GONSALVE DE GORDOUE — GONZAGUE
lequel il passera à la postérité, lui avait été décerné nonseulernent par ses soldats, mais encore par les Français, qu’il avait vaincus. Sa générosité ne lui faisait pas moins d'honneur que ses vertus guerrières. La république de Venise lui ayant fait présent de vases d’or, de tapisseries magnifiques
et de martres zibelines, avec un parchemin sur lequel était |
écrit, en lettres d’or, le décret du grand-conseil qui le créait
noble vénitien, il envoya le tout à Ferdinand, à l’exception du |
parchemin, qu'il ne retint, disait-il, que pour montrer à son concurrent, Alfonse de Silva, qu’il n’était pas moins gentilhomme que lui, 11 est pourtant un point sur lequel la réputation de Gonsalve n’est pas intacte : l’histoire lui reproche avec raison d’avoir livré au roi Ferdinand Alfonse, fils de Frédéric, roi de Naples détrôné, manquant ainsi au serment s0- 1eunel qu'il avait fait sur l’hostie de laisser à ce jeune prince la liberté s’il mettait bas les armes.
Gonsalve de Cordoue est le héros d’un roman ou plutôt d’un poëme en prose de Florian. CHAMPAGNAC,
GONTAUT (Famille de). Cette ancienne maison, une des plus illustres de France, s’est fait un nom dans les armes depuis les temps de la chevalerie. On fait remonter son origine à la ville et baronnie de Gontaut, dans l’Agénois, d’où elle se serait répandue dans le Périgord et le Béarn. Il en est question dans une charte de 926. Au douzième siècle, elie figure parmi les barons et princes de la cour de Guillaume, duc d'Aquitaine. Dès 1180 ses mernbres prennent le titre de seigneurs de Biron. Jls ont pour devise : Perit, sed in armis. Le plus ancien d’entre eux dont l’histoire fasse mention est Gaston de GonrauT, baron de Biron, mort en 1374. Parrmi ses successeurs, on distingue Pons de GOoNTAUT, baron de Biron, seigneur de Montferrand, Carbonnières, etc., qui se trouva à la journée de Fornoue ; Jean de Gonraur, baron de Biron, seigneur de Montault, de Montferrand et de Puybeton, gentilhomme de la chambre du roi, qui fut envoyé en ambassade et chargé de négociations auprès de l’empereur Charles-Quint et du roi de Portugal ; il se trouva à la bataille de La Bicoque et à celle de Pavie, où il fut blessé et fait prisonnier ; il servit au siége de Metz, et mourut à Bruxelles, des blessures qu’il avait reçues à la journée de Saint-Quentin, le 10 août 1557. Son fils et son petitfils furent maréchaux de France. Le premier mourut sur le champ de bataille ; le second périt misérablement à la Bastille, de la main du bourreau (voyez Biron).
Le maréchal de Biron ne laissa pas d’enfant légitime, mais de son frère naquit Charles-Armand de GonNTAUT-BiRow, raréchal de France, né le 5 août 1663, mort à Paris, en 1756. Le fils de ce dernier, Louis-Antoine de GONTAUT-BIRON, né
le 2 février 1701, mort en 1788, maréchal de France aussi |
et colonel des gardes françaises, introduisit dans ce corps une discipline admirable, fut considéré longtemps comme le patriache et le modèle de l’armée, et laissa en manuscrit un traité de la guerre. Son neveu et héritier, Armand-Louis de Gonraur, due de Bimow, ne fut connu jusqu’en 1788 que sous le nom de duc de Lauzuwn.
