partie du Staffordshire qu’on désigne sous le nom de district
des poteries, est autrement importante. Les côtes méridio-
nales et orientales de l'Angleterre fournissent de l'argile
très-fine. On estime à { million sterling la valeur des expor-
tations annuelles de ces divers produits. Du moins en 1850
elle s'était élevée à 999,354 Liv. ster. ; ce qui était 100,000 ‘ü
liv. en sus de la moyenne des années précédentes. C’est du reste dans ces proportions qu'a lieu le développement général des diverses branches de l’industrie britannique.
Un vaste et admirable système de voies de communications a d’ailleurs été organisé pour contribuer à la mise en valeur de ce riche ensemble de produits naturels et industriels; et le gouvernement s'applique sans cesse à le développer ainsi qu'à le perfectionner. C’est plus particulièrement l'Angleterre qui se distingue sous ce rapport. Ainsi, au commencement de l’année 1849 on comptait tant en Angleterre que dans le pays de Galles un développement de 100,000 milles (mesure anglaise) de grandes routes , dont l’entretien exigeait une dépense annuelle de 1,408,750 liv. st. ; plus, 19,942 milles de routes construites aux frais d’associations particulières,et coûtant 1,378,352 liv. st. d’entretien par an. Ces routes ont sans doute bien moins d’importance que les chemins de fer, dont pas un seul du reste n'appartient à l'État. Dès le commencement du dix-huitième siècle, d’informes essais de construction de voies ferrées avaient eu lieu à Newcastle. Le premier acte que rendit le parlement pour réglementer cette matière date de 1801. Depuis cette époque jusqu’en 1849, il en avait été ‘rendu 1,111, dont 615 pour la création de lignes nouvelles et 496 relatifs à la continuation ou à l’entretien de lignes déjà existantes ; et de 1826 à 1849 le parlement avait voté pour cet objet unesomme totale de 348,012,188 liv: sterl. En 1853 les lignes nouvelles dont la construction avait été autorisée par le parlement présentaient un développement total de 940 milles, dont 589 millés en Angleterre , 80 milles en Écosse, et 272 milles en Irlande, La longueur totale des chemins de fer autorisés par lalégislation depuis l'origine était de 12,688 milles dont ;,686 ont été ouverts à la circulation. Restait donc à exécuter 5,002 milles; mais comme les concessions accordées sur une longueur de 2,838 milles se trouvaient périmées à la fin de 1850, il ne restait en réalité en voie d'exécution que 2,164 milles. Sur les 7,686 milles de chemins de fer à ce moment (1853) ouverts à la circulation, on en comptait 5,848 en Angleterre, 995 en Écosse et 842 en Irlande. En 1853 il y en avait eu d’ouverts sur un développement de 350 milles. Onestime que les frais de construction de cet immense réseau ont été en moyenne de 33,000 liv. st. par mille.
Le capital engagé dans tous les chemins de fer du Royaume- Uni s'élevait à la fin de 1852 à la somme totale de 6 mitliards 604millions 518,875 francs , dont 4 milliards 35 millions en actions de capital ordinaires; 967 millions 518,875 fr. en capital privilégié ou obligations, et 1 milliard 601 millions 616,700 fr. d'emprunts.
La quantité de milles de chemins de fer en cours de construction au 30 juin 1853 était de 682, et le nombre des ouvriers de 37,764 .Le nombre des employés de toutes espèces sur les chemins ouverts à la circulation s'élevait à la même époque à plus de 80,000.
Le nombre des voyageurs transportés sur tous les railways du Royaume-Uni dans l’année 1853 s'était élevé à 102 millions 286,660 ; en 1852, il n'avait été que de 89 millions 135,729. En 1849 il n’était encore que de 60 millions 398,159. L'augmentation du chiffre des voyageurs, qui en 1849 avait été de 11,450 par mille, avait été en 1853 de 14,695. Les recettes de tous genres, qui dans cette même année 1849 n'ovaient été que de 11,200,901 liv. st., s’étaient élevées pour 1853 à 18 millions 35 mille 179 liv. st. Notons encore que sur ce chiffre de 102 millions de voyageurs transportés en 1853, il y avait eu 305 individus tués et 449 blessés. Observons d’ailleurs, en terminant ce que nous avions à dire ici au sujet des chemins de fer du Royaume-Uni, que les colonies de la Grande-Bretagne ne sont pas restées étrangères aux bienfaits de ces rapides voies de communication; il en a été construit jusqu’au Bengale et dans l'ile de Ceylan. .
Le système de canalisation a pour point de départ l'acte du parlement de 1755, en vertu duquel commença la construction du canal de Sankey-Brook, quesuivit bientôt
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après la construction du canal de Bridgewater. Le développement total des canaux existants en Angleterre et dans le pays de Galles est de 2,300 milles ; il dépasse par conséquent de 200 milles le développement de la navigation fluviale. Consultez Petermann, Hydrographical Map of the British Isles (Londres, 1849); Francis, History of the English Railway (2 vol., 1851). Toutes les localités de quelque importance sont aujourd'hui reliées entre elles par des chemins de fer ou par des canaux. Ces derniers passent devant des entrepôts et des fabriques ; et tout récemment un vaste système de correspondance télégraphique est venn rendre aussi rapides qu’il est possible les communications des diverses localités entre elles.
Toutes les ressources que possédait la Grande-Bretagne ont été utilisées sur la plus vaste échelle pour favoriser les développements de son commer ce et de sa navigation : ausst a-t-elle depuis longtemps complétement dépassé sous ce rapport les Espagnols et les Hollandais, qui l'avaient précédée dans cette voie, C’est la Grande-Bretagne qui la première est parvenue à réaliser le projet d’un commerce embrassant tout l'univers. La base et le point de départ en furent l’acte de navigation rendu par Cromwell à la date du 9 octobre 1651, qui procura immédiatement à l'Angleterre d'énormes avantages, maïs qui naturellement dut aussi donner naissance à de nombreux embarras. On chercha à y porter remède à partir de 1735 au moyen des warehouses où entrepôts; puis, après avoir subi en 1824 d’importantes modifications en vertu des lois de nouvelles renduessur la matière, cetacte de navigation a fini par être complétement abrogé en 1549, àla grande {erreur des patriotes à courte vue. Mais dans l'intervalle l'éducation commerciale de la Grande-Bretagne s'était faite, de sorte qu’on put proclamer alors en principe la liberté absolue du commerce, tout en sachant en réalité la limiter d’aprèsles exigences des circonstances. Le nombre des vaisseaux du commerce s'accroît dans une progression merveilleuse. En 1824 le jaugeage des navires déclarés comme devant être employés au long cours s'élevait à 2,348,314 tonneaux. En 1850 (vingt-cinq ans plus tard) il s'élevait à 3,665,153. Dans ce nombre on comptait à la fin de cette même année 1,185 bâtiments à vapeur, jaugeant ensemble 168,342 tonneaux , et 24,819 bâtiments à voiles, jaugeant 3,396,791 tonneaux. L'activité la plus grande régnait en outre dans les divers chantiers de construction.
