GOSSELIN — GOTHA
tériaux relatifs à la géographie ancienne, science vers l'étude de laquelle il se sentait plus particulièrement porté, Le mémoire qu’il envoya à l’Académie des Inscriptions fut imprimé en 1770, sous le titre de Géographie des Grecs analysée, ou les système d’Erastosthène, de Ptolémée et de Strabon, comparés entre eux el avec nos connaissances modernes. Outre un grand nombre de mémoires insérés dans le recueil de l’Académie des Inscriptions et dans le Journal des Savants, dont ilétait l’un des rédacteurs depuis 1816, on a de lui des Recherches sur la Géographie systématique et positive des Anciens (4 vol. in-4°, avec 54 cartes, 1798- 1813), vaste et important ouvrage, qui le classe incontestablement au premier rang des géographes, encore bien qu’on puisse lui reprocher de s’y être trop souvent laissé entraîner par l'esprit de système. Il supposait en effet qu’un peuple primitif avait légué aux anciens la connaissance de la mesure exacte de la terre, et expliquait les erreurs apparentes et les contradictions qu’on trouve dans les auteurs anciens sur les distances des lieux entre eux, en prétendant qu'il y avait eu diverses espèces de stades, toujours confondus jusqu’à lui. Quoi qu'il en soit, ce livre est incontestablement celui qui jette le plus de lumières sur les connaissances que les anciens possédaient en géographie, et ne pouvait être composé que par un érudit de premier ordre. En 1799 Gosselin avait été nommé un des conservateurs du cabinet des médailles, à la Bibliothèque nationale. En 1793, quand on jugea à propos de détruire les académies, comme inutiles , il avait été mis en réquisition comme sayant pour exécuter des travaux au bureau de la guerre.
GOSZCZYNSRKI (SÉVÉRINE), poëte polonais contemporain, est né en 1806, en Ukraine. De bonne heure son génie poétique fut éveillé par la nature âpre et sévère qu'il avait sous les yeux.
Encore enfant, il aimait à s’arrêter dans l’humble cabane du paysan, pour écoute ses chants et ses récits, toujours empruntés aux vieilles traditions nationales. Après avoir suivi les cours de l’université de Varsovie, il s’enrôla dans la pléïiade de jeunes poëtes groupée déjà autour de Mickiewicz. Le premier poëme de quelque importance qu'il publia fut son Zameck Kaniowski (Le Château de Kaniow ; Varsovie, 1828), récit poétique à la manière de Byron, dont le sujet est un épisode de la guerre entreprise, à l’instigation de l’impératrice Catherine IT, par les Kosaks de l'Ukraine contre les Polonais. Ce fut là de part et d’autre comme une lutte d'horreurs et d’atrocités. Dans la description qu'il en fait, son style a toute l’exubérance de la jeunesse, mais offre du moins le mérite de l'originalité.
L'invention chez Goszczynski est quelquefois bizarre, défaut que rend plus sensible encore l’exagération habituelle de son coloris. Mais ses tableaux, quelque fantastiques qu’ils puissent être, sont pourtant vrais au fond; et on se laisse aller à tout le charme d’une poésie triste et rêveuse toutes les fois que le poëte essaye de peindre la vie intime du Kosak et le caractère grandiose de la contrée encore vierge qu’il habite.
A l'époque de la révolution de 1830, Goszezynski fut au nombre de ceux qui, dans la nuit du 29 novembre, assaillirent le grand-duc Constantin dans son palais du Belvédère. Il entra ensuite dans les rangs des défenseurs de la patrie; et, non content de payer largement de sa personne en toute occasion, il composa en outre des chants destinés à faire partager aux masses l’enthousiasme patriotique dont il brûlait lui-même. On doit une mention toute spéciale à son chant : Marchons au delà du Boug! hymne sublime, sans cesse répété dans les camps, au feu du bivouac. La Pologne ayant succombé, Goszezynski se retira en France, et de là passa en Suisse, où il composa et publia diverses nouvelles en prose, nofamment Oda, Straszny Strzelec, Krol zamczyska. 11 y entreprit aussi une traduction d’Ossian, et fit paraître en outre ses principaux chants patriotiques, sous le titre de Trzy Struny (3 vol. in-32).
Zanik-PacHa (Michel Czaykowski).
