GORGON — GORILLE
tachés transversales noires, dans le genre de celles du zèbre, | dition, parcournt encore les plus prochains parages de la
mais moins régulières, Sa barbe est noire. Une crinière de la même couleur s'étend jusqu’au milieu de son dos.
GORGONE, genre de polypiers, dont les espèces avaient été regardées comme des plantes par les anciens naturalistes, qui les avaient décrites sous le nom de kératophyles, coralloïides, lithophytes, ete. Ces polypiers, ou loges de polypes, ont pour caractère une tige branchue ou flabelliforme, épatée et fixée à sa base, formée d’une substance cornée, pleine et flexible, striée à sa surface et recouverte, ainsi que ses rameaux, d’une enveloppe corticiforme, charnue, friable dans l’état sec et parsemée de cellules polypifères. Les gorgones ressemblent à des arbrisseaux. Elles adhèrent aux rochers et autres corps solides par leurs bases épatées en forme de racines. Les branches en sont quelques fois distinctes et divergentes, et d’autres fois anastomosées au point de former comme un filet. Ces dernières se nomment éventail de mer. Elles diffèrent des coraux en ce que leur intérieur est formé d’une substance cornée et flexible, au lieu de l’être d’une substance calcaire cassante. L’écorce, quand on la brûle, répand une odeur semblable à celle de la corne. Si on l’examine attentivement, on la voit parsemée de pores rangés régulièrement, qui ne sont autres que les loges des polypes qui Pont formée. On a vu des gorgones qui avaient jusqu’à trois et quatre mètres de haut. Nous n’en détaillerons pas ici les variétés, qui sont trèsnombreuses. Lamouroux, dans son Traité des Polypiers coralligènes, en décrit cinquante-deux espèces.
GORGONES, trois sœurs, filles de Phoreys, dieu marin, et de Céto : leurs noms étaient S{héno, Euryale et Méduse. Les deux premières étaient nées immortelles ; M édusé, au contraire, était tributaire de la vieillesse et de la mort. Les Gorgones ne sont pas moins connues dans Pantiquité que Pallas elle-même, qui portait en relief sur son égide et sur le plastron de sa cuirasse la tête coupée de la plus horrible des trois sœurs, de Méduse, Le surnom de Gorgonienne lui en est resté chez les poëtes. Les Grecs, de concert avec leurs poëtes, nous ont laissé de ces filles un tableau plein d’épouvante. Selon eux, elles avaient un regard effroyable, qui lancé dans leur courroux pétrifiait hommes et végétaux; une chevelure de serpents sifilait hérissée sur leurs têtes; leurs mains et leurs ongles étaient dairain ; leur bouche était armée d’une dent longue et {ranchante comme la défense d’un sanglier, dent unique, qui, avec un œil unique, leur servait tour à tour ; enfin, de courtes ailes frémissaient horriblement sur leur dos. Virgile les place, avec Harpies et autres monstres, à la porte du palais de Pluton. Les Gorgones sont liées à la fameuse excursion du roi pirate Persée dans la Méditerranée jusqu’aux bords de l'océan Atlantique. Hésiode, qui vivait près de cette époque, l'imagination pleine du bruit qui courait encore dans la Grèce de ces expéditions maritimes, nous apprend que les Gorgones habitaient au bout de la terre, non loin du jardin des Hespérides, près des royaumes de la Nuit, où les astres se couchent. Les côtes occidentales de l'Afrique et de la mer Atlantique ne peuvent être mieux décrites et déterminées. Persée, après avoir écumé toute la Méditerranée, depuis PArgolique jusqu'aux bords de la mer d’Atlas, découvrit les régions littorales de l'Afrique, où il trancha la tête de Méduse.
Phoreys de Cyrène, son père, fut mis depuis au nombre des dieux de la mer, parce qu’il possédait dans l’Atlantique trois fortes Îles, nommées Gorgades, qui toutes trois ont sans doute passé pour ses filles, à cause des soins et de l'affection qu’il leur portait. Persée s’empara de la plus considérable d’entre elles, de Méduse, dont le nom grec signifie la commandante; et parce que les deux autres îles ne furent point soumises , on les ernt douées de l'immortalité, Leur nom a rapport à la mer : celui d’Euryale veut dire au large dans les flots, et celui de Sthéno, La fortifiée. Elles avaient pour sœurs aînées les Grées, ou vieilles, qui
aquirent avec les cheveux blancs. Persée, dans son expé- -
Libye : aussi place-t-on encore les Gorgones aux bords du lac Tritonis, lac de Minerve, qui leur fut associée, en ajoutant pour épouvantail à son égide la tête de Méduse, qu'Hercule et Agamemnon portaient aussi sur leurs boucliers.