Une autre branche de#la même famille, celle de Saint- Blancard, a donné naissance à Jean-Marie-Alexandre de Gonraut-Biron, né en 1746, entré dans les gardes françaises en 1762, emprisonné pendant la révolution, ayant refusé de Napoléon un grade élevé dans la garde nationale, et ayant été fait lieutenant général par Louis XVIIT; et à Armand-Louis-Charles, marquis de GonrAuT-BIRoN, né le 11 septembre 1771, ayant émigré et fait la campagne de 1792 à l'armée des princes et nommé pair de France par Louis XVIII. De son mariage avec Élisabeth-Charlotte de Damas-Crux sont issus quatre enfants. La femme de l’un fut la vicomtesse, puis duchesse de GonTauT-Biron, qui fut gouvernante des enfants de France sous la Restauration,
GONTHIER (FrANÇoIse CARPENTIER, veuve ), célèbre actrice de la Comédie-Italienne et de l’Opéra-Comique, naquit à Metz, le 4 mars 1747. Elle avait déjà acquis quelque réputation en province, quand elle vint débuter, en 1778, au premier de çes théâtres, Jeune encore, elle s'était
consacrée à l'emploi des duè gnes. Le succès qu’elle obtint à ses débuts fut tel, que, reçue par acclamation, ells devint dès 1779 sociétaire, Elle réussissait à la fois dans la comédie et dans l’opéra-comique. Comprise en 1801 dans la nouvelle société dramatique chantante composée des meilleurs acteurs des salles Favart et Feydeau, elle continua d’être applaudie sur cette dernière scène jusqu’au jour où elle y fit ses adieux au public, en 1812. Dans le grand nombre de rôles qu’elle joua ou créa, on cite la vicille Bobi dans Rose el Colas, Alix dans Les Trois Fermiers, la mère dans Blaise et Babel, la vieille paysanne dans Adèle et Dorsan, et surtout Babet dans Philippe et Georgette.
GONTRAN, second fils de Clotaire 1°", obtint en partage le royaume d'Orléans et la Bourgogne, depuis la Saône et les Vosges jusqu'aux Alpes et à la mer de Provence, et fixa sa résidence tantôt à Chalon-sur-Saône, tantôt à Orléans. Bientôt ses Étals s’augmcntrent encore d’une part dans l'héritage de Caribert, son père. Après avoir vu battre ses troupes par les Loimbards dans une première invasion, il fut plus heureux lorsqu'il eut pris pour général le Romain Mummolus. Les Saxons furent également repoussés.
Dans les longues guerres causées par la rivalité de Brunehaut et de Frédégonde, Gontran embrassa tour à tour l'un et l’autre parti, suivant ses craintes et sesintérêts. Après le meurtre de Sigebert, il adopta son fils Childebert. A la suite d’une guerre où les succès furent balangés, Gontran et Chilpéric conclurent une trêve. Quand ce dernier eut été assassiné, Gontran se déclara le protecteur de son fils Clotaire LI. 11 combattit ensuite Gondebaud, fils naturel de Clotaire L°*, qui s'était fait proclamer roi d'Aquitaine avec appui de Gontran-Boson et du duc Mummolus; ce jeune prince lui fut livré par la trahison de ces deux personnages. Mais Gontran les punit de leur double félonie en les faisant périr. Il envahit ensuite sans succès la Septimanie et la Bretagne, puis il signa avec Brunehaut et son fils Childebert le traité d'Andelot. 11 mourut en 593, à Chalon. Childeber t II lui succéda. C’était un horame assez débonnaire, bien qu’il gardât encore un fonds de cruauté inhérent au barbare; M. Michelet eu fait le personnage comique du sombre drame des Mérovingiens. Le clergé l’a canonisé, et saint Grégoire lui aftribua même le don d’avoir fait des miracles de son vivant. Il se montra toujours très-dévot et très-généreux envers l'Église.
