GORDON
Georges Gonpow, 4° comte de Huntley, chercha, après la raort de Jacques V, à empêcher le mariage de la reine Marie avec Édouard VI d'Angleterre; et en 1546 ilfutnommé chancelier du royaume d'Écosse. En cette qualité il fit tout pour combattre les progrès de la réformation dans ce pays. Plus tard , il résolut de s'emparer de vive force de la reine et de lui faire épouser son fils. Murray dé'oua ses projets en le faisant arrêter. I1 fut étranglé, le 28 octobre 1562. Un de ses petits-fils, Georges Gornon, marquis de Huntley, se ligua en 1594 avec divers autres seigneurs pour extirper le protestantisme, battit le comte d’Argyle, qui avait été envoyé contre les révoltés, mais finit par être vaincu et banni du royaume. Rentré en Écosse en 1596, il abjura le catholicisme, et mourut en 1635.
Sous Charles I’, trois Gordon perdirent la vie pour la la cause des Stuarts. Sir Georges Gonpon fut décapité en 1644, à Édiobourg ; Georges, marquis de Gorpox, eut le même sort, en 1649, et Georges, vicomte de Gorpon, péril en 1645, à Alford, à la tête de la cavalerie royale.
Pendant la révolution de 1688, le duc Georges de Gorpox tint occupé avec des catholiques le château fort d'Édimbourg au nom de Jacques II, tandis que le Covenant, réuni dans la ville, se prononçait en faveur de Guillaume d’Orange. Sans tirer sur ces concitoyens, il rendit la forteresse, après y avoir subi les plus cruelles extrémités.
“Lors des soulèvements jacobites de 1715 et de 1745, les Gordon demeurèrent fidèles aux Stuarts. Ce fut un Gordon qui à la bataille de Sheriffmuir battit l'armée royale à la tête des clans de l’ouest; plusieurs Gordon se signalèrent aussi aux journées de Falkirk et de Culloden; puis ils se soumirent au fait accompli, et reconnurent la nouvelle dynastie.
Vers la fin du dix-septième siècle, sir Patrick Gonvox entra au service du ezar de Russie Pierre 1°", dans les armées duquel il introduisit la tactique européenne. En 1688 il fut nommé général en chef, mais à peu de temps de là il fut renversé par Gal yczin, l'amant de la sœur de l’empereur. Gordon s’en vengea en aidant à la révolution qui jeta la grande-duchesse dans un cloître et condamna son amant à l’exil. En 1696 il dirigea comme feldmaréchal les opérations de la guerre contre les Turcs, et fut ensuite nommé gouverneur de Moscou. 11 mourut le 9 décembre 1699. Son Journal (publié pour la première fois par le prince Obolenskji et Posselt [ 2 vol., Moscou, 1849 ]) ést d’une importance toute particulière pour l’histoire de Russie.
Alexandre Gorpon, neveu et gendre du précédent, servit d’abord en France, puis alla en Russie, où on le fit colonel. Après être resté huit ans prisonnier de guerre en Suède,
il revint en Écosse; et on présume qu'il y mourut, vers 1752. Il est auteur d’une histoire de Pierre le Grand,
Lord Georges Gorpon, né le 19 décembre 1750, fils du 3° duc Georges-Cosmes Gordon, est connu comme l’instigateur de la formidable émeute qui éclata dans les rues de Londres, en 1780. Il avait d’abord été officier de marine ; plus tard, il se fit remarquer dans le parlement par la vivacité de son zèle contre le papisme, et, à la suite du bill de tolérance accordé, en 1778, aux catholiques, il fonda une association protestante. Le gouvernement jusque alors n’avait point attaché d'importance aux discours incendiaires de lord Gordon, quand, en 1780, celui-ci annonça que le 2 juin il présenterait au parlement une pétition signée par 120,000 personnes contre le bill de tolérance, et qu’il y viendrait accompagné par 20,000 hommes. 1l entra effectivement au jour indiqué dans le parlement à la tête d’un rassemblement tumultueux qui maltraita quelques-uns des membres de l'assemblée, Malgré cette démonstration populire, le parlement n’en adopta pas moins, à une majorité de 192 voix contre 6, la loi qui rendait aux catholiques une partie de leurs droits. Le 4 juin la populace commença à détruire dans divers quartiers de la capitale les habitations et les chapelles des catholiques, Le 6 les séditieux marchè-
rent sur Newgate, y mirent le fou, et délivrèrent 300 dé-