Ramon Fernandez, dans sa Colleccion (Madrid, 1780), a donné un choix fait avec goût des meilleures productions de ce poëte,

GONGORISME,. Voyez Goncora et CULTORISME.

GONIOMETRE (de ywyix, angle, et mérpov, mesure }), instrument spécial dont se servent les minéralogistes pour mesurer les angles des cristaux. Le plus simple est le goniomètre ordinaire ou goniomètre d'application, qui ne se compose que de deux règles mobiles à l’aide desquelles on prend l'ouverture de l’angle que l’on veut mesurer; il suffit de porter ensuite ces règles sans altérer leur position, sur un rapporteur pour évaluer l'angle en degrés et fractions de degrés. Mais ce procédé est trop grossier pour mesurer les angles de petits cristaux. On se sert alors de goniomètres à rotation et à réflexion. Parmi ces derniers, les plus parfaits sont le goniomètre de Wollaston et le goniomètre de M. Babinet.

GONIOMETRIE ( de ywvia, angle, et uétpov, mesure). Quelques auteurs, et particulièrement Francœur, ont donné ce nom à l’art de mesurer les an°les au moyen d'instruments, tels que legraphomètre,lerapporteur, lesextant, etc.

GONORRIHEE. Voyez BLENNORRHAGIE.

GONSALVE DE CORDOUE (Gowsazvo HERNAN- DEZ PAGUILAR),surnommé le grand Capitaine, naquit le 16 mars 1443, à Montilla, petite ville dans le voisinage de Cordoue, Il était issu d'une des plus illustres familles d’Espagne. Ce fut contre les Maures, et ensuite contre les Portugais, qu'il commença à faire remarquer ses talents militaires. La conquête du royaume de Grenade, sous le règne de Ferdinand dit le Catholique et d’Isabelle, acheva de le mettre tout à fait en évidence, et les succès qu’il obtint dans diverses rencontres déterminèrent ses souverains à lui con-

fier le commandement d’une expédition dans le royaume de Naples, Le prétexte de cette expédition, qui eut lieu en 1501, était de porter secours à Frédéric, dernier roi de Naples de Ja branche bâtarde d'Aragon ; son but réel était de dépouiller ce malheureux prince, car Ferdinand s'était uni avec

Page 1