En 1849 le cabotage occupait 309,049 bâtiments, jaugeant 27,522,070 tonneaux. Dans la même année le nombre des entrées de bâtiments à vapeur employés au cabotage avait été de 18,343, jaugeant 4,283,505 tonneaux , et celui des sorties à 18,362, jaugeant 4,203,202 tonneaux. Quant au nombre des bâtiments entrés dans les ports de la Grande- Bretagne et venant soit des colonies, soit de l'étranger, il avait étéen 1848 de 27,786, jaugeant 5,578,461 tonneaux ; et celui des navires partis à même destination , de 24,893, jaugeant 5,051,327 tonneaux. Parmi les marines étrangères qui fréquentent les ports de la Grande-Bretagne, la marine danoise occupe le premier rang pour ce qui est du nombre des navires. Viennent ensuite les marines française, norvégienne et américaine. Sous le rapport du tonnage, c’est la marine américaine qui passe en première ligne; viennent après la Norvège, le Danemark, la Prusse et la France, En 1850 le tonnage des navires nationaux sortis des ports de la Grande-Bretagne s’est élevé à 3,960,754 tonneaux. La liberté que la Grande-Bretagne concède aux navires étrangers d'entrer dans ses ports a eu pour résultat d’y produire une diminution de la navigation nationale ; mais par eompensation ses relations avec les ports étrangers se sont accrues. Le chiffre des émportations et des exportations va toujours croissant. Du 5 janvier 1849 au 5 janvier 1850, l'importation dans le Royaume-Uni et en Irlande s'était élevée à 105,874,607 liv. st., et sans l'Irlande, à 99,843,098 liv. st., valeur déclarée, D’après la taxe officielle, il avait été exporté dansle même laps detemps, en produits tant naturels que fa-
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rels que fabriqués, 164,539,504 liv. st. (et sans l'Irlande 164,275,454); en denrées coloniales et produits étrangers, 25,561,890 liv. st. (sans l'Irlande, 25,577.729); en tout, par conséquent, 190,101,394 Liv. st. (sans l'Irlande, 189,832,783). D'après les valeurs déclarées, l'exportation des produits du royaume, tant naturels que fabriqués, s'étaitélevée pendant le même espace de lemps à 63,596,625 liv, st. (et sans l'Irlande, à 63,319,937 liv. st.).
Dans les années 1850, 1851 et 1852, la progression n’a été ni moins constante et ni moins notable. Le chiffre des exportations s'était élevé en 1853 à 98,933,718 liv. st. (près de 2 milliards et demi) ; en 1861, ilfutde 125,102,814 Ji. st.; en 1866, de 188,917,536 ; en 1870, de 199,586,822. Enfin il montail, à la fin de 1871, à 219,319,074 liv. st. (près de 5 milliards et demi), c'est-à-dire il avait plus que doublé de valeur en dix-huit ans. Cet accroissement prodigieux s’explique*par les demandes de plus en plus considérables des possessions et colonies britanniques. Dans la somme totale de l'exportation en 1870, par exemple, les colonies figurent pour un quart, et l'Inde d’abord, PAustralie ensuite, absorbent les deux tiers de cette part. Les ports principaux sont Londres (qui à perçu, en 1870, 262 millions pour les droits de douanes), Liverpool, Bristol, Hull, Glassow, Southampton et Belfast.
L’importalion consiste surtout en matières premières : coton, laine, soie, chanvre, lin, bois de construction, sucre, café, sel, goudron, poix, céréales, etc.; l'exportation en fer, étain, cuivre, houille, et surtout en objets fabriqués, cotonnades, articles en fer et en acier, etc. On évalue le bénéfice net produit par ce mouvement commercial à un milliard. Parmi les articles d'exportation figurent en première ligne les cotonnades et les colons filés (567,030,000 fr. en 1848; et 1,785,253,275 fr. en 1870); les lainages el les laines filées (162,770,075 fr. en 1848; et 670,530,425 en 1870); les produits métallurgiques (527,012,350 fr. en 1870); les toiles et fils (237,145,875 f. en 1870), la houille (137,672,750 fr.); les machines (132 millions 162,575 fr.).
Sur la totalité des exportations faitesen 1870(4 milliards 988,170,550 fr.) il y en avait eu 3,694,314,975 pour les pays étrangers ; on les classait ainsi par rang d’importance : Élats-Unis, 708,384,850 fr.; Allemagne (empire d’), 510,404,200 fr.; France, 291,078,475 fr.; Hollande, 280 millions 519,600 fr.; Égypte, 218,145,250 fr.; Russie, 174,794.025 fr.; Chine, 153,490,895 fr. ; Turquie, 147 millions 508,400 fr.; Brésil, 134,170,850 fr.; Italie, 131 millions 801,850 fr.; Espagne, 125,645,275 fr.; Belgique, 112,026,975 fr.; Chili, la Plata, Colombie, Danemark, Suède, Portugal, etc. Les possessions britanniques avaient reçu, en 1870, de la métropole une valeur de 1 milliard 295,355,000 fr. en articles exportés, notamment l'Indeet Ceylan, 482,598,000 fr.; l'Australie, 247,470,000 fr.; Canada et Amérique du Nord, 169,604,875 fr.; Antilles, 84 millions 043,400 fr.
Le chiffre des importations pour l’an 1870 (7 milliards 591,437,325 fr.) est le plus élevé qui ait jamais été atteint. La part des pays étrangers s'élève à 5,960,527,000f, dans les proportions suivantes : États-Unis, 1,245,120,875 francs; France, 946,000,000 fr.; Russie, 514,028,175 fr.; Allemagne, 385,105,450 fr.; Hollande, 357,892,925 fr.; Egyple, 352.920,500 fr.; Espagneet ses colonies, 315 millions 682,500 fr.; Belgique, 291,196,600 fr.; Chine, 240 millions 613.925 fr. ; Suède et Norvège, 214,772,395 [r.; Turquie, 163,201,800 fr.; Brésil, 153,186,200 fr.; Pérou, 122,026,875 fr.; Italie, 96,090,125 fr.; Chili, Danemark, Portugal, la Plata, Grèce, Autriche, etc. Quant aux possessions britanniques, la valeur totale de leurs in portations s'élevait, à la même époque, à 1.620,810,295 fr. qui se distribuent ainsi : Inde et Ceylan, 713,528,495 fr; Australie, 351,881,600 fr.; Canada et Amérique du Nord, 219,884,100 fr.; Antilles, 148,729,950 fr.; le Cap, 71 millions 847,650 fr.; etc.
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Le commerce et la navigation sont favorisés par un grand nombre de compagnies, parmi lesquelles figurait en première ligne la Compagnie des Indes orientales, supprimée en 1858.