En 1848, Goszezynski , qui à la suite de Mickiewicz s'était jeté dans le mysticisme, se rattacha à la secte fondée par Towianski, et cessa alors de faire des vers. Mais après l'avortement complet des espérances que 1848 avait provoquées parmi les Polonais, il demanda de nouveau des consolations à la poésie, Dans la nouvelle édition de ses Dzieta (Breslau , 3 vol. 1852), on trouve plusieurs poésies qu’il a composées depuis la publication de la première édition, ainsi qu'un poëme épique, Sobotka, où il chante les patriotiques populations des monts Karpathes et leurs hauts faits. Mais on voit que chez lui l'enthousiasme est désormais éteint. Ce poëte habite aujourd’hui la France.
GOT ou GOTH (BERTRAND DE). Voyez CLÉMENT V.
GOT (Eowonp), acteur de la Comédie-Française, est né à Lignerolles (Orne), le 1** octobre 1822. Après avoir fait d'excellentes études au collége Charlemagne, et s’être même distingué dans les luttes du concours général, il abandonna l’étude du droit pour l’art dramatique, et entra au Conservatoire. Elève de Provost, il obtint en 1841 un second prix, et l’année suivante le premier prix de comédie. Il débuta aux Français le 14 juillet 1844, dans l’emploi des yalets ; on lui trouva un jeu naturel, un débit franc, de la verve, une physionomie expressive et mobile. La presse lui fut généralement favorable, et Jules Janin le Terrible eut pour le débutant narquois et imperturbable toutes sortes d’égards et de mots gracieux. Edmond Got fut aussitôt engagé, et depuis lors il s’est toujours montré comédien spirituel, original, amoureux de son art, soigneux des détails et des nuances, chargeant peut-être un peu parfois, maïs rachetant ce défaut par la souplesseet la variété deson talent. Reçu sociétaire en 1850, il se place à côté de Samson, de Provost, de Régnier. Entre mille créations charmantes qu’on lui doit, nous citerons les rôles du capitaine Beaudrille dans Le Cœur et la Dot; de Spiegel, dans La Pierre de touche; de l’abbé, dans Il ne faut jurer de rien; de Jean de Rieux, dans le Duc Job; de Giboyer, dans Les Effrontés; de Guérin, dans Maître Guérin; de Mercadet. Il faut le yYoir encore dans Les Fourberies de Scapin, les Femmes savantes, le Mariage de Figaro et Bertrand et Raton.
GOTHA , capitale de la principauté de Saxe-Gotha, jusqu’en 1825 la résidence d’une ligne particulière de la branche ernestine de la maison de Saxe, aujourd’hui comprise dans le duché de Saxe-Cobourg-Gotha, sur une hauteur que domine la Leine, dans une ravissante contrée, est une jolie ville, où l’on compte (en 1864) 17,955 ha-bitants, non compris la garnison. Le château ducal est bâti sur le point le plus élevé, et forme un carré régulier, avec ane vaste cour intérieure. Indépendamment d’une chapelle renfermant les tombeaux de divers princes de la maison de Saxe, il contient une salle de spectacle et un musée comprenant une bibliothèque, un cabinet de médailles, une collection de tableaux et de gravures, un cabinet d'histoire naturelle, une collection de chinoïseries et une collection de plâtres d’après l’antique. La bibliothèque, riche de plus de 200 000 volumes, contient au-delà de 1,600 edifio princeps et environ 6,000 manuscrits, dont 2,500 en langue arabe et 3 à 400 en langues persane et turque. Le cabinet de médailles est un des plus riches de l’Europe. Il contient plus de 60,000 médailles, 14,000 empreintes et 9,000 dessins. La collection de tableaux se compose de plus de 800 toiles; celle des gravures, de 800 dessins et de 50,000 gravures, tant sur bois que sur cuivre. Le cabinet d'histoire naturelle compte près de 24,000 articles. A la collection de chinoiseries se rattache une riche collection de porcelaines anciennes, de terres cuites et de porcelaines modernes. En fait d’édifices publics, on remarque surtout à Gotha les deux églises Notre-Dame et du Cloitre, la salle de spectacle, la caserne , le collège, l'école des arts industriels, fondée en 1836, et nn séminaire pédagogique, le plus ancien établissement de ce genre qu’il y ait en Allemagne. Située sur un chemin de fer qui la relie à Berlin, Cassel et Francfort, la ville de Gotha possède des fabriques de porcelaine
de papier, de toile, de tabac, de papiers peints, des raffineries de sucre, des tanneries, etc.
