‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 336 sur 552 · GRAMONT —- GRAND-DUC · texte numérisé non relu

GRAMONT —- GRAND-DUC

mis en 1837 à l’École polytechnique, il passa ensuite à celle de Metz, et donna sa démission en 1840. Sa présentation offici-lle à la cour de Louis-Philippe fit scandale parmi les fidèles de la branche aînée, scandale d'autant plus grand qu’il fut en même lemps question d’un mariage d'argent, négocié pour lui par le roi, avec la fille d’un banquier juif des plus influents. Le jeune duc se maria en 1848 avec une anglaise, de souche roturière, mais dotée d’une fortune opulente. Ayant été mis à cette époque en relations avec le prince Louis Bonaparte, il seconda ses projets, et fut récompensé de son concours par les fonctions de ministre plénipotentiaire à Cassel (1851). De là il passa en la même qualité à Stuttgard (1852), puis à Turin (1853). Dans ce dernier poste il travailla activement à faire entrer le Piémont dans l'alliance anglo-française, et favorisa les vues de M. de Cavour sur l’unification de l'Italie. Aussi ne doit-on pas être surpris de voir sa nomination d’ambassadeur à Rome (1857) très-mal accueillie de la cour pontificale. Après l'annexion des duchés et de la majeure partie des États du pape, ses rapports avec Pie IX devinrent si difficiles qu’on fut obligé de déplacer M. de Gramont et de l’envoyer à Vienne (1861).

Le 15 mai 1870, la faveur particulière dont il jouissait à la cour des Tuileries le fit entrer dans le cabinet OIlivier. Il y recueillit la succession de M. Daru, qui venait de résigner le portefeuille des affaires étrangères. Acquis d'avance au parti qui avait résolu la guerre afin de relever l'autorité du gouvernement, il se conduisit lors du différend avec la Prusse d’une façon peu diplomatique, et fit, le 4 juillet, à la tribune, un casus belli de l’acceptation de la couronne d’Espagne par le prince de Hohenzollern. Les efforts de notre ambassadeur ayant abouti à une renonciation formelle de la part du prince prussien, M. de Gramont exigea de plus du roi Guillaume l’engagement qu'aucun membrede sa famille n’accepterait le trône d’Espagne. Le roi répondit par un refus, et bien, comme on l’a su plus tard, qu’il n’y eût dans cette affaire « ni insulteur ni insulté, » M. de Gramont s’empressa de déclarer au Corps législatif qu'il ne resterait pas une heure de plus dans une chambre qui ne relèverait pas le defi et l’outrage adressés à la France par la Prusse. La guerre fut déclarée. Les premières défaites de notre armée ayant amené la chute du ministère Ollivier (10 août 1870), M. de Gramont se retira en Angleterre, et ne rentra à Paris qu’à la fin de 1871. On a delui : Za France et la Prusse avant Ta guerre (1872, in-8°), apologie de sa conduite.

GRAN, chef-lieu de comté, en Hongrie, au confluent du Gran et Gu Danube, avec 18,000 âmes, est le siège de l'archevêque primat. C’est peut-être la plus ancienne ville de la Hongrie. Elle renferme de beaux édifices, et fait un commerce considérable par le Danube.

GRAND, GRANDS. Habitués que nous sommes à rapetisser toutes choses à notre taille exigüe, nous avons trouvé extraordinaire, majestueux, distingué, tout ce qui dépasse les dix:ensions étroites que notre esprit a données aux objets comme aux idées : le mot grand a été employé par nous pour indiquer cette supériorité ; et nous l’avons appliqué à tout ce qui dépasse la hauteur, la largeur, la profondeur moyennes avec lesquelles nous sommes familiarisés. Les choses ne sont donc grandes à nos yeux que proportionnellement à d’autres qui lesont beaucoup moins, el l'on peut dire qu'il en est de même pour les personnes : les catégories qu’on pourrait étab'ir pour les grandes cho ses Comme pour les grands hommes varieraient à l'infini,

Les grands (pris substantivement) ont longtemps formé une classe à part : les aristocrates étaient les grands de la

Grèce, les patriciens ceux de Rome. En France, sous le régime féodal, le peuple, voyant dans les ducs, barons, comtes, châtelains, qui le tenaient sous le joug, des hommes d'autant supérieurs qu’ils étaient plus puissants , leur décerna le titre de grands, si propre à flatter leur orgucil en même femps qu’il constatait l’abaisse-