GONTRAN-BOSON, guerrier de race franque; il commandait les Austrasiens envoyés en Aquitaine par Sigebert conire Théodebert. Il avait épousé une Gallo-Romaine, d’une famille riche et puissante. Après la mort de Sigebert, il fut un des leudes qui prirent la tutelle de son fils. Lorsque Gondebaud, fils naturel de Clotaire 1°", fut appelé de Constantinople par les Austrasiens, comme un prétendant à opposer soit à Gontran, soit à Chilpéric, Gontran- Boson, qui était du complot, trahit le prince pour lui voler son or, Gontran le fit arrêter ; aussitôt il rejeta tout sur le compte du patrice Mummolus, et s’offrit, pour sauver sa ète, de l'aller combattre; mais cette expédition échoua. Après la mort de Chilpéric et la chute de Frédégonde, ce leude devint un zélé Austrasien. Mais un crime que les lois barbares punissaient de mort, la violation d’un tombeau, causa sa perte. Livré par Childebert à Gontran , il fut condamné au dernier supplice, et brûlé vif dans une maison où il s'était enfermé.
GONZAGUE (Maison de). Famille de princes italiens, qui remonte à l’empereur Lothaire, dont l’arrière-petit-fils, Hugues, épousa uné princesse lombarde, nommée Gonzingine ou Gonzaghi, d'où le nom de Gonzaga, gardé par ses descendants. Ludovico GonzAGA termina la longue querelle existant entre sa famille et celle des Bonacossi (Benacorsi), au sujet de la souveraineté de Mantoue, en s’emparant de cette ville, le 14 août 1328, avec l’aide de son fils, le courageux Philippino GowzaGs, et, obéissant à ses instincts de vengeance, il tua en combat singulier Passerino de Bona-
cossi, magistrat suprême de Mantoue, dont tous les adbérents furent exilés, C’est ainsi que devenu capitano de Mantoue, puis confirmé dans cette dignité, et nommé en outre vicaire de l'Empire, par l’empereur Louis de Bavière, Ludovico 1*° de Gonzague établit la souveraineté de sa famille sur Mantoue et son territoire, souveraineté en possession de laquelle la maison de Gonzague demeura jusqu’en 1707 : à partir de 1432, avec le titre de marquis , et à partir de 1530 avec celui de duc.
Ludovico III eut trois fils, Federico, Giovanni-Francisto, et Rudolfo, qui partagèrent la-maison de Gonzague en trois lignes. Federico fut la souche des marquis de Mantoue, créés ducs en 1530, par Charles-Quint, et éteints en 1726; de Giovanni-Franciscoet de Rudolfo descendent les ducs de Sabionetta et de Castiglione, dont les principautés furent confisquées par l’empereur en 1692. Une nouvelle ligne se forma lorsque Federico, frère de Federico II, ent en partage Guastalla; mais elle s’éteignit en 1746.
Les membres les plus remarquables de la maison de Geonzague furent : Guido, fils de Ludovico I, qui en 1360, par suite de la mort de Filippino, qui ne laïssait pas d’enfants, devint le second capitano de Mantoue; Petrino ou Feldrino, frère cadet de Guido, fut la souche des comtes de Novellara, famille qui s’éteignit en 1728. Après Guido régnèrent; Ludovico 11 (1379-1382), Francesco (1382- 1407 ), Giovanni Francesco ( 1407-44 ), qui, ayant rendu de grands services à l’empereur Sigismond, fut en récompense élevé par ce prince au titre de marquis de Mantoue; Ludovico III ( 1444-1478), surnommé Le Turc, à cause des luttes heureuses que, comme général des Florentins et des Vénitiens, il soutint contre les infidèles; Federico 1° (1478-1484); Francesco II ( 1484-1539 ), créé le 25 mars 1530 duc de Mantoue, par Charles-Quint, qui en 1536 lui conféra le marquisat de Montferrat, dignités devenues héréditaires dans sa famille; Francesco III ( 1540-1550 ); Guillemo, son frère ( 1550-1587); Vincenzo I (1587-1611), qui fortifia Mantoue et se distingua dans les guerres de Hongrie contre les Turcs; et ses trois fils, Francesco IV (1611-1612), Fernando lIV (1612-1626 ), et Vincenzo II (1526-1627 ). La ligne régnante s’éteignit en la personne du dernier de ces princes.