L'Irlande, si méconnue, est d’une grande importance pour le commerce intérieur, et Liverpool doit en grande partie sa prospérité aux relations commerciales qu’elle entretient avec ce pays. L'Irlande exporte en Angleterre des grains, de la farine, des bestiaux, de la viande et du beurre en quantités inmenses,
Il va sans dire que dansles encouragements et la protection accordés au développement de cette immense activité commerciale, on veille attentivement, d’une part, à ce que les intérêts généraux soient toujours sauvegardés, et de l’au. tre à ce qu’il en soit de même pour les intérêts particuliers, qui disparaissent et s’effacent si facilement dans un aussi immense tourbillon d’affaires. La célèbre Banque d'Angleterre, dont le siége est à Londres, la plus ancienne et en même temps la plus puissante de toutes les banques existant dans la Grande-Bretagne, est le point central auquel vient aboutir l’énorme mouvement d'espèces auquel donne lieu le commerce national. En 1850 la valeur de ses billets en circulation s'élevait à plus de 30 millions de liv. st., el en 1870 il était réduit à 23,900,000 (597,500,000 fr.). Une foule debanques privées et par actions (121 des premières, 56 des secondes) ayant en circulation des billets pour la somme totale de 349 millions de fr. (janv. 1872), viennent en aide au crédit des particuliers en même temps qu’elles favorisent les transactions avec l'étranger.
Pour seconder cet immense développement ces intérêts industriels et commerciaux dela Grande-Bretagne, des postes d'observation ont été jugés nécessaires à l’éfranger et au delà des mers ; de même qu’on peut dire que c’est ce développe: ment qui détermine toujoursla conduite que le gouvernement de ce pays observe dans ses rapports avec les puissances étrangères.
Les principaux postes d'observation diplomatique de la Grande-Bretagne sont Paris, Vienne, Saint-Pétersbourg, Constantinople, et aussi depuis ces derniers temps Berlin. Ses possessions extérieures sont toutes, en Europe, plus que des postes d'observation ; ce sont en outre des points milifaires et maritimes d’une haute importance, à savoir : Helgoland, Gibraltar, Malte; les îles Ioniennes, quelle occupait, ont élé cédées en 1863 à la Grèce.
Le système colonial de la Grande-Bretagne n’a point son pareil; sous beaucoup de rapports, il offre une grande analogie avec celui des Romains. Certains publicistes ont, à la vérité, cru pouvoir signaler une différence essentielle entre ces deux systèmes ; différence fondée, suivant eux, sur ce que toujours Rome accorda le droit de cité à ses colonies, encore bien que celles-ci n’eussent aucun rapport de nationalité avec leurs conquérants et leurs dominateurs; tandis précisément que l’Angleterre le refusa aux siennes, quoique sorties de son propre sein ; fandis qu’elle les traita toujours avec une extrême rigueur et en véritable marâtre, par exemple autrefois l'Amérique du Nord, et comme ee fut jusqu’en 1868 le cas au Canada. Cette assertion n’a pour elle que l'apparence de la vérité; et, à ne considérer les choses qu’extérieurement, on peut même dire qu’il n’y à pas d'État qui occupe plus d'hommes que la Grande-Bretagne au développement de la prospérité de ses colonies, qui fasse des dépenses aussi considérables à l'effet de favoriser et d'assurer leur bien-être ; enfin, qui autorise et encourage plus libéralement dans ses colonies un développement intellectuel accommodé aux mœurs nationales des pays soumis. Or c’est là, suivant nous, ce qui établit une grande analogie entre le système colonial moderne des Anglais et l'ancien système des Romains. Ainsi, pour favoriser la civilisation indigène, l'étude des langues indigènes , et le maintien des lois et de la religion indigènes, il a été fait dans les Indes des efforts tels, que l'administration anglaise a pu encourir à bon droit le reproche de profonde indifférence en matière de
reHgio ; politique que la France a suivie depuis, et par les mêmes motifs , en Afrique. En outre le gouvernement anglais n’a pas hésité à doter ses lointaines possessions de tous es éléments de prospérité matérielle dont l'efficacité avait été reconnue dans la mère patrie; c'est ainsi qu’au Bengale, au Cap, en Australie, il a été procédé à la cons-
truction de voies ferrées avec tout autant d’ardeur que dans la Grande-Bretagne même. La question de la manière dont s'acquièrent les colonies, et par suile la lamentable histoire des crimes de lèse-humanité qui s’y rattachent, reste d’ailleurs complétement en dehors de nos appréciations. Il ne s’agit ici que d’économie sociale ; nous constatons des faits, sans prétendre en apprécier philosophiquement les causes.
Dès l’an 1502 le roi Henri VII avait accordé des priviléges spéciaux à une compagnie de marchands de Bristol et de navigateurs portugais, qui s'était constituée à l'effet d’entreprendre des voyages de découvertes et de fonder des établissements coloniaux. Sous le règne d’Élisabeth et à sa mort, arrivée en 1603, les possessions extérieures de la Grande-Bretagne s’étendirent plus particulièrement à Terre- Neuve et dans la partie de l'Amérique du Nord qui forme aujourd'huile territoire de l’'Union-Américaine, où elles comprenaient déjà une superficie denviron 1,300 myriamètres carrés. La fondation de la Compagnie des Indes orientales par Élisabeth, le 31 octobre 1600, eut aussi les résultats les plus importants. Sous le règne de Jacques II, en 1606 et en 1609, les colonies anglaises reçurent un accroissement notable , et dont plus tard on reconnut aussi l’importance politique, par suite des établissements qu’on fonda alors en Virginie (Amérique du Nord), à la Barbade, aux iles Bermudes , à la Nouvelle-Belgigne et en Acadie ( Nouvelle-Écosse ) ; toutefois, sous le règne de Charles 1€" cette dernière contrée fut restituée à la France. Le règne de ce malheureux prince ne laisse pas que d'occuper une grande place dans l’histoire des colonies anglaises, parce qu’on voit alors un système régulier d'administration s’y établir pour la première fois. La Compagnie des Indes orientales fit vers le même temps ses premières grandes acquisitions au Bengale, à savoir le territoire qui plus tard a été désigné sous le nom de Madras; de telle sorte qu’à ce moment l’ensemble des possessions extérieures de la Grande- Bretagne offrait déjà une surface de 8,000 myriamètres carrés.