Avant d'arriver à Gotha on trouve Friedrichsthal, château de plaisance ducal, avec une belle orangerie et un beau pare, et non loin de là, sur le Seeberg, un observatoire, construit en 1787 par le due Ernest II, et qui sous la direction de De Zach et de Lindenau a acquis un juste renom dans la science.
GOTHEMBOURG , en suédois Gætheborg, port äe
mer et chef-lieu de la province de Gothembourg et de Bohus (220,846 hab. en 1870), sur le Gœthaelf, à 20 kilomètres de son embouchure dans la mer du Nord, en face de l'ile d’Hisingen, est, après Stockholm, la ville la plus considérable et la plus peuplée de la Suède. Siège d’une préfecture, établie dans un palais qu’habita jadis Charles X, roi de Suède, mort en cette ville, en 1660, et d’un évêché luthérien, elle comptait, en 1870, 55,016 habitants. Il s'y trouve de grandes manufactures de toiles à voiles, de cordages et de cuir, ainsi que des raffineries de sucre importantes. On y fabrique aussi des étoffes de soie, des bas, des rubans, du savon et du tabac. Ses exportations consistent principalement en fers et aciers, bois de construction, goudron, poix, alun et poissons, notamment en harengs, La pêche du hareng, jadis source de profits considérables, après avoir sensiblement décru d'importance au commencement du siècle, y a repris dans ces derniers temps une nouvelle activité. Au moyen du canal de Gætha, aujourd’hui complétement achevé, les navires du commerce peuvent venir de Sæderkæping. sur la Baltique, jusqu’à Gothenbourg, sans avoir besoin de passer par le détroit du Sund. Le port de Gothenbourg est sûr et vaste; il est visité chaque année par plus de 2,000 bâtiments, tant suédois qu'étrangers. La ville elle-même en possède 130 à voiles et 25 à vapeur,
Une compagnie des Indes fondée à Gothenbourg en 1732 s’est dissoute en 1817, après s’être vue forcée de suspendre ses payements.
Gothenbourg fut originairement fondée, en 1607, par Charles IX dans l’ile d'Hisingen. Après avoir été brûlée en 1611 par les Danois, Gustave-Adolphe la fit rebâtir là où elle est aujourd’hui située, La cessation du blocus continental lui à fait perdre une grande partie de son imporfance commerciale ; et elle eut beaucoup à souffrir de divers incendies, nolamment en 1802 et 1804. A l'exception de deux bastions, ses fortifications ont été rasées. Ses rues sont larges , propres et régulièrement bâties. On y remarque quelques beaux édifices, tels que la Bourse, l’église de Gustave, la grande église et l'hôpital.
GOTHIE. Voyez GoraLAnp.
GOTHIQUE (Art). La dénomination de gothique, appliquée d’abord à tout genre d'architecture qui s’éloisnait des principes de l'architecture grecque et romaine, dut sans doute son origine à ce queles Goths, qui s’emparèrent de l’Ilalie au quatrième siècle, furent regardés comme les auteurs de la corruption du goût. Elle passa en suite à l'architecture dont l’ogive est le principal caractère. Aujourd’hui elle sert presque toujours à désigner l’art du moyen âge : ce terme, quoique employé généralement, ne laisse pas que d’être très-impropre, car les Goths n’ont jamais créé de style architectural, et d’ailleurs ils avaient tout à fait cessé d'occuper la scène du monde quand le système ogival s’y montra. La question de l’origine de l'ogive a donné lieu à beaucoup de controverses ; les uns la font venir de l'Orient , rapportée en Europe par les croisés ; les autres pensent que les Maures avaient introduit ’ogive en Espagne avant les croisades ; enfin, une dernière opinion la fait naitre dans l'Europe occidentale, On ne peut affirmer rien de positif à ce sujet; seulement, les faits historiques sur lesquels s'appuie la première opinion rendent celle-ci plus probable, En effet, il est certain que l'arc en tiers-point existait en Égypte, vers le huitième siècle ; il se retrouve au palais de la Ziza, construit à Palerme, par les conquérants arabes,