‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 321 sur 552 · GOUVERNEUR — GOUVION SAINT-CYR · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR — GOUVION SAINT-CYR

point des gouverneurs des provinces où ces maisons étaient situées. Outre les gouverneurs des palais des Tuileries, du Loavre et du Luxembourg, il y avait neuf gouverneurs de

maisons royales : Versailles et Marly, Saint-Germain-en- | Laye, Compiègne, Fontainebleau, Chambord, Blois, Meudon, Vincennes et Montceau, L'hôtel royal des Invalides avait et a encore un, gouverneur. On connait le sort funeste du marquis de Launay, capitaine gouverneur de la Bastille. La Bastille n’est plus, mais, dans ce siècle où Pargent est estimé si haut, la Banque de France à son gouverneur, ainsi que la Société du crédit foncier.

N'oublions pas une dernière acception du mot gouverneur. C'est celle qui s'applique à l’homme qu’on charge de surveiller l'éducation d’un jeuneseigneur, d’un jeune prince. Le maréchal duc de Villeroi était gouverneur de Louis XV enfant, comme son père l'avait été de Louis XIV. Mo ntausier remplit les mêmes fonctions près du grand-dauphin, et Beauvilliers près du duc de Bourgogne. L’Assemblée législative voulut donner un gouverneur au fils de Louis XVI. Parmi les candidats proposés, nous citerons Berquin, Condorcet, Bernardin de Saint-Pierre. Le duc de Bordeaux eut successivement pour gouverneurs Matthieu de Montmorency et le duc de Rivière, qui moururent dans l’espace de deux années. Les fils de Louis-Philippe n’eurent point de gouverneurs, maisdes précepleurs. Au-dessous du gouverneur des princes était, sous l’ancien régime, un SOus-gouverneur.

Les pages des rois de France, comme ceux de Napoléon, avaient un gouverneur et un sous-gouverneur.

Charles Du Rozorr.

GOUVION SAINT-CYR (Laurenr ), pair etmaréchal de France, né à Toul, le 13 avril 1764, d’une famille peu aisée, qui le destinait à l’école d'artillerie de cette ville, préféra aller étudier la peinture à Rome, où il arriva en 1782. fl y passa quatre années, pendant lesquelles il visita unegrande partie de l'Italie et fit une excursion en Sicile. De retour à Paris, il y fréquentait l'atelier du peintre Brunet, quand l'envie lui prit de s’enrôler, en septembre 1792, dans le 1° bataillon de chasseurs volontaires de cette capitale, qui se rendait à l’armée du Rhin. Élu capitaine par ses camarades, il fut, lors du licenciement de ce corps, placé dans la ligne avec les autres officiers. Custine le rencontra dessinant les positions des Prussiens, et le soir il était adjoint à l’étatmajor, où il se faisait estimer par ses talents et ses services. En septembre 1793, une division ennemie étant parvenue à séparer l’armée dela Moselle de celle du Rhin et à menacer Weissembourg, Gouvion, chargé par les représentants du peuple dediriger, avec le titre de chef d’état-major, le général Férey, reprit le camp de Nothweiïler. Hoche, près duquel il fut ensuite détaché, le nomma, le 9 janvier 1794, adjudant général, chef de brigade. Le 5 juin il était général de brigade, et le 14 général de division. En cette qualité, il dirigea les opérations qui refoulèrent l’armée prussienne sur Mayence, En octobre 1795, dans l'affaire des lignes de cette place, il sauva les divisions du centre et de la gauche du désastre de la droite, et rallia les troupes.

Pendant la campagne de 1796, il se signala à la tête du centre de l’armée du Rhin sous les ordres de Moreau, déploya une rare capacité au passage du Knubis, aux combats de Rothenzokl, Stuttgard, Freysing, Neubourg, et gagna seul la belle bataille de Biberach, qui couronna cette campagne. Durant l'hiver, il partagea avec Desaix la gloire de la défense de Kehl, et commanda l'aile gauche, l’année suivante, pendant les courtes opérations que vint arrêter l'armistice de Léoben. Moreau ayant été éloigné du commandement par sa conduite douteuse, et Hoche lui ayant suctédé, Saint-Cyr le remplaça, quand un crime eut privé la France du héros de la Vendée, A la suite de la paix de Campo-Formio, il fut chargé de réunir à la république le canton de Porentruy, qui devint la base du dé: partement du Mont-Terrible, 11 eut ensuite le commandement de l’armée de Rome. Ayant voulu faire restituer par les