L’Acte de navigation de Cromwell eut pour le commerce de même que pour le développement du système colonial de l’Angleterre les plus incalculables conséquences. Le fait dominant de cette époque , c’est d’ailleurs l'extension de plus en plus rapide que la puissance britannique prend dès lors constamment dans les Indes occidentales, où elle introduit la culture des plantes propres aux climats tropicaux, et notamment la conquête qu’elle y fait de l'ile de la Jamaïque (1655), précédemment possédée par les Espagnols. Quand les Stuarts remontèrent sur le trône, les possessions extérieures de la Grande-Bretagne s’élevaient à 8,600 myriamètres carrés. C’est sous le règne de Charles IT qu’eut lieu sur la côte occidentale d’Afrique la fondation des premiers établissements anglais dans ces parages ; et en 1673 on enleva aux Hollandais Pile Sainte-Hélène, poste d’une importance toute particulière pour le commerce de la Grande- Bretagne avec les Grandes-Indes, alors que le Cap de Bonne-Espérance ne faisait point encore partie des possessions britanniques. Les comptoirs fondés précédemment sur les côtes de l'Amérique du Nord en vinrent alors à prendre les proportions les plus grandioses, La fondation de la Compagnie de la baie d'Hudson fut le point de départ d’une extension de territoire presque flimitée ; et la puissance britannique s’y trouva encore mieux consolidée quand on fut parvenu à chasser les Hollandais des dictricts, alors encore sans importance, de New-York et de New-Jersey, lesquels dans les dernières années du règne de Charles 11 reçurent une organisation et une constitution analogues à celles dont jouissaient déjà les autres établissements fondés dans ces
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contrées. Des acquisitions nouvelles furent faites aussi dans les Grandes-Indes en même temps qu’on prenait possession des îles Bahama, si riches en produits tropicaux. Pendant ce temps la Compagnie des Indes orientales s’arrondissait de plus en plus : en 1668 elle obtint, moyennant le payement d’une rente perpétuelle, la toute propriété de l’île de Bombay, dont les Portugais avaient gratuitement fait don à Charles II, et devenue ainsi l’origine première de la division territoriale à laquelle on a donné plus tard la dénomination de présidence de Bombay. En 1681 un gouverneur fut envoyé à Hughly, au Bengale, où depuis 1632 la compagnie était autorisée à trafiquer. La puissance britannique prit également pied à Sumatra. A la mort de Charles II (16 février 1685) les possessions extérieures de la Grande-Bretagne comprenaient déjà ensemble une surperficie d'environ 18,100 myriamètres carrés.
Dans la déplorable époque de troubtes qui succéda à celle-ci, il n’y eut guère d’efforts {entés que par la Compagnie des Indes orientales, dans le sein de laquelle une compagnie nouvelle, portant la même dénominationet poursuivant le même but, fondée en 1689, mais au total assez peu viable, succomba en 1709. Le chah mongol Aureng- Zeib permit à l’ancienne compagnie de fortifier Calcutta (1696), devenu aïnsi un centre d’action pour la} fondation d’un empire britannique dans l’Inde. Par suite du nouvel équilibre politique que la paix d’Utrecht (11 avril 1713) constitua en Europe, tout le territoire baigné par la baie d'Hudson ainsi que celui de la Nouvelle-Écosse furent, indépendamment de divers points importants en Europe, adjugés à la Grande-Bretagne, dont les possessions territoriales extérieures reçureut ainsi un accroissement de 16,000 myriamètres carrés, d’un sol le plus généralement rebelle à la culture, et se trouvèrent de la sorte portées à un total de 36,000 myriamètres carrés. C’est vers le milieu du siècle dernier, sous le règne de Georges II, que la puissance britannique commença à prendre dans les Indes orientales l'extension à laquelle elle estarrivée de nos jours ; etl’accroissement de 4,082 myriamètres carrés de territoire que la Grande-Bretagne reçut sous le règne de ce prince l’emportait de beaucoup comme importance réelle sur l'accroissement de 16,000 myriamètres carrés qui avait eu lieu sous le règne de la reine Anne. Le nabab du Bengale Mir-Djafer céda en 1757 à la Compagnie les vingt-quatre pergunnahs, district voisin de Calcutta ; la même année Masulipatam fut conquis par la force des armes. Le nabab de Karnate Mohamed-Ali abandonna en 1761 à la Compagnie, entre autres territoires, celui de Madras. Dans la guerre de 1756, la France s'était déjà vu enlever le fort Victoire, près de Bombay. Dans l'Amérique du Nord, ce furent surtout les territoires de Michigan, d’Illinois et d’Indiana qui vinrent s'ajouter aux possessions anglaises ; dans cette partie du monde elles s’élevaient à l’accession de Georges III au trône (25 octobre 1760) à 10,680 myriamètres carrés. Le règne de ce prince fut d’une importance décisive pour le développement du système colonial de l'Angleterre : d’une part la défection et la séparation violente de la meilleure partie de ses possessions de PAmérique du Nord, et de l’autre l'accroissement gigantesque que la puissance britannique prit dans l’Inde, durent forcément avoir pour conséquence la création d’une administration plus spécialement chargée de veiller sur les divers in térèts qui se rattachent à l'existence du système colonial.
A partir de ce moment l’histoire des colonies se confona dans ce qu’elle a de plus important avec l’histoire générale de la Grande-Bretagne, comme aussi avec celle de l’Amérique du Nord, des Indes orientales et de la Compagnie des Indes. La destruction de la puissance française dans les Grandes-Indes eut les conséquences les plus fatales pour les souverains indigènes. L'autorisation de trafiquer librement dans toute l'etendue du Bengale, que dès l’année 1652 la Compagnie des Indes avait obtenue, grâce à l'adresse d’un médecin heureux dans les cures dont il avait été chargé à la cour du Grand-Mogol, en vint insensiblement à acquérir
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un caractère politique. Dès le mois d'août 1765, le chah Alem concédait à la Compagnie les revenus du Bengale, du Behar et d'Orissa; ce qui était en fait lui en abandonner ja souveraineté. Déjà précédemment, en 1761, le nabab du Bengale avait cédé à la Compagnie les districts de Burdwan,
de Midnapour et de Djittagong; en 1765 il renonça même en |
sa faveur à tous ses droits de souveraineté, La conséquence immédiate de ces divers actes de cession fut la prise de
possession des Circars du nord (1766); et la route con- :
duisant dans l’intérieur de l'Inde se trouva dès lors ouverte à la Compagnie. Assaf-ad-Dauleh, qui par là fut amené à soutenir une guerre contre elle, perdit, en 1775, une grande partie du district d’Allahabad et, désastre bien autrement irréparable pour la nationalité indoue, le gouvernement de Bénarès ainsi que cette ville sainte elle-même. La guerre entreprise contre les Mahrattes valut ensuite l’acquisition, assez peu importante par elle-même, de l'ile de Salsette (1776). Mais de tout cela résulta pour la puissance britannique dans les Grandes-Indes un accroissement de territoire de 6,300 myriamètres carrés.
Pendant ce temps-là les progrès de la Grande-Bretagne avaient continué aussi en Amérique. La paix de Paris de 1763 lui valut les deux Canadas, le cap Breton et quelques-unes des Antilles, enlevés aux Français, et les deux Florides enlevées aux Espagnols. En y comprenant quelques acquisitions faites amiablement et un district enlevé également aux Français sur les rives du Sénégal, il en résultait pour la Grande-Bretagne un accroissement de territoire de 10,294 myriamètres carrés. 1l est vrai qu'à partir de 1776 la guerre d'Amérique lui fit reperdre une bonne partie de ces acquisitions ; et la fortune voulut cette fois que la jalousie de la France, le mercantilisme de la Hollande et la vanité de l’Espagne vinssent en aide à la cause de la liberté, contre la toutepuissance anglaise. Cependant, en dépit de toutes les pertes qui résultèrent pour elle de la signature de la paix de Versailles (1783), la Grande-Bretagne se trouvait encore à ce moment en possession hors d'Europe d’un territoire d’environ 65,000 myriamètres carrés, indépendamment du droit de libre navigation dans les mers méridionales de inde, dont les Hollandais s’étaient montrés jusque alors si jaloux.