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ment de ceux qui le leur donnaient. A la mort de Richelieu, les grands du royaume n’existaient plus ; mais , en revanche, les antichambres royales et ministérielles étaient encombrées de courtisans serviles, de valets à couronnes ducales, de nobles sans noolesse, qu’on appelait encore les grands ; dérision honteuse, qualification mensongère, que Voltaire lui-même a gravement employée; car il n’y avait de grand dans les roués de la régence, dans les libertins de la cour de Louis XV, que leur bassesse et leur corruplion. Aussi quand la révolution vint à poindre, et que les idées d'égalité pénétrèrent dans les esprits avant de pénétrer dans les lois, la tourbe courtisanesque était devenue tellement odieuse que lon applaudit beaucoup à cette heureuse épigraphe d’un publiciste révolutionnaire : « Les grands ne nous paraissent grands que parce que nous sommes à genoux : levons nous! »

GRAND AUMÔNIER DE FRANCE. Voyez At- MONIERS et Esprir (Ordre du Saint-),

GRAND-BASSAM, établissement français, situé sur la Côte d'Or (Afrique occidentale), entre 5° de latit. nord et6° de long. ouest, à l’embouchure du Grand-Bassan dans l'océan Atlantique. C’est un pays marécageux, où la température est extrême. Les indigènes, peu nombreux du reste, vivent surtout de la pêche; ils cultivent le bananier, l’oranger, l'ananas, le manioc et l’igname. Le cheflieu de cette petite colonie est Grand-Bassam, village à 4 kilom. de la mer, et résidence du roides Bassamans.

GRAND-CHAMBELLAN. Voyez CnAMBELLAN.

GRAND’CHAMBRE. C'était ainsi qu’on nommait Ja chambre principale de chaque parlement, où toute la compagnie se rassemblait et où le roi tenait ses litsde justice. C'était là que se faisaient les enregistrements et que l’on plaïdait les appellations verbales, les appels comme d'abus, les requêtes civiles et autres causes majeures. La grand’chambre du parlement de Paris était nommée aussi chambre dorée, à cause de son plafond. La cour de cassation y à siégé jusqu’en 1870.

GRAND-CHANCELIER. Voyez LÉGION D'HONNEUR.

GRAND CONSEIL. Voyez ConsEIL D'ÉTAT.

GRAND’CROIX, grade le plus élevé dans la plupart des ordres de chevalerie. Dans la Légion d’Honneur, les grand’s-croix se sont d’abord appeiés yrandsaigles. Grand'croix était aussi le titre des principales charges de l’ordre de Malte, des baillis capitulaires qui composaient le conseil du grand-maïitre. L’évêque de Malte, le prieur de l’église et les piliers des huit langues étaient les grand’s-croix de l’ordre, à

GRAND-DUC. Les grands-ducs occupent, dans la hiérarchie des souverains, le rang intermédiaire entre les rois et les simples du cs; on leur donne la qualification d’Altesse royalc. Le duc de Florence, Cosme 1° de Médicis, futle premier souverain qui, en 1569, se fit octroyer par le pape Pie V ce titre, mais sans en obtenir de l’empereur la confirmation. Son fils et successeur , François, fut plus heureux; en 1575, l’empereur Maximilien JI le lui accorda à Poccasion du mariage que sa sœur allait contracter avec ce prince. C’est à partir de 1699 seulement que la qualification d’Altesse royale fut jointe à ce titre de granddue, de même que le nom de la Toscane y fut désormais substitué à celui de Florence.

Napoléon créa un second grand-duc, en octroyant en 1806 à son beau-frère Murat le duché de Berg; et bientôt après, par suité de leur accession à la Confédération du Rhin, l'électeur dé Hesse-Darmstadt et l'électeur de Bade échangèrent leur ancien titre, comme souverains, contre celui de grand-duc. Conformément aux stipulations arrêtées au congrès de Vienne, ilest porté (en 1873) par les souverains de Hesse, de Bade, de Saxe- Weimar, de Mecklembourg- Schwerin, de Mecklembourg-Strelitz et d’Oldembourg (ce dernier ne Pa.pris officiellement qu’en 1829), tous allemands, La Toscane ayant été réunie en 1859 au Piémont, le titre de grand-duc a été supprimé en Italie. À ses autres titres, le roi des Pays-Bas ajoute celui de grand-duc

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