Le nom de Gorgones paraît avoir été affecté à tous les monstres enfants de l'Afrique. Hannon, général carthaginois, en prit deux, dit-on, dont le corps était vela, et dont les peaux furent pendues dans le temple de la Juson Phénicienne. C’étaient sans doute des femelles d’orang-outang, ce qui est d'autant plus vraisemblable que le mot yopyés en grec signifie prompt, actif. Dans la guerre de Marius contre Jugurtha, les soldats romains tuèrent une gorgone, mais de loin et avec leurs javelots, car ils croyaient son regard empoisonné : ce n’était pourtant qu’une énorme brebis d’Afrique, dont ils prirent les flocons de laine qui pendaient sur ses yeux pour des serpents.
Voici encore une explication de la fable des Gorgones, qui toujours se rattache aux courses célèbres de Persée dans la Méditerranée : Homère parle d’un port d’Ithaque dédié au dieu marin Phorcys. C’est lui qui le premier jeta des colonies phéniciennes dans Céphalonie, Ithaque, Corcyre, dans les îles Ioniennes. Selon quelques auteurs, le royal pirate Persée lui aurait pris trois de ses navires du nom de Méduse, Sthéno et Euryale, avec lesquels ce chef commerçait jusque sur les côtes de la Guinée d'aujourd'hui ; et comme ces navires étaient ordinairement chargés, par échange, de dents d’éléphants et d’yeux d’hyène, voilà l'échange merveilleux, entre les Gorgones, d’une dent et d'un œil qu’elles se prêtaient tour à tour. Mais le reste des accessoires de l’histoire des Gorgones ne coïncide pas avec les Gorgones-navires. La seule découverte de Afrique, ses monstres, ses pétrifications, ses îles, l'extrémité occidentale de son continent, si bien assigné par Hésiode à la demeure de ces êtres allégoriques, ne permettent aucun doute sur notre première explication. Laissons donc Diodore de Sicile nous conter que les Gorgones étaient des femmes guerrières, habitantes des bords du lac Tritonis, rivales des Amazones et exterminées par Persée ; Héraclide nous assurer qu’elles furent des filles d’une beauté merveilleuse, mais hideuses par le trafic honteux qu’elles faisaient de leurs charmes ; Eschyle les faire morfondre en Scythie, et d’autres les reléguer dans les brumes de la mer d'Écosse, aux Orcades, où elles seraient nées, et où, si l’on veut, les navires phéniciens qui commerçaient, dans les temps les plus reculés, avecla Grande- Bretagne les auraient rejetées, comme des bêles fauves.
DENNE-BARON
GORILLE, singe anthropomorphe, que l’on rencontre au Gabon, où les naturels le nomment gina ou engina. Buffon, qui n'en avait pas vu d'individu complet, le confond avec le chimpanzé. Mais aujourd'hui qu’on en a rapporté plusieurs en France, on a reconnu qne le gorille forme une espèce bien distinete, à laquelle M. Savage a imposé le nom de {roglodytes gorilla. La hauteur du gorille est celle d’un homme de moyenne taille; mais ses membres postérieurs étant relativement très-courts, le corps est beaucoup plus long et en même temps d’un diamètre beaucoup plus considérable que celui d’un homme. Voici les mesures que donne M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire d’un des individus envoyés en France : Hauteur, 1,67 ; circonférence au col, 0,753 circonférence à la poitrine, 1,35; envergure, 2,18. Les bras du gorille sont plus longs que ceux du chimpanzé. Ses canines et ses molaires sont bien plus développées. Ce qui distingue surtout le faciès du gorille de celui du chimpanzé, ce sont ses naseaux, qui approchent plus de la forme du nez humain, et ses oreilles, qui, au lieu d’être étalées comme celles du chimpanzé, sont petites et bordées à peu près comme chez l’'orang-outang.