L'héritier le plus proche était alors le duc de Nevers, Charles J*', fils de Louis de Gonzague, duc de Nevers (voyez NiverNais [ ducs de ].), et de Henriette de Clèves, et petit-fils de Frédéric 1J, duc de Mantoue. J1 se trouvait à Rome, dans les intérêts de la France, lorsqu'il y apprit la mort de son cousin Vincent II. Il eut pour concurrent César de Gonzague, duc de Guastalla, qui lui disputa cette succession, et le duc de Savoie saisit cette occasion pour réclamer le Montferrat, Ce dernier mit le‘siége devant Casal. Le roi de France, Louis XIII, prit fait'et cause pour le duc de Nevers; il força le Pas de Suze en 1629, et fit lever
le duc de Savoie; mais le traité de Cerasco j conclu le 29 juin 1631, assurà au duc Charles, dont les intérêts avaient aussi été épousés par le pape et par les Vénitiens, la possession des duchés de Mantoue et de Montférrat. Ce prince mourut en 1637. ‘ :
A Charles 1° succéda, en 1637, son: petit-fils Charles III; car Charles I1 était déjà mort du vivant de son père, en 1631, Les sœurs de Charles II furent Marie de Gonzague, morte en 1667, qui épousa en premières noces le roi de Pologne, Ladislas IV, puis en secondes noces son frère, le roi Jean-Casimir (consultez sur son voyage en Pologne, les Mémoires de l'abbé de Marolles ), ct Anne de Gonzague, morte à Paris, en 1684. Elle avail épousé le prince palatin du Rhin, Édouard; et sous le nomde princesse palatine, elle joua pendant quelque temps un rôle important à li cour de France. Elle à laissé deg mémoires fort curieux (Paris et Londres, 1686 ). Charles IIL mourut eu 1665. Son fils et successeur, Charles IV, mort en 1708, reçut une garnison française dans Mantoue, et lors dela
GONZAGUE + GORALES
guerre de la succession d’Espagne, prit parti pour Ja France, L’empereur Joseph l'ayant pour ceifait mis au ban de VEm- Pire, le duc de Savoie prit possession de Montferrat, tandis que l’Autriche s’emparait du duché de Mantoue : acquisitions qui leur furent confirmées ‘à l’une et à l’autre par la France en 1707. Les domaines héréditaires appartenant à Ja ligne cadette, les duchés de Guastalla, Solférino et Sabionetta, ainsi que la principaüté de Castiglione, furent, après la mort du duc Philippo, acquis par l'impératriee Marie-Thérèse moyennant un äpanage dé 10,000 florins, d’un proche parent du défunt, le prince Zuigi de Gox- ZAGA, sans l’acquiescement du fils mineur de Philippo, qui alors habitait l'Espagne, À F4 * En 1853, le tribunal de police correctionnelle de la Seine condamna à deux années d'emprisonnement, comme coupable d’usurpation de nomret d'escroquerie, un aventurier qui depuis plusieurs années parcourait les grandes villes de l’Europe sous le nom de Alexandré, duc de Gonzague. Né à Dresde, en 1799, il se. prétendait petit-fils du due Philippe de Günzague, de la‘branche "de Guastalla; et en attendant le résultat d’uneréclamation qu'il avait adressée en 1841 à’toutes les tétes’couronnées de l’Europe, à l'effet d’être remis en possession'dès États appartenant à sa maison et usurpés par l’Autriche (#%oyez l'ouvrage intitûlé Zsquisse biographique d'Alexandre de Gonzague, par un diplomate [Paris, 18441), sôn Altesse Sérénissime vendait à beaux deniers comptant à de vaniteux imbéciles la magnifique décoration de’ l’ordre qu'avaient institué ses prétendus ancêtres. Ayant reçu sa grâce entière de Napoléon III, il se retira À Londres , où il est mort en 1869. On a de lui quelques ouvrages. , :GONZAËVE DE 'CORDOUE. Voyez GoNsALYE.