La perte d’une partie notable de l'Amérique du Nord eut pour conséquence en Angleterre d'appeler maintenant lattention publique sur l'Afrique et sur l’Australie. Sierra-Léone fut fondée dans le premier de ces continents, et la Nouvelle- Galles-du-Sud dans le second, en 1788. Les extensions de territoire dans les Indes orientales allaient d’ailleurs pendant ce temps-là d’un pas toujours plus rapide; en 1786 les Anglais prenaient possession de Poulo-Pinang, appelée plus tard Île du Prince de Galles; en 1788, de Gantur- Circar ; en 1792, à la suite de la guerre contre Tippou-Saïb, de la plus grande partie de ses États, du Malabar, de Salem, de Calicut, etc. ; et en 1799, à la suite d’une lutte opiniâtre et de la mort de Tippou-Saïb, du restant du beau royaume de Mysore. En 1795, le radjah de Travancore se soumit volontairement à la Grande-Bretagne, et en 1799 celui de Tandjore ; soumissions qui accrurent les domaines de la Compagnie d’une superficie d’environ 1,700 myriamètres carrés. La paix d'Amiens valut ensuite à l’Angleterre quelques districts de Ceylan, possédés jusque alors par les Hollandais. Aux termes de la paix conclue le 12 octobre 1800 à Hyderabad, le nizam de Dekkan céda à la Compagnie la portion des États de Tippou-Saïb qui lui était échue en partage. L'année suivante les États du nabab Asem-ad-Daulah , C'est-à-dire à peu près tout le Karnatik, vinrent s’y ajouter, moitié par voie de négociations, moitié par voie de contrainte. La même année (1801), aux termes du traité de Lucknow, en date du 10 novembre, tout le royaume d’Aoude fut acquis de la même façon ; et par suite de la soumission des radjahs voisins, obtenue moyennant l'engagement pris de leur fournir des pensions, le territoire britannique dans l'Inde arriva à avoir les dimensions les plus gigantesques. La guerre soutenue en 1502 contre les Mabrattes eut pour résultat la
conquête de Bundelkund ; à la fin de l’année 1803, le Grand- Mogol lui-même devenait l’un des pensionnaires de la Compagnie des Indes; et c’est de la sorte, de même que par la soumission successive de divers autres souverains, que dès 1805 les territoires de Delhi, de Koultaka, le haut Duab, Balasore, Gouzerate, elc., étaient venus accroître les possessions de la Compagnie. Tels furent à ce moment les accroissements de territoire que la Grande-Bretagne prit dans les Indes orientales, pendant que l’Europe s’épuisait dans des luttes meurtrières et acharnées : 8,056 myriamètres carrés, rien que dans les premières années du dix-neuvième siècle ! Mais elle ne s’en tint pas là. Depuis la grande perte que lui avait fait essuyer le divorce de ses anciennes colonies, elle avait su y trouver d’assez notables compensations. Sur la côte nord-ouest, là où se trouve aujourd’hui New-Albion, etc., l'Espagne lui avait abandonné un territoire de 7,800 myriamètres carrés; et elle avait en outre pris possession du Labrador. Les grands traités de 1814 et de 1815 lui adjugèrent encore, aux dépens des Hollandais, diverses petites îles, mais surtout l'importante colonie du cap de Bonne-Espérance ( plus de 4,000 myriamètres catrés) et quelques autres districts situés en Afrique. Quoique la paix conclue à Gand en 1814 l’eût contrainte à restituer aux États-Unis une su: perficie d'environ 10,000 myriamètres d’un territoire d'assez peu d'importance réelle, la Grande-Bretagne à ce moment possédait en dehors de l’Europe une superficie de 103,200 myriamètres carrés.
Dans les six années qui s’écoulèrent ensuite jusqu'à la mort de Georges IIX (29 janvier 1820 ) eut lieu la conquête du royaume de Candy, dans l’ile de Ceylan (1815), laquelle dès lors se trouva complétement soumise à l'Angleterre, mais à litre de dépendance immédiate de la couronne, et non plus de la Compagnie des Indes. La même année (1815) la Compagnie des Indes enleva au radjah de Népal un grand territoire (plus de 700 myriamètres carrés) situé entre les fleuves Djoumna et Setledge, d’où résulta encore acquisition postérieure de quelques territoires d’importance moindre, mais formant ensemble une superficie de 320 myriamètres carrés. En 1817 se termina laguerre, heureuse au total, soutenue par la Compagnie contre leradjah de Nagpour, et qui valut à la Grande-Bretagne l’adjonction à ses possessions d’une partie notable de Gondwana (environ 1,500 myriamètres carrés) et d’Orissa (428 myriamètres carrés). Dans la même année, Houttah, Danvar et Sagour furent enlevés aux Mahrattes ; et ceux de leurs princes qui étaient jusque alors demeurés indépendants, de même que ceux du Népal et quelques seigneurs radjpoutes, devinrent les tributaires de la Compagnie. En 1818 eut encore lieu la soumission de quelques districts du Nerbuddah, de Patna, d’Adjmir, de Pounah, de Konkoun, de Kandish, etc., ele. ; de sorte que l'accroissement de territoire obtenu par la Compagnie dans ce court espace de temps s'élevait à plus de 7,000 myriamètres carrés.
Pendant les dix années du règne de Georges IV, les principales acquisitions faites en dehors de l’Europe par la Grande- Bretagne eurent également lieu au sud de l’Asie. Dès 1820 les districts du Konkoun méridional, et vers la fin de 1822 des parties de Bidjapour et d’Ahmednagar passaient sous la domination de l'Angleterre, qui en 1824 s’emparait encore de Singapore et de sesîles. Les guerres acharnées soutenues contre les Birmans se terminèrent également par des accroissements de territoire avantageux à la Compagnie. En 1825, par suite d’un traité d'échange intervenu entre les deux gouvernements , les Hollandais cédèrent à l’Angleterre Malacca contre l'abandon de la partie de Sumatra qu’elle avait jusque alors possédée. En 1826 eut lieu la conquête, aux dépens du royaume d'Ava, des importants territoires d’Arracan, de Tenasserim, de Javoi, etc. ; et l'empire d’Assam fut contraint de se reconnaître tributaire de l'Angleterre. Quelques districts furent en outre cédés par les radjahs de Béhar et de Bérar. Dans les années 1828 et 1829 d’importants essais de colonisation furent encore tentés hors de
l'Asie méridionale, dans l’ouest de'Australie, sur les bords du Swan-River.