Les mœurs du gorille offrent certaines analogies avec celles du chimpanzé. Cependant il semble plus sauvage « Les indigènes du Gabon, dit M. Richard Owen, le re-
GORILLE — GORTSCHAKOFF/
doutent plus que le lion. Ses canines sont si grandes et ses mâchoires si puissantes, que les blessures qu elles font sont s très-dangereuses et souvent mortelles. Mais la principale force de ce géant des quadrumanes réside dans | étreinte de ses longues mains, avec lesquelles il étrangle rapidement son ennemi, » on.
Les zoologistes n’ont pas encore exactement déterminé la place que doit occuper le gorille dans | échelle animale. Par l'ensemble de ses caractères organiques, le gorille semble être le second des primates. Cependant certains traits tendraient à le faire mettre le premier. Si, par exemple, on ne consulte que l’organisation de la main, on constate que celle du gorille se rapproche plus que toute autre de celle
de l’homme par sa largeur, par la forme aplatie des ongles et par l’existence de huit os carpiens. Au premier aspect, on croirait voir la main d’un géant, et les différences qu'un examen plus approfondi fait ensuite apercevoir sont d’un ordre très-secondaire relativement à celles que présente le chimpanzé lui-même.
Un jeune voyageur américain, Paul du Chaïllu, a été de 1863 à 1866 l’un des plus habiles chasseurs de gorilles.
GORITZ. Voyez Goerirz.
GORKRUM ou GORINCHEM, ville et place forte de la Hollande méridionale, à l'embouchure de la Linge dans la Meuse, compte 9,500 hab., est le centre d’un commerce
fort actif de grains, beurre, poissons et chanvre. La péche, notamment celle du saumon, constitue l’industrie principale d’une partie de sa population. Indépendamment de vastes casernes et d’un bel hôtel de ville, Gorkum possède un collége ainsi qu’une église remarquable par son architecture, et où se trouve le tombeau des seigneurs d’Arkel, qui autrefois jetèrent les fondements de cette ville en transplantant sur le sol qu’elle occupe les habitants de Wolfort, petit village de pêcheurs.
GOROSTIZA (Don Manuez Enuarpo DE), diplomate et poëte comique espagnol, est né le 13 novembre 1790, à la Vera-Cruz, où son père, général espagnol de distinction, était gouverneur. Il débuta en 1815 comme écrivain dramatique à Madrid, où ses comédies, devenues plus tard si célèbres, Indulgencia para todos, Don Dieguilo, Las costumbres de antaño, et Tal cual para cual, se succédèrent à peu de distance, et furent accueillies avec un succès toujours croissant. Partisan zélé de la constitution de 1819, il dut en 1823 se réfugier en Angleterre. Ses compatriotes, les Mexicains, vinrent l'y chercher pour confier à ses talents la conduite des négociations avec les cours européennes par lesquelles ils désiraient voir reconnaître leur indépendance. M. de Gorosliza se chargea en effet de la défense de leurs intérêts avec tant de talent, en Prusse, en Hollande et dans d’autres contrées, que quelques années après on le nomma ambassadeur à Londres, et qu’on l’envoya avec le même titre deux fois à Paris, où il conclut avec le gouvernement français un traité d'alliance et un traité de commerce. Au mileu de ces graves occupations, il employait ses heures de loisir à composer une pièce nouvelle, Contigo pan y cebolla, qu’on regarde comme son meilleur ouvrage, et à laquelle M. Scribe a emprunté l’idée d’un de ses plus charmants vaudevilles, Une chaumière et son cœur. Plus tard il retourna à Mexico, où 1l fut nommé conseiller d'État et chargé de la direction du théâtre de cette capitale, pour lequel il à composé depuis un grand nombre d'ouvrages. On à publié, sous le titre de Teatro escogido, un choix de ses premières productions dramatiques (2 vol. in-12, Bruxelles, 1825). Il a pris pour modèle Mo ra ti n le jeune, qu'il surpasse en verve et en esprit, et qu’il égale sous le rapport de la langue et de la versification, classiques chez l’un et l'autre écrivain.
GORTSCHAROFF, famille russe, qui par saint Michel de Tschernigoif (né en 1246) fait remonter son origine jusqu à Rourik et à Wladimir le Grand.
