‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 31 sur 552 · FRONTIGNAN — FRONTON · texte numérisé non relu

FRONTIGNAN — FRONTON

Frontignan n’apparaît guère dans l’histoire avant le douzième siècle, époque où un château fortifié s'élevait sur son emplacement. En 1562 les calvinistes assiégèrent inutilement la ville. En 1629 Louis XL y établit un siége principal d'amirauté. Frontignan était alors une place importante pour le conunerce maritime de la province.

FRONTIN, personnage comique. Héritier du Dave de la comédie ancienne, successeur du Scapin et du Merlin de la scène du dix-septième siècle, Frontin est une création

| tres l’avoir consulté sur ‘une affaire. On peut conclure de ce P

des poëtes comiques du dix-huitième. Valet plus impudent :

que fourbe, plus audacieux que rusé, son nom indique assez qu'il a un front à l'épreuve de tout, qui ne rougit et qui ne pâlit jamais. C’est lui qui est le maître véritable de celui qu’il veut bien appeler son maître, qui le dirige dans ses affaires, ses intrigues, ses plaisirs ; c’est lui qui éconduit, ou même, au besoin, chasse les créanciers; c'est Frontin qui, toujours amant sans cérémonie de quelque vive et gentille Marton, la fait agir pour Damis ou Florville, près de quelque beauté tendre ou ingénue ; c’est encore lui qui, dans l’occasion, se placera entre son patron et un père ou un oncle irrité, dont il bravera les menaces et la canne. Quelques années avant la révolution, la Comédie-Française possédait un acteur dont le physique et le talent étaient ure personnification parfaite du Frontin de notre théâtre. II se nommait Augé, Dorat, dans son poëme de la Déclamation théâtrale, l'a caractérisé par ces deux vers :

On voit étinceler dans son regard mutin

Et l'amour de l'intrigue et la soif du butin.

Après la retraite d'Augé, Du gazon reproduisit en partie ce type de valet effronté, qui depuis a äisparu de la scèné française, comme presque tout l'emploi dit de la grande casaque. Il ne représentait plus ce qui se passe dans la société, où il y a bien encore des valets insolents, mais seulement dans les classes où l’on ne porte pas la livrée. Oury.

FRONTIN (Sexrus Juzius FroNnNus ). La maison Julia se divisait en plusieurs familles, dont les unes étaient patriciennes , les autres plébéiennes. 11 est probable que la branche à laquelle appartenait Frontin était au nombre de ces dernières, et ne tenait point par des rapports de parenté aux Julius qui comptaient parmi eux César. Frontin vivait au temps de Vespasien. Quant à lui, il était devenu patricien par les charges que ses pères avaient occupées sous les empereurs. La première mention que nous ayons de lui est due à Tacite, qui dit qu'il convoqua le sénat en qualité de préteur de la ville; on ne sait d’ailleurs où il naquit ni en quel temps; on croit qu’il abdiqua la préture pour faire place à Domitien, qui l'ambitionnait, et qu’il gagna ainsi les bonnes grâces de Vespasien ; il paraît que ce fut en l’an 74 de notre ère. Il devint ensuite consul subrogé (suffectus ). Ce n’est, il est vrai, qu’une conjecture, mais elle est bien fondée : d’abord, il est certain que Frontin fut consul, car Élien, dans un ouvrage de stratégie, l'appelle consulaire. Puis, on n’envoyait guère en Bretagne que des consulaires, et ce commandement lui fut confié. On a lieu de croire qu’il obtint le consulat en l’an de Rome 827 de l'ère de Var-

ron; on croit même qu’il fut ie collègue de Domitien. Tacite ! le traite de grand homme : il dit que non-seulement il triom-

pha du nombre, mais encore de la difficulté des lieux. C'était dans la guerre de Cerealis, dont il paraît avoir été le successeur. Lui-même eut pour successeur Agricola, dont Tacite a écrit la vie.

