‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 319 sur 552 · GOUVERNANCE — GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

GOUVERNANCE — GOUVERNEMENT

neur; mais elle montra en accomplissant ce devoir, qui l'exposait à plus d’un danger, tant de courage et de délicatesse, qu’elle peut être donnée pour exemple à toutes les femmes revêtues d’une semblable charge.

Les femmes qui soignent le ménage des célibataires sont: appelées gouvernantes. Celles des curés et ecclésiastiques doivent avoir l’âge canonique, c’est-à-dire quarante ans. Les gouvernantes des vieux garçons ont souvent été mises en scène : on les peint allières, aigres, avides, particulière ment inquiètes des dispositions testamentaires de celui dont elles gouvernent la maison. Les parents et les amis de leurs maitres les redoutent, et parfois les envient, sans considérer ce que leur a coûté d’assiduité, d’adresse, de résignation , le legs qui leur est toujours promis et pas toujours donné.

C%° DE Brant.

GOUVERNEMENT. Ce mot, dérivé du latin gubernalio, qui désigne l’action du timonnier qui tient la barre du gou vernail, signifie en politique la manière dont la souveraineté s’exerce dans les Etats, C’est un terme générique, qui a la double acception du principe et du résultat. On dit dans ces divers sens : un gouvernement monarchique, aristocratique, démocratique, ete., pour exprimer la nature d’un gouvernement, On dit encore un gouvernement doux ou modéré, dur ou tyrannique, pour en exprimer les effets. « J'appelle gouvernement, ou suprême administration, dit J.-J. Rousseau, l'exercice légitime de la puissance exécutive, le prince ou magistrat, l’homme ou le corps chargé de cette administration » ( Contrat social). Le gouvernement diffère de l'administration en ce que le gouvernement ordonne, et que l’administration exécute; et en effet ce dernier mot, en latin administratio, dérivé de minister, ministre, exécuteur, signifie littéralement exécution.

D’après tous les auteurs qui ont écrit sur cette matière, l'origine primordiale des gouvernements remonte à la famille. Plus tard , plusieurs familles, réunies par le hasard, se soumirent, soit spontanément, soit en cédant à la force, à l’homme le plus capable de les diriger et de les défendre. C’est ainsi que les Éthiopiens choisissaient pour roi tantôt l'homme le plus robuste, tantôt le berger le plus habile, quelquefois l’homme le plus riche , tandis qu'après avoir secoué le joug des Assyriens, les Mèdes , pour arrêter les désordres que causait chez eux l'anarchie, se soumirent aveuglément à l’autorité absolue de Déjocès, parce qu’ils avaient reconnu en lui l’homme le plus juste. Ainsi, dans l’ordre de la nature, la puissance à laquelle la direction des forces de la société est confiée prend naturellement la place de l'autorité paternelle. Elle est donc sans restriction, sans conditions : voilà pourquoi dans les sociétés naissantes l'autorité nous apparaît absolue, c’est-à-dire despotique (voyez DESPOTISME). Mais alors le despotisme se montre d’abord paternel. Dans d’autres localités, où la souveraineté a commencé par la force, le despotisme a dû se présenter dès l’origine escorté de ses abus. Qui pourrait dire avec certitude , puisque les traditions historiques nous font partout faute, comment la souveraineté s’est modifiée, comment dans certaines localités elle est devenue aristocratique ou démocratique ? Quelle que soit au reste la forme du gouvernement, elle ne remplit sa destination qu'autant qu’elle exerce à l'égard des sujels et citoyens tous les devoirs de protection et de justice distributive, Que le souverain soit le peuple, un monarque, une assemblée, ou bien un corps aristocratique, en lui réside le pouvoir légitime du gouvernement, en d’autres termes, l'autorité qu’exige le bien de l’État. Montesquieu a établi que la corruption des gouvernements commence toujours par cel'e des principes ; ainsi, dans une démocratie, lorsqu'on perd l’esprit d'égalité; dans l'aristocratie, lorsque le pouvoir des no-

bles devient arbitraire, etc, La seule voie pour prolonger la durée d’un gouvernement forissant est donc de le ramener, à chaque occasion favorable, aux principes sur lesqnels il à été fondé. .

Puffendorf a établi entre les gouvernements une singulière distinction ; il appelle réguliers les gouvernements monar-

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