Le prince Pierre Gontscuakorr, woiwode de Smolensk, défendit cette ville de concert avec le boïard Schéin, de 1609
à 1611, contre le roi de Pologne Sigismond IIf, qui la prit enfin d'assaut après un siége qui avait duré plus de deux années.
Le prince Dmitri Gonrscmaxorr, né en 1756, poëte russe estimé, est auteur d’odes, de satires et d’épitres poétiques, et mourut en 1824.
Le prince Alexandre Gorrscuakorr, né en 1764, servit en Turquie et en Pologne sous les ordres de son oncle Souvarof, fit preuve de la plus grande bravoure à l'assaut de Praga, et passa lieutenant général en 1798. Dans la campagne de 1799, il commandait à la bataille de Zurich une division sous les ordres de Korsakoff; il fut ensuite nommé gouverneur militaire de Viborg, et obtint en 1807, dans l’armée aux ordresdeBennigsen, le commandement d’un corps à la tête duquel il repoussa le maréchal Lannes à Heïlsberg, et forma l’aile droite à la bataille de Friedland, En 1812 il remplaça Bar clay de Tolly comme ministre de la guerre ; et il conserva ce portefeuille jusqu’à la fin de la guerre, époque où il fut nommé général d'infanterie et membre du sénat. 11 mourut vers l’année 1825.
Le prince André GorrscnaKorr servit en 1799 sous les ordres de Souvarof en Italie, avec le grade de général major. En 1812 il commandait une division de grenadiers, et fut blessé à l'affaire de Borodino. Dans les campagnes de 1813 et de 1814, il commandait un corps d'infanterie, et se distingua d’une manière toute particulière aux affaires de Leipzig et de Paris. En 1819 il passa général d'infanterie; en 1828 il prit sa retraite. Il mourut, en 1855, à Moscou.
De nos jours, trois frères, fils de Dmitri GoRTSCHAKOFrF, se sont particulièrement distingués.
Pierre GonrscHakorr, né vers 1790, fit les campagnes d'Allemagne et de France, puis fit la guerre dans le Caucase, sous les ordres du général Yermoloff, et en 1826 il fat quartier-m:ître général de l’armée commandée par Witigensiein. En 1829 il fut appelé à comm ander une division d'infanterie, avec laquelle il battit un corps ture à Aïdos, et ce fut lui qui signa les préliminaires de la paix dAndrinople. Promu alors au grade de lieutenant général, il devint en 1839 gouverneur de la Sibérie orientale et explora les rives de l’Amou r jusqu’à son embouchure, Il avait pris sa retraite lorsqu'il obtint, lors de la guerre de Crimée, d’être mis à la tête d’un corps d'armée; il fut battu à Alma et à Inkermann. Il est mort en 1868.
Michel GortscnaKkorr, né en 1795, servait dans l’artillerie de la garde impériale lorsqu’en 1898 il dirigea les opérations des siêges de Silistrie et de Choumla. Dans la campagne de Pologne en 1831 il remplit les fonctions de chef d'état-major, fut blessé à la bataille de Grochow, et récompensé de la bravoure dont il y avait fait preuve par le grade de lieutenant général. Commandant en chef de l'artillerie, il se dislingua d’une manière toute particulière à l'affaire d’Ostrolenka et surtout à la prise de Varsovie ; et quand le comte de Toll, chef de l'état-major général de l’armée entière, prit sa retraite, il le remplaça dans ces fonctions, qu’il occupa jusqu’à sa mort. En 1843 il fut nommé général d'artillerie, et en 1846 gouverneur militaire de Varsovie. En 1849 il prit une part importante à la campagne de Hongrie et remporta plusieurs avantages , dont le dernier fut la prise de Vilagos, qui termina la guerre. Chargé du commandement de l’armée russe qui envahit les principau {és en juillet 1853, il conduisit les opérations jusqu’au siège de Silistrie, et en remit la direction à Paskiévitch. Il occupait la Bessarabie lorsqu'il fat mis à la tête de toutes les forces russes en Crimée (février 1855); l’énergie et Phabileté dont il fit preuve dans Ja défense de Sébastopol ont reçu des éloges mérités. Nommé en 1856 lieutenant général de la Pologne, il chercha surtout à faire prévaloir une politique conciliante, Il mourut le 30 mai 1861, à Varsovie.