Pendant le règne si court de Guillaume LV ( 1830-1837), les seules acquisitions nouvelles de territoire faites par la Compagnie furent Katschar, l’une des principautés qui dépendaient précédemment de l’empire birman; en 1832 et 1834, Kourg, radjahiat du Malabar, et Loudhiana avec son territoire situé dans le district de Dehli qu’on appelle Sirhind.
Le règne de Victoria (elle occupe le trône d'Angleterre depuis le 20 juin 1837) a été beaucoup plus fécond sous ce rapport. A de n , sur la côte sud-ouest de l'Arabie, fut conquis en 1839 et soumis à la Compagnie des Indes; en 1840 il en fut de même du district de Kournal, situé non loin de Loudhiana. En 1841 et 1842 eut lieu une expédition sur le Niger, qui a procuré de précieux renseignements commerciaux sur l'intérieur de l'Afrique; en 1843, à la suite d’une guerre opiniâtre , furent conquis les divers territoires des émirs du Sindh. Le traité conclu le 9 mars 1846 avec le maharad-
jah de Lahore remit la Compagnie des Indes. en possession |
des territoires sur le Setledge, le Bias et l’Indus, dont elle avait autrefois été maîtresse ; cependant le 16 mars de cette mème année elle abandonna au Ghoulàb-Singh la partie de ces territoires située dans l’est de l'Inde. Le traité intervenu le 9 mars 1846 entre la Grande-Bretagne et l’Union- Américaine agrandit encore le territoire de la Grande-Bre-
tagne en lui adjugeant la possession de la partie du terri- | toire de lOrégon déterminée par le 49° de latitude, ainsi
que les îles Vancouver, Une guerre nouvelle qui éclata dans l'Inde contre le prince sikh Dhoulip-Singh a eu pour résulfat la soumission (1849) de tout le Pendjab, à l'exception du Ghoulab-Singh, dont nous parlions tout à l'heure. En 1850, sur la côte d’Afrique, les forts danois voisins de Cape-
Coast -Castle furent achetés au prix de 10,000 livres |
sterling.
C’est ainsi que, d’après les dernières évaluations statistiques publiées par Mac-Culloch, toutes les possessions britanniques dans les diverses parties de la terre, l'Europe exceplée, présentaient ensemble une superficie 82,030 myriamètres carrés, avec une population de 144 millions d’habitants. Il faut remarquer toutefois que dans ces supputations les terres baignées par la baïe d'Hudson figurent pour un chiffre comparativement peu élevé, et qu'avec d’autres territoires encore moins cultivés de Amérique du Nord on pourrait les estimer à 70,000 myriamètres carrés. Cependant, de ces immenses possessions, il n’y a guère que 32 millions de myriamètres carrés, avec une population de 134 millions 360,000 âmes, qui soient placés directement sons la suzeraineté de la Compagnie des Indes, à savoir : possessions réelles, 16,102 myriam. carrés, avec 99,760,000 habitants ; et États à l’état de vasselage et de protection, 16,430 myriam. carrés, avec 34,600,000 habit. Consultez Mountgommery- Martin, History of the British Colonies (nouvelle édition, Londres, 1849); Bannison, British Colonization and coloured tribes (1838); England and her Colonies considered in relation lo the aborigenes (1841 ) ; mais surtout The Colonial Magazine, publié d'abord par Mountyommery-Martin, et enfin plus tard par Summonds (1840 et années suivantes) ; depuis 1849, The Colonial Magazine and East-India Review. Les débats du parlement relatifs aux colonies contiennent aussi de précieuses indications.
Certes il n’y a rien que de fort naturel à ce que l’administration d’un si immense territoire colonial soit chose assez compliquée. Sinon la plus grande partie, du moins la plus peuplée, en est placée sous la direction dela Compagnie des Indes orientales, à l'exception de l'ile de Ceylan, laquelle dépend immédiatement de la couronne, comme toutes les autres possessions britaaniques (4er majesty's colonial Possessions). La direction suprême de cette Compagnie a son siége à Londres, où existe en outre un bureau particulier du gouvernement, chargé d’en surveiller les actes (board of countrol of commissioners of India). Des gouverne-
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ments particuliers ont d’ailleurs été institués dans l'Inde, même pour le Bengale, Bombay et Madras. Jusqu'en 1814 la Compagnie avait eu le monopole du commerce de l'Inde ; mais lors du renouvellement de la charte de la Compagnie, qui eut lieu cette année-là, il fut déclaré qu'il deviendrait libre à partir de 1853 pour tous les négociants sans distinction, et que la Compagnie ne conserverait que jusqu’en 1833 le monopole du commerce de la Chine. Quant aux autres colonies, on y a institué des gouverneurs généraux résidants (comme au Canada et dans la Nouvelle-Galles-du-Sud, ou bien des gouverneurs et des commandants supérieurs (comme au Cap, à Terre-Neuve, dans les grandes Antilles et sur fous les points les plus importants ), ou bien encore
| des lieutenants-gouverneurs (comme à la Nouvelle-Écosse,
au Nouveau-Brunswick, etc.). Les terres baignées par la baie d'Hudson sont placées vis-à-vis de la couronne dans des rapports de sujétion moins directs, en raison des priviléges tout particuliers concédés à la Compagnie de la baie d'Hudson.
Dans les documents officiels, les diverses colonies et possessions extérieures de la Grande-Bretagne sont divisées en trois catégories : 10 les stations militaires et maritimes (military and maritime stations), dont, indépendamment des différents points de l’Europe dont il a déjà été fait mention, font aussi partie la ville du Cap, Maurice , Bermudes, les îles Falckland , l’Ascension , Sainte-Hélène, et Hong- Kong; 2° les colonies et les établissements coloniaux proprement dits (plantations and settlements), qui se composent de toutes les autres possessions britanniques ; 3° les colonies pénales (penal settlements), la Nouvelles-Galles du Sud et la Terre de Van-Diemen. Les colonies pénales ont donné lieu à de vives discussions entre la mère patrie et les colonies.
Que si dans les seules années 1847 et 1848 la Grande- Bretagne a encore dû dépenser une somme de 3,804,138 liv. sterl. pour venir en aïde à ses colonies, le bénéfice qui résulte de leur existence pour le développement commercial et industriel de toute la nation est évident; car en Angleterre la base de toutes les prospérités, l'élément essentiel de la puissance maritime, c’est l’heureux rapport existant entre l'importation des matières premières et des produits coloniaux et l'exportation des produits fabriqués.
En 1850 il fut expédié des ports de la Grande-Bretagne pour ses colonies 4,741 navires sous pavillon britannique, jaugeant ensemble 1,385,488 t., et 302 sous pavillon étranger, de 92,434 t.; soit en tout 5,043 navires, jaugeant ensemble 1,477,902 {onneaux. A ces chiffres de sortie viennent encore s'ajouter 369 bâtiments à vapeur anglais, ensemble de 72,267 tonneaux.