® GOODALL (FrÉnénic), peintre anglais, est né le 17 septembre 1822, à Londres. Il commença ses études artistiques dès l’âge de treize ans, sous la direction de son père, Élouard Gbonalz, graveur en grand renom. Dès 1855 la Société dés Arts lui décernait une médaille d’honneur pour une esquisse et en {837 un prix pour son premier tableau. "A l'exposition de l’Académie de 1839 il exposa un‘Second tableau, Soldats français buvant dans un ‘cabaret, où il ranifestait pour la représentätion des mœurs populaires un talent qui depuis n’a fait que s’accroître, Postérieurement il ‘entreprit de nombreuses tournées artistiques en Bretagné et däns d’autres parties de la Francé, dans le pays de Galles ét en Égypte. Parmi ses productions qui ont obtenu le plus de succès nous citerons : {a lêle du village, ta Halte dé Bohémiens, le Réve du Soldat, Hunt the slipper, le Bureau de poste, Paris en 1848, tn Épisorle des jours heureux de Charles Ier, Retour'des pèlerins de la Mecque, la Féte des palmes. Il est membre de l'Académie des
‘beaux-arts de Londres.
le siége de Casal. L'Espagne et l’Autriche prirent parti pour |: Kÿ He ee
GOODRICH (Samoet), littérateur américain, né en 1793, dans le Connecticut, était le frère d’un savant pro- ” fesseur qui a publié plusieurs éditions du Dictionnaire
anglais de Webster. À vingt ans il fit à Hartford le com- ‘merce de la librairie. Après avoir visité le vieux monde
il acheta une maisofñ' considérable de Boston (1824), et
entreprit, sous le pseudonyme de Peter Parley, une sé-
rie d'ouvrages deyénus rapidement populaires. Nous ci- © terons dans le nombre l’His/oire universelle, les États- Unis d'Amérique et l'Éducation tu foyer. Plusieurs générations d’écoliers n’ont pas eu d’autres instruments d’études que ces livres, dont il a été vendu plus de 12 Millions d’exémplaires. Gooürich fat consul des États- Unis à Paris de 1851 à 1855, Il est mort ex 1860.
GOODYEAR (Cnanjes), né en 1791, à New-Haven (États-Unis), est l'inventeur d’un procédé destiné à rendre le caoutchouc imperméable au moyen du soufre. C’est le caoutchouc dit vu/canisé. Ce produit, exposé en 1855, à Paris, valut à son auteur de nombreuses distinctions honorifiques et il en fit, pour les usages les lus variés,
GORALES — GORDON
une fabrication qui le rendit maître d’une immense fortune. Goodyear est mort en 1860, à New-York.
GOPLO (Lac), le plus grand qu’il y eût en Pologne, est situé dans le grand-duché de Posen, non loin de la petite ville de Kruzwice. Il a 5 kil. de large sur 30 de, long; mais autrefois beaucoup plus considérable, il servait à relier la Wartha à la Vistule. |
GORALES, habitants slaves des monts Karpathes C’est une belle race d'hommes, vigoureux, gais et hospitaliers, s'adonnant aux ouvrages de menuiserie, à la fabrication des vases et ustensiles en bois dont ils trouvent le placement avantageux à Cracovie. L
GORDIEN (Nœud), expression proyerbiale, emprun: tée à l'histoire pour indiquer dans toute entreprise, dans toute affaire, le point de la difficulté. Un certain Gordius, tiré des travaux champêtres par les Phrygiens pour être leur roi, avait consacré à Jupiter la charrette sur laquelle il était monté lors de son élévation au trône. Le lien qui en attachait le joug au timon était si compliqué, qu’on ne pouvait en découvrir le nœud. L’oracle promit l’empire de l’Asie à celui qui parviendrait à le délier. Quelques siècles après, Alexandre, passant dans la ville de Gordium, ancienne résidence du roi Midas, fils et successeur de Gordius, essaya
vainement de défaire ce nœud ,, et, craignant que ses soldats n'en tirassenf un manvais augure: « Il n'importe, dit-il, comment on le dénoue. » Puis, de son épée ayant coupé le nœud, dit Quinte-Curce, il éluda ou accomplit l’oracle. En guerre comme en politique, et souvent aussi dans les relations privées, malheur à celui qui ne sait pas trancher le nœud Gordien! mais pour cela il faut avoir l’œil juste et la main ferme. Charles Du Rozoir.