Frontin soumit les Silures. A son retour à Rome, il écrivitles S/ratagèmes et ses autres ouvrages militaires. On croit qu'ils furent rédigés avant les guerres des Daces, mais après celles de Germanie, Domitien y étant nommé cinq fois, et toujours appelé Germanicus, nom qu’il porta depuis 84. Frontin avait déjà écrit sur la science militaire des livres que nous n'avons plus. I] s'était aussi occupé de la tactique au temps d’'Homère, et Élien loue ses ouvrages, Sous le règne de Domitien, il vécut retiré près de Pome, où il venait néanmoins assez souvent, car Pline dit dans une de ses lei-

passage qu’il était jurisconsulte, ce que prouve d’ailleurs le soin qu'il apporte, dans son Traité des Aqueducs, à citer les sénatus-consultes relatifs à son sujet, Il résulte d’une épigramme de Martial qu’il fut deux fois consul, et l’on a lieu de penser que son second consulat se rapporte à l’an 87, car immédiatement il eut la direction des eaux, nomination qui lui arriva, comme il le dit lui-même, sous Nerva ; mais il n’acheva son Trailé sur les Aqueducs qu'après la mort de ce prince. Frontin était avide d'instruction ; il ne trouvait rien de plus honteux pour un homme supérieur que de se laisser guider par les conseils des subalternes. Pline vante aussi sa probité, son désintéressement. Il mourut dans les premières années du règne de Trajan. P. DE GoLBÉRY.

FRONTISPICE. Par ce mot, formé du latin frons, Jrontis, front, et inspicere, voir, regarder, on désigne en architecture la face principale d’un temple, d’un palais, d'un édifice d'utilité publique. Ainsi, le portail d’une église, la porte d’un hôtel de ville, ou d’une prison, quand leur décoration a un caractère déterminé, sont des frontispices. Par analogie, on a donné ce nom à la première page d’un livre, représentant par des symboles la nature, l’objet, le résumé des matières dont il traite.

FRONTON (en latin frons ædificii). Les deux côtés du toit s’élevant insensiblement pour se joindre sous un angle obtus dans le faite, forment au-dessus de la façade principale un triangle qu’on appelle le fronton. Chez les anciens, le fronton était un des principaux ornements des temples, et celui par lequel on les distinguait particulièrement : le fronton était essentiel pour donner à ces édifices de la dignité et un extérieur solennel. Les autres monuments publics avaient rarement cette décoration. On en ornait encore moins les habitations des particuliers, qui avaient ordinairement des toits plats, de sorte quelles ne pouvaient avoir de fronton; mais lors même que le toit y était en pente, on ne pouvait point y appliquer un fronton décoré d’une corniche, qui l’isolait. Lorsqu'il fut permis à César d’orner sa maison d’un fronton, on regarda celte permission comme un honneur divin. Il fut sans contredit le premier à qui cette permission fut accordée; par la suite les maisons des empereurs et d’autres personnages distingués en furent également décorées.

Le champ triangulaire du fronton portait le nom de {ympanum. Ce mot vient peut-être de ce que la peau du tambour dont on se servait dans les mystères était chargée de divers ornements, et que le champ du fronton, qui ressemble un peu à une peau tendue sur l’ouverture du toit, en était également couvert. A la façade antérieure du temple, on plaçait quelquefois sur la corniche des statues, des vases et des ornements de feuillage. Pour donner une assiette sûre à ces statues placées sur un plan incliné, tel qu'était la corniche qui entourait le fronton, on plaçait sur le sommet du fronton, et à ses deux extrémités, des piédestaux appelés acrotères. Dans les temps les plus anciens, le champ du fronton était sans ornements, comme on le voit encore au temple de Pæstu m, à celui de la Concorde à Agrigente, à celui de Ségeste, et même au temple de Thésée à Athènes. Par la suite, le fronton des grands temples célèbres, surtout de ceux qui furent construits après la guerre des Perses, fut ordinairement orné de bas-reliefs travaillés par les artistes les plus distingués. Les sujets qu’on choisissait avaient le plus souvent quelque rapport au dieu auquel le temple était consacré. Quelquefois on choisissait aussi un sujet pris dans l’histoire de la nation ou dans celle de la ville qui faisait bâtir le temple. On peut citer pour exemples les frontons du Parthénon, du temple d'Hercule à Thèbes, du grand temple de Jupiter à Agrigente, du temple de Minerve Aléa à Tégée, du temple d’Apollon à Delphes, du temple de Jupiter à Olympie, du Panthéon de Rome, etc.