Des diverses colonies il arriva pendant cette même année 1850 dans les ports de la Grande-Bretagne 5,126 bâtiments sous pavillon anglais, jaugeant 1,531,068 t., et 237 bâtiments étrangers, jaugeant 82,052 t.; total égal, 5,363 navires, jaugeant ensemble 1,613,153 tonneaux; plus, 369 bâtiments à vapeur anglais, ensemble de 72,267 tonneaux. En 1849 le nombre total des navires qui avaient quitté les ports de la Grande-Bretagne pour se rendre aux colonies avait été de 5,929, jaugeant ensemble 1,691,447 tonneaux, et emportant des chargements en produits fabriqués d’une importance de 15,712,595 liv. slerl., valeur déclarée.
En 1819 les colonies anglaises possédaient par elles-mêmes 8,188 navires de commerce, jaugeant ensemble 658,157 tonneaux, et montés par 45,000 hommes d'équipage. D'après les états officiels publiés pour l’année 1845, l'exportation pour les colonies asiatiques s'était élevée cette année-là à une valeur de 9,711,379 liv. sterl., dans laquelle les Indes orientales figuraient à elles seules pour 6,703,778 liv. sterl.; PAfrique (plus spécialement la colonie du Cap ), pour 938,737 iv. sterl.; l'Amérique du Nord, pour 3,490,018 liv. sterl.; les Indes occidentales, pour 2,789,121 liv. sterl.; l'Australie, pour 1,201, 076 liv. sterl. Les colonies des Indes occidentales ne laissèrent pas que de souffrir sensiblement de l'abaissement des droits sur le sucre et de l’abrosation de l'Acte de
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navigation ; mais ces pertes ne tardèrent point à être compensées par les développements de plus en plus grands que prit dès lors le commerce maritime. Parmi les articles wxpédiés dans ses colonies par la Grande-Bretagne, de ses +inq grands ports : Londres, Liverpool, Bristol, Hull et Glasgow, figurent en première ligne pour Pannée 1850 : 227,743,490 yards d’étoffes de coton blanc pour les Indes orientales ; 4,867,918 id., pour Ceylan; 2,273,868 id.; pour l'Afrique occidentale; 6,771, 505 id -, pour PAustralie ; 15,328,222 id., pour les possessions anglaises de l'Amérique du Nord; 3,169,720 id., pour le cap de Bonne-Espérance. Cotonnades imprimées et teintes : 41,615,899 yards pour les Indes orientales ; 1,182,832 id. pour Ceylan; 11,333,846 id. pour la côte occidentale de l'Afrique; 7,273,714 id. pour l'Australie; 17,830,300 id. pour les possessions anglaises de l'Amérique du Nord ; 3,505,049 id. pour le cap de Bonne-Espérance. Ces chiffres démontrent que ce seul article, d’une importance majeure il est vrai, trouve son principal débouché dans les colonies, et notamment aux Indes orientales. Dans cet aperçu général nous n’avons pas fait figurer les ressources, jusqu'à présent assez mal exploitées d’ailleurs, de l'Australie, où la recherche de l'or est au moment où nous écrivons l’objet des préoccupations générales. On consultera avec fruit sur les colonies australiennes de Sidney, The three colonies of Australia : New- South- Wules, Victoria, South-Australia : their pastures, coppermines and goldfields (Londres, 1852); ouvrage où abondent les renseignements nouveaux.
Les forces de terre et de mer ayant pour mission de servir de sanction aux résolutions prises par le gouvernement de cet empire aux membres si disséminés, et en même temps de garantir son existence en formant comme une chaîne qui entoure l’univers presque tout entier, sont très-inégalement constituées.
Les forces de terre ne jouent qu’un rôle secondaire dans le système général de défense de la Grande-Bretagne; et grâce à sa position insulaire, ce pays se trouve presque complétement exonéré des charges immenses qui incombent aux puissances continentales par suite de la nécessité où elles sont d’entretenir de ruineux cordons de places fortes, etc. Elles comprennent trois élérnents distincts : l’armée permanente, les milices et la population tout entière. L’armée permanente se compose des gardes et des troupes de ligne. Les premières (Household’s troops) comprenaient, d’après le budget voté pour l’exercice commençant le 1° avril 1851 jusqu’au 1er avril 1852, un effectif de 6,568 hommes, à savoir : 1,308 cavaliers, formant deux régiments de cuirassiers etun régiment de horsequards, dit les Bleus (ZLe Blues). Les 5,260 fantassins étaient répartis en trois régiments : les grenadiers de la garde, le régiment Colstream de la garde, créé jadis par le général Monk, et les fusiliers écossais. Les troupes de ligne forment deux catégories bien distinctes : les troupes du royaume et les troupes de la Compagnie des Indes. Le gouvernement a directement à sa solde 7,090 hommes de cavalerie, et 84,452 hommes d'infanterie, dont 6,166 appartenant au corps colenial. La Compagnie des Indes entretient sur pied 3,957 hommes de cavalerie et 27,144 hommes d'’infanterie; total, 31,101 hommes. L’effectif complet des troupes de ligne de tous genres est donc de 115,553 hommes. A ce chiffre il faut encore ajouter l'artillerie, le corps du génie et celui des pionniers, présentant ensemble un effectif de 14,410 hommes. La force normale de l’armée anglaiseest donc en troupes de ligne de 129,963 hommes; chiffre très-faible si on le Compare à celui de la population du pays, puisqu'il ne fournit guère qu’un soldat pour 390 habitants, tandis qu’en Prusse, par exemple, le rapport est d'un soldat sur 81 habilants, sans compter la Zandwehr. Le temps de service dans V'rmée de ligne est fixé à quatorze ans. La milice se compose d'individus âgés de dix-sept à quarante-cinq ans, recrutés par la voie du tirage au sort, et dont le gouvernement détermine le nombre, La durée de son service est fixée À cinq ans seulement, ct elle ne peut être employée hors du ter-
ritoire continental du royaume. Enfin, si le pays se trouvait en danger, la population tout entière serait susceptible d’être appelée sous les drapeaux, et tous les individus âgés de dix-sept à soixante ans seraient astreints à prendre les ‘armes. Les hommes compris dans cette levée en masse reçoivent la même solde et les mêmes prestations en nature que les troupes de ligne. C’est le lord-lieutenant de chaque comté qui préside à leur enrôlement, à leur armement et à leur équipement. Du reste, sauf les cas d’urgente nécessité, aucun citoyen anglais ne saurait être astreint à servir contre son gré, Dans l’armée anglaise, les grades d'officiers, jusqu’à celui de colonel exclusivement, s’achètent; ce sont là, encore aujourd’hui (1855), des transactions fort communes ; mais il y a tout lieu de croire qu'avant peu le corps d'officiers sera complétement réorganisé et qu'il ne se recrutera plus alors que par voie d'avancement accordé au mérite. L'armée est, sous tous les rapports, l’objet de la plus grande sollicitude ; en campagne, les troupes ne bivouaquent jamais que sous la tente. Des pensions considérables sont assurées aux militaires qui ont accompli leur temps de service, à leurs veuves et à leurs orphelins. L'établissement des Invalides de Chelsea est célèbre entre tous; et on y a adjoint une grande école pour les orphelins de militaires. Les écoles militaires sont, toutes proportions gardées, fort peunombreuses, à savoir : Sandhurst, Chatham et Woolwich. Une école régimentaire à l’usage des enfants de troupe et des sousofficiers est en outre attachée à chaque régiment. Consultez sur ces matières les Æstimates, dans les actes du parlement; et Hart, The new Annual Army (1841).