GORDIEN. 11 y a eu trois empereurs de ce nom, le père, le fils et le petit-fils, qui en moins de huit années (de 237 à 244 de notre ère), périrent de mort violente, tant le trône impérial de Rome abimait promptement à cette époque ceux qui osaient s’y asseoir! Maximin avait remplacé, en 235, Alexandre-Sévère. Ce tyran, qui prétendait réformer l'empire par des supplices, et qui affectait de braver le sénat, voyait chaque jour éclater contre lui des conspirations, qu'il étouffait dans des flots de sang. 11 venait de vaincre les Sarmates et les Germains , etse croyait bien maître de l’empire, lorsque les habitants de Tysdrus, en Afrique, écrasés par les exactions d’un receveur des domaines particuliers de l'empereur, se soulevèrent, menacèrent cetagent trop digne de son maître, et proclamèrent augustes les deux Gordiens père et fils Le vieux Gordien (MARCUS-ANTONIUS3 GORDIA- NUS ), né à Rome, l’an 157, descendait desGracques par sa mère, et de Traja n par son père. Son bisaïeul, son aïeul, son père, et lui-même , avaient été consuls. ,« Ses richesses , dit Châteaubriand , ne se pouvaient compter ; on citait ses jeux, ses palais, ses bains, ses portiques ; c'était bien desprospérités pour mourir : il est vrai que l'empire l’atteignit malgré lui. » Gordien, alors Agé de quatre-vingts ans, gouvernait l’Afrique en qualité de proconsul. I! avait si bien mérité l'amour du peuple, que lorsqu'il paraissait en public, on le saluait par ces acclamations : Aw nouveau, au vrai Scipion l'Africain! Lorsque la multitude vint le revêtir des insignes de empire , il les repoussa , et se roula par terre en pleurant. Le sénat confirma l'élection des deux Gordiens, et déclara ennemi de la république Maximin, dont les statues furent renversées. Cependant, Capellien, gouverneur de Munda , fidèle à l'empereur déposé, marche contre le jeune Gordien, qui est vaincu et tué près de Carthage.
Jules Capitolin nous donne des détails curieux sur cet empereur. Marcus ANTONIUS GorpiaNvs, âgé de quarante-six ans, était aussi sensuel et voluptueux que son père était sobre et chaste. Il avait vingt-deux concubines. Héliogabale lui avait conféré la questuresur l’éloge qu’on lui:fit du goût du jeune Gordien pour le plaisir. Du reste, il était. d’un naturel aussi bon qu'équitable; il s’honora dans sa préture à Rome, et fut élevé au consulat sous Alexandre Sévère. Comme son père il cultivait les lettres, et passait pour un,
assez bon poëte. « La vie molle que ruenaitce jeune prince, dit l'historien Jules Capitolin , ne lui fit pas négliger pourtant les vertus des gens de bien. » Son père lui avait dit souvent qu'il mourrait jeune dans un rang illustre. Le vieux Gordien ne voulut pas survivre à son fils; ils’étrangla avec sa ceinture, et échappa ainsi à la vengeance de Maximin. Le sénat, qui avait rompu Sans retour avec ce dernier, désigna deux nouveaux empereurs, Maximus Pupienus et Claudius Cœlius Balbinus; mais le peuple et l'armée, qui avaient en vénératiou le nom du vieux Gordien, proclamèrent César son petit-fils, Marcus-Anronins Gonpranvs, âgé de treize ans, surnommé Le Pieux. 11 était fils selon les uns, neveu selon les autres, de Gordien II. ?/