A l’époque où le bon goût de l'architecture fut altéré par le goüt des ornements, on faisait aussi surmonter de frontons les portes et les fenêtres, Le père Laugier veut ab-

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solument restreindre les frontons aux seuls toits, Vitruve parait aussi être de ce sentiment. On a cependant observé, en faveur de l'opinion contraire, qu'un fronton est assez naturel au-dessus d’une porte ou d’une fenêtre, lorsqu'on a orné. les parties de corniches très-saillantes, parce qu'alors le fronton représente le toit de ces ouvertures. Il faut néanmoins convenir qu’à une façade dont les fenêtres sont à peu de distance l’une de l’autre, ce grand nombre de frontons fait un mauvais effet, à cause des nombreux angles pointus qu’on y voit de tous côtés. Cet effet des frontons de fenêtres devient encore plus désagréable quand les étages sont séparés par des corniches ; car alors les som- . mets des frontons sont trop près de ces corniches : ce qui forme encore de nouveaux angles par le point de contact du sommet du fronton avec la corniche de séparation,

On appelle fronton à jour celui dont le tympan est évidé pour donner de la lumière à quelque logement pratiqué par derrière; fronton brisé, celui dont les corniches rampantes ne se joignent point, mais sont retournées par redants ou ressauts ; fronton double, celui qui en couvre un autre plus petit dans son tympan, comme au gros pa villon du Louvre, où on en a pratiqué trois l’un dans l’autre; fronton gothique, une espèce de pignon à jour, et orné de moulures de forme triangulaire, renfermant une rose de vitraux, comme on en voit aux portails latéraux de Notre- Dame de Paris; fronton par enroulement, celui dont les deux corniches rampantes ne se joignent point, et sont contournées en enroulement, formant des espèces de consoles couchées ; fronton sans base, celui dont la base ou corniche de niveau est coupée et retournée d’équerre sur des colonnes ou pilastres ; fronton sans retour, celui dont la base n’est pas prolilée au bas des corniches rampantes ; fronton surmonté, celui dont la pointe est plus élevée que les bonnes proportions ne le permettent, et qui tient du fronton gothique ; fronton surbaissé, celui dont la pointe est plus basse qu’elle ne doit être. A.-L. MILLIN, de l'institat,

Les frontons qui à Paris se font remarquer par leurs

sculptures sont ceux de l’église de la Madeleine, de l’église |

Sainte-Geneviève, du palais du Corps législatif, de la porte orientale du Louvre, etc.

C’est sans doute l'emploi des voûtes, plus particulièrement adoptées dans l'architecture romaine, qui a donné lieu aux frontons circulaires : on en voit un de ce genre au portail de Saint-Gervais à Paris.

Les figures de ronde bosse ont été quelquefois employées pour la décoration des frontons. Ce système, rarement suivi de nos jours, est cependant dans certains cas d’un bel effet architectural.

FRONTON (Marcus Connezius FRoNTo), célèbre orateur, fut un des précepteurs de Marc-Aurèle, à qui il ouvrit les yeux sur le peu de valeur des protestations de ceux qui entourent les grands, Aulu-Gelle et d’autres auteurs vantent son éloquence, son érudition, sa sagesse : dès le temps de l'empereur Adrien, il s'était acquis la réputation d’un des plus habiles légistes de Rome. Marc-Aurèle lui fit élever une statue par le sénat et le fit subroger consul pour deux mois.

Fronton avait la parole grave, le style élevé, le goût pur, qualités alors négligées depuis longtemps. Nous n’avon; plus un seul de ses ouvrages entier; nous n’en possédons que des fragments , entre autres de son traité De Differentiis verborum. En 1815, l'abbé Angelo Maï découvrit dans la bibliothèque ambrosienne quelques morceaux de Fronton qu'il fit imprimer ; quoique très-restreinte, cette publication justifie le jugement qu’on a porté du mérite de cet auteur. Le même savant publia, à Rome, en 1823, une correspondance de Fronton avec Marc-Aurèle, FROSCHDORE, ou Frohsdorf, seigneurie et village de la basse Autriche, avec un magnifique château et un vaste pare, à 50 kil. sud d' Vienne, sur la Lutha, appartint, au treizième et au quatorzième siècle , à la famille de Crottendorf, En 1822, Caroline Bonaparte, veuve de Murat, ex-reine de Naples, en fit l'acquisition. En 1844, la

duchesse d'Angoulême y fixa sa demeure. A la mort de celte princesse, son neveu le comte de Chambord en prit possession: il y passe la plus grande partie de l’année.

