GRANET — GRANIER DE CASSAGNAC
le patronage de M. Victor Hugo, au Journal des Débals , où il écrivit des articles littéraires, et d'où il passa à la Presse, pour donner plus libre carrière à ses emportements contre l’école classique. L'une de ses premières tentatives dans le domaine politique et social fut une brochureintitulée De l'affranchissement des esclaves (1837), dans laquelle il prétendait démontrer la légitimité de l’esclavage, et qui lui valut d’utiles relations dans les Antilles. I y fit un voyage en 1840 et y épousa une créole, Me de Beauvallon. A sôn retour, le ministère Guizot se lattacha et trouva en lui un journaliste officieux, prêt à guerroyer avec fracas contre toute opposition. Il prit la direction d’une feuille, qu’il intitula Le Globe, et dont ü fit un organe ultra-orléaniste. En 1£42, il eut avec le baron Lacrosse un duel dans lequel celui-ci fut grièvement blessé. Un autre quel, auquel il se trouva mélé, produisit un grand scandale, celui qui eut lieu entre son beau-frère et Dujarrier. Le Globe cessa d'exister en 1845, el M. Granier de Cassagnac le remplaça par l’Époque, journal aux dimensions excentriques, pour lequel furent prodiguées les réclames, et qui, malgré tout, n’ayant pas de suceis, finit par céder ses abonnés à 1 Presse.
Après la révolution de Février, qui mit un terme à sa ferveur orléaniste, M. de Cassagnac vécut d’abord retiré à la campagne, puis devint en 1850 rédacteur en chef du Pouvoir et collabora ensuite au Constitutionnel. Il attaqua violemment la république, dans ces feuilles, et y soutint le prince Louis-Napoléon, qu'il avait attaqué et tourné en ridicule sous la monarchie de Juillet. L’un des premiers il glorifia le coup d’État et écrivit dans ce sens le Récit des événements de décembre1851. Élu député en 1852, comme candir!at officiel, il fut réélu en 1857 et en 1863. Cette dernière année, il devint rédacteur en chef de Za Nation, et en 1866 du Pays. En 1869, il fut encore nommé membre du Corps législatif. Dans l'assemblée, comme dans les journaux, il se montra l’un des champions acharnés de l'absolutisme impérial , et combattit le cabinet parlementaire présidé en 1870 par M. Émile Ollivier; il le soutint pourtant dans la campagne du plébiscite et dans la question de la guerre contre la Prusse, à laquelle il poussa de toutes ses forces. A la suite du 4 septembre, il quitta la France, et rédigea Le Drapeau, journal consacré à la glorification de l'empire et destiné surtout aux prisonniers français en Allemagne. En mars 1871, sa présence fut signalée dans le midi de la France, en n ême temps que celle de M. Rouher à Boulogne ; il fut arrêté par les autorités locales et bientôt rendu à la liberté sur l'intervention directe de M. Thiers.
Parmi les livres qu’il a publiés, on remarque : Histoire des causes de la Révolution française (1850); Histoire du Directoire (1851-1856, 3 vol. ); Histoire de La chute de Louis-Philippe, de la révolution de Fevrier et du rétablissement de l'Empire (1857); Histoire des Girondins et des massacres de Septembre (1860); Histoire des origines de la langue française (1873), ouvrage où il a voulu démontrer que le français était antérieur au latin. Ses ouvrages historiques sont empreints d’une extrême partalité.
Son fils, M. Paul GRANIER DE CASSAGNAC, né le 2 décembre 1842, à la Guadeloupe, s’est livré comme Jui au journalisme et y a porté des allures aussi provocantes. Après avoir collaboré à Za Nation et au Diogène, il entra au Pays, où il remplaça son père dans la rédaction en chef, Ses duels ne firent pas moins de bruit que les excès de sa polémique; il se battit contre MM, Aurélien Scholl, Henri Rochefort, Lissagaray, Flourens, Lockroy, Rane, ele, Au mois d’acût 1870, il s'engagea dans le fer de zouaves, et fait prisonnier à Sedan fut interné à Cosel, en Silésie, Après la défaite de la Commune (fin mai 1871) il reprit la rédaction du Pays et continua à y soutenir la cause de l'empire. En avril 1873, au milieu de la campagne électorale d'où sortit à Paris le triomphe de M. Barodet,