Cependant, tandis que Maximin se prépare à marcher contre Rome ( même année, 237 ), une sédition y éclate. 11 y a lutte entre le peuple et les prétoriens. Le sang: inonde les rues, l'incendie les dévaste. La présence de l'enfant Gordien apaise seule le tumulte -: « Les deux partis se calment, dit Châteaubriand, à la vue de la pourpre ornée de l'innocence et de la jeunesse. » Bientôt Maximin est égorgé devant Aquilée. Élus du sénat, Maximus Pupienus et Claudius Balbinus, ne sont point agréés par les troupes, quiles massacrent dans Rome, en 238, et proclament Auguste le petit César Gordien. Ce prince régna trop peu : il eut pour beau-père l'habile et vertueux Mysithée, dont il fit son préfet du prétoire et son ‘premier ministre. Attaqué, sur/la frontière d'Orient, par le roi de Perse Sapor, il sortit de Rome en 242, après avoir ouvert le temple de Janus : c’est la dernière fois qu’il est question de cette cérémonie dans l’histoire. Gordien remporta sur lés Perses quelques avantages, et eut la candeur de rapporterla gloire de ses succès à Mysithée, que le sénat honora du titre de tuteur dela république. Cependant, celui-ci mourut, empoisonné, à ce que l’on soupçonna, par l'Arabe Julien Philippe, qui lui succéda dans la charge de préfet du prétoire. Cet ambitieux ne regarda le rang où il venait de monter que comme un échelon vers le trône. Phi lipp'e, d’abord associé à Gordien, finit par l’immoler. Le jeune empereur s’abaissa à demander successivement le partage égal du pouvoir, le rang de césar, la charge de préfet du prétoire, le titre de gouverneur de province, enfin la vie : Philippe lui refusa tout, excepté un tombeau de marbre, que les soldats lui élevèrent au confluent du Chaboras et del'Euphrate. Gordien IIT périt au commencement de mars 244, ayant à peine atteint son quatrième lustre : il avait régné cinq années et huit mois. Capitolin ajoute que les assassins de Gordien furent réduits dans la suite à se percer de leur épée : on en avait dit autant des meurtriers de César. Le même auteur rapporte que Gordien I rappelait les traits d’Auguste, Gordien II ceux de Pompée, Gordien III ceux de Scipion l’Asiatique. Il ya des médailles destrois Gordiens : celles des deux premiers sont rares, mais celles de Gordien III sont assez communes en tous métanx. Charles Du Rozom.
GORDON, ancienne famille écossaise , sur l’origine de laquelle il règne beaucoup d’obscurité. 11 est probable que les Gordons arrivèrent de Normandie en ‘Angleterre avec Guillaume le Conquérant, et que plustard ils s’établirent dans le comté de Berwick,en Écosse. La principale ligne s’éteignit déjà en la personne d'Adam Gornow, chevalier de Huntley, lequel fut tué en 1402, à la bataille de Homildon. Sa fille unique épousa Alexandre Seton, arrière-petit-fils de Christal Seton, 'uu des compagnons de Wallace et de Bruce, dont les descendants continuèrent à porter le nom de leur mère; ils furent la souche des ducs de Gordon. Les comtes actuels d’Aberdeen ne descendent point de cette ligne féminine, et prétendent femonter à une branche mâle collatérale, ayant pour souche Patrick Gonpow, mort en 1445, à la bataille d’Arbroath. Après les Douglas, les Gordon de Huntley étaient autrefois les seigneurs qui par leurs alliances et leurs richesses exerçaient le plus d'influence en Écosse. C'étaient des catholiques et des jacobites ardents; aussi prirent-ils uné part des plus actives aux guerres de religion et aux luttes soutenues dans les intérêts des Stuarts.