Alexandre Gorrscnakorr, le plas jeune des trois frères, est n6 en 1798 et se destina à la carrière diplomatique. En 1824 il fut nommé secrétaire de légation à Londres,
et en 1830 chargé d’affaires à Florence. Conseiller d'ambassade à Vienne à partir de 1832, il eut dans l'exercice de ces fonctions de fréquentes occasions d'intervenir dans les grandes affaires de la politique, en raison de nombreuses absences de son poste auxquelles le mauvais état de sa santé condamnait l'ambassadeur Tatischeff. En 1841, il fut envoyé à Stuttgard avec le titre d'envoyé extraordinaire, et il y négocia le mariage de la grande-duchesse Olga avec le prince royal de Wurtemberg, négociation qui lui valut en 1846 le titre de conseiller intime. Au commencement de 1850, tout en conservant son poste à Stuttgard, il fut accrédité en qualité de ministre plénipotentiaire de Russie près la diète germanique. Chargé, en 1854, de défendre les intérêts de son pays aux conférences de Vienne, il y donna des preuves de son habileté diplomatique et y resta jusqu'au moment où commencèrent les négociations de la paix. Le nouveau tsar Alexandre II l’appela au département des affaires étrangères (17 avril 1856) à la place de Nesselrode. Dans ce poste éminent le prince Gortschakof, après avoir gardé pendant quelques années une sorte d’attitude recueillie, prit la part la plus active aux affaires générales de l’Europe. Si d’un côté il appuya l'intervention française en Syrie, il refusa del’autre de rien entreprendre contre les Etats-Unis, alors en proie à la guerre civile, et répondit avec une hauleur presque insultante aux notes de la France, de l'Angleterre et de VAutriche relatives à l'insurrection des Polonais. En 1866 il rompit avec le gouvernement papal en cessant tout rapport diplomatique. Gardant un ressentiment profond de l’humiliation infligée à son pays par les résultats de Ja guerre d'Orient, il profita de la guerre franco-allemande pour dénoncer le traité de 1856. Dans le congrès qui fut tenu à Londres le vieux chancelier obtint tout ce qu’il demandait, et un nouve au traité en date du 13 mars 1871 accorda à la Russie le droit de relever Sébastopol et de couvrir la mer Noire de ses vaisseaux.
De son mariage avec la p rincesse Ourousoff il a eu deux fils, Michel el Constantin, nés en 1840 et en 1842; l’un et l’autre sont entrés dans la diplomatie.
GOSLAR,, vieille et sombre ville du Hanovre, avec 8,000 âmes, autrefois ville libre impériale, au pied du versant nord-est du Harz, est bâtie sur l'Œker, petite rivière qui se jette dans la Gose. Sa principale industrie consiste dans la fabrication d'une bière grandement prisée des amateurs, sous le nom de gose, le commerce des grains et l'exploitation des mines de cuivre argentifère du Rammelsberg. C’est la patrie du maréchal de Saxe.
GOSPORT, ville fortifiée et port de mer du comté de Southampton ou Hampshire, situés en face de Portsmouth à l’ouest, et reliés par des chemins de fer à Southampton, à Winchester et à Salisbury. L'origine en est toute moderne. Les chantiers de construction et les magasins d’approvisionnement pour la marine qui avoisinent le port; les industries que ces établissements ont naturellement appelées et fait prospirer, et surtout les fonderies de fer, les brasseries, sont l’origine de cette petite ville, où l’on ne comptait encore que 6,500 habitants en 1831, et qui en possède (1871) 32,000.
GOSSEC (François-Josepn ), compositeur de musique, fondateur de l’école française moderne, était fils d’un laboureur. Privé des avantages de la fortune et du secours des maîtres, il se forma seul, et s’achemina vers une route pure et classique, dont il semblait devoir être écarté par tout ce qui l’entourait. Il naquit à Vergnies, petit village du Hainaut, le 17 janvier 1733; ses heureuses dispositions pour la musique se manifestèrent de bonne heure. A sept ans il était enfant de chœur à la cathédrale d'Anvers. Il y passa huit années, en sortit pour étudier le violon et la composition, et vint à Paris en 1751 ;ilavait alors dix-huitans. Gossec n'eut d'abord d'autres ressources que d'entrer chez La Popelinière, fermier général, pour diriger l'orchestre que ce financier amateur entretenait à ses frais.