FROSINONE, l’ancien Frusinodu paysdes Volsques, chef-lieu de la province italienne de ce nom, laide et mai bâtie, sur une hauteur dominant un petit cours d’eau, est une station du chen:in de fer de Rome à N°1 #3. La province de Frosinone, ancienne délégation des États de l'Église. annexée en octobre 1870 au royaume d'Italie, comptait alors 154,559 habitants; la ville, 8,000.

FROSSARD (CrarLes-Auçusre), général, néle 26 avril 1807, sortit de l'École polytechnique et fit, dans le génie, le siége d'Anvers et quelques campagnes en Algérie. En 1846, il devint officier d'ordonnance de Louis-Ph lippe. II prit part aux travaux du siége de Rome, ainsi qu’à ceux du siége de S‘bastopol, et fut blessé à l’un et à l’autre. Colcnel en 185°, général de division en 1858, ilcommande le génie dans la can:pagne d’Ilalie et n’y fil rien de remarquable. Aide de camp de Napoléon HT, il prit bientôt à la cour une si grande influence, qu’un décret du 15 mars 1867 le nomma gouverneur du prince impérial. On le regardait comme un maïîlre en tactique militaire. Dès que la guerre eut éclaté avec la Prusse, M. Frossard reçut le commandement du 2e corps (17 juillet 1870), et ce fut à lui que fut réservé l’honneur de commencer les hostilités. Le 2 août, en présence de l’empereur, il attaqua avecune division la ville de Saarbrück, et obtint un succès facile. Le6, surpris à Forbach par le prince Frédéric-Charles. qui disposait de troupes trois fois plus fortes, il fut mis en pleine déroute, et se replia sur Melz, après avoir donne des preuves incroyables d'isnpérilie. A la paix, il reprit sa place au comité des fortifications.

FROTTEMENT. Si les corps n’avaient pas de pores et si leurs surfaces étaient parfaitement polies, le müinire petit effort suffirait pour déplacer une masse d’un poids quelconque qui reposerait sur une surface plane; il en est bien autrement : tous les corps sont plus ou moins poreux, et quelque bien polis qu’ils soient, leurs surfaces ont toujours des aspérités, de sorte que deux corps qui glissent l’un sur l'autre s’accrochent réciproquement. Cet obstacle, que la force motrice doit vaincre à son détriment, s’appelle frottement.

Le frottement est produit de plusieurs manières différentes : 1° par les corps qui glissent sur une surface, comme un traineau sur la neige, une route : le frottement produit &œ cette manière est, toutes choses égales d’ailleurs, le plus considérable, parce que le fardeau qui est ainsi traîné doit abattre les aspérités qui l’arrêtent, ou être soulevé pour les surmonter; 2° lorsque le corps en mouvement est supporté par des pivots cylindriques, la résistance produite par le frottement est beaucoup moindre que dans le mouvement rectiligne : ainsi, par exemple, un seul homme suffit pour mettre en volée une cloche du poids de plusieurs milliers ; 3° dans le transport de la plupart des fardeaux, on diminue le frottement en les soutenant sur des cylindres où des sphères : c’est cet office que remplissent les roues des voitures, les rouleaux qu’on place successivement sous les blocs de pierre, les grosses pièces de charpente que l'on conduit à de petites distances; dans ce système, les roues en tournant se dégagent des aspérites qu’elles rencontrent sur là voie, comme ferait une roue dentée qui tournerait sur une crémaillère; 4° afin de produire le moins de frottement possible, les mécaniciens font souvent tourner les pivots des arbres de certaines roues sur des galets : ce sont de petits disques qui tournent eux-mêmes sur des pivots.

Quel que soit le système de mouvement qu'on adopte, on atténuera les effets du frottement par le poli, ou bien en bouchant les pores, les creux des surfaces frottantes, avec des graisses, des huiles , de la cire, etc. Le frottement offre moins de résistance lorsque les surfaces en contact sont de nature différente : ainsi, un pivot de fer tournera avec pius de facilité sur un coussinet de cuivre que sur un parail

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