Les forces de mer de la Grande-Bretagne se présentent d’une manière autrement imposante aux yeux de l’observateur qui habite le continent. Longtemps avant que le gouvernement eût songé à fonder une marine nationale, la Grande-Bretagne en possédait déjà une dans le grand nombre de navires que possédaient les particuliers, et qu’en cas de besoin le roi avait la faculté de noliser. Le premier roi qui fit construire un navire pour le compte de l’État fut Henri VII; mais ce furent surtout les efforts que la reine Élisabeth dut faire pour se défendre contre les projets hostiles de PEspagne qui fondèrent la marine nationale. L’Acte de Navigation rendu par le protecteur Olivier Cromwell lui imprima en fait et aussi en principe un grand et rapide essor; et les progrès qu'elle fit encore dans le cours du dix-huitième siècle ne furent que la conséquence nécessaire de la direction une fois donnée. Les prodigieux développements qu’elle prit au dix-neuvième siècle furent en partie nécessités par l’extension de plus en plus vaste des possessions transmarines de la Grande-Bretagne ainsi que deses intérêts industriels et commerciaux , de même qu'ils ne furent en partie possibles que par suite des immenses progrès réalisés par l’architecture navale. On a fini par soumettre à la puissance de la vapeur un élément toujours mobile et souvent en révolte furieuse contre les téméraires qui essayent de le dompter. C’est à la suite de travaux incessants, exécutés par la plus opiniâtre constance, qu'au mois de juillet 1850 la Navy List en était venue à pouvoir présenter l’état général de la flotte britannique comme suit : 99 grands bâtiments de guerre de 70 à 120 canons (vaisseaux de premier, de second et de troisième rang; vaisseaux à deux et à trois ponts, yachts, avec des équipages variant entre 600 et 750 hommes); 115 bâtiments de guerre, de grandeur moyenne, armés de 26 à 70 canons ( bàtiments de quatrième, de cinquième et de sixième rang, avec des équipages variant de 200 à 600 hommes); 187 bâtiments de guerre moindres, c’est-à-dire cutters , bricks, sloops, portant depuis 25 jusqu'à 3 canons seulement, et comprenant aussi les bâtiments employés pour la police des côtes et pour le service des douanes ; enfin, 170 bâtiments de guerre mus par la vapeur, dont les plus grands ont une force de 800 chevaux et 80 bouches à feu. Le nombre des bouches à feu qui se trouvent à bord de ces différents vaisseaux Ge guerre est d'environ 18,000 ; el ies immenses
magasins de Woolwich sont en mesure de remplacer immédiatement toutes les parties de l'armement de ces bâtiments qui peuvent se trouver hors d'usage ou venir à manquer.
En 1849 l’effectif de la flotte ne se composait encore que de 89 vaisseaux de guerre de premier rang, {12 de moyenne grandeur et 153 moindres, avec 16,023 canons , y compris 125 bâtiments de guerre à vapeur. D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue qu’en tout temps l'effectif réel de la flotte peut être instantanément augmenté dans les plus vastes proportions au moyen du grand nombre de ÿachts armés en guerre et appartenant à des particuliers, dont beaucoup servent à naviguer dans les mers de l’Inde.
En 1550 les équipages de la flotte, y compris tous les soldats de marine, se composaient de 11,000 soldats de marine proprement dits (marines); de 25,776 matelots (appelés seamen par excellence); et d’un peu plus de 2,000 mousses. On aura une idée des efforts faits par l'Angleterre pour la double campagne de 1555 qui se prépare en ce moment même (février), et dont la Baltique et la mer Noire doivent être le théâtre, quand on saura que le total des budgets de la marine, de l’armée et de l'artillerie pour le prochain exercice (avril 1855 à avril 1856) s'élève à 935 millions 495,075 fr., tandis que la moyenne des dix précédentes années variait entre 350 et 400 millions de francs.
Indépendamment des quatre grandes stations que nous avons déjà mentionnées, voici celles que la marine britannique possède encore en Europe : Dep{ford, Falmoutkh, Pembrocke, Queenstown , Sheerness, enfin Lisbonne et les stations de la Méditerrannée. Les stations précitées et situées dans les îles Britanniques sont en même temps, comme on peut bien le penser, d'importants ports militaires. On peut encore citer, en fait de ports militaires : en Angleterre, Yarmouth el Mildfordhaven ; en Écosse, Leith et Inverness ; en Irlande, Galway, Cork, Limerick, Bantry et Walerford.
A la tête de la marine britannique se trouve l’admirallyoffice, commission de six à sept fonctionnaires, qualifiés de lords commissaires, dont le premier est en même temps membre du cabinet. Ses fonctions répondent à beaucoup d’égards à celles de ministre de la marine, titre qui n'existe pas en Angleterre.
Toute la marine forme trois grandes divisions, la rouge, la blanche, et la bleue (red, while, and blue), lesquelles prennent aussi rang dans cet ordre. Les forces de mer l’emportent à tous égards sur les forces de terre. Les troupes y sont mieux payées, et les grades d'officiers ne peuvent pas y être acquis à prix d'argent. Il faut observer toutefois qu’on nomme toujours beaucoup plus d'officiers que n’en exigent les besoins du service. 11 n’existe qu’un très-petit nombre d'écoles spéciales à l’usege des marins. Les plus importantes sont les deux Royal Naval College de Plymouth et de Portsmouth. A la vérité, c’est la mer tout entière qu'on considèreen Angleterre comme la meilleure des écoles de marine.
Il a été pourvu avec la plus généreuse sollicitude aux besoins des marins congédiés et de leurs familles , notamment au moyen du Royal Hospital de Greenwich, qui existe depuis 1694, et qui en 1849 pourvoyait aux besoins de 14,900 out-pensioners (invalides externes, logeant hors de Pétablissement) et de 2,710 in-pensioners (invalides logés à l'établissement même) ; en outre, depuis 1801, parle Royal Naval Asylum, situé à peu de distance de là; par le Royal Naval School depuis 1833, et par le Trinity Hospital, situés tous deux à Deptford; par la Royal Naval Female School de Richmond; par le West-India Naval School de Blackwall. La Compagnie des Indes orientales a aussi à cet effet ses fondations particulières, par exemple Almshouses à Poplar, etc. Le parlement fournit sans cesse, en votant des sommes vraiment colossales, les moyens d'entretenir toujours les ports en bon état, d'en créer de nouveaux, de construire des phares, etc. En ce qui est du développement successif de la marine britannique et de son état actuel, consultez, indépen : damment du Royal Calender et de la Navy List, Lediard