GORTSCHAKOFF — GOSSELIN
Rameau tenait alors le sceptre de l'empire musical en France. Le style instrumental fixa d’abord l'attention de Gossec; il comprit tout ce qu’il y avait à réformer dans la musique française; la symphonie était inconnue à Paris. Gossec l'inventa, en même temps que Ha y dn tentait la même innovation en Allemagne. Les succès qu’il obtint dans ce genre nouveau lui valurent la direction de la musique du prince de Conti. Cette position était avantageuse ; Gossec profita de ses loisirs pour se livrer au travail. Ses premiers quatuors parurent en 1759 , sept ans après la publication de ses symphonies , et n’eurent pas moins de succès. Il fonda sa réputation par sa Messe des Morts, qui fut exécutée à Saint- Roch et reçue avec enthousiasme. Philidor, qui était alors .e musicien le plus estimé, dit qu’il donnerait tous ses ouvrages pour avoir fait celui-là.
Ce ne fut qu’en 1764 que Gossec débuta dans le genre dramatique par Le Faux lord. Les Pécheurs "joués deux ans plus tard, eurent tant de succès que ce fut l’opéra favori de l'époque. Le double Déguisement, Toinon et Toinette, les suivirent de près. Sabinus, Alexis et Daphné, Philémon et Baucis, Hylas et Sylvie, La Féle du Village, Thésée, Rosine, représentés à l'Académie royale de Musique, achevèrent de classer Gossec parmi les compositeurs dramatiques les plus distingués de l’école française. En 1770 ilfonda le Concert des Amateurs; il écrivit pour cette société sa vingt-unième symphonie en ré, dans laquelle il ajouta aux parties de violon, de viole, de basse, de cor et de hautbois, seuls instruments employés jusque alors dans la symphonie, des parties de clarinette, de flûte, de basson, de trompette et de cymbales. L'effet en fut prodigieux. 11 composa aussi sa symphonie de la chasse, qui plus tard servit de modèle à Méhul pour son ouverture du Jeune Henri. Gossec se chargea du Concert spirituel, en 1773, en société avec Legros et Leduc. Il fonda en 1784 l'École royale de Chant et de Déclamation, première origine du Conservatoire de Musique. Il en avait conçu le plan, le baron de Breteuil lui en donna la direction. Il y donnait des leçons de composition, et Catel se distingua parmi ses élèves.
Gossec écrivit beaucoup de musique pour les fêtes républicaines : on remarque parmi ces ouvrages des symphonies pour instruments à vent, les violons produisant peu d’effet en plein air, Le Camp de Grand-Pré, La Reprise de Toulon, opéras, se firent remarquer par la vigueur du style. C’est dans Le Camp de Grand-Pré qu’il introduisit La Marseillaise, arrangée à grand chœur en symphonie, avec une harmonie élégante et d’une grande énergie.
Membre de PInstitut et de la Légion d'Honneur, Gossec est mort à Passy, le 16 février 1829, âgé de quatre-vingtseize ans. Il avait vu toutes les révolutions de notre musique. Témoin des triomphes de Rameau, de Gluck, il avait pu assister aux victoires de Rossini. Gossec avait composé la musique des chœurs d’Athalie, plusieurs motets, le trio O salutaris hostia, improvisé à Chenevières, et des ouvrages élémentaires destinés à l’enseignement des élèves du Conservatoire, dont il avait élé nommé inspecteur.
CasTIL-BLAZE.
GOSSELIN (PascaL-FrAnÇois-JosEPH), savant géographe, né le 6 décenbre 1751, à Lille, d’une famille de riches commerçants, mort à Paris, le 7 février 1830, membre de l’Institut (Académie des Inscriptions et belles-lettres), dont il faisait partie depuis l’origine, avait été destiné au commerce, et fut pendant plusieurs années le représentant de sa province auprès du conseil supérieur de commerce siégeant à Paris, dont en 1791 Louis XVI le nomma membre. La même année, l'Académie des Inscriptions, en l’admettant dans son sein, récompensait la manière brillante dont il avait débuté, en 1789 , dans le monde savant à l’occasion d’un concours ouvert par elle sur la comparaison à faire de l’état de la science géographique sous Strabon et sous Ptolémée,
De nombreux voyages effectués dans un but scientifique lui avaient antérieurement permis de recueillir de précieux mas