commissaires du Directoire un ostensoir de 400,000 francs qu'ils avaient dérobé à la famille Doria, il fut destitué; mais ce gouvernement corrompu eut lui-même tellement honte de son injustice, qu’au commencement de 1799, Gouvion était renvoyé à l’armée du Rhin, dont il commandait la gauche sous les ordres de Jourdan; il passait ensuite sous ceux de Moreau à l'armée d'Italie, dont il dirigeait la droite à la bataille de Novi, défendait Gênes et son littoral, remportait de brillants succès à Bosco et à Albaro, et retenait sous les drapeaux une armée exaspérée par le dénue ment et les dilapidations.

Au commencement de 1800, il passa, sur la demande de Moreau, à l’armée du Rhin, gagna la seconde bataille de Biberach, mais, ne pouvant s’entendre avec un chef jaloux de sa gloire, demanda son rappel et entra au conseil d'État. L'année suivante, il fut envoyé en Espagne, pour diriger les opérations du corps de Leclerc, et y resta en qualité d'ambassadeur, En 1803, il fut mis à la tête du corp: franco-italien qui devait occuper la Pouille, Tarenfe, Otrante, et fitprisonnière, en 1805, une division autrichienn2 de 8,000 hommes, commandée par un prince de Rohan, qui menaçait de détruire nos magasins dans l'Italie central2.

11 fit la compagne de Prusse et de Pologne en 1807, et fut nommé gouverneur de Varsovie. En 1808, il reçut le commandement de l’armée de Catalogne, où il se distingua dans plusieurs rencontres. Apprenart, en 1809, qu'il était remplacé par Augereau, il quttta l’armée, sans l’attendre, fut mis aux arrêts dans sa propriété à son arrivée à Paris, et y resta jusqu’au {4 avril 1811, où il reçut le commandement d’un corps bavaroïis. Ayant été blessé le 16 août, ainsi que le maréchal Oudinot, à la bataille de Polotzk, et ce dernier ayant dû quitter l’armée, Saint-Cyr, réunissant les deux corps, remporta, le 18 août, sur les Russes, une victoire qui lui valut le bâton de maréchal. Vainqueur de nouveau à la seconde bataille de Polotzk,il ne put retirer d'autre avantage de cette bonne fortune que celui d’assurer sa retraite, Mais, grièvement blessé, il dut se retirer sur les derrières de l’armée et résigner son commandement.

A peine rétabli, il prit, au commencement de 1813, celui du onzième corps sous {es ordres du prince Eugène. Le typhus, dont il fut atteint, le mit hors de combat jusqu’au mois de mai. Après la rupture de l'armistice, l’empereur lui confia le commandement du quatorzième corps, qui formait la réserve. Les fortifications dont il entoura Dresde préparèrent les victoires des 26 et 27 août. Napoléon en octobre ayant réuni toutes ses forces pour une dernière tentative, qui échoua devant Leipzig, laissa dans Dresde Saint-Cyr, qui battit l’armée russe de Tolstoy par laquelle il était bloqué. 11 fut pourtant contraint de signer une capitulation honorable, dont les clauses furent violées, au mépris du droit des gens, et se vit retenu prisonnier avec ses troupes. D’un autre côté, la faction des valets de l'empire laccusait d’avoir capitulé sans nécessité. Heureusement l’ordre de Napoléon qui lui donnait carte blanche, et qui avait été intercepté par l'ennemi, est connu aujourd’hui,

Rentré en France après la paix, le maréchal Gouvion Saint- Cyrsetint éloigné de tous les emplois jusqu’à la catastrophe de 1815. Au conseil des officiers généraux à la Villette, ül insista vainement pour qu'on profitât du faux mouvement de Blucher sur la rive gauche de la Seine. Le 8 juillet, Louis XVIII lui confia le portefeuille de la guerre. Son premier soin fut de poser les bases de l’organisation d’une nouvelle armée, en remplacement de celle que les Bourbons avaient licenciée. Ce premier ministère de Saint-Cyr fut court; le traité du 20 novembre lui paraissant blesser l'honneur de la France, il refusa, avec ses collégues, d’y apposer sa signature, et donna sa démission, Le roi le nomma membre de son conseil privé, gouverneur de la cinquième division militaire et pair de France avec le titre de marquis. Devenu ministre dela marine en 1817, il reprit le portefeuille de Fa guerre le 12 septembre 1819 . On doit

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